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Historique
Au début
des années 1970, la tension le long de la frontière
israélo-libanaise s'est accentuée, en particulier
après le repositionnement d'éléments armés
Palestiniens de Jordanie au Liban. Les opérations-commando
palestiennes contre Israël et les représailles israéliennes
contre des bases palestiniennes au Liban se sont intensifiées.
Le 11 mars
1978, une attaque-commando en Israël a fait de nombreux
morts et blessés parmi la population israélienne.
L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a
revendiqué cet attentat. En riposte, les forces israéliennes
ont envahi le Liban dans la nuit du 14 au 15 mars et, en l'espace
de quelques jours, ont entièrement occupé la partie
sud du pays à l'exception de la ville de Tyr et de ses
environs.
Le 15 mars
1978, le Gouvernement libanais a adressé une ferme protestation
au Conseil de sécurité contre l'invasion israélienne
affirmant qu'il n'avait aucun lien avec l'opération commando
palestinienne. Le 19 mars, le Conseil de sécurité
a adopté les résolutions, 425
(1978) et 426
(1978), dans lesquelles il demande à Israël
de cesser immédiatement son action militaire et de retirer
ses forces de tout le territoire libanais. Le Conseil a également
décidé la constitution immédiate de la
Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).
Les premières troupes de la FINUL sont arrivées
dans la région le 23 mars 1978.
La résolution
425
(1978) établissait deux dispositions. La première:
le Conseil de sécurité demandait que soient strictement
respectées l'intégrité territoriale, la
souveraineté et l'indépendance politique du Liban
à l'intérieur de ses frontières internationalement
reconnues. La seconde: le Conseil demandait à Israël
de cesser immédiatement son action militaire contre l'intégrité
territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces
de tout le territoire libanais.
Par ailleurs,
le Conseil de sécurité avait décidé,
compte tenu de la demande du Gouvernement libanais, d'établir
immédiatement sous son autorité une force intérimaire
des Nations Unies pour le Sud-Liban. Cette force intérimaire
a été créée aux trois fins suivantes:
a) confirmer
le retrait des forces israéliennes;
b) rétablir la paix et la sécurité internationales;
c) aider le Gouvernement libanais à assurer la restauration
de son autorité effective dans la région.
Dans sa
résolution 426
(1978), le Conseil de sécurité a approuvé
le rapport du Secrétaire général sur l'application
de la résolution 425
(1978). Ce rapport contenait, entre autres, les régles
d'engagement pour les opérations de la FINUL.
En juin
1982, à la suite d'intenses échanges de tirs dans
le sud du Liban et de part et d'autre de la frontière
israélo-libanaise, Israël a de nouveau envahi le
Liban, atteignant et encerclant Beyrouth. Durant trois années,
la FINUL est restée positionnée derrière
les lignes israéliennes, avec un mandat se limitant à
fournir, dans la mesure du possible, une protection et une assistance
humanitaires à la population locale. En 1985, Israël
a effectué un retrait partiel mais a conservé
le contrôle d'une région du Sud-Liban où
étaient stationnées les Forces de défense
israéliennes (FDI) et les Forces libanaises de facto
(FDF), aussi connues sous le nom d'"Armée du Liban
du Sud"(ALS). Les hostilités ont continué
entre, d'un côté, les forces israéliennes
et des éléments armés et, de l'autre, les
groupes libanais ayant proclamé leur résistance
contre l'occupation israélienne.
Pendant
des années, le Conseil de sécurité a maintenu
son engagement à assurer l'intégrité territoriale,
la souveraineté et l'indépendance du Liban alors
que le Secrétaire général poursuivait ses
efforts en vue de convaincre Israël de se retirer de la
zone occupée. Israël a continué d'affirmer
que la zone constituait un arrangement temporaire motivé
par des questions de sécurité.
Bien que
la FINUL n'ait pas été en mesure de remplir son
mandat, la Force a tout mis en oeuvre afin de limiter le conflit,
de contribuer à la stabilité de la région
et de protéger la population locale des pires effets
de la violence. Malgré l'impasse, le Conseil de sécurité
a continué de proroger le mandat de la FINUL à
la demande du Gouvernement du Liban et sur recommandation du
Secrétaire général.
Un événement tragique s’est produit dans la zone de déploiement de la FINUL en avril 1996, au cours duquel plus de 120 civils libanais ont trouvé la mort et plus de 500 personnes ont été blessées par les feux israéliens. La plupart de ces pertes ont eu lieu le 18 avril, lors du bombardement du quartier général du bataillon fidjien de la FINUL à Qana. Quatre soldats des Nations Unies ont été blessés et les dégâts matériels ont été considérables. Cet incident fut l’objet d’une enquête par le Conseiller militaire du Secrétaire général, dont le rapport fut présenté au Conseil de sécurité le 7 mai 1996.
Retrait
israélien
Le 17 avril
2000, le Secrétaire général a reçu
une notification formelle du Gouvernement d'Israël de son
intention de retirer ses forces du Sud-Liban en juillet 2000
conformément aux résolutions 425
(1978) et 426
(1978) du Conseil de Sécurité. Il a également
été informé du fait que, par cette décision,
le Gouvernement israélien entendait "coopérer
pleinement avec les Nations Unies". Le même jour,
le Secrétaire général a informé
a informé le Conseil de Sécurité qu'il
avait entamé les préparatifs en vue de permettre
à l'ONU de s'acquitter de ses responsabilités
en vertu de ces résolutions. Le 20 avril, le Conseil
a a enregistré la décision du Secrétaire
général de mettre en train les préparatifs
nécessaires.;
Pour commencer,
le Secrétaire général a dépêché
son Envoyé Spécial, M.Terje Roed-Larsen (Norvège),
accompagné du Commandant de la FINUL et d'une équipe
d'experts pour qu'ils rencontrent les autorités israéliennes
et les autorités libanaises ainsi que celles des Etats
Membres concernés de la région, à savoir
l'Egypte, la Jordanie et la République arabe syrienne.
La délégation a également rencontré
l'OLP et la Ligue des Etats arabes. Au cours de cette mission,
des experts militaires, des juristes et des cartographes ont
examiné les questions techniques à résoudre
pour appliquer la résolution 425
(1978). Parallèlement à cette mission, qui
a eu lieu entre le 26 avril et le 9 mai 2000, le Secrétaire
général a consulté les Etats Membres intéressés,
y compris ceux qui fournissent des contingents à la FINUL.
