| I. Impératif
du changement | II. Doctrine, stratégie et prise de décisions
concernant les opérations de paix |
| III. Capacités de lONU à mener une opération rapidement et
efficacement |
| IV. Planification des opérations de maintien de la paix et
services dappui : moyens et structure disponibles au Siège |
| V. Les opérations de maintien de la paix à lère de
linformation |
| VI. Application des recommandations : les défis à relever |
| Annexes : I Membres du Groupe détude - II Références - III Résumé des
recommandations |
170. Si lon veut mettre en place, au Siège, un bon dispositif dappui aux opérations de paix, cela suppose quon sattaque aux problèmes de quantité, de structure et de qualité, cest-à-dire à la question de leffectif nécessaire pour faire ce qui est à faire; à celle des structures organisationnelles et des règles de fonctionnement grâce auxquelles lappui aura plus de chances dêtre efficace; et à celle de la qualité des individus et des méthodes de travail qui font vivre ces structures. Dans la présente section le Groupe détude fait porter lessentiel de son analyse et de ses recommandations sur les deux premières questions; il traite de la qualité des fonctionnaires et de la culture dorganisation à la section VI.
171. Il apparaît nettement au Groupe détude quil faudrait accroître les moyens consacrés à lappui aux opérations de maintien de la paix. Il est particulièrement nécessaire daugmenter les ressources du Département des opérations de maintien de la paix, sur lequel repose lessentiel de la responsabilité des activités de planification et dappui à lintention des opérations hors Siège les plus complexes et les plus médiatisées de lONU.
A. Niveau des effectifs et financement des services dappui aux opérations de maintien de la paix situés au Siège
172. Les dépenses de personnel au Siège et les dépenses connexes consacrées à la planification et à lappui de lensemble des opérations de maintien de la paix peuvent être considérées comme le coût direct, hors services dappui sur le terrain, de ces opérations. Sur les cinq dernières années, ces dépenses nont pas dépassé 6 % du coût total des opérations de maintien de la paix (voir tableau 4.1). Elles se situent actuellement plus près de 3 %, et elles tomberont au-dessous de 2 % pour lexercice budgétaire en cours, compte tenu de ce qui est prévu actuellement (renforcement de certaines missions telles que la MONUC en République démocratique du Congo, achèvement du déploiement de la MINUSIL en Sierra Leone et création dune nouvelle opération en Érythrée et en Éthiopie, etc.). Il est probable quun spécialiste de la gestion qui connaît bien les besoins opérationnels des gros organismes publics ou privés qui gèrent dimportants éléments déployés sur le terrain estimerait quune organisation qui essaie de mener des activités sur le terrain en ne consacrant que 2 % de son budget aux services dappui centraux assure un appui insuffisant pour son personnel hors Siège et risque fort, ce faisant, daboutir à lépuisement de ses structures dappui.
173. Le tableau 4.1 donne les montants totaux des budgets des opérations de maintien de la paix de mi-1996 à mi-2001 (lexercice budgétaire de ces opérations court de juillet à juin, cest-à-dire quil est décalé de six mois par rapport au cycle du budget ordinaire de lONU). Ce tableau donne aussi les montants totaux des dépenses consacrées, au Siège, à lappui des opérations de maintien de la paix, tant au sein du Département des opérations de maintien de la paix que dans dautres départements, et que ces dépenses soient financées au moyen du budget ordinaire ou du Compte dappui aux opérations de maintien de la paix (le budget ordinaire porte sur une période de deux ans, et les dépenses en sont réparties entre les États Membres en appliquant le barème de leurs quotes-parts au budget ordinaire; le Compte dappui, lui, porte sur une période dun an lidée étant que les effectifs, au Secrétariat, doivent être renforcés ou réduits en fonction de lintensité des activités sur le terrain et les dépenses en sont réparties entre les États Membres en appliquant le barème de leurs quotes-parts au budget des opérations de maintien de la paix).
Tableau 4.1
Pourcentage du montant total des dépenses dappui du Siège par rapport au
montant total des budgets des opérations de maintien de la paix, de 1996 à 2001
(
Juill. 96- |
Juill. 97- |
Juill. 98- |
Juil. 99- |
Juill. 2000- |
|
| Budgets
de maintien de la paix |
1 260 |
911,7 |
812,9 |
1 417 |
2 582b |
| Dépenses
dappui du Siègec |
49,2 |
52,8 |
41,0 |
41,7 |
50,2 |
| Pourcentage Siège/terrain | 3,90 |
5,79 |
5,05 |
2,95 |
1,94 |
a Daprès les rapports du Secrétaire général sur lexécution des budgets, non compris les missions terminées avant le 1er juillet 2000 mais y compris une estimation approximative du coût du déploiement complet de la Mission de lOrganisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), dont le budget na pas encore été établi.
b Estimation.
c Chiffres communiqués par le Contrôleur de lONU, portant sur tous les postes du Secrétariat (principalement au Département des opérations de maintien de la paix) financés au moyen du budget ordinaire ou du Compte dappui; on a aussi compté les dépenses qui auraient correspondu aux contributions en nature (personnel fourni à titre gracieux) sil avait fallu les financer entièrement.
174. Le budget du Département des opérations de maintien de la paix est financé à 85 % au moyen du Compte dappui, ce qui représente une quarantaine de millions de dollars par an. À cela sajoutent 6 millions de dollars affectés au Département dans le budget ordinaire. Ce total de 46 millions de dollars finance en gros les traitements et les dépenses connexes relatifs aux 231 fonctionnaires de la classe des administrateurs (civils, militaires et policiers) et 173 agents des services généraux du Département (mais non le Service de laction antimines, qui est financé au moyen de contributions volontaires). Sont également financés au moyen du Compte dappui des postes situés ailleurs dans le Secrétariat, dont les titulaires participent aux activités dappui aux opérations de maintien de la paix : Division du financement des opérations de maintien de la paix et certains éléments de la Division des achats (Département de la gestion), du Bureau des affaires juridiques et du Département de linformation, par exemple.
175. Jusquau milieu de la décennie, le Compte dappui était fixé à 8,5 % du montant total des dépenses de personnel civil des opérations de maintien de la paix, mais cela ne tenait pas compte des dépenses dappui relatives à la police civile et aux Volontaires des Nations Unies, ni du coût des services dappui à lintention des entreprises privées et des contingents. La formule du pourcentage forfaitaire a été remplacée par une méthode de calcul selon laquelle le financement au moyen du Compte dappui est justifié poste par poste, chaque année. Néanmoins, les effectifs du Département des opérations de maintien de la paix ont peu augmenté depuis ladoption de ce nouveau système, en partie parce que le Secrétariat semble avoir adapté ses projets de budget à lidée quil se faisait des montants que les politiques seraient disposés à voter.
176. Certes, le Département des opérations de maintien de la paix et les autres bureaux du Secrétariat qui assurent des services dappui à lintention des opérations de maintien de la paix doivent, dans une certaine mesure, grossir ou rétrécir en fonction du niveau dactivité sur le terrain; mais imposer chaque année au Département de justifier à nouveau lexistence de sept sur huit de ses postes revient à le traiter comme une entité provisoire et à considérer le maintien de la paix comme une responsabilité temporaire de lOrganisation. Ce nest pas ce que montrent 52 ans dexpérience, et le passé récent donne des raisons supplémentaires de penser que lOrganisation doit absolument se tenir prête à agir, même pendant les périodes daccalmie, car les événements ne sont pratiquement pas prévisibles et, comme le Département la appris à ses dépens ces deux dernières années, une fois quil sest privé des compétences et de lexpérience de fonctionnaires il faut beaucoup de temps pour les remplacer.
177. Du fait que la quasi-totalité du Département des opérations de maintien de la paix est financée année par année au moyen du Compte dappui, ce département et les autres bureaux qui dépendent de la même source de financement ne disposent daucun niveau de référence, en termes de moyens financiers et de nombre de postes, en fonction duquel recruter et conserver leur personnel. Les fonctionnaires mutés du terrain à des postes financés au moyen du Compte dappui ne savent pas sils pourront encore compter sur ces postes un an plus tard. Vu les conditions de travail actuelles et la précarité des carrières quentraîne le financement par le Compte dappui, on ne peut que féliciter le Département davoir réussi à éviter de se désintégrer.
