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Les Nations Unies sont à « la croisée des chemins »
Le débat de haut niveau de la 58e Assemblée générale
Par Jonas Hagen, pour la Chronique

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L'article

Dans son discours d'ouverture devant la cinquante-huitième Assemblée générale, le Secrétaire général, Kofi Annan, a dit aux représentants des 191 États membres que les Nations Unies étaient arrivées « à la croisée des chemins», soulignant que lorsque les États « agissent unilatéralement ou dans le cadre de coalitions ad hoc», ils lancent un défi fondamental aux principes sur lesquels, même si cela ne l'est que d'une manière imparfaite, la paix et la stabilité mondiales ont été fondées depuis 58 ans.

Pour mieux répondre aux défis auxquels le monde fait face, a dit M. Annan, les Nations Unies ne doivent pas craindre de faire les changements radicaux qui s'imposent afin d'améliorer la pertinence et l'efficacité des règles et des instruments dont elle dispose. Ces défis comprennent non seulement les « menaces dangereuses», telles que les nouvelles formes de terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, mais encore les « menaces anciennes », telles que la pauvreté extrême, les disparités entre les revenus, les maladies infectieuses, le changement climatique et la dégradation de l'environnement.

Le Secrétaire général a également indiqué qu'il allait créer un Groupe de haut niveau, composé de personnalités éminentes, chargé d'étudier les questions qui mettent en jeu la paix et la sécurité, les réponses à apporter, le fonctionnement des principaux organes de l'ONU et leurs interactions, et faire des recommandations sur les manières de renforcer l'Organisation par des réformes institutionnelles.

Comme la majorité des délégués qui se sont exprimés au cours du débat, la Présidente des Philippines, Gloria Macapagal-Arroyo, a voté en faveur du droit international, du multilatéralisme et du consensus. « Nous devrions définir des concepts de puissance et de grandeur non pas en termes de capacité à exercer ou à maintenir une domination sur les autres mais en termes de capacités des nations à collaborer entre elles dans l'intérêt de la communauté internationale entière », a-t-elle expliqué.

Joaquim Alberto Chissano, président du Mozambique, s'est adressé à l'Assemblée en tant que « messager des peuples africains », faisant allusion à la présidence de son pays à l'Union africaine. Il a exprimé son soutien aux « efforts continus du Secrétaire général pour faire des Nations Unies un instrument efficace de la coopération internationale» et a offert ses propres recommandations pour que le Conseil de sécurité soit élargi au Brésil et à au moins deux pays africains.

Les États ont demandé une participation accrue des Nations Unies à la reconstruction de l'Irak. Vladimir V. Poutine, président de la Fédération de Russie, a déclaré : « Seule une participation directe des Nations Unies à la reconstruction de l'Irak permettra aux Irakiens de décider seuls de leur avenir. Seule une aide active et pratique de l'ONU à sa transformation économique et civile permettra à l'Irak de prendre une place nouvelle et légitime dans la communauté mondiale. « Comme bon nombre de leaders, le cheikh Hamad bin Jassim bin Jabr Al-Thani, ministre des Affaires étrangères du Qatar, a appelé à la tenue d'élections en Irak. Il a estimé que les forces de la coalition, avec l'aide des organisations internationales, « devraient permettre au peuple irakien, y compris à toutes les factions et à tous les courants politiques, d'exercer leur droit de choisir leurs nouveaux dirigeants par des élections libres et démocratiques exprimant ses aspirations, ses espoirs et ses souhaits».

Les délégués ont demandé que les pays parviennent à une solution durable au conflit au Moyen-Orient, et beaucoup ont exprimé leur soutien à la « feuille de route », un plan de paix conçu par le « Quartet », les États-Unis, la Fédération de Russie, l'Union européenne et les Nations Unies. Pour le Président albanais, Alfred Moisiu, la feuille de route était un pas vers le règlement du conflit entre Israël et la Palestine. Cependant, « la violence et les actes de terrorisme devraient être éliminés définitivement tout en encourageant le dialogue et un esprit d'entente jusqu'à ce qu'une solution finale soit conclue », a-t-il indiqué.

Les orateurs ont condamné le terrorisme et déploré la perte des membres du personnel de l'ONU, dont celle du fonctionnaire international, Sergio Mierra de Mello, dans une attaque terroriste contre les locaux de l'ONU à Bagdad, le 19 août 2003. Le Premier ministre portugais, Jose Manuel Durao Barroso, a déclaré que les Nations Unies jouaient un rôle central dans la définition d'une stratégie mondiale visant à combattre le terrorisme, parce que la paix et la sécurité internationales dépendaient du résultat de ce combat. « C'est un combat que nous devons entreprendre sans perdre nos principes, c'est-à-dire les valeurs sur lesquelles l'Organisation est fondée », a-t-il ajouté. En plus du renforcement de la sécurité, les pays doivent poursuivre leurs efforts pour assurer une meilleure démocratie, renforcer la protection de l'environnement et réduire la pauvreté. Le combat contre le terrorisme doit être mené dans le respect du droit international et passe par une « convention mondiale sur le terrorisme international».

De nombreux leaders ont exprimé leur soutien au Groupe de haut niveau chargé d'étudier les menaces, les défis et les changements. Le Ministre polonais des Affaires étrangères, Wlodzimierz Cimoszewicz, a indiqué que le « meilleur moyen de créer les conditions adéquates pour instaurer un débat démocratique sur l'avenir de l'ONU » est de faire appel au Groupe, qui devrait être indépendant et composé de personnalités éminentes jouissant d'une bonne réputation sur la scène internationale.

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