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Actualités/Santé
De nouvelles initiatives pour lutter contre les maladies chroniques
Compilation par Erika Reinhardt, pour la Chronique

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L'article

L'ONU lance la campagne «3 x 5»
Traiter 3 millions de malades du sida d'ici à 2005

Dans le cadre d'une initiative destinée à fournir un meilleur accès aux médicaments antirétroviraux pour tous ceux qui en ont besoin, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) ont lancé le 1er décembre 2003 l'Initiative 3 x 5, un projet détaillé visant à former des centaines de milliers de personnels des services communautaires de santé dans les pays en développement et en transition afin de fournir d'ici à la fin 2005 un traitement antirétroviral à 3 millions de personnes infectées par le VIH/sida. «La vie de millions de personnes est en jeu. Cette stratégie nécessite des efforts immenses et systématiques pour assurer leur survie», a déclaré le Directeur général de l'OMS, le docteur Lee Jong-wook.

Avec 40 millions de personnes infectées dans le monde, l'épidémie mondiale du sida ne montre aucun signe de fléchissement. «Nous sommes convaincus que nous n'avons aucune chance de mettre un terme à cette épidémie si nous n'améliorons pas considérablement l'accès aux médicaments. Le traitement et la prévention sont les deux piliers d'une stratégie complète et efficace en matière de sida», a affirmé Peter Piot, directeur exécutif d'ONUSIDA.

L'Initiative 3 x 5 a été lancée pour fournir aux 6 millions de personnes actuellement infectées par le VIH dans les pays en développement l'accès aux médicaments antirétroviraux. À ce jour, seules 400 000 personnes y ont accès. L'incapacité des pauvres à se procurer des médicaments est une situation d'urgence médicale. Pour y répondre, l'OMS s'est pleinement engagée à distribuer des médicaments antirétroviraux à 3 millions de personnes d'ici à la fin 2005.


Dans le cadre de l'initiative 3 x 5, l'OMS et ONUSIDA s'attacheront à apprendre au personnel de santé comment administrer un traitement antirétroviral simple et standardisé, à surveiller les effets et à assurer un approvisionnement suffisant en médicaments et en diagnostics. L'Initiative a ajouté à la dose fixe de trithérapie, la lamivudine, la stavudine et la néviparine. Elle visera également à établir un leadership mondial et un partenariat solide, à fournir un soutien urgent et continu aux pays ainsi qu'à identifier rapidement les nouveaux traitements et succès et à les appliquer.

L'Initiative vient renforcer les engagements faits par les États-Unis (15 milliards de dollars pour combattre le sida), les travaux des organisations non gouvernementales, y compris Médecins sans frontières et des groupes religieux, les efforts des laboratoires pharmaceutiques visant à réduire le coût des médicaments, les contributions des fondations internationales, dont la Bill and Melinda Foundation, les initiatives de nombreuses institutions nationales et internationales et les contributions des nations qui permettent de fournir à leurs populations un meilleur accès au traitement. Selon l'OMS, des équipes consultatives ont été dépêchées au Kenya, au Burkina Faso, au Malawi et en Zambie, tandis que d'autres ont été chargées d'effectuer des travaux préparatifs en Ukraine et en Inde. Bon nombre de pays, dont la Fédération de Russie et Djibouti, ont demandé une assistance.

Selon Paulo Teixeira, directeur du Département du VIH/sida à l'OMS, la disponibilité du traitement encourage les personnes à se faire tester, à recevoir des conseils et à réduire les stigmates de la maladie. Le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population, Thoraya Ahmed Obaid, a déclaré que les stigmates et la discrimination empêchaient les personnes infectées de se faire tester et de recevoir des conseils - aspects essentiels de la prévention - de peur d'être rejetées par leur communauté et leur famille, voire même d'être battues.

Pour que l'initiative 3 x 5 réussisse, les gouvernements, les donateurs et les institutions multilatérales de financement devront accroître leur appui financier. L'OMS a estimé que ces contributions s'élèveront à environ 5,5 milliards de dollars au cours des deux prochaines années. «Nous savons ce qu'il faut faire mais, maintenant, il nous faut de toute urgence des ressources pour y parvenir. Nous devons créer sans tarder des alliances solides afin de mettre en ouvre cette stratégie. Trois millions de personnes en dépendent», a commenté Lee Jong-wook.

Un rapport sur la santé
Nutrition et prévention des maladies

Un rapport établi par des experts - «Alimentation, nutrition et prévention des maladies chroniques», a été récemment lancé par le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Gro Harlem Bruntland et le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf. Ils ont souligné qu'une coopération étroite entre les secteurs de la santé et de l'agriculture, aux niveaux mondial, régional et national, était nécessaire pour enrayer la progression mondiale des maladies chroniques.

La rapport de l'OMS/FAO sera utilisé comme base scientifique à la Stratégie mondiale de l'OMS en matière d'alimentation, de nutrition, d'exercice physique et de santé afin d'examiner le nombre de victimes et de handicaps de plus en plus important dus aux maladies chroniques. L'OMS prépare actuellement la Stratégie mondiale qu'elle présentera à l'Assemblée de la santé mondiale en mai 2004.

En 2001, environ 59 % du total des décès enregistrés et près de la moitié de la charge des maladies dans le monde a contribué à la charge des maladies chroniques. Selon l'OMS et la FAO, la plupart des pays en développement n'ont pas les ressources nécessaires et n'ont pas les moyens de gérer cette charge croissante. «La majorité des maladies chroniques apparaissent dans les pays en développement», a déclaré Mme Brundtland.

