III. Missions touchant à leur fin
MINUSIL : Une opération de maintien de la paix de l'ONU réussie
La Mission des Nations Unies en Sierra Léone (MINUSIL) réduit progressivement ses effectifs en préparant sa clôture, qui doit intervenir au milieu de l'année. Dans un pays qui, il y a quatre ans seulement, était en proie à une violente guerre civile, la MINUSIL a en grande partie réussi à remplir son mandat consistant à superviser le processus de paix. Elle avait pour tâche de surveiller le cessez-le-feu ; de superviser les élections nationales ; de désarmer les ex-combattants ; de former la police et les spécialistes des droits de l'homme ; de faciliter le retour volontaire et la réinstallation de milliers de réfugiés et de personnes déplacées ; et d'aider au relèvement après le conflit. Lorsque la Mission mettra fin à ses activités en 2005, des éléments résiduels demeureront en vue de s'occuper de certaines questions fondamentales qui n'ont pas été réglées.
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| Des écolières en uniforme allant à l'école passent devant un soldat de la paix bangladeshi qui monte la garde au camp de son bataillon, Kailahun, secteur est, mai 2004. UNAMSIL Photo de Kemal Saiki |
Au cours de l'année 2004, la Mission a réduit ses effectifs, passés d'un maximum autorisé de 17,500 militaires à environ 5,000. Cela s'est fait en mettant en ouvre une stratégie bien conçue qui avait pour objectif d'assurer un transfert progressif des responsabilités en matière de sécurité au Gouvernement.
En 2004, la Mission a transféré la primauté en matière de sécurité aux forces armées de la République de Sierra Léone dans une série d'endroits, tandis que la section de l'information de la Mission a conduit une campagne nationale faisant appel à des artistes et à la station radio de la Mission pour sensibiliser le public aux implications de la réduction des effectifs et apaiser les craintes d'un vide sécuritaire. Le recrutement et la formation de la police sierra-léonaise ont été accélérés de façon à ce que les effectifs atteignent près de 8,000 hommes à la fin de l'année.
En 2004 également, le Tribunal spécial pour la Sierra Léone a commencé ses premiers procès des auteurs présumés de crimes de guerre et la Commission de la vérité et de la réconciliation a publié son rapport final en octobre, y compris une version adaptée aux enfants établie par la MINUSIL et l'UNICEF.
Pourtant, la stabilité en Sierra Léone demeure fragile. Pour consolider les réalisations enregistrées jusqu'ici, l'ONU et la communauté internationale sont résolues à rester engagés en Sierra Léone et dans la sous-région.
MINUGUA : Départ du Guatemala, mission accomplie
Alors qu'elle clôturait à la fin de l'année, la Mission de vérification des Nations Unies au Guatemala (MINUGUA) pouvait soutenir qu'elle avait réalisé de grands progrès depuis les accords de paix de 1996 entre le Gouvernement et les groupes insurrectionnels, qui avaient mis fin à 36 ans de conflits internes. La situation politique a progressé au point que le Guatemala devrait à présent être capable de traiter pacifiquement de toutes les questions non réglées. Violer les droits de l'homme n'est plus une politique d'État ; les effectifs des militaires ont été réduits et ils ont été contrôlés plus étroitement, et des élections démocratiques se sont déroulées pacifiquement. Néanmoins, le Guatemala est encore en proie à la corruption, à la criminalité et à un legs profondément ancré de racisme et d'inégalité sociale.
Il y a plusieurs années, reconnnaissant que des parties importantes des accords de paix restaient à appliquer, la MINUGUA a commencé à analyser les effets que son retrait du Guatemala pourrait avoir. Cet exercice avait pour objet d'apporter des réponses concernant ce qui pourrait être fait pour consolider la paix sur le long terme. Un groupe spécial sur la transition établi pour conseiller la Mission a conclu que les perspectives d'une paix durable dépendaient des institutions et citoyens guatémaltèques. Il recommanda que la Mission partage l'expérience qu'elle avait acquise en formant des spécialistes locaux qui poursuivraient son action après sa clôture en décembre 2004.
Le programme de transition a nécessité d'apporter des changements importants à la Mission. Premièrement, la MINUGUA a dû réduire son profil politique et encourager les Guatémaltèques à plus prendre en main leur destinée ; deuxièmement, l'ONU a dû renforcer la capacité de ses homologues nationaux ; enfin, la Mission a accordé des pouvoirs accrus à ses antennes s'agissant de la définition des priorités locales.
Le personnel de la Mission et leurs homologues nationaux ont identifié les ressources techniques nécessaires pour mettre au point des formations et documents de référence appropriés. Ils ont distribué des documents numériques sur les droits de l'homme, les réformes judiciaires, les questions foncières et l'histoire du processus de paix. La MINUGUA a aussi aidé l'Université nationale à créer une bibliothèque spécialisée dans la paix, basée sur les archives de la Mission.
