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Les progrès de l'enseignement en Guyana
Une étude de cas
Par Donnette Critchlow

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L'article

En s'adressant aux élèves en octobre 2000, le Président guyanien, Bharrat Jagdeo, a réitéré l'engagement à long terme des gouvernements successifs de la Guyana de faire en sorte que chaque enfant ait accès à une éducation de qualité qui " répond aux aspirations de développement de l'individu et, par extension, de la nation dans son ensemble ". Cette vision reflète l'aspiration de nombreux leaders des pays en développement et de la communauté internationale, conscients des bénéfices qu'offre l'éducation tant pour les individus que pour la société. L'éducation a été de plus en plus reconnue comme un instrument du change-ment et un élément central du développement dans toutes ses dimensions y compris la réduction de la pauvreté, l'amélioration des soins de santé et la croissance économique durable.

En Guyana, l'éducation a connu une longue histoire progressive et dès les années 1960, le système était considéré comme l'un des meilleurs des pays anglophones des Caraïbes. Ce système d'éducation doit son succès à la promulgation de la loi de 1876 par la puissance coloniale britannique qui a institué l'éducation obligatoire et donné à l'éducation une place importante dans la société en matière de mobilité sociale. Le lien entre l'éducation et le développement n'a pas échappé aux divers gouvernements du pays qui ont maintenu l'éducation obligatoire, augmenté les dépenses pour l'éducation et entrepris une réforme des programmes scolaires. De plus, le droit de chaque personne à l'éducation étant considéré comme un droit humain fondamental, il est religieusement consigné dans la Constitution.

L'école est obligatoire pour les enfants âgés entre 5 ans et 9 mois et 15 ans, tout manquement des parents à leurs obligations étant passible de poursuites pénales. L'enseignement primaire est basé sur l'acquisition des compétences en lecture et en calcul, tandis que l'enseignement secondaire est axé sur la préparation aux études supérieures, l'acquisition des compétences professionnelles ou la participation à la vie active de la société. L'inclusion récente des questions de la santé et de la famille dans les programmes du secondaire vise également à aider les jeunes à faire des choix informés dans la vie.

L'une des initiatives les plus importantes a eu lieu en 1976, avec la garantie du gouvernement de fournir un enseignement gratuit pour tous, de l'école maternelle à l'université.

Photos avec l'autorisation du consulat guyanéen à Toronto
Cette politique incluait l'élimination des frais scolaires, la mixité dans les écoles, l'absorption de toutes les écoles privées dans le système d'éducation public et la fourniture gratuite de manuels scolaires aux élèves. Ces initiatives sont venues compléter le cadre existant de la scolarité obligatoire et ont considérablement amélioré l'accès à l'enseignement dans tout le pays. Dans ce processus, cependant, la responsabilité financière a été transférée au secteur public.

L'accès à une éducation gratuite et obligatoire peut être considéré comme une initiative majeure pour n'importe quel gouvernement, d'autant plus celui d'un petit pays en développement. En Guyana, certains ont mis en cause la capacité du gouvernement à maintenir un tel système tout en offrant une éducation de qualité. Il est pourtant clair que ce processus a porté ses fruits. Premièrement, les programmes scolaires ainsi que les manuels, particulièrement ceux des écoles primaires, ont été révisés en vue de promouvoir l'histoire et la culture de la Guyana au lieu de se concentrer sur les expériences passées des États colonisateurs. Deuxièmement, l'élimination des frais de scolarité et la gratuité des manuels scolaires ont permis une augmentation du nombre d'élèves inscrits.

La Guyana a atteint certains objectifs établis par les processus intergouvernementaux, tels que le Sommet du millénaire et le Forum mondial sur l'éducation. Selon le Rapport du développement humain 2003 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), elle a, par exemple, atteint l'éducation primaire universelle avec un taux d'inscription de 98 % et réalisé la parité entre les sexes dans les établissements scolaires primaires, secondaires et d'enseignement supérieur.
Le plan stratégique du ministère de l'Éducation pour la période 2003-2007 prévoit la réalisation de l'éducation primaire pour tous dans un avenir proche.