178. Les États Membres et le Secrétariat sont conscients depuis longtemps de la nécessité de définir un niveau de référence pour les effectifs et le financement, et de disposer par ailleurs dun mécanisme qui permette de faire grossir ou rétrécir le Département des opérations de maintien de la paix en fonction de lévolution des besoins. Cependant, faute dune étude des besoins en effectifs du Département qui serait fondée sur des critères objectifs en matière de gestion et de productivité, il est difficile de fixer un niveau de référence valable. Ce nest pas au Groupe détude de procéder à une telle analyse méthodique de la gestion du Département, mais il estime quil faudrait le faire. En attendant, il trouve que certaines situations de sous-effectif sont flagrantes et méritent dêtre soulignées.
179. La Division du personnel militaire et de la police civile (Département des opérations de maintien de la paix), que dirige le Conseiller militaire de lONU, dispose dun effectif autorisé de 32 militaires et neuf membres de la police civile. Le Groupe de la police civile est chargé dassurer lappui des opérations internationales de police sous tous leurs aspects, depuis leur conception sur le papier jusquà la sélection et au déploiement des hommes sur le terrain. Il ne peut actuellement guère faire plus que trouver des candidats, essayer de les trier en dépêchant des équipes daide à la sélection du personnel de police civile (activité qui occupe à peu près la moitié de son effectif) puis faire en sorte quils parviennent sur le terrain. En outre, il nexiste ni au Département des opérations de maintien de la paix ni nulle part ailleurs dans le système des Nations Unies une unité administrative qui soit chargée dassurer lorganisation et lappui des composantes de maintien de lordre et qui par la suite assure lappui des activités de police elles-mêmes, que ce soit à titre consultatif ou hiérarchique.
180. Onze officiers du bureau du Conseiller militaire aident à trouver les unités militaires pour toutes les opérations de maintien de la paix et à en assurer la relève, et conseillent les spécialistes des questions politiques du Département des opérations de maintien de la paix sur le plan militaire. Les officiers du Département sont aussi censés trouver le temps de former des formateurs au niveau des États Membres, détablir des directives, des manuels et des documents dinformation et de collaborer avec la Division de ladministration et de la logistique des missions au recensement des besoins, sur les plans logistique et opérationnel, des composantes militaires et de police des missions hors Siège. Or, les effectifs étant ce quils sont actuellement, le Groupe de la formation compte en tout et pour tout cinq officiers. Au Service de la planification militaire, 10 officiers constituent lessentiel de la capacité du Département en matière de planification des missions militaires au niveau opérationnel; six autres postes ont été autorisés, mais nont pas encore été pourvus. Ces 16 planificateurs constituent la totalité de leffectif de militaires disponibles pour déterminer de quels effectifs les missions ont besoin au moment de leur lancement ou de leur renforcement, participer aux études techniques et apprécier létat de préparation des pays susceptibles de fournir des contingents. Sur les 10 planificateurs initialement autorisés, lun a été chargé détablir les règles dengagement et les directives à lintention des commandants des forces, pour toutes les opérations. Un seul officier est disponible, à temps partiel, pour gérer la base de données du Système des forces et moyens en attente des Nations Unies.
181. Le tableau 4.2 oppose les effectifs déployés des contingents et des forces de police à ceux de leurs services dappui respectifs au Siège. Aucun gouvernement nenverrait 27 000 hommes sur le terrain en nayant dans son propre pays que 32 officiers pour leur donner des instructions techniques et opérationnelles sur le plan militaire. Aucune force de police ne déploierait 8 000 hommes en nayant que neuf personnes à son quartier général pour assurer leur appui technique et opérationnel.
Tableau 4.2
Pourcentage des effectifs militaires et de police civile au Siège par
rapport aux effectifs militaires
et de police civile déployés sur le terraina
Personnel militaire |
Police civile |
|
| Opérations de maintien de la paix | 27 365 |
8 641 |
| Siège | 32 |
9 |
| Pourcentage Siège/terrain | 0,1 % |
0,1 % |
a Effectifs autorisés au 15 juin 2000 pour le personnel militaire et au 1er août 2000 pour la police civile.
182. Le Bureau des opérations du Département des opérations de maintien de la paix, où se trouvent les officiers de secteur qui centralisent les échanges concernant telle ou telle opération de maintien de la paix, paraît lui aussi être doté dun effectif très insuffisant. Il dispose actuellement de 15 administrateurs qui soccupent de 14 opérations en cours et de deux nouvelles opérations qui pourraient voir le jour, soit en moyenne moins dun fonctionnaire par mission. Sil est vrai quune personne peut être capable de faire face aux besoins dune ou même deux petites missions, cela paraît impossible dans le cas des missions plus importantes telles que lATNUTO au Timor oriental, la MINUK au Kosovo, la MINUSIL en Sierra Leone et la MONUC en République démocratique du Congo. On peut dire la même chose des spécialistes de la logistique et de la gestion du personnel de la Division de ladministration et de la logistique des missions (Département des opérations de maintien de la paix), ainsi que du personnel dappui qui soccupe des opérations de maintien de la paix au Département de la gestion, au Bureau des affaires juridiques, au Département de linformation et dans les autres bureaux concernés. Le tableau 4.3 donne les effectifs totaux, au Département des opérations de maintien de la paix et dans dautres services du Secrétariat, qui sont occupés à plein temps à assurer lappui des grosses missions, ainsi que les budgets annuels et les effectifs autorisés de ces missions.
183. Le manque généralisé de personnel fait que dans bien des cas des fonctionnaires qui remplissent une fonction essentielle nont personne pour les remplacer, aucune autre solution, pour que leur service soit assuré plus de huit heures par jour lorsquune crise éclate à six ou 12 fuseaux horaires, que de lassurer eux-mêmes pendant 16 heures, et aucune possibilité de prendre des congés, de tomber malade ou de se rendre sur les lieux de la mission sans mettre leurs activités dappui en veilleuse. Dans les conditions actuelles, on ne peut éviter de faire des choix entre des impératifs antagoniques, ce qui risque davoir des effets néfastes sur lappui dont bénéficie le terrain. À New York, les tâches qui concernent le Siège établissement de rapports à lintention des organes délibérants, par exemple passent généralement en priorité en raison de la pression exercée, souvent en personne, par les représentants des États Membres. À lopposé, ce quon voit du terrain à New York se limite à des messages électroniques, des câbles et des notes gribouillées au cours de conversations téléphoniques. Ainsi, dans la lutte pour partager le temps dun officier de secteur, les opérations sur le terrain sont souvent les vaincues et doivent se contenter de régler leurs problèmes toutes seules. Pourtant, ce sont elles qui devraient être prioritaires. Le personnel sur le terrain se trouve face à des situations difficiles et sa vie est parfois en danger. Il mérite mieux, de même que ceux qui, au Siège, voudraient lui apporter un appui efficace.
Tableau 4.3
Nombre total dadministrateurs affectés à plein temps à
lappui des opérations complexes
de maintien de la paix créées en 1999
| MINUK (Kosovo) | MINUSIL (Sierra Leone) | ATNUTO (Timor oriental) | MONUC (République démocratique du Congo) | |
| Budget estimatif juillet 2000-juin 2001 | 410 millions de dollars | 465 millions de dollars | 540 millions de dollars | 535 millions de dollars |
| Effectif actuellement autorisé des principales composantes | 4 718 policiers Plus de 1 000 civils recrutés sur le plan international |
13 000 militaires | 8 950 militaires 1 640 policiers 1 185 civils recrutés sur le plan interna- tional |
5 537 militaires 500 observateurs mili- taires |
| Nombre dadministrateurs au Siège affectés à plein temps à lappui de lopération | 1 spécialiste des questions politiques 2 membres de la police civile 1 coordonnateur de la logistique 1 spécialiste civil du recrutement 1 spécialiste des finances |
1 spécialiste des questions politiques 2 militaires 1 coordonnateur de la logistique 1 spécialiste des finances |
1 spécialiste des questions politiques 2 militaires 1 membre de la police civile 1 coordonnateur de la logistique 1 spécialiste civil du recrutement 1 spécialiste des finances |
1 spécialiste des questions politiques 3 militaires 1 membre de la police civile 1 coordonnateur de la logistique 1 spécialiste civil du recrutement 1 spécialiste des finances |
| Effectif total du personnel dappui au Siège |
6 | 5 | 7 | 8 |
184. Il pourrait sembler y avoir quelques chevauchements entre les fonctions exercées par les officiers de secteur du Département des opérations de maintien de la paix et leurs homologues des divisions régionales du Département des affaires politiques, mais en y regardant de plus près on constate quil nen est rien. Par exemple, lhomologue de lofficier de secteur de la MINUK au Département des affaires politiques suit lactualité dans tout le sud-est de lEurope, et son homologue du Bureau de la coordination des affaires humanitaires soccupe de toute la région des Balkans, plus certaines parties de la Communauté dÉtats indépendants. Il faut absolument que les fonctionnaires de ces deux services aient la possibilité dapporter laide dont ils sont capables, mais leur apport total équivaut au travail de moins dun fonctionnaire supplémentaire à plein temps pour ce qui est de lappui fourni à la MINUK.
