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2001 Les Nations Unies et Kofi Annan
" La seule voie négociable vers la paix dans le monde "
By Nuchhi R. Currier for the Chronicle

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L'article

L'année centenaire des prix Nobel a été l'occasion pour le Comité du prix Nobel de marquer une pause. Le moment était venu d'évaluer les continuités historiques, les idéaux de l'humanité et la promotion de la justice, tels que les avait envisagés Alfred Nobel. C'est ainsi que les Nations Unies et le Secrétaire général, Kofi Annan, ont reçu le prix Nobel pour la première année du nouveau siècle - la première fois que l'Organisation et ses responsables ont été directement récompensés. Ce prix rendait hommage au renforcement de la coopération entre les États, à la promotion de la paix et de la sécurité internationales ainsi qu'à la mobilisation internationale afin de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux mondiaux. Avec ce prix, le Comité démontrait clairement sa conviction que les Nations Unies avaient atteint leur potentiel, assumant de manière plus complète le rôle qu'elles étaient appelées à jouer et réalisant de nombreux succès, malgré certains revers. Le Comité a proclamé que la seule voie négociable vers la paix et la coopération dans le monde passait par les Nations Unies.

Pour l'Organisation, le prix Nobel était une consécration car malgré les critiques dont elle avait fait l'objet pour son manque de pouvoir et d'efficacité, elle pouvait compter un certain nombre de succès dans les opérations de maintien de la paix, le développement économique et humain et la protection des droits de l'homme, fonctionnant comme un instrument de la paix, un point focal pour le droit international et un forum pour le développement de la compréhension et l'amitié entre les peuples. Des " répercussions de la guerre du Golfe, aux guerres en ex-Yougoslavie, et spécialement au Kosovo, en passant par le statut du Timor oriental (Timo-Leste), la guerre au Congo et la mise en ouvre des résolutions de l'ONU concernant le Moyen-Orient ", la liste de ses actions dans le monde est impressionnante. Dans son discours de présentation, le Président du Comité du prix Nobel, Gunnar Berge, a dit que les réalisations de l'ONU avaient dépassé les espérances de ses fondateurs. " L'ONU aurait pu recevoir le prix si souvent qu'en fin de compte elle ne l'a jamais reçu. " Selon lui, ses succès reposent sur le fait que les grandes et les petites puissances se sont unies face aux défis mondiaux, régionaux et locaux. Notant que le prix avait été décerné lors de l'année de son centenaire, il a ajouté " que la seule voie négociable vers la paix et la coopération dans le monde passe par les Nations Unies ".

Dans sa citation, le Comité a mentionné la remarquable capacité du Secrétaire général " à insuffler une nouvelle vie à l'Organisation. [...] Dans une organisation qui est tributaire des décisions de ses membres, il a clairement fait savoir que les États Membres ne pouvaient pas utiliser la souveraineté comme un bouclier derrière lequel ils cachent leurs violations.

" Il a non seulement mis l'accent sur la responsabilité traditionnelle de l'ONU dans le domaine de la paix et de la sécurité mais aussi sur les obligations de celle-ci en ce qui concerne les droits de l'homme. Il a relevé de nouveaux défis, comme le VIH/sida et le terrorisme international, et a cherché à rendre l'utilisation des modestes ressources de l'ONU plus efficace. " Lors de la cérémonie de remise du prix, M. Berge a fait remarquer que " personne n'a fait autant pour revitaliser l'ONU que Kofi Annan ", lui donnant en peu de temps " un prestige à l'extérieur et une morale à l'intérieur, ce qui s'était rarement vu durant les cinquante ans de l'histoire de l'Organisation ".

Dans son discours rendant honneur aux Nations Unies et à son Secrétaire général, le Comité du prix Nobel a déclaré que le rythme de plus en plus rapide de la mondialisation nécessitait un rôle actif de l'Organisation dans la gestion des affaires des nations, " si ce n'est sous la forme d'un gouvernement mondial centralisé, au moins en tant qu'instrument international le plus efficace dont le monde a un besoin vital ".

Kofi Annan, un champion des droits de l'homme ouvrant pour le respect et la dignité de chaque personne, a parlé de la protection de la dignité humaine, quelles que soient la religion et la race. " Dans le monde d'aujourd'hui, les véritables frontières ne sont pas celles qui séparent par les nations, mais celles qui séparent les forts et les faibles, les privilégiés et les humiliés ", a-t-il dit lors de son discours du prix Nobel. Demandant qu'un rôle plus important soit confié à l'ONU dans la lutte contre le terrorisme, il a dit que les catastrophes humanitaires ou humaines dans un pays avaient mis en péril la sécurité nationale dans d'autres pays situés aux antipodes, et qu'" un battement d'aile de papillon en Amazonie peut déclencher une violente tempête de l'autre côté du globe ".

Kofi Annan est le premier fonctionnaire de carrière de l'ONU à avoir été élu Secrétaire général. Né au Ghana, il a fait ses études en Afrique, en Europe et aux États-Unis. Il a travaillé à l'Organisation mondiale de la santé, au Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, s'occupant de la gestion des ressources humaines, du budget et des finances ainsi que du maintien de la paix. En tant que Secrétaire adjoint aux opérations de maintien de la paix, il a supervisé le déploiement de près de 70 000 soldats et personnels civils dans les opérations de l'ONU dans le monde.

Parmi les personnels de l'ONU envoyés en mission, certains ne sont jamais revenus. En 2003, l'ONU et M. Annan ont décidé de leur rendre hommage en créant un fonds financé par l'argent du prix Nobel, soit un million de dollars, qui servira à fournir une assistance financière à l'éducation des enfants du personnel civil tué dans l'exercice de ses fonctions. L'argent du prix Nobel de la paix sert donc, avec justesse, à honorer ceux que l'on ne surnommera plus " le personnel oublié ".

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