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La croissance des revenus agricoles et la sécurité alimentaire des ménages ont été en deçà des attentes du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, où les responsables s'étaient engagés à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de personnes souffrant de malnutrition. L'augmentation de la productivité agricole a nécessité une hausse des revenus agricoles. Or, la sécurité alimentaire dépend en fin de compte des décisions de gestion agricole concernant, entre autres, les choix des entreprises, les technologies de production et les facteurs de production agricole. Cet article examine les décisions de gestion agricole et l'utilité d'un cadre pour les systèmes agricoles définis dans l'Étude sur les systèmes agricoles mondiaux réalisée par la FAO et la Banque mondiale.
Ces décisions de gestion sont fortement influencées par les différents systèmes agricoles dans lesquels les ménages évoluent, ainsi que par leur situation individuelle. En fait, ces deux facteurs jouent un rôle déterminant. Les circonstances varient considérablement aussi bien dans les grands systèmes agricoles qu'au cours du cycle de vie des ménages. Un village est généralement composé de fermes et de foyers de taille différente qui peuvent produire un nombre similaire de produits agricoles en utilisant des technologies différentes. Une compréhension de la variété des systèmes agricoles dans les pays en développement peut contribuer à élaborer des stratégies de développement rural et de politiques de développement agricole efficaces.
Les systèmes agricoles dirigés par les ménages et leur environnement rural externe immédiat, y compris les effets locaux des politiques et des institutions, des marchés et des liens d'information, sont interdépendants et, sur le long terme, évoluent en fonction des changements démographiques, des marchés, des technologies, des politiques, des institutions et des flux d'informations1.
Les décisions de gestion agricole varient considérablement d'un système à l'autre. En adoptant une approche des moyens d'existence pour définir les systèmes agricoles - reconnaissant les sources multiples de moyens d'existence, parmi lesquelles les cultures marchandes, l'aquaculture, l'autoconsommation et les revenus non agricoles - il est possible de considérer l'environnement institutionnel local, y compris le rapport des prix à la production, les marchés locaux, l'accès des agriculteurs au crédit et les arrangements concernant le partage de ressources, comme une partie intégrante du système local. De cette manière, les différences au sein d'un pays ou d'une région seraient en grande partie représentées par une classification des systèmes agricoles.
Un cadre idéal permettrait de simplifier et de codifier une grande variété d'environnements agricoles, sans éliminer les différences importantes qui doivent être prises en compte par les agents du développement, et serait hiérarchique afin de satisfaire aux différents besoins des responsables politiques à niveaux divers.
Une étude récente réalisée par la FAO et la Banque mondiale a défini des catégories de systèmes agricoles et, à un niveau plus étendu, de grands systèmes agricoles, définis comme des ensembles de systèmes agricoles individuels dirigés par des ménages comparables en termes de ressources, de moyens d'existence, de vulnérabilités, d'opportunités et de contraintes, et pour lesquels il serait approprié d'appliquer des stratégies et des interventions de développement analogues.
Pour développer la base de données des systèmes agricoles, le groupe d'étude a compilé les informations des Systèmes d'information géographique (SIG), les études sur les systèmes agricoles, les données administratives décentralisées et les travaux d'experts. Après avoir identifié les forces de changement dans les systèmes agricoles, des équipes multidisciplinaires ont répertorié les caractéristiques et l'étendue de chaque zone de systèmes agricoles en se servant des cartes de zones agro-écologiques (ZAE) établies par la FAO comme base et en y ajoutant les teintes hypsométriques du SIG, par exemple pour indiquer l'irrigation, les contraintes environnementales, l'étendue des terres cultivées, le cheptel (dans certaines régions) et la population. En outre, les données administratives décentralisées provenant d'unités sélectionnées ont été classifiées dans chaque zone, complétées par des estimations d'études de systèmes agricoles, lorsqu'elles étaient disponibles.