185. Les trois directeurs régionaux du Bureau des opérations devraient se rendre régulièrement auprès des missions et entretenir un dialogue permanent avec les représentants spéciaux du Secrétaire général et les chefs des composantes à propos des obstacles que le Siège pourrait les aider à surmonter. Au lieu de cela, ils sont accaparés par les activités de leurs officiers de secteur, qui ne peuvent se passer de leur renfort.
186. Le Secrétaire général adjoint et le Sous-Secrétaire général sont encore plus soumis à des impératifs antinomiques. Ils donnent des avis au Secrétaire général, se tiennent en rapport avec les délégations et les capitales des États Membres, et lun ou lautre dentre eux relit chacun des rapports sur les opérations de maintien de la paix (on en a compté 40 au cours du premier semestre 2000) soumis au Secrétaire général pour quil les approuve et les signe avant de les présenter aux organes délibérants. Depuis janvier 2000, à eux deux ils ont présenté personnellement des comptes rendus au Conseil de sécurité plus de 50 fois, au cours de séances qui ont duré parfois trois heures et qui ont nécessité des heures de préparation sur le terrain et au Siège. Les réunions de coordination prennent aussi du temps, qui pourrait être passé à étudier les problèmes opérationnels avec les missions, à leur rendre visite sur le terrain, à réfléchir aux moyens daméliorer la façon dont lONU conduit ses opérations de maintien de la paix ou à gérer de plus près le Département.
187. Les problèmes de sous-effectifs qui accablent les services dappui administratif et logistique, particulièrement la Division de ladministration et de la logistique des missions, sont peut-être encore plus graves que ceux dont souffrent les services organiques du Département. À lheure actuelle, la Division assure lappui non seulement des opérations de maintien de la paix mais aussi dautres bureaux extérieurs tels que le Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies dans les territoires occupés, à Gaza, la Mission de vérification des Nations Unies au Guatemala (MINUGUA) ou une douzaine dautres petits bureaux, sans parler du travail que représente sa participation aux opérations de liquidation des missions terminées. Au total, elle représente un surcoût denviron 1,25 % pour les opérations de maintien de la paix et les autres opérations hors Siège. Si lONU sous-traitait les activités dappui administratif et logistique assurées par la Division, le Groupe détude est persuadé quelle aurait du mal à trouver une entreprise privée pour accomplir le même travail pour le même prix.
188. Les exemples suivants donneront une idée du grave manque de personnel dont souffre la Division de ladministration et de la logistique des missions. La Section de la dotation en effectifs du Service de la gestion du personnel de la Division, qui soccupe du recrutement et des voyages du personnel civil, ainsi que des voyages des membres de la police civile et des observateurs militaires, ne compte que 10 administrateurs responsables du recrutement, dont quatre sont chargés dexaminer les 150 candidatures spontanées reçues chaque jour, ainsi que dy répondre. Les six autres administrateurs soccupent de la procédure de sélection proprement dite : un à temps plein et un à mi-temps pour le Kosovo, un à temps plein et un à mi-temps pour le Timor oriental et trois à temps plein pour toutes les autres missions. Trois responsables du recrutement soccupent à eux seuls de trouver des candidats qualifiés pour deux missions dadministration civile qui ont besoin de centaines dadministrateurs expérimentés dans une multitude de domaines et de disciplines. De neuf à 12 mois après leur mise en train, ni la MINUK ni lATNUTO ne sont intégralement déployées.
189. Les États Membres doivent donner au Secrétaire général une certaine latitude, ainsi que des ressources financières suffisantes, afin quil puisse recruter assez de personnel pour éviter que lOrganisation, incapable de réagir avec professionnalisme face à des situations durgence, ne voie sa réputation ternie. Le Secrétaire général doit disposer des ressources nécessaires pour faire du Secrétariat un organisme mieux à même de réagir immédiatement à des circonstances imprévues.
190. Cest principalement le Service de la logistique et des communications de la Division qui est chargé de fournir à ceux qui se trouvent sur le terrain les biens et services dont ils ont besoin pour sacquitter de leurs tâches. La description demploi dun des 14 coordonnateurs des opérations logistiques donnera une bonne idée de la charge de travail que supporte lensemble du Service. Ce fonctionnaire est le principal responsable de la planification des opérations logistiques pour lexpansion de la Mission de lOrganisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) et de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Ce même fonctionnaire est chargé délaborer les politiques et procédures pour la très importante Base de soutien logistique des Nations Unies à Brindisi, ainsi que de coordonner létablissement des projets de budget annuel de lensemble du Service.
191. Rien que sur la base de cet examen superficiel, et compte tenu du fait que les dépenses dappui du Département des opérations de maintien de la paix et des autres entités du Siège qui appuient les opérations de maintien de la paix ne dépassent pas les 50 millions de dollars par an, le Groupe détude est convaincu quen fournissant des ressources supplémentaires au Département et à ces entités, les États Membres réaliseraient un investissement fondamental qui garantirait lutilisation rationnelle des 2 milliards de dollars et plus quils consacreront aux opérations de maintien de la paix en 2001. Le Groupe détude recommande donc une augmentation sensible des ressources et exhorte le Secrétaire général à soumettre à lAssemblée générale une proposition indiquant tous les besoins de lOrganisation.
192. Le Groupe détude estime par ailleurs quil faut cesser de considérer le maintien de la paix comme une fonction temporaire et le Département des opérations de maintien de la paix comme une structure temporaire. Le Département doit pouvoir compter systématiquement sur une enveloppe budgétaire prévisible sil est appelé à faire plus que de maintenir à flot les missions existantes. Il doit disposer de ressources pour se préparer aux situations durgence qui pourraient survenir dans les six à 12 mois, pour mettre au point des outils de gestion susceptibles daméliorer le fonctionnement des futures missions, pour étudier lincidence que les technologies modernes pourraient avoir sur divers aspects du maintien de la paix, pour mettre en pratique les enseignements tirés des missions précédentes et pour appliquer les recommandations figurant dans les rapports dévaluation établis par le Bureau des services de contrôle interne ces cinq dernières années. Son personnel doit avoir la possibilité de concevoir et de mener des programmes de formation à lintention des nouvelles recrues, tant au Siège que sur le terrain. Il doit pouvoir terminer lélaboration des directives et des manuels qui pourraient aider les nouveaux membres des missions à sacquitter de leurs tâches avec plus de professionnalisme et conformément aux règles, règlements et procédures des Nations Unies, mais qui sont pour linstant abandonnés, à moitié achevés, dans une douzaine de bureaux du Département, parce que leurs auteurs sont trop occupés à répondre à dautres besoins.
193. Le Groupe détude recommande donc que lappui fourni par le Siège aux opérations de maintien de la paix soit considéré comme une activité essentielle de lOrganisation des Nations Unies, et que la plus grande partie des ressources nécessaires soient, par conséquent, inscrites au budget-programme biennal ordinaire. En attendant lélaboration du prochain budget, il recommande que le Secrétaire général demande le plus tôt possible à lAssemblée générale daugmenter durgence les ressources prévues dans le dernier projet de budget pour le compte dappui aux opérations de maintien de la paix.