Dès
le 16 mai, c'est-à-dire beaucoup plus tôt que prévu,
les FDI/FDF ont commencé à évacuer leurs
positions sous des échanges de tirs. A compter du 21
mai, un grand nombre de Libanais, accompagnés par des
éléments armés, sont entrés dans
des villages dans la zone contrôlée par les Israéliens
et les FDI/FDF ont abandonné leurs positions avec précipitation.
Dans le même temps, un grand nombre de forces de facto
et leurs familles se sont repliées en Israël. Certaines
d'entre elles se sont rendues aux autorités libanaises.
En quelque jours, ces forces se sont complètement éparpillées.
Le 25 mai, le Gouvernement israélien a informé
le Secrétaire général qu'Israël avait
redéployé ses forces conformément aux résolutions
425
(1978) et 426 (1978).
Les dispositions
et moyens relatifs à l'application de ces résolutions
à la lumière des nouvelles circonstances sont
exposés dans le rapport du Secrétaire général
daté du 22 mai et approuvé ; le Conseil de sécurité
le 23 mai.
Confirmation
du retrait
Du 24 mai
au 7 juin, l'Envoyé spécial s'est rendu en Israël,
au Liban, en République arabe syrienne pour évaluer
la suite donnée au rapport
du Secrétaire général du 22 mai 2000.
Le Cartographe de l'ONU et son équipe ont, avec l'aide
de la FINUL, identifié sur le terrain une ligne permettant
de confirmer le retrait israélien. Bien que cette ligne
ne constituait pas une frontière officielle, elle devait
néanmoins être conforme aux frontières internationalement
reconnues du Liban d'après les meilleurs documents cartographiques
et autres disponibles.
Ce travail
a pris fin le 7 juin. Le commandant de la FINUL a officiellement
adressé
la carte indiquant le tracé de la ligne de retrait à
ses homologues israéliens et libanais. En dépit
de leurs réserves au sujet de la ligne de retrait, les
Gouvernements israélien et libanais ont tous deux confirmé
que son tracé relevait de la seule responsabilité
de l'ONU et qu'ils la respecteraient. Le 8 juin, les équipes
de la FINUL ont commencé à s'assurer que les troupes
israéliennes s'étaient effectivement retirées
derrière cette ligne.
Le 16 juin,
le Secrétaire général a fait savoir au
Conseil de sécurité qu'Israël avait retiré
ses forces du Liban conformément à la résolution
425(1978)
et avaient respecté les conditions définies
dans son rapport du 22
mai 2000, en particulier qu'Israël avait achevé
son retrait en conformité avec la ligne définie
par les Nations Unies, les FDI/FDF avaient été
démantelées et tous les détenus de la prison
d'Al-Khiam avaient été libérés.
Le Secrétaire général a souligné
que le Gouvernement libanais avait agi sans délai afin
de rétablir son autorité effective dans la région
en déployant ses forces de sécurité et
qu'il avait informé l'ONU qu'il dépêcherait
une force composée de militaires et de personnel de sécurité
intérieure qui serait basée a Marjayoun. Le Gouvernement
libanais a également déclaré qu'il envisagerait
de déployer des forces armées dans tout le Sud-
Liban après que le Secrétaire général
ait confirmé le retrait israélien.
Le Secrétaire
général a noté que le déploiement
des forces armées constituait un élément
essentiel pour le retour de l'autorité effective du Gouvernement
dans la région. Ce déploiement devait être
mené en coordination avec le redéploiement de
l'UNIFIL dans sa zone d'opération.
Le 18 juin,
le Conseil de sécurité a accueilli avec satisfaction
le rapport du Secrétaire général et a approuvé
le travail effectué par l'ONU. Le Conseil a, entre autres,
appelé les parties intéressées à
coopérer pleinement avec les Nations Unies et à
faire preuve de la plus grande retenue. Il a également
noté que l'ONU ne pouvait assumer les fonctions liées
à l'ordre public, qui sont proprement de la responsabilité
du Gouvernement libanais. Le Conseil a également salué
les premières mesures prises par ce dernier et lui a
demandé de déployer les forces armées libanaises
dès que possible, avec le concours de la FINUL, dans
le territoire libanais évacué par Israël.
Violations
de la Ligne de retrait
Après
avoir vérifié le retrait israélien, la
FINUL a constaté un certain nombre de violations, à
savoir que la barrière technique israélienne et
des chemins de patrouille des Forces de défense israéliennes
franchissaient la ligne de retrait en plusieurs endroits, empêchant
le deploiement de la FINUL et des troupes libanaises dans les
régions évacuées. Le Conseil de sécurité
a été tenu informé de ces violations. De
son côté, le Gouvernement libanais a déclaré
qu'il n'accepterait le déploiement de la FINUL dans les
zones desquelles les Forces de Défense israéliennes
s'étaient retirées qu'une fois que des mesures
auraient été prises pour mettre fin aux violations
de la ligne de retrait par Israël.
Du 17 au
23 juin 2000, le Secrétaire général s'est
rendu au Moyen-Orient où il a rencontré plusieurs
dirigeants dont les représentants du gouvernement israélien
et du gouvernement libanais. Le principal sujet de discussion
a porté sur l'application de la résolution 425
(1978) du Conseil de sécurité. L'Envoyé
spécial a continué les discussions lors de ses
entretiens avec les autorités israéliennes et
libanaises, du 6 au 14 juillet. .
Le Gouvernement
israélien s'est engagé à mettre fin à
toutes les violations israéliennes de la ligne de retrait
à la fin juillet 2000.
Nouveaux
Développements
La situation
dans la zone d'opération de la FINUL est restée
généralement calme. L'armée, la gendarmerie
et la police libanaises ont établi dans la région
des postes de contrôle afin de réguler les mouvements
et de maintenir la loi et l'ordre. L'armée libanaise
a récupéré les armes lourdes abandonnées
par les Forces de défense israéliennes et les
forces de facto. La FINUL a patrouillé dans la zone et
a fourni, avec les autorités libanaises, une aide humanitaire
(eau, soins médicaux et nourriture) aux familles nécessiteuses.
La FINUL est également venue en aide aux anciens membres
des forces de facto et à leurs familles qui avaient décidé
de quitter Israël et de revenir au Liban.
