UN Chronicle Online
Commémoration
La journée des casques bleus au Canada
Par Albert Warson

Imprimer
Page d'accueil | Dans ce numéro | Archives | Anglais | Contactez-nous | Abonnez-vous | Liens
L'article


Il y a environ cinquante ans, Lester B. Pearson, diplomate canadien de premier plan et ancien Premier ministre, a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir mis sur pied un plan pour envoyer des soldats de l'ONU dans les points chauds de la planète afin qu'ils s'interposent entre les factions en guerre. Plusieurs provinces et villes du Canada rendent hommage à cette importante contribution. Tandis que la Journée des casques bleus au Canada tombe le 9 août, pour commémorer principalement la mort de neuf soldats de la paix canadiens dont l'avion s'est abattu en flammes au Liban le 9 août 1974, c'est également une journée de commémoration pour les 110 soldats de la paix tués à ce jour dans des régions où l'ONU est intervenue pour sauver des vies.

Au cours des deux dernières années, cinq provinces et les villes de Calgary, Halifax, Winnipeg et Fredericton (Nouveau-Brunswick) ont fait du 9 août la Journée des casques bleus. Une cérémonie organisée par le ministère de la Défense nationale a eu lieu pour remettre aux familles des soldats tombés au champ d'honneur des médailles des Nations Unies et du Canada.

Sur les origines de l'organisation, le colonel à la retraite, Donald S. Ethel, de Calgary, président de l'Association canadienne des vétérans des forces de paix des Nations Unies, explique que les anciens casques bleus de l'ONU au Canada voulaient «rendre hommage à notre manière, en choisissant un jour spécial. C'est un mouvement qui grandit. Au cours des deux dernières années, nous sommes passés de 6 à 21 divisions au Canada. Cela prend du temps parce que nous sommes une organisation de volontaires. Nous espérons un jour être reconnus au niveau national» . Jusqu'ici, l'Ontario, le Québec et le gouvernement fédéral ne se sont pas prononcés.

Cette année, cette journée a été la plus suivie à Calgary, où plus de 300 anciens soldats, leurs familles, leurs amis et le public se sont rassemblés au musée des Régiments, sur l'ancienne base des forces canadiennes de Calgary, pour écouter les divers discours et la liste des noms des 110 casques bleus.

Heather Forsyth, procureur général à Alberta, a noté qu'un grand nombre de casques bleus à l'honneur avaient été en poste à la base militaire de Calgary, où «avaient également séjourné des centaines d'anciens combattants et de casques bleus qui avaient servi courageusement et avec distinction en Europe, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique centrale». Lors de la cérémonie, Art Hanger, membre de l'Alliance canadienne du Parlement fédéral (le parti officiel de l'opposition), a déclaré : «Les hommes et les femmes qui ont participé au maintien de la paix au cours des décennies ont fait beaucoup de sacrifices, et je ne pense que pas que le public canadien en ait vraiment conscience ou ne soit prêt à l'accepter. Cette reconnaissance se fait attendre depuis longtemps».


L'ancienne base militaire a été acquise en 1998 par Lands Company, une entreprise Crown qui possède des propriétés fédérales en surplus et les a converties en une communauté résidentielle. La première phase récemment terminée - Garrison Woods, commémore les batailles de la Première Guerre mondiale par des noms de rue, des circuits et des sculptures. Le colonel Ethell est l'un des treize anciens casques bleus de l'ONU auquel il sera rendu hommage, lors de la deuxième phase - Garrison Green, qui prévoit l'installation de cairns et la construction de rues portant leurs noms comme, par exemple, Lewis Mackenzie Place (en hommage au général de division Lewis Mackenzie, ancien chef des agents chargés de la force de protection de l'ONU en Yougoslavie dans les années 1990) ou Dallaire Avenue (en hommage au général Romeo Dallaire, qui commandait la mission d'observation de l'ONU en Ouganda et au Rwanda en 1993 et 1994). Des parcs avec des sculptures et deux murs commémoratifs sur lesquels seront gravés les 110 noms ainsi que les lieux de leurs missions sont également prévus. La cérémonie d'inauguration aura lieu sur le site lors de la prochaine Journée des casques bleus.


Le colonel Ethell, qui a participé à quatorze missions de l'ONU pendant ses 38 ans de carrière militaire au Canada, a dit que les manifestations d'août ne diminuaient pas pour autant l'importance que sa division accordait à la Journée de l'ONU, le 24 octobre, et au 11 septembre. Il a indiqué que des organisations similaires existaient en Australie, en Autriche, en Finlande, en Irlande, en Norvège, en Pologne, en Suède et en Ukraine, mais il ne savait pas si une journée de commémoration était consacrée aux casques bleus.

La participation du Canada aux opérations de maintien de la paix de l'ONU remonte à 1948, lorsque ce pays a contribué à la force qui avait été dépêchée au Moyen-Orient pour surveiller un cessez-le-feu entre Israël et les armées arabes. Au cours des années, les casques bleus canadiens ont participé à 66 missions au Moyen-Orient, dans les Balkans, en Inde-Pakistan, en Afrique et en Amérique centrale.

Lester B. Pearson a participé à la création de la Charte de l'ONU en 1945 et a été président de la septième Assemblée générale des Nations Unies en 1952. Il a lancé l'idée que les opérations de maintien de la paix soient confiées aux Nations Unies, et a recommandé que les soldats de l'ONU soient envoyés en Égypte afin d'instaurer la paix pendant la crise de Suez en 1956, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 1957. Il a été Premier ministre du Canada de 1963 à 1968.

Albert Warson est un auteur/journaliste indépendant établi à Toronto, qui écrit fréquemment dans The Globe et Mail, The Toronto Star, The National Post et d'autres quotidiens et magazines canadiens et américains.
Page d'accueil | Dans ce numéro | Archives | Anglais | Contactez-nous | Abonnez-vous | Liens
Copyright © Nations Unies
Retour  Haut