Action du système des Nations Unies dans la prévention du génocide
La naissance de l’Organisation est étroitement liée au désir de la communauté internationale d’empêcher que les horreurs perpétrées pendant la Seconde Guerre mondiale ne se reproduisent. Dans le cadre de leurs mandats respectifs et grâce à leurs activités opérationnelles et à leur présence sur le terrain, les organismes, fonds et programmes des Nations Unies contribuent à la prévention du génocide de mille et une façons, notamment en soutenant un développement équitable, en promouvant les droits de l’homme, en apportant une assistance humanitaire et en jouant les intermédiaires en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité.
En particulier, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), qui est le chef de file de l’action des Nations Unies en faveur des droits de l’homme, s’emploie à promouvoir et à protéger tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, mais a aussi pour tâche de coordonner les activités menées dans ce domaine à l’échelle de tout le système. Il assure également le secrétariat des organes issus des traités relatifs aux droits de l’homme, comme le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, et de mécanismes relatifs aux droits de l’homme comme les rapporteurs des mandats thématiques et par pays, lesquels peuvent donner l’alarme si un génocide se prépare et formuler des recommandations. Les départements des affaires politiques (DPA) et des opérations de maintien de la paix (DOMP) de l’ONU œuvrent à désamorcer les crises et à écarter les menaces pour la paix. D’autres organismes des Nations Unies, comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires EN s’emploient et contribuent à empêcher que les conditions d’un génocide ne soient réunies.
Lorsqu’un génocide se produit, la Cour pénale internationale (ICC), juridiction indépendante et distincte de l’ONU, est habilitée à enquêter et à poursuivre les responsables si l’État concerné n’a pas la volonté d’exercer sa compétence sur les auteurs présumés ou est dans l’incapacité de le faire. Combattre l’impunité et susciter l’espoir réaliste que les auteurs de génocide et de crimes connexes auront à répondre de leurs actes sont des moyens efficaces de promouvoir une culture de la prévention.
Dans le cadre de son mandat de prévention du génocide, le Conseiller spécial sollicite et reçoit des informations pertinentes de tous les organismes des Nations Unies, en particulier en ce qui concerne l’alerte rapide, et joue un rôle de catalyseur au sein du système, en formulant des recommandations pour que le Secrétaire général, le Conseil de sécurité et d’autres partenaires de la famille des Nations Unies puissent engager un processus efficace faisant intervenir tout le système et en aidant ces partenaires à entreprendre une action préventive dans les limites de leurs compétences et de leurs mandats respectifs.