| I. Impératif
du changement | II. Doctrine, stratégie et prise de décisions
concernant les opérations de paix |
| III. Capacités de lONU à mener une opération rapidement et
efficacement |
| IV. Planification des opérations de maintien de la paix et
services dappui : moyens et structure disponibles au Siège |
| V. Les opérations de maintien de la paix à lère de
linformation |
| VI. Application des recommandations : les défis à relever |
| Annexes : I Membres du Groupe détude - II Références - III Résumé des
recommandations |
V. Les opérations de maintien de la paix à lère de linformation
246. À de nombreuses reprises, le présent rapport évoque la nécessité de mieux relier les différents éléments du système de maintien de la paix et de la sécurité, de faciliter les communications et le partage de données, de donner aux fonctionnaires les outils dont ils ont besoin pour sacquitter de leurs tâches, et, enfin, de renforcer lefficacité de lOrganisation des Nations Unies en matière de prévention des conflits et daide destinée à accompagner le relèvement des sociétés après les conflits. Des technologies de linformation modernes et utilisées à bon escient peuvent permettre datteindre nombre de ces objectifs. Dans la présente section, on relève les insuffisances qui, dans les domaines des stratégies, des politiques et des pratiques, empêchent lOrganisation dutiliser efficacement ces technologies et on formule des recommandations sur les moyens de les surmonter.
A. Les technologies de linformation dans les opérations de paix : questions relatives aux stratégies et aux politiques
247. La question des stratégies et des politiques relatives aux technologies de linformation dépasse le cadre des opérations de paix et sétend à lensemble du système des Nations Unies. De ce point de vue, elle ne relève pas du mandat du Groupe détude, mais cela ne devrait pas empêcher dadopter des normes communes dutilisation des technologies de linformation dans les opérations de paix et dans les services du Siège qui les appuient. Le Service des communications de la Division de ladministration et de la logistique des missions peut assurer les liaisons par satellite et la connectivité locale susceptibles de permettre aux missions de constituer des réseaux et des bases de données informatiques efficaces, mais il conviendrait aussi délaborer une meilleure stratégie et une meilleure politique pour permettre à lensemble des usagers de tirer parti des bases technologiques que lon met actuellement en place.
248. Lorsque lONU déploie une mission sur le terrain, il est essentiel que les différents éléments de la mission puissent échanger facilement des données. Les opérations de paix complexes font toujours intervenir une grande diversité de protagonistes : les institutions, fonds et programmes du système des Nations Unies, ainsi que les départements du Secrétariat; les personnes recrutées pour la mission et qui ne connaissent pas le système des Nations Unies; parfois des organisations régionales; souvent des organismes daide bilatérale; et toujours des dizaines, voire des centaines dorganisations non gouvernementales uvrant dans les domaines des questions humanitaires et du développement. Il faut mettre en place un mécanisme qui favorise les échanges dinformations et didées entre tous ces intervenants, dautant plus que chacun deux nest que la pointe visible dune immense structure bureaucratique qui possède sa culture, ses méthodes de travail et ses objectifs propres.
249. Des technologies de linformation mal préparées et mal intégrées peuvent constituer un obstacle à une telle coopération. En labsence de normes convenues pour la structure et léchange des données au niveau des applications, il faut procéder à un recodage manuel laborieux qui va à lencontre des objectifs poursuivis par linstauration dun environnement de travail fortement informatisé et connecté. Les conséquences peuvent dépasser la simple déperdition dénergies, et vont alors de la mauvaise communication des politiques à lincapacité dappréhender des dangers ou dautres changements importants touchant lenvironnement opérationnel.
250. Lironie des systèmes dinformation répartis et décentralisés est que, pour bien fonctionner, ils doivent appliquer des normes communes. Élaborer des solutions communes aux mêmes problèmes que posent les technologies de linformation nest pas chose facile à des échelons plus élevés entre les principales composantes dune opération, entre les services fonctionnels du Siège, ou entre le Siège et le reste du système des Nations Unies notamment parce que la formulation de la politique relative aux systèmes dinformation est le fait dentités très diverses. Le Siège ne dispose pas dune fonction centrale suffisamment puissante délaboration des stratégies et politiques dutilisation des technologies de linformation, dans les opérations de paix en particulier. Dans les administrations ou les entreprises, cette fonction est confiée à un « directeur des services informatiques ». Le Groupe détude estime que lONU devrait désigner un fonctionnaire au Siège, de préférence au Secrétariat à linformation et à lanalyse stratégique, qui assumerait ce rôle et superviserait la formulation et la mise en uvre de la stratégie et des normes dutilisation relatives aux technologies de linformation. Ce fonctionnaire devrait également élaborer et superviser des programmes de formation en informatique qui sappuient à la fois sur des manuels de service et sur la formation pratique, dont limportance ne saurait être sous-estimée. Des correspondants au sein du Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général auprès de chaque mission sur le terrain devraient superviser la mise en uvre de la stratégie informatique commune ainsi que la formation sur le terrain et prolonger, en la complétant, laction de la Division de ladministration et de la logistique des missions et de la Division de linformatique du Département de la gestion concernant la mise en place de structures et de services informatiques de base.