La FINUL
a organisé quotidiennement des patrouilles terrestres
et aériennes le long de la ligne de retrait. Elle a examiné
les éventuelles violations, des deux côtés
de cette ligne, étant donné que de nombreuses
régions n'étaient accessibles qu'à partir
du côté israélien en raison de la présence
de mines et de munitions non explosées du côté
libanais. La FINUL a disposé d'une liaison permanente
avec le chef des opérations des Forces de défense
israéliennes et le Directeur de la sécurité
générale libanaise, ainsi qu'avec la chaîne
normale de commandement de chaque côté. Toute violation
de la ligne de retrait a été immédiatement
portée à l'attention de la partie concernée..
Dans son
rapport au Conseil de sécurité daté du
20
juillet 2000, le Secrétaire général
a souligné que le Sud-Liban avait connu de grands bouleversements.
Les forces israéliennes se sont retirées, leurs
auxiliaires libanais locaux ont été dispersés
et, après plus de 20 ans, les armes se sont tues. Il
a cependant mis en garde que malgré les progrès
considérables qui ont été réalisés,
la paix est loin de régner dans le secteur Israël-Liban
et que les risques de graves incidents demeuraient. Il a ajouté
qu'il fallait que les deux parties restent en contact étroit
avec la FINUL et interviennent rapidement lorsqu'une violation
ou un incident serait porté à leur attention.
Dans une
lettre
adressée au Secrétaire général le
11 juillet 2000, le Représentant permanent du Liban a
transmis le souhait de son gouvernement que le Conseil de sécurité
proroge le mandat de la FINUL pour une nouvelle période
intérimaire de six mois, c'est-à-dire jusqu'au
31 janvier 2001. Dans son rapport
du 20 juillet, le Secrétaire général
a recommandé que le Conseil de sécurité
accède à cette demande étant entendu que
la Force serait dotée des moyens nécessaires pour
se déployer dans toute sa zone d'opérations et
y soit pleinement fonctionnelle et que les autorités
libanaises renforceraient leur propre présence dans la
zone, en déployant des contingents supplémentaires
et des forces de sécurité internes. Le redéploiement
de la FINUL devait être mené en étroite
coordination avec les forces libanaises qui seraient déployées
dans la même zone.
Le Secrétaire
général a estimé qu'il y avait de bonnes
chances pour que soient réalisés dans les mois
suivants les objectifs énoncés dans la résolution
425
(1978) du Conseil de sécurité et pour que
la FINUL achève les tâches qui lui avaient été
initialement confiées. Il a fait part de son intention
de faire rapport sur l'évolution de la situation au Conseil
de sécurité à la fin du mois d'octobre.
Le Secrétaire
général a également appelé à
une augmentation de l'aide internationale au Liban, notant que
le rattachement d'une zone qui a été coupée
du reste du pays pendant de nombreuses années représentait
un lourd fardeau pour le Liban et que l'élimination des
mines et munitions non explosées constituerait une tâche
considérable qui demanderait une assistance internationale.
"J'encourage les Etats Membres à coopérer
avec le Gouvernement libanais et avec les organismes et programmes
des Nations Unies pour appuyer la reconstruction et le développement
de la région, non seulement pour le bien de la région
elle-même mais aussi pour contribuer à la stabilité
dans cette partie du monde encore potentiellement instable".
Le 24 juillet,
à la suite de son rapport
du 20 juillet, le Secrétaire général
a informé le Conseil de sécurité que les
autorités israéliennes avaient mis fin à
toutes les violations de la ligne de retrait. Le même
jour, lors d'une réunion avec l'Envoyé spécial
du Secrétaire général, le Président
libanais Emile Lahoud et le Premier Ministre Selim el-Hoss ont
donné leur assentiment au déploiement intégral
de la FINUL. Le déploiement de la force aurait lieu le
26 juillet et devait être immédiatement suivi du
déploiement de la force spéciale libanaise, y
compris le personnel militaire et le personnel de sécurité
interne.
Le 27 juillet,
le Conseil de sécurité a décidé
de proroger le mandat de la FINUL jusqu'au 31 janvier 2001.
Le Conseil a adopté à l'unanimité la résolution
1310
(2000) et a demandé au Gouvernment libanais de s'assurer
que son autorité et sa présence soient effectivement
rétablies dans le Sud et, en particulier, de procéder
dès que possible à un déploiement susbtantiel
des Forces armées libanaises.
Le Conseil
a également réaffirmé que le déploiement
envisagé de la FINUL devait se faire en coordination
avec le Gouvernement libanais et avec les Forces armées
libanaises et a de nouveau souligné le mandat de la FINUL
et les principes généraux la concernant tels qu'énoncés
dans le rapport du Secrétaire général daté
du 19 mars 1978 (S/1261), approuvé par la résolution
426
(1978).
Accueillant
avec satisfaction la déclaration du Secrétaire
général du 24
juillet 2000 selon laquelle, à cette date, le Gouvernement
israélien avait mis fin à toutes les violations
de la ligne de retrait, le Conseil a demandé aux parties
de respecter cette ligne, de faire preuve de la plus grande
retenue et de coopérer pleinement avec l'ONU et avec
la FINUL.
Réaffirmant
qu'il appuyait sans réserve l'intégrité
territoriale, la souveraineté et l'indépendance
politique du Liban à l'intérieur de ses frontières
internationalement reconnues, le Conseil a souligné l'importance
et la nécessité de parvenir à une paix
globale, juste et durable au Moyen-Orient, fondées sur
toutes les résolutions pertinentes.
Renforcement
de la FINUL
Dans son
rapport du 22 mai, le Secrétaire général
a présenté les moyens supplémentaires à
prévoir pour que la FINUL puisse remplir son mandat conformément
aux résolutions 425(1978) et 426(1978) après le
retrait israélien. Il souligne que pour être en
mesure de s'acquitter des responsabilités qui lui incombent
à la lumière de la situation en matière
de sécurité au Sud Liban et compte tenu du territoire
supplémentaire qu'elle devra couvrir à la suite
du retrait israélien, la FINUL aura besoin d'être
renforcée. L'effectif total des soldats affectés
aux tâches liées à la confirmation du retrait
passerait donc de 4 513 à environ 5600. Une fois confirmé
le retrait israélien, l'effectif de la FINUL serait porté
au total à huit bataillons plus les unités d'appui
appropriées, soit environ 7935 soldats.