194. La répartition précise des ressources devrait être déterminée sur la base dun examen professionnel et objectif des besoins, mais lenveloppe globale devrait refléter lexpérience passée du maintien de la paix. Une possibilité serait de calculer le montant de base à inscrire au budget ordinaire pour lappui du Siège aux opérations de maintien de la paix en fonction du coût moyen des opérations au cours des cinq années précédentes. Le montant ainsi calculé refléterait le niveau dactivité auquel le Secrétariat devrait être prêt à faire face. Selon les chiffres fournis par le Contrôleur (voir tableau 4.1), la moyenne pour les cinq dernières années (y compris lexercice budgétaire en cours) est de 1,4 milliard de dollars. Si lon fixait lenveloppe budgétaire de base pour les activités dappui à 5 % de la moyenne, on obtiendrait un montant de 70 millions de dollars, soit environ 20 millions de plus que le budget actuel du Siège pour lappui aux opérations de maintien de la paix.
195. Pour financer des niveaux dactivités supérieurs à la moyenne, en période de pointe, on pourrait envisager de majorer dun certain pourcentage les budgets des missions auxquelles est imputable le dépassement de lenveloppe de base. Ainsi, le coût estimatif des opérations de maintien de la paix pour lexercice en cours, soit 2,6 milliards de dollars, dépasse de 1,2 milliard lenveloppe de base hypothétique, soit 1,4 milliards de dollars. Une majoration de 1 % calculée sur la base de ce montant de 1,2 milliard de dollars donnerait 12 millions de dollars dont le Siège disposerait pour faire face à la charge de travail accrue. Une majoration de 2 % produirait 24 millions de dollars.
196. Ce moyen direct de financer les capacités nécessaires en période de pointe devrait remplacer le système actuel, qui exige que chaque poste soit justifié chaque année dans les projets de budget pour le compte dappui aux opérations de maintien de la paix. Le Secrétaire général devrait avoir la latitude de décider de la meilleure façon dutiliser les fonds pour faire face à un niveau exceptionnel dactivité, et des mesures durgence devraient être prises pour que les postes temporaires destinés à couvrir les besoins accrus puissent être pourvus immédiatement.
197. Résumé des principales recommandations concernant le financement de lappui aux opérations de maintien de la paix fourni par le Siège :
a) Le Groupe détude recommande une augmentation sensible des ressources servant à financer lappui aux opérations de maintien de la paix fourni par le Siège et exhorte le Secrétaire général à soumettre à lAssemblée générale une proposition indiquant lintégralité des moyens quil juge nécessaires;
b) Le Groupe détude recommande que lappui fourni par le Siège aux opérations de maintien de la paix soit considéré comme une activité essentielle de lOrganisation des Nations Unies et que la plus grande partie des ressources nécessaires soient donc inscrites au budget ordinaire;
c) En attendant lélaboration du prochain projet de budget, le Groupe détude recommande que le Secrétaire général demande à lAssemblée générale daugmenter durgence les ressources du compte dappui aux opérations de maintien de la paix pour que du personnel supplémentaire puisse être recruté immédiatement, en particulier au sein du Département des opérations de maintien de la paix.
B. Création déquipes spéciales intégrées : justification et proposition
198. Il nexiste pas actuellement, au Département des opérations de maintien de la paix, de cellule intégrée de planification ou dappui au sein de laquelle seraient représentés, entre autres, les responsables de lanalyse des politiques, des opérations militaires, de la police civile, de lassistance électorale, des droits de lhomme, du développement, de lassistance humanitaire, des réfugiés et des déplacés, de linformation, de la logistique, des finances et du recrutement. Comme on la vu plus haut, le Département ne compte quune poignée dadministrateurs affectés à temps plein à la planification et aux activités dappui, y compris pour les opérations complexes de grande envergure comme la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL), la Mission dadministration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et lAdministration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO). Dans le cas des missions de paix à caractère politique ou des bureaux de consolidation de la paix, ces fonctions sont prises en charge par le Département des affaires politiques, avec un personnel tout aussi réduit.
199. Le Bureau des opérations du Département des opérations de maintien de la paix est chargé délaborer le concept général dopérations des nouvelles missions de maintien de la paix. Il porte une lourde responsabilité puisquil se charge à la fois de lanalyse politique et de la coordination interne avec les autres services du Département qui sont chargés des questions miliaires, de la police civile, de la logistique, des finances et du personnel. Ces services ont chacun une structure hiérarchique distincte et beaucoup dentre eux se trouvent même dans des bâtiments différents. En outre, le Département des affaires politiques, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, le Haut Commissariat pour les réfugiés, le Haut Commissariat aux droits de lhomme, le Département de linformation et bien dautres départements, organismes, fonds et programmes ont un rôle de plus en plus important à jouer dans la planification des opérations, en particulier les opérations complexes, et doivent être officiellement associés au processus de planification.
200. Il arrive que les divisions, départements et organismes collaborent entre eux, mais cette collaboration dépend trop de contacts personnels et dun appui ponctuel. Des équipes spéciales composées de représentants des diverses parties du système sont mises en place pour la planification des grandes opérations, mais elles font plutôt office de groupe de discussion que dorgane de décision. En outre, elles tendent à se réunir peu souvent, voire à se dissoudre, dès que le déploiement de lopération commence, et bien avant quil soit achevé.
201. Dautre part, lorsquune opération est déployée, les représentants spéciaux du Secrétaire général coordonnent lensemble des activités des Nations Unies dans leur zone de mission, mais nont pas au Siège, au niveau opérationnel, dinterlocuteur unique capable de donner suite rapidement à leurs demandes. Ainsi, les officiers de secteur et les directeurs des divisions régionales du Département des opérations de maintien de la paix répondent aux questions de nature politique, mais ne peuvent, en général, répondre directement aux questions relatives aux opérations militaires, à la police, à lassistance humanitaire, aux droits de lhomme, aux élections, aux affaires juridiques ou à dautres aspects des opérations, et ils ne savent pas toujours à qui sadresser pour trouver la réponse. Lorsquelles ne peuvent attendre, les missions finissent par trouver elles-mêmes des interlocuteurs compétents et, à la longue, établissent leurs propres contacts avec les différentes entités du Secrétariat et du système.
202. Les missions ne devraient pas être amenées à établir leurs propres réseaux. Elles devraient savoir exactement à qui sadresser pour obtenir les réponses et lappui dont elles ont besoin, surtout au cours des premiers mois, qui sont particulièrement critiques car le déploiement est en cours et des crises surgissent chaque jour. En outre, elles devraient pouvoir obtenir ces réponses dune entité unique qui rassemble tout le personnel dappui et tous les experts nécessaires, détachés de divers services du Siège correspondant à toutes les fonctions des missions. Une telle entité pourrait sappeler une équipe spéciale intégrée.
203. Cette notion, quoique beaucoup plus large, sappuie sur les mesures de coopération prévues dans les directives pour lapplication du principe du « département chef de file » adoptées par le Département des opérations de maintien de la paix et le Département des affaires politiques lors dune réunion quils ont tenue en juin 2000 sous la présidence du Secrétaire général. Le Groupe détude recommande, par exemple, que ces deux départements choisissent ensemble le chef de chaque nouvelle équipe spéciale, mais sans se limiter nécessairement à leur propre personnel. Il peut arriver que les directeurs des divisions régionales ou les spécialistes des questions politiques des deux départements soient trop occupés pour assumer ce rôle à temps plein. Il peut aussi arriver quune personne venant du terrain fasse mieux laffaire. Cette souplesse de fonctionnement, y compris la latitude de confier la tâche au candidat le plus qualifié, suppose ladoption de mécanismes de financement permettant de répondre à des besoins exceptionnels en période de pointe, conformément à la recommandation formulée plus haut.
204. Le Comité exécutif pour la paix et la sécurité ou un sous-groupe de ce comité désigné à cette fin devrait sentendre sur la composition générale De léquipe spéciale intégrée que le groupe détude envisage de former au tout début du processus de prévention des conflits, de rétablissement de la paix, de maintien éventuel de la paix ou de déploiement éventuel dun bureau de soutien à la consolidation de la paix. Cette formule faisant appel à un dispositif central de soutien intégré aux activités en faveur de la paix et de la sécurité menées par les Nations Unies sur le terrain devrait sétendre à toutes les opérations de paix, la taille, la composition, le lieu de réunion et la direction de léquipe spéciale dépendant des besoins de chaque opération.
