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À la mémoire de...
" C'était un humanitaire "
Par Rory Clarke

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L'article
La récente disparition de Robert Batscha, président du Museum of Television & Radio (MT&R) non seulement a été ressentie comme un véritable choc par l'industrie du spectacle mais a aussi attristé de nombreux membres de l'ONU. Pourquoi l'ONU ?

L'explication la plus simple est de décrire une scène qui a eu lieu il y a quelques mois, au MT&R, à New York. C'était en juin 2003, à l'occasion de la 39e réunion annuelle des rédacteurs de l'ONU, un événement qui réunit les " manieurs de mots " et les professionnels de la communication des institutions de l'ONU. Nous étions tous intrigués à l'idée d'aller déjeuner au MT&R.

Nous n'avons pas été déçus. Au lieu de nous faire un topo sur les émissions et les personnalités, M. Batscha nous a guidés dans un voyage où la télévision réside au cour de la communication et de la culture contemporaine. Président du MT&R depuis 1981, il était, de toute évidence, fier de la vaste collection de 120 000 émissions qu'il avait constituée et appréciait vivement que les célébrités et les gens ordinaires viennent visionner d'anciennes émissions. Mais pour lui le Museum était bien plus, c'était un hommage à la télévision et à la radio en tant qu'archives historiques, un documentaire " animé " de notre temps et un moyen qui reflétait et suscitait le changement.

Une fois le déjeuner terminé, je lui ai remis une vidéo sur la télévision réalisée à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il a souri, me disant qu'il avait travaillé à l'OCDE dans les années 1970; j'ai ensuite appris qu'il avait travaillé à Paris de 1974 à 1977, notamment sur un projet avec l'USAID afin de déterminer si les informations de recherche sur le développement avaient été transmises aux responsables politiques et, le cas échéant, si elles étaient adéquates.

La communication était sa vraie vocation. Au début des années 1970, il était maître de conférences au Queen College à New York. Avant d'entrer au MT&R, il était président du Population Resource Center et était membre du Conseil d'administration de New Yorkers for Children - une organisation pour la promotion de l'aide sociale. Pour lui, son rôle au MT&R était davantage au service de l'humanité qu'au service du spectacle, sortant la télévision de sa boîte pour la planter dans le monde des responsables politiques, les invitant à l'utiliser comme un outil d'éducation et de sensibilisation. Il avait compris que les organisations internationales souffraient d'un fossé dans le domaine des communications qu'il voulait aider à combler. Il avait gardé des contacts étroits avec l'ONU et, en mai dernier, avait organisé une projection d'une compilation de vidéos réalisée par le MT&R sur le thème " Médias et conflits armés ", à une session spéciale du Comité de l'information de l'ONU en commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, à laquelle assistaient des organisations non gouvernementales.

Je n'ai découvert tout cela qu'après, mais je n'ai pas été surpris. En fait, lors du déjeuner, nous avions tous été touchés par ce personnage remarquable. Un mot, enseveli sous une avalanche de courriers électroniques exprimant condoléances et tristesse à l'annonce de sa mort, le résume parfaitement : c'était un " humanitaire ". Robert Batscha est décédé le 4 juillet, à l'âge de 58 ans, des suites d'un cancer. Son fils Éric et son ex-femme Francine Sommer lui survivent.

BIO


Rory Clarke est rédacteur en chef de l'OECD Observer et un participant de longue date à la réunion annuelle des rédacteurs de l'ONU.
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