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Face à face
Pourquoi les écoles et les hôpitaux s'effondrent-ils lors des séismes ?


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L'article

Par Ben Wisner

Suite au tremblement de terre qui a eu lieu le 1er mai, au petit matin, près de Bingol, en Turquie, j'ai répondu à un article du journaliste responsable de la rubrique Science du Guardian, Tim Radford. Même si ces pensées sont rudimentaires et préliminaires, l'émotion que je ressens aujourd'hui est la même que celle que j'avais ressentie en janvier 2001, lorsque les tremblements au Salvador et dans le Gujerat nous avaient conduits, Maureen Fordham et moi, à lancer RADIX (voir Chronique ONU, numéro 4, 2000). Je m'inspire de l'exemple de Haresh Shah, David Alexander et d'autres encore qui ont maintes fois et publiquement encouragé l'idée de faire appliquer partout, dans les écoles et les hôpitaux, les normes de sécurité acceptées internationalement ainsi que de l'excellent travail de l'Organisation mondiale de la santé, de l'Organisation panaméricaine de la santé, de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, de l'Organisation des États d'Amérique et d'autres organismes régionaux.

La question de base est de déterminer pourquoi, même dans les pays industriels riches et dans les pays en développement à revenus moyens disposant d'ingénieurs et d'experts, les écoles et les hôpitaux sont les premiers touchés pendant les séismes modérés.

Dans les pays en développement à revenus moyens, toutes les écoles et tous les dortoirs devraient être inspectés et, s'il y a lieu, renforcés. C'est une mesure de base qui permettrait de réduire les risques dans une zone séismique active.

De nombreux pays continuent d'ignorer ce test simple et relativement peu coûteux qui peut sauver la vie d'enfants. En novembre 2002, à San Giulano di Puglia, en Italie, des élèves et des enseignants de l'école primaire ont été écrasés par une dalle de béton mal fixée qui s'était détachée du deuxième étage.

Photo ONU


Par James Lewis

Sous la rubrique " Knowing versus Doing " de RADIX figure également mon article intitulé " Améliorer la construction des édifices ? ". Je ne cherche pas à polémiquer à tout prix, mais je constate dernièrement une tendance marquée à vouloir "refaire le monde" ".

D'abord, je suis, comme vous, profondément touché par les catastrophes et ce, depuis de nombreuses années, Mais c'est un phénomène national. Nous ne pouvons mener des actions et apporter notre aide que là où elle est demandée. Il ne nous appartient pas de prendre la tête des opérations et d'imposer des mesures pour améliorer la situation - il faut que ces changements viennent des pays eux-mêmes. Il n'est pas suffisant de se concentrer sur la construction de bâtiments, même s'elle est adéquate. Il y aura " toujours " une marge, probablement une marge importante, entre ce qui est réalisable et la capacité de destruction potentielle de certains séismes. Tant que les techniques ne seront pas plus efficaces pour évaluer les risques de séismes dans les zones à risque, la manière dont les bâtiments sont construits aura peu d'importance par rapport aux sites où ils sont construits. Dans l'état des connaissances locales actuelles, la distribution, le choix du site et la forme des bâtiments pourraient être considérés de manière plus logique qu'ils ne l'ont été presque partout.

Il ne s'agit donc pas d'une question sectorielle ayant trait seulement à la manière dont les bâtiments sont construits, mais d'une question qui concerne dans son ensemble une stratégie de développement, à la fois au niveau national et au niveau international, les droits de l'homme, les désavantages sociaux et politiques et, je le répète encore, la volonté et l'intégrité politiques.

Je partage votre émotion, mais il faut nous rendre à l'évidence que des années seront nécessaires pour effectuer les changements qui, nous le savons, sont indispensables.

BIO


Ben Wisner est chercheur invité dans le cadre du Programme pour les États en crise de l'Institut d'études sur le développement, à la London School of Economics, et au Centre de recherche Benfield sur les risques, à l'University College London. Il est cofondateur de RADIX.


James Lewis est architecte et consultant en matière de risques et d'établissements humains. Actuellement visiteur stagiaire à l'University of Bath, il est l'auteur de Developement in Disaster-prone Places (IT Publications, Londres, 1999).
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