205. La question de la direction et du département chef de file sest posée par le passé lorsque la nature de la présence des Nations Unies sur le terrain a changé privilégiant davantage laspect maintien de la paix ou politique selon le cas , ce qui a nécessité une révision non seulement du principal interlocuteur des différentes opérations au siège mais aussi de lensemble des intervenants au siège. Daprès la conception que le Groupe détude se fait du fonctionnement de ces équipes spéciales, ces intervenants demeureraient en gros les mêmes pendant et après ces transitions, sous réserve des remaniements rendus nécessaires par lévolution de la nature de lopération mais sans changement du personnel de base de chaque équipe spéciale chargé des fonctions à assurer tout au long de la transition. La direction de ces équipes spéciales serait assurée à tour de rôle par chacun de leurs membres (elle passerait par exemple dun directeur régional ou dun spécialiste des questions politiques du Département des opérations de maintien de la paix à son homologue au sein du Département des affaires politiques).
206. La taille et la composition de ces équipes spéciales seraient fonction de la nature de lactivité sur le terrain recevant un appui et de la phase où elle se trouve. Laction préventive menée en cas de crise exigerait un soutien politique éclairé qui permettrait à lenvoyé des Nations Unies de se tenir informé de lévolution de la situation politique dans la région et dautres facteurs déterminants pour le succès de sa mission. Les responsables du rétablissement de la paix chargés de mettre fin à un conflit devraient être plus au fait des options existant pour assurer le maintien et la consolidation de la paix de façon que les possibilités quelles offrent aussi bien que leurs limites soient prises en compte dans tout accord de paix dont lapplication ferait intervenir les Nations Unies. Les conseillers-observateurs du Secrétariat collaborant avec ces responsables auraient des liens avec léquipe spéciale intégrée qui apporte son soutien aux négociations et la tiendraient informée des progrès accomplis. Le chef de léquipe spéciale servirait de son côté dintermédiaire entre le responsable du rétablissement de la paix et le Siège, en se servant de ses contacts avec les hautes instances du Secrétariat pour obtenir des réponses aux questions politiques délicates.
207. Les équipes spéciales décrites plus haut pourraient être des organes « virtuels » dont les membres se réuniraient régulièrement mais ne partageraient pas les mêmes locaux et sacquitteraient de leurs fonctions à partir de leurs bureaux habituels en communiquant entre eux grâce aux techniques modernes dinformation. Pour contribuer au travail de ces équipes, chacun de leurs membres devrait fournir des données et analyses, qui seraient affichées sur le réseau Intranet de lONU par le secrétariat de linformation et de lanalyse stratégique du Comité exécutif dont la création est proposée plus haut aux paragraphes 65 à 75 et avoir accès à ces mêmes données et analyses.
208. Les équipes spéciales intégrées créées pour planifier déventuelles opérations de paix pourraient elles aussi être au départ des organes virtuels. Lorsque les préparatifs de lopération se concrétiseraient, elles se constitueraient réellement et tous leurs membres partageraient les mêmes locaux pour pouvoir travailler en équipe aussi longtemps que lexigerait le déploiement complet de la nouvelle mission, soit jusquà six mois, à condition que les réformes proposées plus haut aux paragraphes 84 à 169, pour accélérer le déploiement soient appliquées.
209. Leurs membres seraient officiellement détachés pour toute la durée de lopération par leur division, département, agence, fonds ou programme dorigine. Ils auraient ainsi entre eux des liens beaucoup plus étroits que ceux qui existent actuellement entre les membres des comités de coordination et équipes existant au Siège. Ils constitueraient de ce fait une cellule temporaire mais réunie autour dun même objectif, dont la taille et la composition pourraient être modifiées en fonction des besoins de la mission.
210. Chaque membre de chaque équipe spéciale serait non seulement autorisé à servir dintermédiaire entre léquipe spéciale et son département dorigine, mais serait aussi chargé de prendre toutes les décisions pratiques importantes concernant la mission pour ce département. Le chef de léquipe spéciale qui ferait rapport au Sous-Secrétaire général chargé des opérations du Département des opérations de maintien de la paix dans le cas des opérations de maintien de la paix, ou au Sous-Secrétaire général du Département des affaires politiques, dans le cas des activités de rétablissement de la paix, des bureaux de soutien à la consolidation de la paix et les missions politiques spéciales devrait lui-même avoir autorité sur les autres membres de léquipe spéciale pendant toute la durée de leur détachement, et devrait être la première personne à contacter par les opérations de paix pour toutes les questions ayant trait à leurs activités. Les questions relatives aux politiques et stratégies à long terme devraient, elles, être réglées au niveau des Secrétaire général adjoint et Sous-Secrétaire général au sein du Comité exécutif pour la paix et la sécurité avec lappui du secrétariat de linformation et de lanalyse stratégique de ce comité.
211. Pour que le système des Nations Unies puisse prêter du personnel aux équipes spéciales, il faudra établir des centres de responsabilité pour chaque grande composante des opérations de paix. Les départements et les organismes doivent sentendre à lavance sur les procédures en matière de détachement et sur lappui quils sont prêts à apporter au mécanisme des équipes spéciales intégrées en signifiant au besoin leur accord par écrit.
212. Le Groupe détude na pas de propositions à faire concernant le choix des bureaux « chefs de file » pour chaque composante éventuelle des opérations de paix mais il pense que tous les membres du Comité exécutif pour la paix et la sécurité devraient se pencher sur cette question et choisir parmi eux un responsable de la planification pour chacune de ces composantes autres que celles ayant trait au domaine militaire, à la police et au pouvoir judiciaire, ainsi quà la logistique et à ladministration, qui devraient toutes continuer de relever de la responsabilité du Département des opérations de maintien de la paix. Lorganisme choisi comme chef de file devrait avoir pour tâche de mettre au point les principaux éléments des concepts dopérations, des définitions demploi, des besoins en personnel et en équipement, des échéanciers et calendriers de déploiement, des données de base harmonisées, des arrangements concernant le personnel civil en attente et des fichiers dautres candidats potentiels pour la composante dont il est chargé, ainsi que de participer aux travaux correspondants de léquipe spéciale intégrée.
213. La formule des équipes spéciales intégrées apporte un élément de souplesse qui doit permettre de faire face à des besoins en ressources importants dans des délais très serrés mais portant en définitive sur une courte période pour faciliter les activités de planification, de démarrage et de soutien logistique initial. Elle sinspire très largement de la notion de « direction par décentralisation fonctionnelle », que lon retrouve très souvent dans les grandes organisations qui ont besoin de pouvoir mobiliser les compétences spécialisées nécessaires à des projets précis sans avoir à chaque fois à revoir toute leur organisation. Adoptée par des institutions aussi diverses que la RAND Corporation et la Banque mondiale, cette conception repose sur laffectation des employés à un service ou département dorigine permanent dont ils peuvent et doivent même être détachés au besoin pour apporter un soutien à des projets. Appliquée à la planification centrale et au soutien aux opérations de paix, cette formule permettra aux départements, institutions, fonds et programmes organisés sur le plan interne en fonction de leurs besoins densemble, daffecter des membres de leur personnel à des équipes spéciales intégrées au niveau interdépartemental/interorganisations chargées de ce soutien.
214. La formule des équipes spéciales intégrées pourrait aussi avoir des répercussions importantes sur la structure actuelle du Bureau des opérations du Département des opérations de maintien de la paix car elle remplacerait en fait celle des divisions régionales. Ainsi, par exemple, pour chacune des opérations de plus grande envergure, telles que celles menées en Sierra Leone, au Timor oriental ou au Kosovo, il faudrait créer une équipe spéciale intégrée individuelle dirigée par un administrateur ayant rang de directeur. Les autres missions, telles que les opérations de maintien de la paix « classiques » existant depuis longtemps en Asie et au Moyen-Orient, pourraient être regroupées au sein dune seule équipe spéciale intégrée. Le nombre des équipes susceptibles dêtre créées dépendrait beaucoup du volume des ressources complémentaires allouées au Département des opérations de maintien de la paix, au Département des affaires politiques et aux départements, institutions, fonds et programmes qui en dépendent. À mesure que le nombre des équipes augmenterait, la structure organisationnelle du Bureau des opérations sélargirait. Il en serait de même pour les fonctions des sous-secrétaires généraux du Département des affaires politiques, auxquels les chefs des équipes spéciales intégrées seraient tenus de faire rapport au cours de la phase de rétablissement de la paix ou lors du lancement dune opération importante de soutien à la consolidation de la paix, soit à la suite dune opération de maintien de la paix, soit en tant quinitiative distincte.