Les équipes ont identifié les tendances spécifiques, les contraintes émergentes et les priorités stratégiques de développement pour chaque système agricole. Les résultats ont été présentés lors de consultations régionales avec les parties intéressées dont les commentaires ont été ensuite intégrés. L'analyse a également inclus une estimation de l'importance relative des stratégies des ménages (" analyse rétrospective " par rapport à l'objectif de réduire de moitié le nombre de pauvres d'ici à 2015) et la consolidation des résultats dans toutes les régions. L'analyse s'est appuyée sur les travaux de plus de 50 experts ayant une expérience pratique du développement dans un grand nombre de disciplines.
Les systèmes de production agricole dans les régions en développement du monde ont été répartis en huit catégories :
- irrigués
- culture de riz aquatique
- cultures sèches dans les régions humides
- cultures sèches dans les régions escarpées et montagneuses
- cultures sèches dans les régions arides ou froides
- système dualiste avec grandes exploitations commerciales et petites exploitations
- pêche artisanale côtière de type mixte et
- urbains
Dans ces catégories, 72 systèmes agricoles ont été répertoriés et établis sous forme de tableau (entre 8 et 16 selon les régions). Certains systèmes agricoles étant comparables, 44 systèmes au niveau mondial ont été retenus. Dans chaque région, plus de douze teintes hypsométriques ont été superposées sur les cartes - y compris les ZAE, la pluviométrie, les contraintes environnementales, l'altitude, la taille des exploitations, le cheptel, la population - donnant lieu à plus de 100 cartes régionales. Les six cartes et les systèmes régionaux ont été ensuite regroupés, en tenant compte de l'équivalence de certains systèmes agricoles dans différentes régions, pour produire une carte mondiale de 44 systèmes agricoles (voir ci-dessus)2.
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Note : Cette carte des systèmes agricoles des régions en développement est présentée à des fins d'illustration seulement.
Source : Équipe chargée de l'acquisition des données et de l'analyse spatiale. Étude des systèmes d'exploitation dans le monde, FAO/Banque mondiale
Les frontières et les délimitations qui figurent sur cette carte ne constituent ni une approbation officielle ni une acceptation de la part des Nations Unies.
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La valeur d'un nouvel outil ou d'une nouvelle approche doit résider dans sa capacité à fournir des éléments d'information nouveaux aux personnes qui l'utilisent. L'étude ayant été initialement effectuée au niveau mondial, tenant compte des systèmes agricoles définis par région, jusqu'alors l'attention a été principalement portée sur leur application comme cadre d'analyse régionale sur une grande échelle et de développement des stratégies. Deux grandes approches ont été utilisées. Dans la première, les données développées à partir d'autres domaines techniques ont été superposées ou comparées avec les systèmes agricoles occupant les mêmes régions afin de rechercher des relations possibles et d'extrapoler les données de l'ensemble des systèmes. Tel a été le cas, par exemple, des études sur l'apparition de maladies et la séquestration du carbone.
L'autre approche a consisté à se servir des systèmes agricoles définis pour développer des données et des approches, comme dans la mise en place d'une stratégie à long terme pour la gestion des ressources forestières en Afrique, tenant compte de la pression exercée sur l'utilisation des sols et de l'intensification prévue des systèmes agricoles sur le continent et en les utilisant pour déterminer les différents niveaux de pression exercée sur les ressources forestières dans les prochaines décennies. Dans les deux cas, les analyses des systèmes agricoles peuvent permettre de déterminer les priorités régionales en matière d'investissement rural et de recherche, contribuer à identifier et à diffuser les meilleures pratiques dans un système agricole et à surveiller et à évaluer leur impact.
Au niveau régional, le processus d'identification et de diffusion des meilleures pratiques peut être efficacement soutenu par une bonne connaissance des systèmes agricoles, les meilleures pratiques étant généralement spécifiques à un ensemble de circonstances semblables, telles que les ressources naturelles, les modes de production, les opportunités du marché et la pression démographique, qui sont représentées sur la carte par les délimitations des systèmes agricoles. Ces meilleures pratiques peuvent comprendre des domaines comme la technologie, les services (commerciaux, financiers, etc.) et les arrangements institutionnels et politiques.
