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1950 Ralph Bunche
" Une nation ne devrait pas se lever contre une autre. "
By Nuchhi R. Currier for the Chronicle

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L'article

Dans son discours du prix Nobel, le 11 décembre 1950, après avoir été choisi comme premier lauréat du prix Nobel de la paix, Ralph Johnson Bunche a décrit les Nations Unies en des termes chaleureux. Considérant l'Organisation comme " le plus grand effort de paix dans l'histoire " et soulignant qu'elle " existe non seulement pour préserver la paix mais aussi pour instaurer le changement [...] en évitant les bouleversements violents ", il a mis en avant le fait qu'elle recherchait " seulement l'unité, pas l'uniformité, dans la diversité du monde ". Il avait initialement refusé le prix, écrivant au Comité du prix Nobel : " On ne travaille pas au Secrétariat [de l'ONU] pour gagner des prix. "

Ralph Bunche est né en 1903 à Détroit, dans le Michigan, dans une famille d'ouvriers noirs. Sa grand-mère, " Nana " Johnson, figure importante dans sa vie, qui vivait avec sa famille, était née esclave. Élève brillant, il a commencé ses études supérieures à l'université de Harvard grâce à une bourse et une collecte de fonds de 1 000 dollars organisée par la communauté noire de Los Angeles, en Californie. Il a obtenu sa maîtrise en 1928 et son doctorat en 1934. Sa thèse, consacrée à la comparaison de l'administration française au Togo et au Dahomey, lui a valu le prix Toppan pour la recherche remarquable effectuée dans le domaine des sciences humaines.

Éducateur, défenseur des droits de l'homme et homme d'État international, Ralph Bunche a laissé sa marque comme militant universitaire et s'est distingué partout où sa carrière le menait - les universités de Californie, de Los Angeles (UCLA), de Harvard, de Howard, le Bureau américain des services stratégiques, le Département d'État et les Nations Unies. Il est entré à l'Organisation mondiale en 1946, a été chargé du Département de tutelle, traitant les problèmes liés à l'esclavage et à la colonisation. Puis il est devenu l'expert et l'architecte des opérations de la paix de l'ONU, et fut consulté à maintes reprises par les Secrétaires généraux, Trygve Lie, Dag Hammarskjöld et U Thant.

Principal Secrétaire de la Commission de l'ONU en Palestine, il a été chargé de mener à bien le plan de partage approuvé par l'Assemblée générale. Lorsque ce plan a échoué et que les combats entre les Arabes et les Israéliens se sont intensifiés, le Secrétaire général, Trygve Lie, a nommé le comte Bernadotte comme médiateur en Palestine, et Ralph Bunche pour l'assister. Quelques mois plus tard, le comte Bernadotte était assassiné et Ralph Bunche lui a succédé. Après onze mois de négociations continues, il a réussi à conclure les accords d'armistice entre Israël et les États arabes. Cet armistice, premier succès de l'ONU, lui a valu, alors qu'il en était l'architecte, le prix Nobel de la paix.

La liste des candidats au prix Nobel de la paix de 1950 comprenaient des hommes d'État comme Winston Churchill et George C. Marshall. Que Ralph Bunche ait été choisi par le Comité permet de saisir la mesure du succès non seulement des idéaux des Nations Unies mais aussi du statut de l'homme. Son succès était le résultat direct de ses compétences intellectuelles, de sa solide formation universitaire, de sa sensibilité aux relations humaines, de sa détermination et de son travail sans relâche. Durant sa carrière, il a effectué un travail de pionnier, ouvrant à promouvoir les droits civils et l'égalité raciale aux États-Unis, une plus grande compréhension de l'Afrique par le gouvernement et le public américains, la création des Nations Unies ainsi que l'évolution de leurs programmes de décolonisation, la médiation internationale et l'endiguement des conflits armés par le biais des opérations de la paix internationales.

La mission de l'ONU lui tenait à cour et il a choisi de rester avec l'Organisation, malgré une offre tentante d'occuper le poste de professeur de sciences politiques à l'université de Harvard. Nommé Secrétaire général adjoint aux affaires politiques spéciales, il a contribué au développement et à la gestion des activités de maintien de la paix et de surveillance de la trêve au Sinaï, en 1956, au Congo en 1960, à Chypre en 1962, au Yémen en 1963 et en Inde et au Pakistan en 1965. Il a également joué un rôle important dans la création de l'Agence internationale de l'énergie atomique et du Programme des Nations Unies pour le développement.

Les propos qu'il tenait à la remise du prix Nobel, il y a cinquante ans, sont toujours d'actualité. " Pour l'homme ordinaire, l'état des affaires mondiales est déconcertant. Toutes les nations et tous les peuples se disent être en faveur de la paix. Or, jamais la paix n'a été aussi en danger ", et " pour garantir la paix dans le monde, l'ONU doit disposer [...] d'un effectif militaire suffisant pour pouvoir répondre avec l'aide d'une force militaire internationale aux agressions d'une force hostile, de façon rapide et concluante ".

Il a ouvré sans relâche à la réalisation des objectifs de l'ONU visant à garantir des droits égaux à tous les peuples, les droits des minorités, quelles que soient la race, la religion et l'idéologie, et à traiter la question de la décolonisation. Pour lui, les droits civils aux États-Unis et les droits de l'homme dans le monde faisaient partie d'un même tout.

Ayant pris sa retraite en 1971 pour raisons de santé, il est décédé le 9 décembre de la même année. Le Secrétaire général, U Thant, l'a décrit comme " une institution internationale à lui seul, transcendant la nationalité et la race comme peu d'autres ont réussi.

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