215. Certes, les directeurs régionaux du Département des opérations de maintien de la paix (et du Département des affaires politiques lorsquils auraient été nommés à la tête déquipes spéciales intégrées) seraient responsables dun moins grand nombre de missions quactuellement, mais ils seraient en fait chargés dun personnel plus important, notamment celui des bureaux des conseillers du personnel militaire et de la police civile, de la Division de ladministration et de la logistique des missions (ou des divisions qui la remplaceront) et des autres départements, institutions, fonds et programmes, qui serait détaché à temps complet auprès deux, en fonction des besoins. La taille des équipes spéciales intégrées dépendra aussi du montant des ressources complémentaires qui pourront être mobilisées, ressources sans lesquelles les services participants ne seront pas en mesure de détacher leur personnel à temps complet.
216. Il convient aussi de noter que, pour que la formule des équipes spéciales intégrées fonctionne correctement, les membres de ces équipes doivent partager les mêmes locaux au cours des phases de planification et de déploiement initiales, ce qui nest pas possible dans les conditions actuelles, sauf si lon procède à des remaniements importants des dispositions prises en matière de locaux à usage de bureaux au sein du Secrétariat.
217. Résumé des principales recommandations concernant une planification et un soutien intégrés dans le cadre des missions : la formule des équipes spéciales intégrées, dont les membres seraient détachés par tous les organismes des Nations Unies en fonction des besoins, serait celle qui serait retenue pour assurer la planification et le soutien aux différentes missions et le personnel détaché auprès delles, conformément aux accords conclus entre le Département des opérations de maintien de la paix, le Département des affaires politiques et les autres départements, programmes, fonds et organismes participants, serait temporairement sous les ordres de leurs chefs.
C. Autres ajustements structurels à apporter au sein du Département des opérations de maintien de la paix
218. La formule des équipes spéciales intégrées renforcerait la capacité du Bureau des opérations du Département des opérations de maintien de la paix de coordonner réellement tous les aspects de chaque opération de maintien de la paix. Elle exigera toutefois des ajustements structurels supplémentaires au niveau dautres éléments du Département des opérations de maintien de la paix, en particulier de la Division du personnel militaire et de la police civile, de la Division de ladministration et de la logistique des missions et du Groupe des enseignements tirés des mission.
1. Division du personnel militaire et de la police civile
219. Tous les responsables de la police civile consultés au Siège aussi bien que sur le terrain jugent frustrant que les fonctions de police dépendant du Département des opérations de maintien de la paix relèvent de la chaîne de commandement militaire. Le Groupe détude concède quun tel arrangement est peu judicieux aussi bien du point de vue administratif que sur le fond.
220. Les responsables du personnel militaire et de la police civile du Département des opérations de maintien de la paix nexercent leurs fonctions que pour trois ans, car les Nations Unies exigent quils soient en service actif. Sils veulent rester en poste plus longtemps, et sont même prêts pour ce faire à quitter larmée ou la police de leur pays, la politique des Nations Unies en matière de personnel interdit quils soient recrutés pour exercer les fonctions quils remplissaient avant leur départ. Cest ce qui explique que le taux de rotation du personnel militaire et de la police civile soit si élevé au sein du Département des opérations de maintien de la paix. Étant donné que les enseignements tirés de la pratique suivie par les services du Siège ne sont pas régulièrement retenus, quil nexiste pas de programmes de formation approfondie à lintention des nouveaux arrivants et que lélaboration de manuels faciles à utiliser et de directives opérationnelles de base nest quà moitié terminée, il en résulte une perte régulière de mémoire institutionnelle quil faut des mois de travail pour reconstituer. Le manque de personnel actuel oblige en outre les responsables du personnel militaire et de la police civile à exercer des fonctions pour lesquelles ils nont pas nécessairement été formés. Ceux qui sont spécialisés dans les opérations (J3) ou dans la planification (J5) peuvent être appelés à jouer un rôle quasi diplomatique ou à assumer des fonctions de responsables du personnel et de ladministration (J1) devant faire face à la rotation incessante du personnel et des unités sur le terrain, ce qui les empêche de soccuper des activités opérationnelles sur le terrain.
221. Le manque de continuité dont souffre le Département des opérations de maintien de la paix dans ces domaines est aussi la raison pour laquelle depuis plus de 50 ans quil déploie des observateurs militaires pour faire rapport sur les violations des accords de cessez-le-feu, le Département na toujours pas de base centrale rassemblant les données concernant de telles violations et les statistiques générales recueillies par ces observateurs. Actuellement, si lon veut savoir combien de violations se sont produites pendant six mois dans un pays donné, il faut dépouiller tous les rapports de situation journaliers pour cette période et repérer individuellement toutes les violations qui y sont signalées. Lorsque des bases de données de ce type existent, elles ont été créées par les missions elles-mêmes au coup par coup. Il en est de même pour toutes les statistiques relatives à la criminalité et autres informations dont ont besoin la plupart des missions de police civile. Les progrès technologiques ont aussi révolutionné les méthodes de vérification des violations des accords de cessez-le-feu et de contrôle des déplacements à lintérieur des zones démilitarisées, ainsi que des sorties darmes provenant darsenaux. Or, personne nest actuellement chargé de ces questions au sein de la Division du personnel militaire et de la police civile du Département des opérations de maintien de la paix.
222. Le Groupe détude recommande que la Division du personnel militaire et de la police civile soit scindée en deux unités distinctes, lune chargée du personnel militaire, lautre de la police civile. Le Bureau du Conseiller militaire du Département des opérations de maintien de la paix devrait être élargi et sa structure sinspirer davantage de celle des quartiers généraux des opérations de maintien de la paix des Nations Unie, de façon à apporter un soutien plus efficace aux opérations sur le terrain et à mieux conseiller les hauts responsables du Secrétariat pour les questions militaires. Il faudrait aussi affecter des ressources supplémentaires plus importantes au Groupe de la police civile et envisager de reclasser le poste de conseiller de la police civile.
223. Afin dassurer un minimum de continuité au sein du Département des opérations de maintien de la paix pour ce qui est de la capacité du personnel militaire et de la police civile, le Groupe détude recommande quun certain pourcentage des postes créés au sein de ces deux groupes soit réservé à des membres du personnel militaire et de la police civile ayant déjà travaillé pour les Nations Unies et venant de quitter leur service national, qui feraient partie du personnel des Nations Unies. Cette pratique coïnciderait avec celle suivie par le Service de la logistique et des communications de la Division de ladministration et de la logistique des missions, qui compte plusieurs anciens militaires.
224. La police civile sur le terrain participe de plus en plus à la restructuration et à la réforme des forces de police locales, et le Groupe détude a recommandé quelle assure en priorité ces fonctions dans le cadre des opérations de paix à venir [voir plus haut, par. 39, 40 et 47 b)]. À ce jour, cependant, le Groupe de la police civile est chargé de préparer les plans et dévaluer les besoins des composantes police des opérations de paix sans disposer des compétences juridiques nécessaires concernant les structures judiciaires locales et les législations, codes et procédures pénales en vigueur dans les pays de déploiement. Ce type de compétence revêt une importance vitale pour les planificateurs de police civile et pourtant, aucune ressources du Compte dappui na été affectée au titre de cette fonction, que ce soit au Bureau du Conseiller juridique, au Département des opérations de maintien de la paix ou autre département du Secrétariat.
225. Le Groupe détude recommande donc quil soit créé au Département des opérations de maintien de la paix une nouvelle unité administrative dotée de personnel spécialisé chargé de donner des conseils au Bureau du Conseiller de la police civile sur des questions de droit pénal dune importance cruciale pour lutilisation efficace des services de police civile dans le cadre des opérations de paix. Ce groupe devrait aussi travailler en étroite collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de lhomme, à Genève, le Bureau des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime à Vienne et les autres organismes des Nations Unies qui sintéressent à la réforme des institutions chargées de promouvoir létat de droit et dassurer le respect des droits de lhomme.