Dans son
rapport ultérieur, soumis au Conseil de sécurité
le 20
juillet, le Secrétaire-général a indiqué
que la première phase du renforcement de la FINUL était
en cours: en juin sa capacité de déminage a été
renforcée avec l'arrivée de deux unités
en provenance de Suède et d'Ukraine. En outre, un bataillon
ukrainien du génie composé de 600 hommes de tous
grades devait arriver à la fin juillet. Les unités
finlandaise, ghanéenne, irlandaise et népalaise
ont été renforcées et Fidji et l'Inde ont
également entrepris de renforcer leurs unités.
Dans le
même temps, le Secrétaire-général
a informé le Conseil qu'aucun pays n'avait fait encore
savoir à l'ONU qu'il fournirait les bataillons d'infanterie
supplémentaires
qui permettraient à la FINUL d'atteindre un haut degré
d'autosuffisance et de se déployer dans la zone de mission
en utilisant des matériels nationaux. En l'asbence de
ces renforts, le commandant de la Force a élaboré,
sur la base des ressources existantes et des renforts reçus,
un plan de déploiement permettant d'assurer, par une
combinaison de patrouilles mobiles, de postes de patrouilles
et de poste d'observation temporaires, la présence de
la FINUL dans la zone d'où se sont retirées les
forces israéliennes.
Situation
dans la région, de juillet à octobre 2000
De fin juillet à début octobre, la situation dans
la zone d'opérations de la FINUL a été
généralement calme, exception faite de nombreuses
violations mineures de la ligne de retrait, dite Ligne Bleue.
Un grave incident a eu lieu le 7 octobre. Dans le climat de
tension qui règne dans les territoires occupés
et Israël, quelques 500 Palestiniens et sympathisants se
sont approchés de la ligne au sud de Marwahin pour manifester
contre Israël. Alors que les manifestants esayaient de
traverser la barrière faisant office de frontière
avec Israël, des soldats israéliens ont ouvert le
feu, tuant trois personnes et blessant une vingtaine d'autres.
Depuis, les autorités libanaises ont empêché
les Palestiniens de manifester à nouveau le long de la
ligne. Plus tard à la même date, une grave violation
du cessez-le-feu a été enregistrée lorsque
le Hezbollah a lancé une attaque de l'autre côté
de la Ligne bleue, à trois kilomètres environ
au sud de Shaba, et enlevé trois soldats israéliens.
Le 20 octobre, trois Palestiniens ont franchi la Ligne Bleue
à l'est de Kafr Shuba et ont essayé d'enfoncer
la barrière technique israélienne, qui se trouve
à quelque distance de la ligne. Les forces israéliennes
ont riposté par un feu nourri. L'un des trois Palestiniens
a été tué; les autres ont réussi
à s'échapper.
Le 9 août,
le Gouvernement libanais a déployé une force de
sécurité conjointe de 1000 personnes, composée
de membres des forces de sécurité intérieures
et de l'armée libanaise. La force a son quartier général
à Marjayoun et Bint Jybayl et organise des patrouilles
intensives, dressant parfois des barrages sur les routes. Les
services de sécurité libanais ont établi
une forte présence à Naqoura et la police libanaise
a repris ses opérations dans les principaux villages.
L'armée libanaise s'est déployée à
la mi-septembre dans la région de Jezzine, d'où
les forces de facto s'étaient retirées en janvier.
.
Les administrateurs
libanais, la police, des membres des forces de sécurité
et de l'armée ont opéré dans l'ensemble
de la région et ont intensifié leurs activités.
Ils ont repris en main l'administration locale des villages
et ont commencé à réintégrer les
communications, l'infrastructure, les systèmes de santé
et de protection sociale dans le reste du pays. A la fin du
mois d'août, les habitants de la région anciennement
contrôlée par Israël ont participé
pour la première fois depuis 1972 à l'élection
des membres du Parlement.
Néanmoins,
près de la Ligne Bleue, les autorités ont, en
fait, abandonné le contrôle au Hezbollah. Ses membres
ont opéré en civil et n'étaient généralement
pas armés. Ils ont surveillé la Ligne Bleue, maintenu
l'ordre et, dans quelques villages, ils ont fourni des services
sociaux, médicaux et éducatifs.
Le Gouvernement
libanais a décidé que l'armée ne serait
pas déployée à la frontière avec
Israël et n'y jouerait pas le rôle de garde-frontière,
aussi longtemps qu'il n'y aurait pas de paix globale avec ce
pays. .
La FINUL
a surveillé la région en organisant des patrouilles
terrestres et aériennes et en établissant un réseau
de postes d'observation. Elle s'est efforcée de faire
cesser les violations en intervenant auprès de la partie
intéressée, et n'a épargné aucun
effort, en maintenant en permanence d'étroits contacts
avec les deux parties, pour empêcher les frictions et
limiter les incidents. Néanmoins la Force n'a pas été
en mesure de persuader les autorités libanaises d'assumer
pleinement leurs responsabilités le long de la Ligne
Bleue.
A la fin
du mois de juillet et au début du mois d'août,
la FINUL s'est redéployée au sud jusqu'à
Ligne Bleue. Le redéploiement s'est effectué sans
heurt, les autorités libanaises les aidant à obtenir
les terres et les locaux nécessaires à leurs nouvelles
positions. Dans le même temps, afin de libérer
les effectifs nécessaires pour le redéploiement,
la FINUL a abandonné une zone de l'arrière qu'elle
a remise aux autorités libanaises.
Le déminage
et l'enlèvement des engins non explosés posait
de gros problèmes, en particulier dans le contexte du
redéploiement. La Finul a aussi participé aux
activités de déminage humanitaire et mis sur pied
un système de gestion de l'information concernant l'action
anti-mines. A Tyr (Liban), une cellule régionale d'action
anti-mines a été établies avec l'aide du
service anti-mines de l'ONU; elle a coopéré étroitement
avec le bureau national libanais de déminage.
Faisant
état dans son rapport d'octobre 2000 de "progrès
tangibles" concernant les efforts de l'administration libanaise
pour rétablir les services publics dans la zone évacuée
par Israël, le Secrétaire général
a souligné la nécessité pour le Gouvernement
libanais de prendre effectivement le contrôle de toute
la zone évacuée par Israël et d'assumer pleinement
ses responsabilités internationales, y compris en mettant
fin aux dangereuses provocations qui ont continué à
se produire sur la Ligne Bleue. Rappelant la série d'
étapes prévue dans la résolution 425(1978)
, il a noté qu'après les rétablissement
de l'autorité effective du Gouvernement libanais, le
Liban et Israël auront chacun la pleine responsabilité,
conformément à leurs obligations internationales,
d'éviter tous actes hostiles commis à partir de
leurs territoire contre celui de leur voisin. " J'estime
que l'heure est venue de créer la situation envisagée
dans cette résolution", a écrit le Secrétaire
général en référence à la
résolution 425.