Le rapport examine les maladies cardio-vasculaires, certains types de cancers, les diabète de type 2, l'obésité, l'ostéoporose et les maladies dentaires. Il contient des données scientifiques sur le lien entre l'alimentation, la nutrition, l'activité physique et leurs effets sur les maladies chroniques et fait des recommandations dans une perspective mondiale afin de créer des politiques et de programmes de santé publique. Il est notamment recommandé que les graisses ne dépassent pas 15 à 30 % de l'apport énergétique quotidien et que les acides gras saturés représentent moins de 10 % de ce total. Les glucides doivent satisfaire l'essentiel des besoins en énergie, soit 55 à 75 % de l'apport journalier, et les sucres ajoutés doivent rester en dessous de 10 %.

Le rapport conclut que ces recommandations associées à une activité régulière, peut réduire la menace d'une épidémie mondiale de maladies chroniques. «Aujourd'hui, seulement une minorité de personnes dans le monde consomment la quantité de fruits et de légumes recommandée dans ce rapport. Nos organisations font face à un défi majeur sur la manière d'augmenter l'approvisionnement de fruits et des légumes de manière à ce qu'ils soient accessibles par tous», a commenté M. Diouf.

Les États membres ont demandé à l'OMS de concevoir la Stratégie mondiale, en concertation et en collaboration avec toutes les parties prenantes (alimentation, nutrition, activité physique, maladies chroniques). Ils considèrent ce phénomène comme un problème de santé prioritaire, a ajouté Mme Brundtland, estimant que les entreprises alimentaires et les entreprises associées sont un élément essentiel dans le développement d'une solution à long terme. La première table-ronde formelle avec l'OMS et les directeurs de grandes entreprises agro-alimentaires a eu lieu le 9 mai.

Instrument de surveillance
Le contrôle des maladies chroniques

L'OMS a lancé le 14 mai le Rapport SuRF 1 (surveillance des facteurs de risque) indiquant pour la première fois les profils de facteurs de risque de maladies chroniques dans 170 États Membres. Il s'agit de la première étape d'une importante initiative visant à maîtriser le problème des maladies chroniques.

Le rapport contient des données sur les principaux facteurs de risque ainsi qu'un CD-Rom regroupant les données actuellement disponibles sur chaque pays, selon l'âge et le sexe. Ces données couvrent notamment la consommation de tabac et d'alcool, la sédentarité, la consommation insuffisante de fruits et de légumes, l'obésité, l'hypertension, l'hypercholestérolémie et le diabète.

Le docteur Kate Strong, responsable des données à l'InfoBase NCD, la base d'informations mondiale sur les maladies non transmissibles de l'OMS, a indiqué qu'elle espérait que la publication de ces données sur les principaux facteurs de risque encouragera les États membres à faire parvenir régulièrement des mises à jour permettant de combler les lacunes de cette importante base de données. Cette base d'informations regroupe plus de 47 000 données provenant de plus de 1400 sources distinctes. Le Rapport met bien en évidence les lacunes et les carences en matière de données qui rendent difficiles les comparaisons entre les pays. La prochaine étape, SuRF 2, harmonisera les données afin d'établir des comparaisons entre les pays. Selon le docteur Ruth Bonita, directrice de la surveillance des maladies non transmissibles et de la santé mentale, les chercheurs, les médecins, les responsables politiques ont besoin de données qui soient comparables pour pouvoir mettre en place des mesures préventives de lutte contre la progression des maladies chroniques dans le monde entier.

Initiative en matière de médicaments
Combattre les maladies négligées

Dans un effort mené pour trouver des solutions afin d'améliorer les conditions des populations pauvres souffrant des maladies les plus négligées dans les pays en développement, le Conseil indien pour la Recherche médicale, Médecins sans frontières, l'Institut Pasteur (France), l'Institut de Recherche médicale du Kenya, le ministère de la Santé de Malaisie et la Fondation Oswaldo Cruz (Brésil) ont fondé une organisation sur la recherche de médicaments pour combattre ces maladies.

Organisation à but non lucratif, l'Initiative médicaments pour les maladies négligées (DNDi), première organisation de ce type à se concentrer exclusivement sur ces maladies, a été créée à Genève le 3 juillet 2003. La DNDi travaillera en étroite collaboration avec le Programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales (TRP), coparrainé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Banque mondiale. «Nous sommes heureux de collaborer avec la DNDi et espérons qu'elle jouera un rôle essentiel pour accroître la sensibilisation et les investissements et pour faciliter le processus de recherche afin de développer des médicaments pour le traitement des maladies négligées», a indiqué Carlos Morel, le directeur de TRP.

La DNDi prévoit de dépenser 250 millions de dollars au cours des douze prochaines années pour développer des médicaments destinés à combattre la trypanosomose (mala-die du sommeil) qui menace 36 pays en Afrique subsaharienne; la leishmaniose viscérale (kala-azar) dans les régions rurales de l'Inde, du Népal, du Bangladesh, du Brésil et du Soudan; la maladie de Chagas dans 21 pays d'Amérique centrale et du Sud. Ces maladies parasitaires menacent 350 millions de personnes chaque année mais elles ne représentent pas un marché suffisamment intéressant pour attirer des projets de recherche et de développement. Seulement 10 % de la recherche mondiale pour la santé sont alloués aux maladies qui représentent 90 % de la charge des maladies dans le monde, y compris les maladies les plus négligées. Les traitements actuellement disponibles sont souvent toxiques et douloureux et de moins en moins efficaces dus à la résistance du parasite aux médicaments. Si elles ne sont pas traitées, ces maladies sont mortelles. La DNDi apportera son soutien à la recherche et au développement de nouveaux médicaments et traitements alternatifs abordables, accessibles, moins toxiques et efficaces.

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