2. Division de ladministration et de la logistique des missions
226. La Division de ladministration et de la logistique des missions nest pas habilitée à établir la version finale ni à présenter les projets de budget des opérations quelle prévoit de réaliser, ni, en fait, à acquérir les biens et services nécessaires à leur exécution. Cette responsabilité incombe à la Division du financement du maintien de la paix et à la Division des achats du Département de la gestion. Toutes les demandes reçues au Siège concernant les achats sont traitées par les 16 fonctionnaires de la Division des achats, dont les services sont financés à laide du compte dappui : ils établissent les contrats importants (environ 300 en 1999) à présenter au Comité des marchés du Siège, négocient et concluent des marchés pour lachat des biens et services qui ne sont pas acquis sur place par les missions et élaborent les règles et pratiques de lOrganisation des Nations Unies applicables aux achats effectués pour les missions au niveau mondial et sur le marché local. Linsuffisance de personnel, conjuguée au nombre supplémentaire dopérations quentraîne cette manière de procéder, semble jouer un rôle dans les retards signalés par les missions en ce qui concerne les achats.
227. Pour accroître lefficacité, il faudrait déléguer au Département des opérations de maintien de la paix, pendant une période dessai de deux ans, les fonctions détablissement et de présentation du budget des opérations de maintien de la paix, et dallocation des crédits et lui confier la responsabilité des achats, en lui transférant les postes et le personnel correspondants. Compte tenu de lobligation de rendre compte et pour assurer la transparence, le Département de la gestion devrait conserver ses responsabilités en ce qui concerne la comptabilité, les contributions des États Membres et la trésorerie. Il devrait aussi conserver son rôle touchant lélaboration des grandes orientations et le suivi, comme dans le cas du recrutement et de ladministration du personnel hors-Siège, dont la responsabilité a déjà été déléguée au Département des opérations de maintien de la paix.
228. De plus, pour éviter toutes allégations concernant des irrégularités éventuelles du fait que les responsables de la budgétisation et des achats travailleraient dans la même division que ceux qui sont chargés de déterminer les besoins, le Groupe détude recommande que la Division de ladministration et de la logistique des missions soit dédoublée, une division (Division des services administratifs), regroupant les fonctions ayant trait au personnel, au budget et aux finances ainsi quaux achats et lautre (Division des services dappui intégrés) étant chargée de la logistique des transports, des communications, etc.
3. Groupe des enseignements tirés des missions
229. Si lon saccorde à reconnaître la nécessité dexploiter lexpérience accumulée sur le terrain, les efforts entrepris pour permettre au système de mieux tirer parti de cette expérience ou de faire en sorte quil en soit tenu compte lors de lélaboration de la doctrine opérationnelle ainsi que des plans, méthodes ou mandats ont laissé à désirer. Les travaux actuels du Groupe des enseignements tirés des missions au Département des opérations de maintien de la paix ne semblent pas avoir eu beaucoup deffet en pratique, au niveau des opérations et dans la plupart des cas la compilation des enseignements tirés semble nêtre faite quune fois la mission terminée, ce qui est regrettable car le système de maintien de la paix est une source inépuisable dexpérience dont on peut quotidiennement tirer de nouveaux enseignements. Ces données dexpérience doivent être réunies et conservées au bénéfice des opérations présentes et futures et de ceux qui les mènent à bien. Les enseignements tirés doivent être considérés comme un aspect de linformation nécessaire à une bonne gestion, qui contribue en permanence à améliorer les opérations, les rapports a posteriori ne représentant, en tel cas, que lun des éléments dun processus plus vaste dacquisition de savoir : ils en constituent en fait la récapitulation et non le principal objectif.
230. Le Groupe détude considère quil faut renforcer durgence cette fonction et recommande de limplanter dans un environnement qui permette aux responsables de suivre de près les opérations en cours et dy apporter une contribution utile, ainsi quà la planification des activités et à lélaboration de la doctrine et des directives applicables aux missions. Le Groupe détude pense que le cadre le plus approprié serait sans doute le Bureau des opérations, qui supervisera les activités des équipes spéciales intégrées que le Groupe détude propose de créer pour intégrer la planification des opérations de paix au Siège et lappui dont elles ont besoin (voir par. 198 à 217 ci-dessus). Ainsi situé dans un secteur du Département des opérations de maintien de la paix où seront régulièrement présents des représentants de nombreux départements et organismes, ce service pourrait assurer lapprentissage permanent du personnel de toutes ces entités en ce qui concerne les opérations de paix, en gérant et en actualisant la mémoire institutionnelle dont les missions tout comme les équipes spéciales pourraient tirer parti pour mieux résoudre les problèmes et savoir quelles méthodes ont donné les meilleurs résultats et quelles sont celles quil faudrait éviter demployer.
4. Personnel de direction
231. Il existe actuellement deux sous-secrétaires généraux au Département des opérations de maintien de la paix : lun dirige le Bureau des opérations et lautre le Bureau de la logistique, de la gestion et de laction antimines (Division de ladministration et de la logistique des missions et Service de laction antimines). Le Conseiller militaire, qui dirige en outre la Division du personnel militaire et de la police civile, relève actuellement du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, et fait rapport à celui-ci soit directement, soit par lintermédiaire de lun des deux sous-secrétaires généraux, selon le cas.
232. Étant donné les nombreux postes nouveaux et ajustements structurels proposés plus haut, le Groupe détude pense quil y aurait tout lieu de mettre à la disposition du Département un troisième poste de sous-secrétaire général. Il estime en outre que lun des trois sous-secrétaires généraux devrait avoir le titre de « sous-secrétaire général principal » et exercer les fonctions dadjoint du Secrétaire général adjoint.
233. Résumé des principales recommandations concernant les autres ajustements structurels proposés pour le Département des opérations de maintien de la paix :
a) Il faudrait revoir la structure de lactuelle Division du personnel militaire et de la police civile, de sorte que le Groupe de la police civile ne relève plus de la chaîne de commandement militaire. Il faudrait envisager de reclasser le poste de Conseiller de la police civile et la classe de son poste;
b) Il faudrait modifier la structure du Bureau du conseiller militaire au Département des opérations de maintien de la paix pour quelle mieux à celle des quartiers généraux des opérations de maintien de la paix des Nations Unies;
c) Il faudrait créer au Département des opérations de maintien de la paix une nouvelle unité administrative dotée de personnel spécialisé chargé de donner des conseils sur des questions de droit pénal dune importance cruciale pour lutilisation efficace des services de police civile dans le cadre des opérations paix des Nations Unies;
d) Le Secrétaire général adjoint à la gestion devrait déléguer au Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, pour une période dessai de deux ans, la responsabilité de la budgétisation et des achats pour les opérations de maintien de la paix;
e) Le Groupe des enseignements tirés des missions devrait être sensiblement renforcé et rattaché au Bureau des opérations du Département des opérations de maintien de la paix, qui doit lui-même être réorganisé;
f) Il faudrait envisager daccroître le nombre des postes de sous-secrétaire général au Département des opérations de maintien de la paix, pour le porter de deux à trois; lun dentre eux aurait pour titulaire un « sous-secrétaire général principal » qui exercerait les fonctions dadjoint du Secrétaire général adjoint.
D. Ajustements structurels requis hors du Département des opérations de maintien de la paix
234. Il faudrait renforcer la planification et les services dappui en matière dinformation au Siège, ainsi que les éléments du Département des affaires politiques qui appuient et coordonnent des activités de consolidation de la paix et fournissent un appui en matière électorale. Hors du Secrétariat, il faudrait renforcer les moyens dont dispose le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de lhomme pour planifier et appuyer les composantes « droits de lhomme » des opérations de paix.
1. Appui opérationnel en matière dinformation
235. Contrairement à dautres éléments des missions personnel militaire, police civile, action antimines, logistique, télécommunications, etc. aucun service du Siège nest expressément responsable de la composante « information » des opérations de paix. Le rôle le plus important pour ce qui est de linformation au sujet des missions revient au Bureau du porte-parole du Secrétaire général et aux porte-parole et bureaux dinformation des missions elles-mêmes. Au Siège, quatre administrateurs de la Section de la paix et de la sécurité, rattachés au Service de la promotion et de la planification de la Division des relations publiques du Département de linformation sont chargés de produire des publications, de mettre au point et dactualiser les textes du site Web concernant les opérations de paix et de soccuper dautres questions allant du désarmement à lassistance humanitaire. La Section produit et gère linformation ayant trait au maintien de la paix, mais elle ne dispose pas de moyens suffisants pour définir une doctrine ou une stratégie ou élaborer des modalités dexécution standard en ce qui concerne les fonctions dinformation sur le terrain, si ce nest de façon sporadique et circonstancielle.
