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Message du Secrétaire général
" Le service des Nations Unies est une vocation "

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L'article
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Nous autres, dont le travail était si étroitement imbriqué dans la tragédie des autres, avons à surmonter notre propre souffrance. Nos sens paraissent chanceler devant les images et les sons qui nous viennent de ce qui fut l'un des jours les plus sombres de l'histoire des Nations Unies. À la télévision, les images de nos collègues transportés sur des brancards depuis les décombres du Canal Hotel. Dans notre esprit, l'image de ces mêmes collègues tels que nous nous les remémorons : des hommes et femmes dynamiques, dans la force de l'âge, actifs, intenses, pleins d'espoir, sachant rire, portés aussi à la compassion; et surtout déterminés à rendre ce monde meilleur.

Tout cela nous laisse frappés de stupeur et de chagrin. Il nous est difficile de croire que celui dont nous partagions le bureau n'y entrera plus; ne pourra plus offrir la lumière de son sourire; ne pourra plus nous communiquer sa passion, ou nous impressionner par son talent. Le personnel des Nations Unies avait déjà été auparavant la cible d'attaques graves. Nous avons trop souvent eu l'occasion, ces dernières années de nous réunir pour pleurer nos collègues morts et pour en saluer la mémoire. Mais l'attaque perpétrée mardi était beaucoup plus délibérée, beaucoup plus odieuse encore que toutes celles qui l'ont précédée. Cela nous oblige à nouveau à examiner les conditions dans lesquelles nous travaillons. Certaines de ces conditions devront peut-être changer, si triste et douloureux que soit ce changement. Mais, à ce jour, nous nous réunissons comme une famille pour pleurer nos morts, pour rendre hommage à ceux que nous avons perdus. En tant que famille, nous devons prendre le temps de pleurer nos morts. Qu'il s'agisse d'un employé de bureau, d'un juriste, d'un chauffeur ou du représentant spécial, qu'il s'agisse d'Iraquiens ou d'étrangers, chacun de ces hommes et femmes apportait une contribution unique, sans prix, à notre travail commun.

Chacun était attaché au respect des droits de l'homme, à la souveraineté et au bien-être du peuple iraquien. Beaucoup avaient déjà servi dans d'autres pays, pour répondre aux besoins d'autres peuples. Chacun était exposé à des privations, sans parler de la nostalgie de leur foyer et de leur attachement à une vie plus tranquille et chacun avait surmonté ses craintes afin d'aider les autres à sortir d'une période de terribles souffrances. Chacun de nos morts a su montrer au monde que la fonction publique internationale avait des principes et avait un visage humain. De chacun, nous étions fiers.

Je dirai maintenant au personnel en poste à Bagdad que l'intensité du choc que vous éprouvez nous échappe nécessairement. Nous pouvons cependant exprimer notre profonde gratitude pour la force d'âme que vous manifestez au milieu de cette terrible catastrophe. Votre action est, profondément, une source d'inspiration pour nous tous mais aussi, avant tout, pour les Iraquiens. Des condoléances nous sont adressées du monde entier. Les dirigeants et les citoyens ordinaires de tous les pays nous expriment leur profond chagrin après ce qui s'est passé. Je formule l'espoir que cette manifestation générale d'appui et de sympathie vous apportera quelque réconfort.

S'il existe un moyen d'honorer la mémoire de nos collègues assassinés dans l'exercice de leurs fonctions, c'est bien de poursuivre leur tâche avec détermination et fermeté. L'Organisation des Nations Unies ne sera pas inutilement imprudente. Et pourtant elle ne se laissera pas non plus intimider. Le service des Nations Unies n'est pas simplement un emploi. C'est une vocation, et ceux qui nous ont odieusement attaqués ne nous en détourneront pas. Nous trouverons un moyen de poursuivre notre action - c'est-à-dire de continuer à aider les Iraquiens à reconstruire leur pays, à regagner leur souveraineté sous les dirigeants de leur choix.


Extrait du discours du Secrétaire général lors d'une veillée qui a eu lieu à la Dag Hammarksjöld Plaza, à New York, le 20 août 2003 (en haut et à droite) à la mémoire des victimes de l'attaque contre le bureau des Nations Unies à Bagdad. Les membres du personnel de l'ONU ont également participé le 26 août à une marche silencieuse (à gauche) autour de la fontaine située devant le Secrétariat de l'ONU.

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