251. Résumé de la recommandation concernant la stratégie et la politique relatives aux technologies de linformation : les départements responsables des opérations de maintien de la paix et de la sécurité du Siège devraient disposer, au sein du Secrétariat à linformation et à lanalyse stratégique, dun « centre de responsabilité » chargé délaborer et de faire appliquer la stratégie et la formation en matière de technologies de linformation pour les opérations de paix. Des correspondants de ce centre devraient être désignés auprès des missions pour assurer, dans les bureaux des représentants spéciaux du Secrétaire général auprès des opérations de paix complexes, la supervision de la mise en uvre de cette stratégie.
B. Outils de gestion des connaissances
252. Les technologies de linformation peuvent aider à saisir et à diffuser les informations et les données dexpérience. Mieux exploitées, elles pourraient aider un large éventail dintervenants dans la zone dopérations dune mission des Nations Unies à acquérir et à partager des données de manière rationnelle et solidaire. Par exemple, des groupes de secours humanitaire et daide au développement des Nations Unies interviennent dans la plupart des régions où lONU mène des opérations de paix. Ces équipes de pays des Nations Unies, ainsi que les organisations non gouvernementales qui complètent leur action au niveau local précèdent sur le terrain larrivée dune opération de paix complexe et y demeurent après la fin de lopération. Ensemble, ces groupes accumulent un stock important de connaissances et dexpériences relatives à la région, qui peuvent se révéler utiles pour la planification et la mise en uvre des opérations de paix. Un centre informatisé déchange des données, géré par le Secrétariat à linformation et à lanalyse stratégique, pourrait aider à la planification et à lexécution des missions, ainsi quà la prévention et à lanalyse des conflits. Bien regrouper ces données et celles recueillies par les différentes composantes dune opération de paix après leur déploiement et les exploiter en association avec des systèmes dinformation géographique pourraient fournir des outils précieux pour le recensement des besoins et des problèmes dans une zone de mission et pour le suivi de limpact des plans daction. On devrait assigner à chaque équipe de mission des spécialistes des systèmes dinformation géographique ainsi que des moyens de formation à lutilisation de ces systèmes.
253. On trouvera des exemples dapplication des systèmes dinformation géographique dans le travail humanitaire et de reconstruction mené au Kosovo depuis 1998. Le Centre dinformation des organisations humanitaires a réuni des données produites par des sources telles que le Centre satellitaire de lUnion de lEurope occidentale, le Centre international de déminage humanitaire de Genève, la Force de paix au Kosovo (KFOR), lInstitut yougoslave de statistique et le Groupe de gestion international. Ces données ont été regroupées pour créer un atlas qui peut être consulté sur le site Web du Centre et est également disponible, sur CD-ROM pour ceux qui ont des difficultés daccès à lInternet ou qui nont pas accès à cet outil, et sur support papier.
254. Des simulations informatiques peuvent constituer des outils précieux dapprentissage pour le personnel des missions et pour les intervenants locaux. On peut, en principe, créer des simulations pour nimporte quelle composante dune opération. Ces simulations peuvent faciliter la résolution effective des problèmes et révéler aux intervenants locaux les conséquences parfois imprévues de leurs choix. Avec des liaisons Internet à débit suffisamment élevé, les simulations peuvent sintégrer à des programmes dapprentissage à distance conçus pour une mission nouvelle et utilisés pour assurer la formation préalable des nouvelles recrues pour la mission.
255. Améliorer la section consacrée à la paix et à la sécurité sur lIntranet de lONU (le réseau dinformations de lOrganisation accessible à un groupe donné dutilisateurs) serait une contribution fort utile à la planification, à lanalyse et à lexécution des opérations de paix. Ce sous-ensemble du réseau serait essentiellement consacré au rassemblement des questions et des informations intéressant directement la paix et la sécurité, y compris les analyses du Secrétariat à linformation et à lanalyse stratégique, les rapports de situation, les cartes élaborées grâce aux systèmes dinformation géographique et les liens avec les enseignements tirés de lexpérience des missions. Des niveaux daccès spécifiques permettraient de faciliter le partage dinformations confidentielles au sein de groupes restreints.
