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La faim domine les débats de la Journée mondiale du sida
Par Biko Nagara, pour la Chronique

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L'article

L'importance de combattre les stigmates et la discrimination a été, cette année, au premier rang des priorités de la Journée mondiale du sida, qui a eu lieu le 1er décembre. Une célébration à la cathédrale St. John the Divine à New York, sous le thème «Live and Let Live» (Vivre et laisser vivre), a mis en valeur l'une des questions majeures soulevées par les leaders mondiaux lors de la session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée au VIH/sida en septembre dernier. Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a appelé les populations du monde entier à «détruire le mur du silence, de honte et de discrimination entourant l'épidémie».

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), indique que la stigmatisation et la discrimination sont des obstacles sérieux à la mise en place de moyens d'action efficaces pour lutter contre la pandémie et sont particulièrement menaçants pour les plus vulnérables. Les minorités, les pauvres et les analphabètes, qui sont les premiers touchés, risquent de se voir dénier la jouissance de leurs droits de l'homme et de se retrouver marginalisés. Lors de la commémoration, l'ancienne Haut Commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson, a affirmé que «la pandémie est une crise importante des droits de l'homme».

La Journée mondiale du sida s'est déroulée avec, en toile de fond, le nombre d'infections qui ne cessent d'augmenter, l'Afrique subsaharienne étant la plus touchée. Selon le rapport d'ONUSIDA, le nombre de décès et de nouveaux cas n'a jamais été aussi élevé dans le monde, tandis que peu d'efforts ont été réalisés pour mettre en ouvre des programmes de prévention dans les régions les plus ravagées par la pandémie. Le système de l'ONU examine les liens entre le sida et le développement, la sécurité alimentaire et les relations entre les sexes. L'une de ses préoccupations est la relation entre les crises alimentaires récentes en Afrique australe et les taux de prévalence du VIH/sida - plus de 30% dans certains pays comme le Lesotho, le Swaziland, le Zimbabwe et le Botswana.

Dans son rapport, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a indiqué que l'objectif de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d'ici à 2015 ne sera probablement pas atteint, dû, en grande partie, aux conséquences de l'épidémie du sida. Les populations qui dépendent principalement de l'agriculture pour assurer leur survie sont fragilisées par le manque de main-d'ouvre. Au rythme où la maladie évolue, les pays africains, tels que l'Ouganda, le Botswana et la Namibie, devraient enregistrer un déclin de la force de travail respectivement de 13, 23 et 26 %, entre 1985 et 2020.

Le VIH/sida est considéré comme l'un des principaux facteurs responsables de la pénurie alimentaire et de l'incapacité à réaliser l'Objectif du millénaire pour le développement visant à réduire la faim.

L'État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2003 publié par la FAO indique que «la faim ne peut pas être combattue efficacement dans les régions qui sont ravagées par le sida à moins que des programmes d'intervention ne soient mis en place pour examiner les besoins spécifiques des ménages touchés par le sida et intégrer des mesures pour à la fois prévenir et réduire la propagation de la maladie». À la fin 2002, 14,4 millions de personnes souffraient de la faim dans les six pays les plus touchés, alors que la pauvreté et l'inégalité, l'insécurité alimentaire et la malnutrition ont entraîné et aggravé la progression du VIH vers le sida.

En 2001, le Fonds international pour le développement agricole a mis au point une stratégie de riposte à l'épidémie en Afrique orientale et australe à la fois aux niveaux des interventions et des pays, tout en encourageant la sensibilisation, le développement des capacités et des ressources de l'information. Deux ans plus tard, il est devenu clair que «l'Afrique australe sera la première région à recevoir un secours d'urgence sur une grande échelle, et ce ne sera probablement pas la dernière», a indiqué la Directrice exécutive adjointe du Programme alimentaire mondial, Sheila Sisulu, s'appuyant sur les conclusions de la FAO que «l'épidémie de VIH/sida nécessite une réponse multisectorielle. Les médicaments ne sont qu'une partie de la solution.»

Des efforts ont été entrepris pour réduire les prix des médicaments antirétroviraux et améliorer leur accès. En conjonction avec la Journée mondiale du sida, l'Organisation mondiale de la santé et ONUSIDA ont lancé un programme pour augmenter les capacités locales d'assistance dans la lutte contre l'épidémie. L'initiative «3 x 5» vise à fournir d'ici à 2015 un traitement à long terme à 3 millions de personnes vivant dans les pays pauvres, en formant des centaines de milliers de travailleurs communautaires et en les encourageant à utiliser des instruments standardisés et simplifiés. Cette initiative s'ajoutera aux activités menées par les organisations pour collecter des fonds, telles que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que d'autres initiatives locales et régionales.

«Nous savons comment prévenir les infections», a indiqué la Directrice exécutive d'ONUSIDA, Kathleen Cravero. Les médicaments antirétroviraux se sont révélés efficaces dans les pays privés de ressources, et leurs prix ont considérablement diminué. Le traitement est désormais abordable. Ces signes d'espoir ont été un thème central de la commémoration, à laquelle ont participé un grand nombre de personnes infectées par le VIH/sida. Des musiciens célèbres, tels que Lila Downs (Mexique) et l'artiste de fusion trip-hop/acid jazz, Nitin Sawhney, ont dédié leurs performances aux personnes qui vivent avec le virus. «Je n'ai jamais raté une seule dose et je n'ai jamais été gravement malade», a confié Zindhle Thabethe, l'une des membres du Sinikithemba Choir d'Afrique du Sud qui reçoit un traitement antirétroviral depuis sept ans.«Et je vis de mieux en mieux chaque jour».

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