Réaffirmant
le besoin pour le Gouvernement libanais de reprendre le contrôle
de toute la zone évacuée par Israël, le Secrétaire
général a mis en garde contre le risque que le
Liban redevienne une zone de conflit et pas nécessairement
la seule.
Le 14 novembre,
les membres du Conseil de sécurité se sont réunis
pour discuter de la situation au Sud-Liban. Dans une déclaration
du Président transmise à la presse le même
jour, le Conseil a demandé la cessation "des dangereuses
violations" qui continuaient le long de la Ligne Bleue.
Il a approuvé les conclusions du Secrétaire général
selon lesquelles bien que des "progrès tangibles"
aient été enregistrés quant à l'application
de la résolution 425, il fallait "que le Gouvernement
libanais prenne effectivement contrôle de toute la zone
évacuée par Israël le printemps précédent
et qu'il assume pleinement ses responsablitiés internationales".
Réduction
des effectifs de la FINUL
Dans un
nouveau rapport au Conseil de Sécurité le 22
janvier 2001, le Secrétaire général
a présenté la situation dans la zone d'opérations,
a formulé des suggestions en vue d'une reconfiguration
de la force et a recommandé une nouvelle prorogation
de son mandat pour une période six mois.
Selon le
rapport, la situation dans la zone d'opérations de la
FINUL est demeurée généralement stable,
exception faite de nombreuses violations mineures de la Ligne
Bleue. Ces violations étaient dues principalement à
la construction par Israël d'une barrière technique
le long de la Ligne, et au fait que des bergers libanais, voire
des véhicules dans certains cas, l'ont franchie dans
des endroits où la barrière israélienne
est à quelque distance de la Ligne. Des incidents sporadiques
se sont produits en certains points névralgiques et cinq
violations graves de la ligne ont été commises.
Dans l'ensemble,
la situation en matière de sécurité dans
la zone d'opérations de la FINUL est demeurée
statisfaisante et a marqué une nouvelle amélioration
depuis octobre, souligne le rapport. Les résidents qui
étaient partis pendant l'occupation israélienne
ont continué de revenir dans la zone. En outre, les anciens
membres des ex-forces de facto et leurs familles-soit environ
1600 personnes au total- sont rentrés au Liban.
Evoquant
la reconfiguration de la présence de l'ONU au Sud-Liban,
le Secrétaire général a indiqué
que la FINUL avait mené à bien deux des trois
parties de son mandat. Elle a confirmé le retrait des
forces israéliennes et aidé, dans la mesure de
ses moyens, les autorités libanaises à mesure
qu'elles revenaient dans le secteur qu'Israël avait évacué.
La FINUL a continué d'opérer en étroite
coopération avec ces autorités et n'a plus exercé
aucun contrôle sur la zone d'opérations. Le Gouvernement
libanais n'a cependant pas pris la mesure de déployer
son personnel jusqu'à la Ligne Bleue.
La FINUL
s'est ensuite attachée à exécuter la dernière
partie de son mandat: le rétablissement de la paix et
de la sécurité internationales. En attendant une
paix globale, la FINUL a cherché à maintenir le
cessez-le-feu le long de la Ligne Bleue en effectuant des patrouilles
et en procédant à des observations depuis des
positions fixes et en maintenant des relations étroites
avec les parties, en vue de mettre fin aux violations et de
prévenir l'escalade des incidents. Le Secrétaire
général a estimé que l'ONU devrait continuer
à jouer ce rôle pendant encore un certain temps.
Ces fonctions,
écrit le Secrétaire général, sont
celles d'une mission d'observation. Toutefois, etant donné
la situation dans la région, il a indiqué qu'il
hésitait à confier cette tâche uniquement
à des observateurs non armés et a plutôt
recommandé de mettre en oeuvre à la fois des fantassins
armés et des observateurs non armés. Il a proposé
deux battaillons d'infanterie, un groupe d'observateurs de l'ONUST
et un soutien logistique.
Etant donné
la tension dans la région, il convient de faire preuve
de prudence, a souligné le Secrétaire-général.
Si le Conseil de sécurité devait retenir la configuration
proposée, il pourrait toutefois envisager de procéder
par étapes. Il pourrait, dans un premier temps, redonner
à la FINUL les effectifs dont elle disposait avant leur
augmentation intervenue l'année précédente,
c'est-à-dire environ 4500 personnes tous rangs confondus.
Le Secrétaire
général a indiqué que le Liban avait demandé
que le Conseil proroge le mandat de la FINUL pour une nouvelle
période de six mois. A la lumière de la situation,
le Secrétaire-général a recommandé
au Conseil de sécurité de proroger le mandat jusqu'au
31 juillet 2001.
Le 30 janvier
2001, le Conseil de sécurité, par sa résolution
1337
(2001), décidé de proroger le mandat de la
FINUL pour six mois. Il a également décidé
de ramener les effectifs militaires de la FINUL au niveau opérationnel
antérieur (4500 personnes tous rangs confondus) au 31
juillet 2001. Le Conseil a souscrit aux recommandations en vue
d'une reconfiguration de la FINUL et a demandé au Secrétaire
général de lui soumettre, avant le 30 avril 2001,
un rapport détaillé sur les projets de reconfiguration
de la FINUL ainsi que sur les tâches qui incomberaient
à l'ONUST.
Dans cette
même résolution, le Conseil a demandé au
Gouvernement libanais de veiller au rétablissement de
son autorité et de sa présence dans le sud et,
en particulier, d'accélérer le déploiement
des Forces armées libanaises et l'a engagé à
veiller à ce que le calme règne dans tout le sud,
y compris par la maîtrise de tous les points de contrôle.
Le Conseil a condamné tous les actes de violence et s'est
déclaré préoccupé par les graves
violations de la ligne de retrait et a demandé instamment
aux parties de mettre fin à ces actes et de respecter
la sécurité du personnel de la FINUL. Le Conseil
a, par ailleurs, réaffirmé son appui sans réserve
à l'intégrité territoriale, la souveraineté
et l'indépendance politique du Liban à l'intérieur
des ses frontières internationalement reconnues.