236. La Section de la paix et de la sécurité du Département de linformation est actuellement renforcée dans une certaine mesure grâce à la réaffectation interne de fonctionnaires du Département, mais il faudrait ou bien lélargir sensiblement et la rendre opérationnelle ou bien transférer cette fonction dappui au Département des opérations de maintien de la paix, avec, éventuellement, un certain nombre de fonctionnaires détachés du Département de linformation.
237. Quelle que soit loption retenue, la tâche à accomplir consistera à prévoir les besoins en information, y compris les moyens techniques et les effectifs nécessaires pour y faire face, à établir les priorités et les modalités opérationnelles standard pour les missions, à fournir un appui pour la phase de démarrage des missions nouvelles et à dispenser des services dappui et des conseils de façon continue en participant aux travaux des équipes spéciales intégrées.
238. Résumé de la principale recommandation concernant les ajustements structurels requis en matière dinformation : un service de planification opérationnelle et dappui à linformation pour les opérations de paix devrait être créé, soit au Département des opérations de maintien de la paix, soit au sein dun nouveau service dinformation sur la paix et la sécurité au Département de linformation, qui relèverait directement du Secrétaire général adjoint à la communication et à linformation.
2. Département des affaires politiques : appui aux activités de consolidation de la paix
239. Le Département des affaires politiques a été chargé de coordonner les efforts de consolidation de la paix des Nations Unies et est actuellement responsable de la mise en place de bureaux de consolidation de la paix et de missions politiques spéciales dans une douzaine de pays, auxquels il fournit un appui ou des conseils, ainsi que des activités de cinq envoyés ou représentants du Secrétaire général affectés à des missions de rétablissement de la paix ou de prévention de conflits. On prévoit que les fonds prévus au budget ordinaire pour financer ces activités pendant la prochaine année civile seront inférieurs de 31 millions de dollars (soit 25 %) aux besoins. En fait, linscription de crédits au budget ordinaire est relativement rare pour les activités de consolidation de la paix, qui sont pour la plupart financées à laide de contributions volontaires.
240. Le Groupe dappui à la consolidation de la paix qui se constitue actuellement au Département des affaires politiques représente lune de ces activités. En sa qualité de responsable de la convocation du Comité exécutif pour la paix et la sécurité et de la coordination des stratégies de consolidation de la paix, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques doit pouvoir coordonner la formulation des stratégies dans ce domaine avec les membres du Comité exécutif et dautres éléments du système des Nations Unies, en particulier ceux qui exercent leurs activités dans les domaines du développement et de laide humanitaire, vu le caractère intersectoriel de la notion même de consolidation de la paix. À cette fin, le Secrétariat recueille des contributions volontaires versées par un certain nombre de donateurs pour financer un projet pilote dune durée de trois ans destiné à faciliter les travaux du Groupe. Le Groupe détude demande instamment que, à mesure que les plans concernant ce groupe pilote se préciseront, le Département des affaires politiques consulte toutes les parties intéressées du système des Nations Unies qui seraient susceptibles de contribuer au succès des activités envisagées, en particulier le PNUD, qui attache actuellement une importance renouvelée à la démocratie et à la gouvernance ainsi quà dautres domaines liés à la phase de transition.
241. Le Service administratif du Département appuie certaines des activités opérationnelles dont le Département a la responsabilité, mais ni sa conception ni les moyens dont il dispose ne lui permettent de jouer le rôle de bureau dappui pour les missions. La Division de ladministration et de la logistique des missions fournit pour sa part un appui à certaines des missions administrées par le Département des affaires politiques mais, ni le budget de ces missions ni celui du Département des affaires politiques ne prévoient de ressources supplémentaires à cette fin pour la Division de ladministration et de la logistique des missions. Cette dernière sefforce de répondre aux besoins des petites opérations de consolidation de la paix, mais constate que les opérations plus importantes imposent une lourde charge aux effectifs dont elle dispose, vu lampleur des besoins à satisfaire et leur caractère hautement prioritaire. De ce fait, les besoins des missions plus modestes tendent à rester en souffrance. Le Département des affaires politiques sest déclaré satisfait de lappui que lui a fourni le Bureau des services dappui aux projets de lONU. Ce dernier, qui existe depuis cinq ans et relevait précédemment du PNUD, gère des programmes et des fonds pour de nombreux clients du système des Nations Unies en ayant recours à des techniques modernes de gestion et en finançant intégralement son budget de base en prélevant des frais de gestion, qui représentent au maximum 13 % du budget des projets. Le Bureau des services dappui aux projets peut fournir assez rapidement des services dappui aux missions de faible ampleur dans les secteurs de la logistique, de la gestion et du recrutement.
242. La Division de lassistance électorale du Département des affaires politiques a également recours à des contributions volontaires pour financer les besoins croissants en conseils techniques, missions dévaluation des besoins et autres activités qui nont pas de rapport direct avec lobservation des élections. En juin 2000, 41 demandes dassistance dÉtats Membres étaient en attente, mais le fonds daffectation spéciale qui sert à financer ces activités, auxquelles aucun crédit na été affecté, ne disposait que de 8 % des fonds requis pour répondre aux demandes en cours dici à la fin de lannée 2001. Alors quaugmente considérablement la demande pour cet élément clef du renforcement des institutions démocratiques auquel lAssemblée générale a donné son aval dans sa résolution 46/137, la Division de lassistance électorale doit, pour pouvoir sacquitter de sa tâche, assurer en premier lieu le financement des programmes.
243. Résumé des principales recommandations concernant lappui aux activités de consolidation de la paix au Département des affaires politiques :
a) Le Groupe détude appuie les efforts faits par le Secrétariat pour créer un groupe pilote de la consolidation de la paix au Département des affaires politiques, en coopération avec dautres éléments constitués de lOrganisation des Nations Unies, et propose que les Membres réexaminent la question de linscription de crédits au budget ordinaire pour ce groupe si le programme pilote fonctionne de façon satisfaisante. Ce programme devrait être évalué dans le cadre des indications données par le Groupe détude au paragraphe 46 et, si lon juge quil constitue loption la meilleure pour renforcer la capacité de consolidation de la paix de lOrganisation, il conviendrait de le présenter au Secrétaire général conformément à la résolution formulée à lalinéa d) du paragraphe 47;
b) Le Groupe détude recommande que les ressources prévues au budget ordinaire au titre des programmes de la Division de lassistance électorale soient sensiblement accrues en raison de laccroissement rapide de la demande de services, au lieu de prévoir le financement de ces programmes à laide de contributions volontaires;
c) Pour alléger la tâche de la Division de ladministration et de la logistique des missions ainsi que du Service administratif du Département des affaires politiques et pour améliorer la fourniture de services dappui aux petits bureaux hors Siège qui soccupent de questions politiques et de consolidation de la paix, le Groupe détude recommande que les services dachat, de logistique, de recrutement et autres services dappui à toutes ces missions non militaires de faible ampleur soient fournis par le Bureau des services dappui aux projets.
3. Appui fourni aux opérations de paix par le Haut Commissariat aux droits de lhomme
244. Le Haut Commissariat aux droits de lhomme devrait être plus étroitement associé à la planification et à lexécution des volets des opérations de paix qui ont trait aux droits de lhomme, notamment dans les opérations complexes. Actuellement, le Haut Commissariat ne dispose pas des ressources nécessaires pour ce faire ou pour envoyer des effectifs sur le terrain. Pour rendre plus efficace la composante « droits de lhomme » des Nations Unies, le Haut Commissaire devrait être en mesure de : coordonner et institutionnaliser les interventions sur le terrain dans le domaine des droits de lhomme; détacher des effectifs auprès des équipes spéciales intégrées à New York; recruter le personnel chargé des droits de lhomme sur le terrain; organiser la formation aux droits de lhomme pour tout le personnel engagé dans les opérations de paix, y compris les composantes « maintien de lordre »; et créer des bases de données types sur les activités hors Siège dans le domaine des droits de lhomme.
245. Résumé de la principale recommandation concernant le renforcement du Haut Commissariat aux droits de lhomme : le Groupe détude recommande de renforcer très sensiblement la capacité du Haut Commissariat aux droits de lhomme de planifier et de préparer des missions, les fonds nécessaires à cette fin devant provenir du budget ordinaire et des budgets des opérations de paix.
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