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Le Sahara occidental
est un territoire de la côte Nord-Ouest de l´Afrique,
limitrophe du Maroc, de la Mauritanie et de l´Algérie.
Il était sous administration espagnole jusqu´en
1976. Le Maroc et la Mauritanie l´ont tous deux revendiqué,
revendication à laquelle s´oppose le Front populaire
pour la libération de la Saguía-el-Hamra et du
Río de Oro, dit Front POLISARIO.
Les Nations Unies
ont cherché un règlement de la question du Sahara
occidental depuis que l´Espagne s´est retirée
du territoire en 1976 et que, suite à cela, des combats
ont éclaté entre le Maroc - qui a décidé
de "réintégrer" le Sahara occidental
à son territoire - et le Front POLISARIO, soutenu par
l´Algérie. La Mauritanie a quant à elle
renoncé à toute prétention sur le Sahara
occidental en 1979. L´Organisation de l´unité
africaine (OUA) est également intervenue en 1979 pour
trouver un règlement pacifique au conflit.
Création
de la MINURSO
En 1985, le Secrétaire
général des Nations Unies a entrepris, en coopération
avec l'Organisation de l'unité africaine, une mission
de bons offices qui a abouti aux Propositions de règlement,
acceptées en principe par le Maroc et le Front POLISARIO
le 30 août 1988. Le 27
juin 1990, le Conseil de sécurité a approuvé
le rapport du Secrétaire général en date
du 18 juin 1990 contenant le texte intégral des Propositions
de règlement ainsi qu´un Plan de règlement
mis au point par ce dernier. Le 29 avril 1991, dans sa résolution
690 (199l), le Conseil de sécurité a décidé
de créer la Mission des Nations Unies pour l´organisation
d´un référendum au Sahara occidental (MINURSO)
conformément aux indications données dans le rapport
du Secrétaire général du 19 avril dans
lequel le Plan de règlement était présenté
en détail.
Le Plan de règlement
(également appelé Plan de mise en oeuvre)du Secrétaire
général ménageait une période de
transition pendant laquelle le représentant spécial
du Secrétaire général, agissant sous l'autorité
de celui-ci, serait seul responsable de toutes les questions
relatives au référendum par la voie duquel le
peuple sahraoui choisirait entre l'indépendance et l'intégration
au Maroc. Le représentant spécial serait assisté
dans sa tâche par un adjoint et par un Groupe intégré
composé de civils, de militaires et de policiers civils
de l'ONU, qui constituerait la MINURSO. Le Haut Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés a été
chargé du programme de rapatriement pour les Sahraouis
dont la qualité d´électeurs avait été
établie et qui souhaitaient retourner dans le territoire.
La période de transition devait commencer au moment de
l´entrée en vigueur du cessez-le-feu et se terminer
avec la proclamation des résultats du référendum.
Il était prévu
que la MINURSO devrait compter de 800 à 1000 agents civils
selon les besoins des différentes phases de la période
de transition, environ 1 700 soldats et observateurs militaires,
et 300 fonctionnaires de police. D´après le Plan
de règlement, le référendum au Sahara occidental
aurait dû avoir lieu en janvier 1992. Il n´a toutefois
pas été possible de respecter le calendrier initialement
prévu.
Cessez-le-feu
Le 24 mai 1991, le
Secrétaire général mettant son Plan à
exécution a proposé un cessez-le-feu commençant
le 6 septembre. Les deux parties ont accepté. Les trois
mois suivants ont cependant fait apparaître qu´il
serait impossible de terminer avant le 6 septembre un certain
nombre de travaux qui devaient être achevés au
moment du cessez-le-feu. Il est également devenu évident
qu´en dépit de l´acceptation des parties
des divergences de vues persistaient entre elles sur un certain
nombre de points importants. L´une des parties a, de ce
fait, refusé que la période de transition commence
le 6 septembre 1991.
Entre-temps, les
hostilités avaient éclaté dans le territoire
et avaient mis un terme à un armistice de fait qui durait
depuis plus de deux ans. Dans ces circonstances, le Secrétaire
général a décidé que le cessez-le-feu
officiel entrerait en vigueur le 6 septembre comme convenu,
étant entendu que la période de transition commencerait
sitôt achevées les tâches en suspens. Le
Conseil de sécurité a retenu la proposition du
Secrétaire général consistant à
déployer d´ici là 100 observateurs militaires
sur le territoire afin de vérifier le cessez-le-feu et
la cessation des hostilités dans certaines zones. L´effectif
des observateurs militaires a ensuite été porté
à 228 hommes et du personnel de soutien logistique et
administratif a également été envoyé
sur place.
