Opérations de maintien de la paix de'l'ONU : Bilan de l'année 2004
 
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V. Deux missions au Moyen-Orient : Le Coordonnateur spécial des Nations Unies dans les territoires palestiniens occupés et la MANUI



Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient
s'efforce d'apporter un appui au processus de paix

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient a continué d'assumer les fonctions de coordination au Moyen-Orient de la contribution des Nations Unies au processus de paix dans la région. Le Coordonnateur spécial est basé à Gaza et dispose de bureaux à Jérusalem et Ramallah.

En 2004, l'escalade de la violence en Israel et dans le territoire palestinien occupé a causé la mort de nombreux civils dans les deux camps et la destruction de biens palestiniens. La construction de la barrière à l'intérieur du territoire palestinien occupé s'est poursuivie, bien que la Cour internationale de Justice ait rendu en juillet un avis consultatif selon lequel la construction en cours était contraire au droit international.

Alors que les activités de développement continuaient de laisser la place aux activités d'urgence et aux activités humanitaires, le Coordonnateur spécial a coordonné les travaux du système des Nations Unies pour assurer une réponse adéquate aux besoins du peuple palestinien et mobiliser une assistance financière, technique, économique et autre. Vers la fin de l'année, toutefois, le Coordonnateur spécial a souligné qu'il était nécessaire de mettre l'accent sur le développement et les réformes.

Fait nouveau potentiellement positif, le Gouvernement israélien, au titre de son plan de désengagement, a demandé l'évacuation de colonies de peuplement israéliennes dans la bande de Gaza et certaines parties du nord de la Cisjordanie. Le Coordonnateur spécial a accueilli favorablement cette initiative qui offre la possibilité de reprendre le processus de paix énoncé dans la Feuille de route, le plan de paix présenté aux parties en 2003 par le Quatuor, groupe diplomatique composé de l'ONU, des États-Unis, de la Russie et de l'Union européenne.

Le Quatuor a fixé quatre conditions à son approbation du plan de désengagement : premièrement, le retrait israélien devait être total et complet ; deuxièmement, il devait conduire à la fin de l'occupation de la bande de Gaza et s'accompagner de mesures analogues en Cisjordanie ; troisièmement, il devait se dérouler dans le cadre de la Feuille de route et de la formule prévoyant deux États ; enfin il devait être pleinement coordonné avec l'Autorité palestinienne et le Quatuor.

Tout au long de l'année, à l'appui de l'application des résolutions 242 (1967), 338 (1973) et 1397 (2002), le Coordonnateur spécial a continué ses efforts de médiation, au niveau bilatéral avec les parties au processus de paix et également au niveau de la communauté internationale. En particulier, l'ONU a étudié les moyens de rétablir la confiance entre les parties et d'accélérer le retour à la table des négociations. L'ONU, séparément et au sein du Quatuor, a réaffirmé la vision de la création de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, et a engagé les deux parties à ouvrer à cette fin en s'acquittant des obligations qui leur incombent en vertu de la Feuille de route.

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MANUI : Une année tendue en Iraq

Son personnel international avait quitté l'Iraq depuis l'attentat à la bombe du bureau des Nations Unies à Bagdad en août 2003, mais l'ONU a néanmoins commencé à jouer un rôle crucial en fournissant une assistance au processus de transition politique en Iraq à partir du 15 janvier, lorsque le Secrétaire général a nommé Lakhdar Brahimi son Conseiller spécial pour l'Iraq. L'Autorité provisoire de la coalition et le Conseil de gouvernement de l'Iraq avaient demandé à l'ONU d'aider à promouvoir le dialogue et la recherche d'un consensus entre Iraquiens pour assurer une transition pacifique réussie.

Des parents et amis allument des bougies durant la commémoration du premier anniversaire de l'attentat contre le des Nations Unies à Bagdad, dans lequel 22 personnes ont été tuées, New York, 19 août 2004.
Des parents et amis allument des bougies durant la commémoration du premier anniversaire de l'attentat contre le des Nations Unies à Bagdad, dans lequel 22 personnes ont été tuées, New York, 19 août 2004. ONU Photo de Evan Schneider

De février à juin 2004, M. Brahimi a joué un rôle clé en facilitant la formation du Gouvernement intérimaire de l'Iraq dirigé par le Premier Ministre Ayad Allawi. Après le rétablissement formel de la souveraineté du Gouvernement intérimaire de l'Iraq, le 28 juin, l'ONU a aidé à préparer la Conférence nationale qui s'est tenue du 15 au 18 août et qui avait été convoquée pour assurer la vaste participation des partis politiques et acteurs iraquiens au processus de transition.

Tandis que M. Brahimi n'a pas cessé de se rendre à Bagdad pour solliciter et coordonner les vues d'Iraquiens très divers sur la transition politique, des équipes d'experts électoraux de l'ONU s'y sont rendues tout au long de l'année. Alors que la sécurité continuait de se détériorer, les élections à une assemblée constituante ont été reportées au 30 janvier 2005.

