C. Développement de l'Afrique
81. Au fils des ans, l’Organisation a pris plusieurs
initiatives face aux besoins particuliers de l’Afrique,
notamment pour appuyer le développement du continent
et la promotion de la paix et de la sécurité.
Depuis l’adoption par les dirigeants africains en 2002
du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique
(NEPAD), les multiples initiatives de la communauté
internationale ont été fusionnées en
une formule spécifiquement définie par l’Afrique
et dirigée par elle. Des résolutions et décisions
émanant des principaux organes des Nations Unies
traduisant la préoccupation profonde que le sort de
l’Afrique inspire à la communauté internationale
ont donné naissance à divers mandats dont l’exécution
a été confiée à un grand nombre
d’entités du système des Nations Unies.
Malgré les nombreuses activités menées
pour y donner suite, il y a une nette inadéquation
entre les mandats et leur impact réel sur le terrain.
Chevauchement entre les organes
82. Les mandats dans divers domaines intéressant
l’Afrique se chevauchent et font double emploi. En partie
peut-être du fait des problèmes particuliers
de paix, de sécurité et de développement
que le continent rencontre et de l’intérêt
légitime que la communauté internationale lui
porte. Par suite, presque toutes les conférences mondiales
organisées par les Nations Unies dans les années
90 ont produit des textes consacrant des sections spéciales
à l’Afrique, divers organismes, départements
et bureaux ayant été aussi conduits à
consacrer des mandats et des activités au continent.
83. Dans l’examen des mandats actuels intéressant
l’Afrique, il me semble bon de partir du principe qu’il
faudrait axer les efforts de l’Afrique et ceux de la
communauté internationale sur la mise en œuvre
du NEPAD, et sur un appui soutenu à l’Union africaine.
Afin d’envisager les questions qui intéressent
l’Afrique comme un tout intégré, il faudrait
s’attaquer au problème des doubles emplois et
du chevauchement des activités des principaux organes
en améliorant les mécanismes de collaboration
existant entre ces organes. De plus, le moment est peut-être
venu de passer en revue l’ensemble des mandats datant
d’avant le NEPAD en vue de faire aux États Membres
des recommandations utiles tendant à les voir rationalisées
compte tenu du NEPAD et des priorités définies
par l’Union africaine.
84. L’examen des mandats devrait arrêter la
division du travail entre les principaux organes, englober
les mandats émanant des organes subsidiaires du Conseil
économique et social, de la CNUCED, ainsi que du Conseil
du commerce et du développement, aider à orienter
plus vigoureusement les activités de l’ONU vers
l’action et indiquer ce qui vaudrait application s’agissant
de tels ou tels mandats. Les entités du système
des Nations Unies qui appuient directement le développement
de l’Afrique devraient contribuer à cette entreprise.
Il est essentiel
de signaler que, s’agissant des organes subsidiaires
traitant des activités opérationnelles, la réalisation
des objectifs du Millénaire pour le développement
en Afrique devrait avoir la priorité absolue, étant
donné le risque de voir de nombreux pays africains
rester à la traîne dans ce domaine.
Mécanisme d’exécution
85. Il faudrait s’efforcer encore d’améliorer
la cohérence et la coordination des activités
des nombreux organismes des Nations Unies qui concourent à
la réalisation des objectifs de développement
de l’Afrique et dont les principaux sont la Communauté
économique pour l’Afrique (CEA), le PNUD, le
Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique,
la CNUCED, le Département des affaires politiques,
le Département des opérations de maintien de
la paix, le Département des affaires économiques
et sociales, ainsi que le Bureau du Haut Représentant
pour les pays les moins avancés, les pays en développement
sans littoral et les petits États insulaires en développement,
tout comme d’autres organises, fonds et programmes.
86. En sa qualité d’organe de coordination
du système des Nations Unies chargé de promouvoir
l’appui international au NEPAD, le Bureau du Conseiller
spécial pour l’Afrique a un rôle important
à jouer s’agissant d’aider l’Assemblée
générale à revoir ses mandats concernant
l’Afrique. À l’occasion de l’examen
des mandats, les États Membres devront impérativement
veiller à voir rationaliser les mandats de toutes les
entités existantes face aux besoins particuliers de
l’Afrique, et notamment ceux confiés à
la CEA, et à orienter pleinement vers l’appui
aux priorités et aux besoins définis par l’Union
africaine et le NEPAD.
Rapports demandés
87. L’examen des mandats dans divers domaines concernant
l’Afrique devrait être l’occasion de revoir
et de rationaliser la sous-catégorie des mandats issus
de résolutions diverses prescrivant des rapports analytiques.
On faciliterait ainsi une utilisation plus cohérente
et plus efficace des capacités d’analyse du système,
sans compter que des ressources seraient libérées
pour obtenir de meilleurs résultats sur le terrain.
Lors de cet examen, il serait utile de distinguer entre les
rapports présentés périodiquement aux
organes intergouvernementaux agissant dans l’exercice
de leurs fonctions délibératives et de suivi
concernant l’appui que divers organes et organismes
apportent à l’Afrique, et les rapports d’orientation
dont l’initiative vient de diverses entités ou
qui sont demandés par les organes intergouvernementaux
eux-mêmes. Des exemples de rapports du premier type
pourraient être le rapport annuel sur l’appui
du système des Nations Unies au NEPAD (Demandé
dans la résolution 57/282,
puis redemandé la dernière fois dans la résolution
59/275)
destiné au Comité du programme et de la coordination,
et les deux rapports soumis régulièrement à
l’Assemblée générale par le Bureau
du Conseiller spécial pour l’Afrique, à
savoir le rapport du Secrétaire général
sur le Nouveau Partenariat pour le développement de
l’Afrique : état de mise en œuvre et de
l’appui international (Demandé dans la résolution
57/7,
puis redemandé la dernière fois dans la résolution
60/222),
et le rapport du Secrétaire général sur
l’application des recommandations figurant dans son
rapport sur les causes des conflits et la promotion d’une
paix et d’un développement durables en Afrique
(Demandé dans la résolution 53/92, puis redemandé
la dernière fois dans la résolution 60/223).
L’examen proposé ici concernerait la seconde
catégorie, c’est-à-dire les rapports qui
traitent de questions thématiques d’ordre général
telles que le commerce, la gouvernance, le secteur privé,
le développement, etc.
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