De plus, on a remarqué, à tous les niveaux, que les filles avaient tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires que les garçons, ce qui a conduit les responsables de l'éducation à concentrer leur attention sur ce phénomène de sous-performance des garçons en vue de mettre au point des stratégies pour inverser cette tendance. Plusieurs projets ont été également entrepris, spécialement au niveau de l'école maternelle et de l'école primaire, afin d'enseigner aux enfants la langue de leur communauté respective, que ce soit le wapishana, l'arawak ou le makushi, initiative qui a eu un effet positif à long terme sur l'éducation des enfants.

D'une part, les élèves du secondaire ont réussi avec succès les examens du Conseil des examens des Caraïbes et, d'autre part, le nombre d'élèves a considérablement augmenté dû, en partie, à l'octroi de subventions, spécialement aux élèves dont les familles ont des revenus bas. Néanmoins, les taux d'inscription et d'abandon scolaire font l'objet de préoccupations et sont examinés au plus haut niveau. Le Plan stratégique du Ministère de l'éducation pour la période 2003-2007 prévoit la réalisation de l'éducation secondaire pour tous dans un avenir proche.

Les contraintes budgétaires et la mise en ouvre d'un programme d'ajustement structurel visant à réduire les dépenses sociales et à mettre en ouvre un programme fiscal rigoureux ont engendré une certaine érosion du secteur de l'éducation. L'engagement de fournir une éducation gratuite a dû être réévalué, en commençant au niveau de l'enseignement supérieur. D'autres défis à relever concernent la migration des enseignants qualifiés, le manque d'équipement et de matériel d'apprentissage et, dans certains cas, la vétusté des établissements scolaires. Pour cette raison, et afin d'améliorer l'éducation primaire et secondaire, le gouvernement a mis sur pied des projets de coopération techniques bilatéraux et multilatéraux avec des pays et des organisations, tels que le Royaume-Uni, le Canada, la Banque interaméricaine de développement et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance.

Les programmes actuellement mis en ouvre comprennent le Programme de réforme de l'école secondaire, le Soutien à la responsabilité et à la gestion de l'éducation de base ainsi que le Projet d'accès à l'éducation de la Guyana qui comprend la réforme des programmes scolaires, l'acquisition de matériels scolaires et d'apprentissage, y compris des ordinateurs, la formation des enseignants et la construction d'établissements scolaires ou la rénovation des établissements existants.

Le succès de l'éducation en Guyana est dû à plusieurs facteurs, tels que les bases établies pendant la période coloniale, la priorité donnée par le gouvernement à l'éducation, le rôle des parents dans l'éducation des enfants et le soutien de la communauté internationale. Les mesures adoptées par le gouvernement afin d'éliminer les frais scolaires, de fournir gratuitement des manuels et d'assurer l'enseignement des langues communautaires, s'il y a lieu, ont eu des effets positifs.

Toutefois, l'expérience nous enseigne que les pays pauvres qui sont écrasés par le fardeau de la dette et qui subissent les contraintes des programmes d'ajustement structurel ont besoin du soutien financier et technique de la communauté internationale, particulièrement par le biais de partenariats, pour atteindre les objectifs en matière d'éducation. Il est également nécessaire de redonner sa place à l'éducation et de considérer qu'elle est un investissement social et pas une aide sociale.

BIO


Donnette Critchlow est secrétaire adjointe à la Mission permamente de la Guyana auprès des Nations Unies. Elle a travaillé au Département de la coopération économique interna-tionale, qui fait aujourd'hui partie du Ministère des affaires étrangères de Guyana, où elle a traité les questions liées à la coopération bilatérale et à l'assistance multilatérale.
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