À plus long terme, les applications plus spécifiques sur le plan géographique s'avéreront aussi importantes ou même plus importantes, aidant à mieux comprendre les systèmes agricoles aux niveaux sous-régional, national ou sous-national. Cependant, pour que les approches des systèmes agricoles donnent des résultats à ces niveaux, les délimitations de l'étude initiale devront être révisées.
Principaux systèmes agricoles
Afrique subsaharienne
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Source : FAO/Banque mondiale, Étude des systèmes de production mondiaux.
Les frontières et les délimitations qui figurent sur cette carte ne constituent ni une approbation officielle ni une acceptation de la part des Nations Unies.
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Cela nécessitera la mise en place d'une définition des sous-systèmes qui non seulement prend davantage en compte les variations climatiques, des ressources naturelles et démographiques dans un seul système, mais reflète également l'influence de facteurs qui peuvent varier d'une frontière politique à l'autre, tels que les politiques gouvernementales et le développement institutionnel3. En particulier, les données statistiques et biophysiques recueillies dans les recensements et les sondages réalisés en milieu rural devront être regroupées afin de refléter les systèmes agricoles et non pas les frontières politiques. L'augmentation de l'utilisation des références des systèmes agricoles mondiaux facilitera cette tâche.
Les applications clés seront réparties en trois grandes catégories :
- apports pour le développement de stratégies, d'une manière semblable à ceux développés à l'échelle régionale
- identification et développement des investissements ruraux et
- utilisation comme outils dans l'élaboration de directives opérationnelles et de matériels de support.
Les exemples où les données des systèmes agricoles améliorés fourniront des avantages importants incluant des stratégies nationales de développement rural, telles que les Documents de stratégie de réduction de la pauvreté et autres documents préparés par les ministères de l'agriculture, des ressources naturelles et autres institutions semblables, ainsi que des documents de politique générale et de discussion préparés par les institutions financières internationales - la Stratégie d'assistance aux pays de la Banque mondiale et les Rapports d'opportunités stratégiques du Fonds international de développement agricole. L'identification des besoins en matière de financement rural et la mise en place d'un programme constituent l'étape suivante logique et nécessitent également une meilleure approche des modes d'existence des ménages dans ces régions.
En l'absence de définitions adéquates des systèmes nationaux et sous-nationaux, il est plus difficile de prévoir les diverses directives opérationnelles qui pourront être utiles. Cependant, il est clair que l'extension et les services de conseil pourraient bénéficier de la capacité à cibler les programmes technologiques, les programmes d'assistance technique, les essais sur le terrain et les activités similaires des systèmes agricoles.
Ces applications intéresseront probablement le secteur privé et les autres utilisateurs non gouvernementaux. Mais le secteur privé, y compris l'industrie des engrais, peut aussi tirer des informations utiles des données déjà disponibles, par exemple en considérant les niveaux d'intensification et de diversification dans chaque système afin de déterminer les domaines où les demandes en engrais seront importantes. De manière globale, plus de 1,5 milliard d'hectares de terres cultivables sont répartis dans 15 systèmes à forte croissance, comprenant une population agricole de plus de 500 millions de personnes, tandis que plus de 2 milliards d'hectares sont classés dans les systèmes de production moins intensifs. Dans les régions à forte croissance, la majorité des systèmes agricoles par région devrait se trouver en Amérique latine, qui compte plus de la moitié, alors que la majorité de la population vivant dans les systèmes à forte croissance, en particulier le système riz-blé, se trouve en Asie du Sud.
Notes
1 Les liens importants comprennent le marché du travail, ainsi que les emplois non agricoles, le marché des capitaux, les mesures de protection informelles, l'échange des informations et les réseaux sociaux.
2 En raison de sa complexité, la carte des Systèmes agricoles des régions en développement qui figure dans cet article est présentée à des fins d'illustration seulement. Il convient de noter que les systèmes agricoles des pays de l'OCDE n'ont pas été définis ou classifiés dans ce système (bien que des classifications nationales existent). Il est possible d'avoir accès aux cartes au site de la FAO (http://www.fao.org/farmingsystems/).
3 Les systèmes agricoles au niveau régional tendent à utiliser la politique dominante ou " moyenne " et l'environnement institutionnel pour définir les caractéristiques et les tendances des systèmes.
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