La Mission d'assistance des Nations Unies en Iraq (MANUI) a continué d'opérer depuis Amman (Jordanie) et la ville de Koweït, une équipe restreinte étant basée dans la « zone verte » à Bagdad depuis le premier trimestre. En juin, le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1546 (2004) a donné à la MANUI un mandat renforcé, mais a subordonné sa mise en ouvre aux conditions qui règnent sur le terrain.

Le 13 août, près d'un an exactement après l'attentat qui a tué le Représentant spécial du Secrétaire général Sergio Vieira de Mello et 21 autres personnes, dont ses collaborateurs les plus proches, le nouveau représentant spécial du Secrétaire général, Ashraf Jehangir Qazi, est arrivé à Bagdad.

Alors que l'ONU cherchait à prendre des arrangements touchant à la sécurité de son personnel en Iraq, le plafond que l'Organisation s'imposait elle-même concernant le nombre de membres de son personnel déployés à Bagdad a atteint environ 250 en décembre, dont une unité de gardes de l'ONU de 134 hommes. En décembre également, le Secrétaire général a approuvé l'ouverture à Bassorah et Erbil de bureaux dotés de personnel international.

La MANUI est une mission politique qui relève du Département des affaires politiques et reçoit l'appui du Département des opérations de maintien de la paix. Aux termes de la résolution 1546 (2004), l'ONU devait fournir un appui stratégique et technique à la Commission électorale indépendante de l'Iraq ; conseiller le Gouvernement de l'Iraq quant à la mise en place de services administratifs et sociaux efficaces ; concourir à la coordination et à la livraison de l'aide à la reconstruction et au développement et de l'aide humanitaire ; et promouvoir la protection des droits de l'homme, la réconciliation nationale et la réforme judiciaire et juridique.

Tout au long de l'année, les activités humanitaires, de développement et de reconstruction se sont poursuivies en Iraq, réalisées par différents partenaires chargés de la mise en ouvre et du personnel iraquien, selon les indications fourrnies par la MANUI à Amman. L'action en 2004 a consisté aussi dans des activités de renforcement des capacités d'Iraquiens qui se sont rendus en Jordanie et dans d'autres pays pour y suivre des formations et assister à des conférences. Le bureau de la MANUI à Bagdad s'étoffant, son assistance aux institutions et ministères iraquiens dispensée par l'intermédiaire d'un système comprenant 11 groupes sectoriels a fait de même.

La MANUI et le Représentant spécial du Secrétaire général ont travaillé à forger des contacts avec le Gouvernement intérimaire et un large éventail de dirigeants politiques, religieux et civiques de l'Iraq, en vue de promouvoir un processus politique iraquien qui soit inclusif, participatif et transparent, et, en particulier, qui encourage la réconciliation nationale.

Au même moment, une équipe d'experts électoraux de l'ONU de plus en plus nombreuse a fourni une assistance et des conseils techniques à la Commission électorale nationale indépendante, l'organe nommé pour conduire les élections de janvier pour une assemblée constituante. Un expert de l'ONU a siégé à la Commission en tant que membre sans droit de vote. L'ONU a aussi formé des membres de la Commission et des milliers d'agents électoraux, tant en Iraq qu'à l'extérieur du pays.

Les élections iraquiennes devaient être un processus iraquien, mais la MANUI était attachée à aider activement la Commission électorale de l'Iraq à les préparer.


« Que les Iraquiens se réunissent comme un seul peuple. Que les nations de cette région et du reste du monde se réunissent pour leur venir en aide. Que nous travaillions tous à la réalisation d'un objectif : un Iraq stable, un Iraq pacifique, un Iraq démocratique - un nouvel Iraq. »
- Extrait du discours prononcé par le Secrétaire général Kofi Annan
à la Conférence internationale sur l'Iraq,
Charm el-Cheikh, Égypte, 23 novembre 2004

Le principe directeur selon lequel les Iraquiens doivent avoir la maîtrise de leur propre processus politique signifiait que les effectifs de l'ONU en Iraq en 2004 seraient limités. Cela a été bien sûr renforcé par la sécurité précaire qui règne dans le pays. À la fin de 2004, l'ONU cherchait encore des pays désireux de fournir du personnel de sécurité pour ses opérations en Iraq. Au mois de décembre, seule Fidji avait pris l'engagement de fournir 134 gardes en vue de constituer une escorte d'anneau de sécurité intérieur pour les locaux de la MANUI à Bagdad.

L'ONU a aussi continué à prêter un appui aux activités menées par les forces multinationales conduites par les États-Unis en vue d'encourager les États Membres à fournir des contingents ou des contributions financières aux fins de la création d'une force distincte pour assurer la sécurité globale de la présence des Nations Unies en Iraq.

À la fin de l'année, l'ONU avait déterminé que les préparatifs techniques pour les élections étaient en bonne voie. Une liste d'électeurs a été dressée à partir de la base de données relative à la distribution du programme « pétrole contre nourriture », car le programme, qui a été terminé à la fin de 2003, avait couvert la quasi-totalité des Iraquiens. Quelque 223 entités politiques et 34 coalitions avaient présenté 19 000 candidats pour les élections du 30 janvier pour l'Assemblée nationale, les collectivités locales et l'Assemblée nationale du Kurdistan.

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