Reconfiguration de la FINUL
Comme requis,
le
30 avril, le Secrétaire général a soumis
ses recommandations au Conseil de sécurité pour
la reconfiguration de la FINUL. Dans son rapport au Conseil,
Dans son rapport au Conseil, il note qu'en attendant une paix
globale, la FINUL se concentrerait sur le maintien du cessez-le-feu
le long de la Ligne Bleue en maintenant des relations étroites
avec les parties en vue de mettre fin aux violations et d'empêcher
une escalade. Etant donné la situation dans la région,
le Secrétaire général a recommandé
que la FINUL mène ses opérations à l'aide
de fantassins armés et d'observateurs non armés.
Au 31 mars
2001, la Force se composait de 5700 soldats. La reconfiguration
envisagée dans le rapport demandait que la plupart des
troupes soient déployées dans des positions protégées
près de la Ligne Bleue alors que le quartier général
de la FINUL resterait situé à Naqoura et serait
protégé par une unité de garde distincte.
L'unité de déminage serait également conservée.
Au terme de la reconfiguration, la Force serait composée
de 2000 soldats tous rangs confondus fournis par la France,
le Ghana, l'Inde, l'Italie, la Pologne et l'Ukraine.
Le Secrétaire
général a proposé que les effectifs de
la Force soient maintenue au niveau de 3600 personnes jusqu'en
janvier 2002. Il a ajouté que s'il n'y avait pas d'évolution
radicale de la situation dans la région, la reconfiguration
pourrait être achevée fin juillet 2002.
Mandat de nouveau prorogé
Le Secrétaire
général a de nouveau fait rapport au Conseil de
sécurité le 20
juillet 2001. Selon le rapport, la situation durant la période
de janvier à juillet 2001 a été généralement
stable, exception faite de tensions persistantes et de violations
de la Ligne Bleue dans le secteur des fermes de Chebaa. Des
violations mineures ont continué d'être enregistrées
sur le terrain, celles provenant du côté israélien
étant dans une large mesure liées à la
construction d'une barrière technique le long de la Ligne
et celles provenant du côté libanais, à
la traversée de la Ligne par des bergers, et de temps
à autre, des véhicules.
Concernant
les violations aériennes, le rapport indique que des
avions israéliens ont violé la Ligne quasi quotidiennement,
pénétrant en profondeur dans l'espace aérien
libanais. Le rapport fait état d'autres violations y
compris des manifestations du côté libanais, des
échanges de tirs entre soldats israéliens et le
Hezbollah et la destruction d'une position radar de l'armée
syrienne dans la vallée de la Bekaa.
Toujours
selon le rapport, le Gouvernement libanais a continué
d'avoir pour position que, tant qu'il n'y aurait pas de paix
globale avec Israël, les forces armées libanaises
ne seraient pas déployées le long de la Ligne
Bleue. Les secteurs longeant la Ligne Bleue étaient contrôlés
par le Hezbollah, au moyen d'un réseau de positions mobiles
et de plusieurs positions fixes. Dans certains cas, le Hezbollah
assumait les fonctions de l'administration civile en dispensant
des services sociaux, médicaux et éducatifs à
la population. A plusieurs reprises, des membres du Hezbollah
ont entravé la liberté de mouvement de la FINUL
et fait obstacle à son redéploiement.
La FINUL
a continué de concentrer ses opérations sur la
Ligne Bleue et la zone adjacente, où elle s'est efforcée
de maintenir le cessez-le-feu par des patrouilles, des activités
d'observation à partir de positions fixes et de contacts
étroits avec les parties. La mission a continué
d'apporter assistance à la population civile sous forme
de soins médicaux, de projets d'approvisionnement en
eau, d'équipements et de services
à l'intention des écoles et des orphelinats et
de fourniture de services sociaux aux nécessiteux. Le
déminage et l'enlèvement des munitions non explosées
dans le sud du Liban se sont intensifiées.
Le document
reporte également une controverse ayant opposé
les autorités israéliennes et l'ONU à propos
d'une bande vidéo de la FINUL, tournée le 8 octobre
2000, montrant des véhicules qui ont peut-être
été utilisés par le Hezbollah pour l'enlèvement
de trois soldats israéliens le 7 octobre 2000 à
travers la Ligne Bleue. Il a été proposé
à Israël et au Liban de visionner la bande-où
les identités des personnes non membres des Nations Unies
seraient cachées- dans les locaux des Nations Unies.
Une enquête interne sur la gestion de cette affaire a
été ouverte.
Concernant
la reconfiguration et le redéploiement de la FINUL, le
rapport indique qu'au 1er août 2001, la FINUL compterait
4500 hommes provenant de Fidji, France, Ghana, Inde, Irlande,
Italie, Népal, Pologne et Ukraine. Le départ des
contingents irlandais et finlandais à l'automne ramènera
à 3600 hommes environ les effectifs de la Force. La FINUL
a bénéficié du soutien de 51 observateurs
de l'Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance
de la trêve (ONUST).
Le Secrétaire
général a conclu que les événements
dans la région illustraient les dangers inhérents
à la situation et risquaient, par ailleurs, de menacer
la stabilité de l'ensemble de la région et, par
conséquent, qu'il était fondamental que toutes
les parties concernées respectent la Ligne Bleue comme
demandé par le Conseil de sécurité et s'abstiennent
de toute action qui pourrait contribuer à déstabiliser
la situation. Le Gouvernement libanais devrait prendre de nouvelles
mesures, et notamment déployer l'armée, pour assurer
le rétablissement de son autorité dans l'ensemble
du sud du pays. Un effort plus énergique et concerté
visant à fournir à nouveau les services essentiels
à la population ainsi que la réinstallation de
l'ensemble de l'administration locale devraient faire partie
intégrante de ce processus.
Etant donné
les conditions prévalant dans la région, le Secrétaire
général a recommandé que le Conseil proroge
le mandat de la FINUL jusqu'au 31 janvier 2002. Le 31 juillet,
le Conseil a prorogé le mandat de la Force, tout en appelant
à la poursuite de la reconfiguration de la FINUL au vu
de l'évolution de la situation.
Dans sa
résolution 1365
(2001), le Conseil demande au Secrétaire général
de continuer de prendre les mesures nécessaires pour
exécuter la reconfiguration et le redéploiement
de la FINUL au vu de l'évolution de la situation sur
le terrain et en consultation avec le Gouvernement libanais
et les pays fournissant des contingents.