Pour renforcer le Bureau du Médiateur pour les droits de l'homme, la Mission a organisé des ateliers de formation sur les droits de l'homme pour le personnel, discuté les affaires de violation des droits de l'homme et enquêté conjointement sur les violations présumées avec le Bureau du Médiateur. La Mission a aussi fourni une formation à une large gamme d'organisations de la société civile. La MINUGUA a travaillé avec plus de 40 organisations locales au développement et à l'installation d'une base de données conviviale pour documenter les violations des droits de l'homme.
La Mission a aussi élaboré un programme de formation en cours d'emploi pour incorporer 60 jeunes professionnels guatémaltèques aux Volontaires des Nations Unies. Un effort concerté a été fait en vue d'identifier des candidates et des candidats autochtones des deux sexes qui retourneraient dans leurs communautés et institutions respectives pour partager leurs données d'expérience après la clôture de la MINUGUA.
La communauté des donateurs a été très généreuse. Plusieurs pays qui ont contribué au Fonds d'affectation spéciale pour la MINUGUA ont approuvé l'utilisation des fonds restants pour financer des projets de transition.
Un élément important de la stratégie de transition a été d'assurer les Guatémaltèques que l'appui de l'ONU et de la communauté internationale à des questions telles que les droits de l'homme se poursuivrait, en particulier par l'intermédiaire du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, qui devrait élargir sa sa présence au Guatemala. La Mission a aidé à élaborer un bilan commun de pays et un Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement pour que l'accent continue d'être mis sur les objectifs des accords de paix.
La MINUGUA a placé la transition au cour de son action pendant ses deux dernières années d'existence. En mettant l'accent au début sur la définition d'une stratégie de transition et en faisant participer toutes les parties de la Mission à sa mise en oeuvre, la MINUGUA espérait que les efforts déployés porteraient leurs fruits pour le Guatemala longtemps après la clôture de la Mission
Comme le Secrétaire général l'a fait observer, « la MINUGUA est un exemple de réussite de l'ONU en matière de consolidation de la paix, dont ont été tirés des enseignements précieux pour les opérations dans d'autres régions du monde. »
MANUTO : Liquidation de l'opération après six années de maintien de la paix au Timor-Leste
Ayant contribué à la création et à la consolidation d'un Timor-Leste indépendant et démocratique aux côtés du peuple timorais en collaboration avec les autres acteurs multilatéraux et bilatéraux, les soldats de la paix de l'ONU se préparent à partir au milieu de l'année 2005.
La MANUTO a réuni le Gouvernement, le système des Nations Unies, les ONG et d'autres partenaires locaux et internationaux en vue d'identifier les activités qui seront nécessaires pour assurer le passage sans heurts des opérations de maintien de la paix et de consolidation de la paix à un cadre d'assistance au développement durable. Une campagne d'information publique a été lancée pour assurer à la population locale que l'assistance internationale se poursuivrait après le retrait de la MANUTO.
En 2004, le Timor-Leste est demeuré paisible et stable malgré des manifestations concernant des questions relatives aux anciens combattants que la police a dispersés par la force en juillet. Ces troubles ont révélé qu'il était urgent de s'occuper des revendications des anciens combattants, anciens membres de la résistance et autres groupes de mécontents, pour lesquels une assistance internationale considérable serait nécessaire.
Avec l'assistance de conseillers civils de la MANUTO, l'administration publique au Timor-Leste est devenue capable de relever les redoutables défis du développement social et économique. Toutefois, le pays n'était toujours pas doté d'un cadre juridique pour un système de maintien de l'ordre opérationnel. La promulgation de la loi organique relative à la police et du Code disciplinaire de la police en mai et juin, ainsi que la poursuite de la formation conduite par les conseillers de la police civile de la MANUTO, a amélioré l'efficacité opérationnelle de la police nationale.
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| Premier prix du concours de dessin sur le thème « La perception qu'ont les enfants de l'ONU », organisé par la MANUTO en 2004 à l'occasion de la Journée des Nations Unies. UNMISET Photo |
Le Secrétaire général de l'ONU a dépêché en octobre une mission d'évaluation technique au Timor-Leste en vue d'identifier les problèmes restant à régler : L'administration publique timoraise - en particulier la finance, la banque et le judiciaire, par exemple, continueront de nécessiter une assistance internationale substantielle.
Les conseillers civils de la MANUTO ont élaboré des stratégies de sortie avec les institutions de l'État en vue de garantir la durabilité au moyen d'une assistance que d'autres partenaires du développement continueraient de fournir après mai 2005.
L'unité chargée des crimes graves mise en place par l'ONU a soumis ses actes d'accusation finalisés en décembre pour les crimes commis durant la vague de violence qui avait submergé le Timor oriental en 1999 à la suite du référendum sur l'indépendance. Le Conseil de sécurité avait demandé que tous les projets soient achevés d'ici mai 2005. Nombre des personnes accusées demeurent en dehors du Timor-Leste. Le Secrétaire général a décidé de constituer une commission d'experts chargée d'examiner les poursuites et les procédures judiciaires engagées au Timor-Leste et en Indonésie et de proposer des mesures à adopter. Les deux pays sont aussi convenus de créer une Commission de la vérité et de l'amitié concernant les événements de 1999.
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