256. Les données disponibles sur lIntranet devraient être reliées à un réseau Extranet des opérations de paix qui utiliserait les réseaux actuels ou de futurs réseaux étendus pour relier les bases de données du Siège situées au Secrétariat à linformation et à lanalyse stratégique et dans dautres services fonctionnels et celles des missions sur le terrain, ainsi que les missions entre elles. LExtranet pourrait contenir des informations relatives aux aspects administratifs et juridiques des opérations ainsi quà leurs procédures, fournir un point daccès unique aux informations émanant de nombreuses sources, donner aux planificateurs la possibilité délaborer plus rapidement des rapports exhaustifs et améliorer les délais de réaction face aux situations durgence.
257. Certaines composantes, telles que la police civile et les services de justice pénale qui y sont associés, ainsi que les enquêteurs sur les droits de lhomme, exigent un surcroît de sécurité du réseau et aussi le matériel et les logiciels qui permettent de satisfaire les besoins en matière de stockage, de transmission et danalyse des données. Deux technologies essentielles pour la police civile sont le système dinformation géographique et le logiciel de cartographie de la criminalité, qui sont utilisés pour convertir des données brutes en représentations géographiques qui aident à comprendre les tendances de la criminalité et dautres informations essentielles, facilitent la reconnaissance des tendances et des événements ou mettent en lumière certaines difficultés particulières, et améliorent ainsi la capacité de la police civile de lutter contre la criminalité ou dappuyer ses homologues locaux.
258. Résumés des principales recommandations concernant lusage des outils informatiques dans les opérations de paix :
a) En coopération avec la Division de linformatique, le Secrétariat à linformation et à lanalyse stratégique devrait créer, sur lIntranet de lONU, une section consacrée aux opérations de paix et la relier aux missions par lintermédiaire dun Extranet des opérations de paix;
b) Les opérations de paix gagneraient beaucoup à utiliser davantage la technologie des systèmes dinformation géographique, qui intègrent rapidement des informations opérationnelles et des cartes électroniques des zones de mission, et ce pour des applications aussi diverses que la démobilisation, la police civile, linscription des électeurs, lobservation des droits de lhomme et la reconstruction;
c) Il faudrait prévoir et satisfaire plus méthodiquement, dans la planification et lexécution des missions, les besoins particuliers en matière de technologies de linformation de certaines composantes des missions, telles que la police civile et les droits de lhomme.
C. Mieux actualiser les informations proposées sur lInternet
259. Ainsi que le Groupe la noté plus haut, dans la section III, il est essentiel dinformer efficacement le public des opérations de paix de lONU, afin de mobiliser et de conserver le soutien nécessaire aux missions actuelles et futures. Il apparaît essentiel non seulement de créer, dès le départ, une image constructive qui aide à promouvoir un environnement de travail favorable, mais aussi dentretenir une bonne campagne dinformation susceptible de mobiliser et de conserver le soutien de la communauté internationale.
260. Comme indiqué plus haut à la section IV, le service actuellement chargé de diffuser des informations sur les opérations de paix de lONU est la Section de la paix et de la sécurité du Département de linformation du Siège. Une personne au sein du Département est chargée dafficher sur le site Web les informations relatives à la paix et à la sécurité ainsi que toutes les contributions des missions à ce site, et de veiller à ce que les informations affichées soient conformes aux normes qui régissent le site Web du Siège.
261. Le Groupe approuve lapplication de normes, mais la normalisation ne doit pas forcément être synonyme de centralisation. Le système actuel de production des informations et daffichage des données sur le site Web de lONU ralentit le rythme des mises à jour, alors quune actualisation quotidienne peut savérer essentielle pour une mission où la situation évolue rapidement. Ce système limite également le volume des informations que lon peut diffuser sur chaque mission.
262. Le Département de linformation et le personnel de terrain ont envisagé la possibilité déliminer ce goulet détranglement par une « cogestion du site Web ». Cette formule paraît au Groupe une solution judicieuse.
263. Résumé de la principale recommandation concernant lactualisation des informations diffusées sur lInternet : le Groupe encourage la mise au point dun système de cogestion dun site Web entre le Siège et les missions sur le terrain, le premier assumant un rôle de supervision et les secondes étant habilitées à produire et à afficher des contenus conformes aux principes et normes de base en matière de présentation de linformation.
264. Dans le présent rapport, le Groupe a insisté sur le fait quil fallait revoir la structure de lOrganisation et changer ses pratiques afin quelle puisse sacquitter plus efficacement des responsabilités qui lui incombent dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales et du respect des droits de lhomme. Certains de ces changements ne pourraient se faire sans les nouveaux moyens quoffrent les réseaux informatiques. On naurait dailleurs pas pu produire le présent rapport sans les technologies qui sont déjà en place au Siège de lONU et que les membres du Groupe ont pu exploiter à partir de nimporte quelle région du monde. Un outil efficace est toujours utilisé et des technologies de linformation efficaces permettraient de mieux servir la cause de la paix.
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