Le Conseil
demande aux parties de respecter scrupuleusement la ligne de
retrait, de faire preuve de la plus grande retenue et de coopérer
pleinement avec l'ONU. Condamnant tous les actes de violence,
le Conseil se déclare préoccupé par les
graves violations de la ligne de retrait par voies aérienne,
maritime et terrestre et demande instamment aux parties d'y
mettre fin et de respecter la sécurité du personnel
de la FINUL. Les parties doivent également faire en sorte
que la FINUL ait toute la liberté de mouvement pour exécuter
son mandat dans toute sa zone d'opérations.
Evoquant
la question plus générale des efforts pour mettre
fin à la violence dans la région le document souligne
l'importance et la nécessité de parvenir à
une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient fondée
sur toutes les résolutions pertinentes du Conseil de
sécurité.
Par ailleurs,
le Conseil a demandé au Gouvernement libanais de prendre
davantage de mesures pour veiller à ce que son autorité
soit effectivement rétablie dans tout le sud, notamment
par le déploiement des forces armées libanaises
et a encouragé le Gouvernement libanais à veiller
à ce que le calme règne dans tout le sud.
Concernant
le problème des mines, le Conseil a noté avec
statisfaction la contribution que la FINUL continue d'apporter
aux opérations de déminage et a souhaité
que l'ONU continue d'offrir une assistance au Gouvernement libanais
en matière d'action anti-mines. Le Conseil a également
insisté sur "la nécessité de communiquer
au Gouvernement libanais et à la FINUL toutes cartes
et informations complémentaires au sujet de l'emplacement
des mines".
Situation dans la zone, janvier-juillet 2005
Le Secrétaire général a soumis son dernier rapport le 20 juillet 2005. Celui-ci couvre les développements de la situation sur place depuis janvier 2005 et contient également des recommandations sur le mandat et les structures de la FINUL , sur la base de la mission d'évaluation menée par le Département des opérations de maintien de la paix (DPKO), au Liban, du 8 au 10 mai.
Selon le rapport, un calme fragile régnait dans la zone d'opérations de la FINUL pendant la majeure partie de la période considérée mais la situation était souvent tendue. Des violations de la Ligne bleue ont continué, le plus souvent sous la forme de violations répétées de l'espace aérien par des avions à réaction, des hélicoptères et des drones israéliens, aussi bien que des violations par voie terrestre du côté libanais, principalement par des bergers libanais. En mai s'est produit une escalade des hostilités, avec des échanges armés entre le Hezbollah et les FDI, et des tirs de roquettes par des éléments armés non identifiés. La situation s'est nettement détériorée le 29 juin, lorsque le Hezbollah et les FDI se sont engagés dans d'importants échanges de tirs dans la zone des fermes de Chebaa, qui ont fait un mort et quatre blessés parmi les soldats des FDI et deux morts parmi les combattants du Hezbollah.
Le Secrétaire général estime que les hostilités qui ont eu lieu en mai et le grave incident du 29 juin ont montré, une fois encore, que la situation demeurait instable, avec un risque de détérioration des conditions. Tant Israël que le Liban proclament régulièrement leur désir d'éviter des affrontements et la déstabilisation de la région. Le développement économique du sud est inextricablement lié à la paix et à la sécurité, poursuit le rapport. Le Secrétaire général appelle le Gouvernement, les donateurs internationaux, les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales à intensifier leurs efforts afin de permettre le relèvement et le développement économiques du sud Liban.
Le rapport indique également que depuis l'assassinat de l'ancien Premier Ministre Rafic Hariri, le 14 février, le Liban a traversé une période d'instabilité politique accrue, qui s'est traduite par d'importantes manifestations dans la capitale, la démission du Gouvernement, plusieurs attaques à la bombe dans divers quartiers de Beyrouth, l'assassinat du journaliste Samir Kassir et de l'homme politique George Hawi et, plus récemment, l'attaque du convoi du Ministre de la défense Elias Murr. Le retrait des forces syriennes du Liban à la fin du mois d'avril a permis la tenue d'élections parlementaires libres et régulières sur une période de quatre semaines en mai et en juin. Les forces armées libanaises doivent maintenant montrer qu'elles sont en mesure de maintenir efficacement la sécurité dans tout le pays, au moment où la taille de l'armée libanaise est en train d'être considérablement réduite.
En ce qui concerne l'évaluation menée par le DPKO, le Secrétaire général partage ses conclusions, soit que dans la situation politique et sécuritaire actuelle au sud du Liban, la FINUL a encore besoin de la combinaison d'une infanterie armée et d'observateurs non armés pour pouvoir s'acquitter des tâches qui lui sont confiées. Le niveau actuel des effectifs est nécessaire pour maintenir les positions critiques dans les zones d'opérations, qui permettent de surveiller la Ligne bleue et ses environs, et d'assurer une protection appropriée au personnel et des équipements de la FINUL et du Groupe des observateurs au Liban. Sans exception, les autorités libanaises et les diplomates confirment que, dans les conditions politiques et sécuritaires incertaines actuelles, la FINUL continue de jouer un rôle crucial en s'acquittant de son mandat conformément à la résolution 425 (1978) du Conseil.
Le Secrétaire général conclut que la situation au Liban et dans la région ne justifie pas une modification du mandat de la FINUL ou toute autre reconfiguration à ce stade. Il recommande que le Conseil de sécurité proroge son mandat jusqu'au 31 janvier 2006 sans modifier le niveau des effectifs et la composition de la Force.
En adoptant la résolution 1614 (2005) , le Conseil a ainsi prorogé le mandate de la FINUL et a demandé au Gouvernement libanais d'exercer « pleinement et effectivement son autorité exclusive » dans tout le sud, notamment en déployant un nombre suffisant de forces armées et de forces de sécurité, et « de contrôler et de monopoliser l'emploi de la force » sur l'ensemble de son territoire. Dans ce contexte, le Conseil s'est félicité de l'intention du Secrétaire général de s'entretenir avec le Gouvernement libanais des prochaines mesures à prendre pour se préparer à étendre son autorité dans le sud.
Le Conseil a pris note du fait que le Secrétaire général juge que la situation ne justifie pas une modification du mandat de la FINUL ou sa reconfiguration à ce stade. Le Conseil a néanmoins exprimé son intention de revoir régulièrement le mandat et les structures de la FINUL.