La MINURSO avait
pour mission principale de vérifier le cessez-le-feu
et la cessation des hostilités. Le quartier général
de la MINURSO a été installé à Laayoune
et des postes de commandements régionaux dans les secteurs
Nord et Sud du territoire. Un bureau de liaison a également
été établi à Tindouf, qui permettait
de rester en relation avec les autorités algériennes
et le Front POLISARIO.
Le litige se prolonge
Depuis le déploiement
de la MINURSO en septembre 1991, le cessez-le-feu a été
en règle générale respecté. La période
de transition n'a cependant pas encore commencé, les
parties ayant des vues divergentes sur certaines dispositions
centrales des Propositions de règlement, en particulier
les critères de définition des électeurs.
Malgré ces difficultés, les parties ont continué
à se dire engagées à mettre en œuvre le
Plan de règlement et la MINURSO a, quant à elle,
rempli le mandat qui lui avait été confié
dans la mesure où la situation le lui permettait. De
son côté, le Secrétaire général
et ses représentants spéciaux ont poursuivi leurs
efforts afin de trouver une solution acceptable par les deux
parties. Ce processus a conduit à des révisions
successives du Plan de règlement et du calendrier initialement
prévu.
La Commission d'identification
de la MINURSO a été établie en mai 1993.
En août 1994, après avoir terminé le travail
de préparation - notamment s´être assuré
de la coopération des parties - la MINURSO a commencé
le processus d´identification et d´inscription des
électeurs. Du fait des difficultés procédurales
et opérationnelles rencontrées, l´identification
des électeurs a procédé lentement et les
efforts entrepris pour résoudre le différend entre
les parties n´ont pu aboutir. En l´absence de tout
progrès du Plan de règlement, le Secrétaire
général a recommandé en mai 1996 de suspendre
le processus d´identification, ce qui a entraîné
le retrait du personnel civil de la MINURSO, et notamment de
la composante police de l'ONU chargée d´assurer la
sécurité et d´aider la Commission d´identification.
La composante militaire est restée déployée
sur le terrain afin de surveiller et de contrôler le cessez-le-feu,
conformément à son mandat.
Au début de
1997, le Secrétaire général a intensifié
les efforts entrepris pour régler de manière satisfaisante
les principaux points litigieux. Ainsi, une série de
pourparlers directs entre les parties a pu être organisée,
sous les auspices de l´Envoyé personnel du Secrétaire
général. A l´issue favorable des derniers
pourparlers, le Secrétaire général a pu
constater dès le mois de septembre l´entrée
en vigueur des accords conclus au cours des pourparlers.
Sur la recommandation
du Secrétaire général, le processus d´identification
a repris en décembre 1997. Malgré un certain nombre
de difficultés, l´identification des individus
habilités à participer au référendum
- à l´exception des requérants appartenant
à trois groupements tribaux - s´est achevé
le 3 septembre 1998. Les parties n´ont pas été
capables d´arriver à un consensus sur la façon
de procéder pour les requérants membres des trois
groupements tribaux souhaitant se présenter individuellement.
Afin de faire avancer
le processus, le Secrétaire général a présenté
en octobre
1998 un ensemble de mesures aux parties, parmi lesquelles
figuraient un protocole sur l´identification de ceux des
requérants membres des groupements tribaux qui souhaiteraient
se présenter individuellement et un protocole sur les
procédures de recours. Le Front POLISARIO a accepté
l´ensemble des mesures proposées le mois suivant
tandis que le Gouvernement du Maroc ne l´a accepté
en principe qu´en mars 1999, après avoir demandé
des clarifications.
L´identification
de ceux des requérants membres des trois groupements
tribaux a repris le 15 juin 1999. En ce qui concerne les individus
identifiés en 1994, 1995 et de décembre 1997 à
septembre 1998, les procédures de recours ont débuté
le 15 juillet lors de la publication de la première partie
de la liste provisoire des électeurs. Cette liste incluait
84 251 noms d´individus habilités à voter
sur 147 249 requérants identifiés. Durant les
six semaines correspondant à la période de recours
pour le groupe 94-95/97-98, la Commission d´identification
a reçu 79 000 recours. L´identification des requérants
membres des trois groupements tribaux s´est achevée
fin décembre 1999. Sur 51 220 requérants qui se
sont présentés, 2 130 ont été habilités
à voter. La période de recours pour les individus
de la seconde partie de la liste provisoire a commencé
le 15 janvier et s´est poursuivie pendant six semaines.
Bien que le processus
d´identification ait pu être mené à
bien, les parties continuent à avoir des vues extrêmement
divergentes en ce qui concerne les procédures de recours,
le rapatriement des réfugiés et plusieurs autres
points fondamentaux du Plan. Le Secrétaire général
a demandé à son Représentant spécial
de poursuivre les consultations qu' il avait engagées
avec les parties en vue de tenter de concilier leurs positions
divergentes.
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