Extraits de l'allocution du Secrétaire général devant l'Assemblée générale, le 21 septembre 1998

Les hasards du calendrier nous donnent une échéance évidente, unique, comme repère : l'avènement du troisième millénaire. Vous avez accepté de désigner la cinquante-cinquième session de l'Assemblée générale, qui tombe en l'an 2000, l'Assemblée du millénaire. Je me suis proposé de vous présenter à cette occasion un rapport contenant une série d’objectifs réalisables pour l'Organisation à son entrée dans une ère nouvelle, et précisant les moyens institutionnels dont elle a besoin pour les atteindre.

Deux ans exactement nous séparent de l'ouverture de cette Assemblée du millénaire. Je propose que nous consacrions ces deux années à une réflexion approfondie sur l'action qui doit être menée. Nous n'allons pas déchirer la Charte et en écrire une nouvelle, ni tirer des plans sur la comète. Nous devons plutôt identifier quelques-uns des problèmes les plus urgents auxquels le monde ait à faire face et nous fixer un programme précis et réalisable afin de les résoudre. La plus grande partie de ce programme, si ce n'est pas sa totalité, tiendra dans une seule rubrique qui a la vedette à l'heure actuelle : la mondialisation.

À mon sens, d'une manière générale, et à long terme, la mondialisation aura un effet positif. Elle rapproche les populations et offre à beaucoup d'entre nous des possibilités dont nos aïeuls n'auraient même pas pu rêver. Elle nous donne les moyens de produire plus efficacement et permet d'améliorer la qualité de la vie d'au moins une partie d'entre nous.

Hélas, ces avantages sont loin d'être équitablement distribués. Pour des millions d'êtres humains, la possibilité de changements positifs à long terme est bien trop éloignée pour avoir le moindre sens. Des millions d'êtres vivent encore en marge de l'économie mondiale. Des millions d’autres voient dans la mondialisation, non pas une perspective nouvelle, mais un vecteur de déstabilisation et de destruction et une atteinte à leur niveau de vie ou à leurs modes de vie traditionnels.

Et le nombre de ceux qui se sentent ainsi marginalisés ne fait que s'accroître.