Une nouvelle crise éclate
La crise a débuté lorsque, le 12 juillet 2006, le Hezbollah a
lancé plusieurs roquettes depuis le territoire libanais par-dessus la ligne de retrait
(Ligne bleue), vers des positions des Forces de défense israéliennes (FDI) près de la
côte et dans la région de la ville israélienne de Zarit. Parallèlement, des combattants
du Hezbollah ont franchi la Ligne bleue, pénétré en Israel et attaqué une patrouille
des FDI. Ils ont capturé deux soldats des FDI, en ont tué trois et blessés deux autres.
Les soldats faits prisonniers ont été ramenés au Liban.
Suite à cette attaque, un échange de tirs nourri a eu lieu par-delà la Ligne bleue entre le Hezbollah et les FDI.
Cet affrontement s’est déroulé tout au long de la Ligne bleue, mais a été
particulierement marqué dans les regions situées à I’ouest de Bint Jbai’l et dans la
région des fermes de Chebaa. Le Hezbollah a pris pour cible des positions des FDI
et des villes israéliennes au sud de la Ligne bleue et Israel a riposté par des attaques
terrestres, aériennes et maritimes. Outre les frappes aériennes contre des positions
du Hezbollah, les FDI ont pris pour cible de nombreuses routes et de nombreux
ponts situés dans le sud du Liban, aussi bien a I’intérieur qu’a I’extérieur de la zone d’operations de la FINUL.
Selon son rapport de juillet, couvrant la période entre le 21 janvier et le 18 juillet 2006, le Secrétaire général a fait remarquer que la situation dans la zone d’opérations de la FINUL est restée tendue et
volatile, bien que généralement calme au cours de la plus grande partie de la période
considérée. Mais le début des hostilitées le 12 janvier a "radicalement changé le contexte" dans lequelle opère la mission. "Dans le climat actuel, les conditions necessaires pour
que les Nations Unies puissent assurer le maintien de la paix n’existent plus", a-t-il dit, en ajoutant que la Force n’est même pas en mesure
d’accomplir des tâches aussi elementaires que le réapprovisionnement de ses
positions ou la recherche et le sauvetage de son personnel. Cela étant, comme le mandat de la FINUL expire le 31 juillet, le Secrétaire général a recommandé au Conseil de sécurité de le proroger d’un mois, pour que le Conseil ait le
temps d’envisager toutes les options possibles concernant les arrangements a venir
au Sud-Liban.
Le Conseil a approuvé la recommendation du Secrétaire général, et par sa résolution 1697 datée du 31 juillet, a prorogé le mandat de la FINUL jusqu'au 31 aôut 2006. Le Conseil a aussi exprimé sa profonde préoccupation devant l’escalade des hostilités au Liban
et en Israël depuis le 12 juillet 2006, prié instamment toutes les parties intéressées de s’acquitter
scrupuleusement de leur obligation de respecter la sécurité de la FINUL et des
autres fonctionnaires de l’ONU et d’éviter tout mode d’action qui pourrait mettre en
danger le personnel de l’ONU et leur a demandé de permettre à la Force de
réapprovisionner ses positions, de mener des opérations de recherche et de
sauvetage de son personnel et de prendre toutes autres mesures qu’elle jugerait
nécessaires pour assurer la sécurité de son personnel.
Le Conseil de sécurité appelle à
la cessation des hostilités ; au renforcement de la FINUL et à la prorogation de son mandat
Pendant que la crise éclatait entre le Hezbollah et Israël, la FINUL a continué d'occuper toutes ses positions et a joué un rôle actif et constructif requis par son mandat. Malgré la violence continue, les Casques bleus de la FINUL on conduit des observations militiares, aidé dans les efforts d'aide humanitaire et offert de l'assistance médicale, tout cela sous haut risque. Les combats intenses aux mois de juillet et août ont blessé 16 employés des Nations Unies et causé la mort tragique de cinq autres.
Le 11 août 2006, le Conseil de sécurité
a adopté la résolution 1701 (2006) aux termes de laquelle il lance un appel en faveur d'une cessation immédiate de toutes les attaques du Hezbollah et de toutes les offensives militaires d'Israël au Liban.
À Israël et au Liban, le Conseil a lancé un appel pour qu'ils appuient un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme fondés sur le strict respect par les deux parties de la Ligne bleue et l'adoption d'un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités. Il s'agit notamment d'établir entre la Ligne bleue et le fleuve Litani, une zone d'exclusion de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux du Gouvernement libanais et des forces de la FINUL.
S'adressant au Conseil de sécurité, le Secrétaire général
s'est félicité de l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution visant à mettre fin aux hostilités au Liban. Mais il s'est déclaré profondément déçu que le Conseil n'ait pas pris cette décision plus tôt, convaincu que son sentiment était partagé par des centaines de millions de personnes à travers le monde. M. Annan a pourtant rappelé qu'il avait demandé de manière répétée, comme tant d'autres, la cessation immédiate des hostilités pour le bien des populations civiles.
Acceuillant positivement la décision du du Gouvernement libanais le Conseil a prorogé le mandat de la FINUL
Se félicitant de l'engagement pris par le Gouvernement libanais le 7 août de déployer 15 000 troupes au Libansud, le Conseil a décidé que les effectifs de la FINUL, dont le mandat est prorogé jusqu'au 31 août 2007, seront portés à un maximum de 15 000 hommes. La Force sera chargée de contrôler la cessation des hostilités; d'accompagner et d'appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement; et de faciliter l'accès humanitaire aux populations civiles du Sud-Liban (cf. la séction Mandat).
Parmi les autres éléments avancés par le Conseil figurent l'application intégrale des dispositions pertinentes des Accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), qui exigent le désarmement de tous les groupes armés au Liban, afin que seul l'État libanais soit autorisé à détenir des armes et à exercer son autorité. Le Conseil avance aussi comme élément l'exclusion de toute force étrangère présente au Liban sans le consentement de son Gouvernement et l'interdiction de toute vente ou fourniture d'armes et de matériels connexes. Les États sont d'ailleurs appelés à prendre les mesures nécessaires pour empêcher la vente ou la fourniture à toute entité ou individu situé au Liban d'armes et de matériels connexes, à l'exclusion du Gouvernement libanais ou de la FINUL.
Le Conseil
a aussi prié le Secrétaire général de lui rendre compte une semaine plus tard, puis à intervalles réguliers, de l'application de la présente résolution. |