---- Deux cas particuliers: l´APRONUC au Cambodge et l´ONUMOZ au Mozambique

L´Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC), 1992-1993:

L'APRONUC a été créée pour faciliter la mise en œuvre des Accords de Paris qui ont été conclu à la suite de l'intense activité diplomatique déployée à la fin des années 80 et au début des années 90 par les membres permanents du Conseil de sécurité, les membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est et d'autres pays. Le HCR a entrepris des efforts ambitieux visant à rapatrier et à réinstaller 360 000 personnes déplacées et réfugiés cambodgiens à partir du mois de mars 1992.

En juillet 1992, afin de favoriser l'instauration d'un climat neutre propice à la tenue d'élections, l'APRONUC a commencé à exercer un contrôle sur les affaires étrangères, la défense, la sécurité, les finances et l'information conformément à la mission confiée à l'ONU, qui était de superviser les structures administratives. L'APRONUC, composée de 21 000 militaires et civils originaires de plus de 100 pays, avait pour mandat de superviser le cessez-le-feu, la fin de l'assistance militaire étrangère et le retrait des forces étrangères, de regrouper, cantonner et désarmer les forces armées des parties cambodgiennes, de contrôler et de superviser les structures administratives, y compris la police, de veiller au respect des droits de l'homme et d'organiser et de superviser les élections.

Lors des élections, pour lesquelles plus de 4 millions de Cambodgiens s'étaient inscrits, le personnel militaire de l'APRONUC et 60 % environ des 3 600 membres de la police civile ont contribué à assurer la sécurité. Quelque 1 400 bureaux de vote fixes et 200 équipes mobiles ont été mis sur pied. Environ 50 000 Cambodgiens ont été recrutés et formés par l'APRONUC aux tâches électorales de base. A l'expiration du mandat de l'APRONUC, une composante chargée de suivre la situation politique et de veiller au respect des droits de l'homme est demeurée sur place et les activités de développement se sont poursuivies.

Opération des Nations Unies au Mozambique (ONUMOZ), 1992-1994

Quelques années après que le Portugal lui eut rendu son indépendance, en 1975, le Mozambique, appauvri, a connu une longue guerre civile lourde de conséquences. Après des efforts diplomatiques et des bouleversements politiques dans les autres pays d'Afrique australe, le Gouvernement mozambicain et la résistance nationale mozambicaine (RENAMO) ont signé un accord général de paix en 1992.

Cet accord prévoyait la création de l'ONUMOZ, chargée de surveiller l'application du cessez-le-feu, de faciliter la démobilisation et de suivre et contrôler les élections nationales sous tous leurs aspects. Au début de 1993, quelque 6 500 militaires et observateurs militaires ont été déployés sous la direction du Représentant spécial du Secrétaire général.

Une assistance technique a été fournie au Gouvernement mozambicain pour l'organisation d'élections.

L'ONUMOZ a lancé un programme d'assistance humanitaire destiné à venir en aide aux 3,7 millions de personnes déplacées. Le HCR a rapatrié 1,3 million de réfugiés. L'opération, qui a duré trois ans, était la plus importante qu´il ait jamais entreprise en Afrique. La démobilisation amorcée en 1994 a concerné au total plus de 76 000 soldats des deux parties au conflit. Dix mille d'entre eux ont pu intégrer la nouvelle armée nationale grâce à l'aide de l'ONUMOZ.

Environ 155 000 armes ont été récupérées par l´ONUMOZ. Le volet humanitaire de l'ONUMOZ a servi de cadre à l'action des organismes des Nations Unies et des organisations intergouvernementales qui se sont employés à restaurer les services essentiels dans les zones rurales et à favoriser la réinsertion des personnes déplacées et des anciens combattants et qui ont engagé des programmes de sensibilisation au danger des mines et des activités de déminage. Ainsi, 80 % des écoles primaires du pays ayant été fermées ou détruites et l'offre de services sociaux ayant été interrompue, le HCR et plusieurs ONG ont construit plus de 700 écoles primaires et 250 installations sanitaires.

Quelque 6,3 millions d'électeurs se sont inscrits sur les listes électorales, tandis que l'ONUMOZ aidait la RENAMO et d'autres groupes d'opposition à se constituer en partis politiques et à tirer le meilleur parti du processus électoral, ainsi qu'à informer la population sur le droit de vote. Le Mozambique a connu ses premières élections multipartites sous la supervision de l'ONU en octobre 1994. Les élections étaient surveillées par environ 2 300 observateurs internationaux. L'ONUMOZ a quitté le pays en janvier 1995.

Préparé par le Département de l'information des Nations Unies Suite: Autorisation donnée par le Conseil de sécurité d´exercer une action coercitive Retour à l´index