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Les organismes vivants modifiés
Comment l'ONU aide les pays en développement
Par Christopher Briggs

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L'article

Tel qu'il est mentionné dans le chapitre 18 de l'Action 21 - le plan d'action global pour l'environnement adopté au Sommet de la Terre de 1992, les organismes vivants modifiés ou OVM, qui ont été développés grâce à la biotechnologie moderne, peuvent apporter une contribution considérable au développement durable. Cependant, l'Action 21 souligne également que la biotechnologie devrait être considérée comme un instrument qu'il convient d'utiliser à bon escient afin de s'attaquer aux problèmes du développement auxquels sont confrontés les pauvres, tels que la sécurité alimentaire, plutôt que comme une panacée. Il y est également souligné la nécessité d'assurer la biosécurité dans le développement et l'application de la biotechnologie afin de gérer les risques potentiels pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité.

La Convention sur la diversité biologique, qui est entrée en vigueur en 1993, appelait ses parties à " mettre en place ou maintenir les moyens de réglementer, de gérer ou de contrôler les risques associés à l'utilisation et la libération d'OVM résultant de la biotechnologie ". Elle a donné naissance au Protocole de Cartagena sur la biosécurité, qui a été adopté en janvier 2000. Conformément aux mesures de précaution énoncées dans le Principe 15 de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, le Protocole appelle ses parties à coopérer au renforcement des capacités dans les pays en développement et les pays aux économies en transition afin de gérer et de contrôler les risques associés à l'utilisation de la biotechnologie moderne. Les parties ont également demandé au Fonds pour l'environnement mondial (FEM) de fournir des ressources financières aux pays en développement pour renforcer leurs capacités en matière de biosécurité.

En novembre 20002, le FEM a adopté une " stratégie initiale " afin d'aider les pays à mettre en ouvre le Protocole de Catagena, stratégie qui préconisait certaines mesures à prendre. En juin 2001, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a lancé un projet de 39 millions de dollars pour aider 100 pays en développement à mettre en place des cadres nationaux de biosécurité. Ce projet global, qui inclut une contribution de 26 millions destinée à la mise en place de ces cadres, s'appuie sur l'expérience et les leçons tirées d'un ensemble initial de projets pilotes menés à bien dans 18 pays entre 1997 et 1999. Les 100 projets nationaux aideront les pays participants à évaluer leur capacité technologique existante afin de gérer les questions de biosécurité et de déterminer leurs besoins en matière de formation et de ressources. Ces projets permettront aux pays de développer le cadre de réglementation nécessaire pour gérer et contrôler la biotechnologie. De plus, ils renforceront les processus de prise de décisions afin de permettre à ces pays de prendre des décisions éclairées relatives aux demandes d'importation, d'exportation et de libération d'OVM.

Lorsqu'un pays recevra une demande d'importation d'OVM, il sera capable de passer en revue l'ensemble des informations et de décider de la marche à suivre en s'appuyant sur une évaluation informée et scientifique des risques encourus. Il sera également à même d'évaluer les consé-quences socio-économiques sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité dans le pays. Chacun de ces projets nationaux permettra aux pays d'associer le public au développement de leur cadre national de biosécurité et aux processus de prise de décision résultant de la mise en ouvre éventuelle du cadre. L'engagement du public sera centré sur la promotion de l'éducation et la sensibilisation concernant l'utilisation des OVM ainsi que sur la mise en place de mécanismes pour la participation à la prise de décision. Ainsi, le projet permettra de développer les systèmes nécessaires pour satisfaire aux conditions du Protocole de Cartagena.

Le FEM fournit également un soutien à douze projets de démonstration afin d'aider les pays qui ont déjà formulé leurs cadres nationaux de biosécurité à les mettre en ouvre. Le PNUE travaille avec huit de ces pays - la Bulgarie, le Cameroun, la Chine, Cuba, le Kenya, la Namibie, l'Ouganda et la Pologne - lesquels faisaient partie des projets pilotes initiaux. Deux des autres organisations chargées de la mise en ouvre des cadres nationaux travaillent avec les quatre autres pays : la Banque mondiale avec l'Inde et la Colombie, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avec la Malaisie et le Mexique. Ces projets sont destinés à aider les pays participants à finaliser leurs cadres législatifs/administratifs en matière de biosécurité; à renforcer leurs capacités en leur fournissant une formation sur les aspects juridiques de la biosécurité, à traiter les demandes de libération d'OVM dans l'environnement ainsi qu'à évaluer et à gérer les risques; à renforcer leurs établissements nationaux, tels que les laboratoires de référence existants à des fins d'inspection; à consolider les systèmes d'information afin que les pays puissent fournir au Mécanisme du centre d'échange d'informations en matière de biosécurité les informations nécessaires et de renforcer les capacités nationales en matière d'éducation et de sensibilisation du public afin de promouvoir la prise de décision relative aux OVM.

Comme les leçons tirées des projets pilotes sur le développement des cadres de biosécurité ont aidé à créer le projet global sur le développement des cadres nationaux de biosécurité, les leçons tirées de ces projets pilotes de mise en ouvre aideront les autres pays à mettre en place leurs propres cadres de biosécurité. Ainsi, par cette méthode empirique, le FEM, le PNUE, le PNUD et la Banque mondiale aident les pays en développement à répondre au défi de garantir une utilisation sûre de la biotechnologie moderne afin de promouvoir le développement durable.

BIO
Christopher Briggs est directeur du Programme mondial du bureau de biosécurité du PNUE/FEM, établi à Genève.
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