Vol.1, No.3 Octobre, 1995

MICIVIH Info


Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU

International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN

Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU





Bulletin d'information mensuel sur les activités de la MICIVIH




HAITI - PROGRÈS VERS LA DÉMOCRATIE


Le Comité des Droits de l'Homme du Congrès des Etats-Unis et la Fondation Stanley ont patronné une réunion du Congrès le 12 octobre 1995, dans le but d'examiner les changements réalisés en Haïti sur la situation des droits de l'homme. L'Ambassadeur Colin Granderson, Directeur Exécutif de la MICIVIH a été invité à parler sur le rôle et les conclusions de la Mission. Cette réunion a marqué le premier anniversaire du retour dans ses fonctions du premier président haïtien élu démocratiquement, Jean-Bertrand Aristide.

Je suis honoré d'être ici ce matin pour parler des progrès vers la démocratie réalisés par Haïti un an après le retour du Président Aristide. Je voudrais remercier la Fondation Stanley ainsi que le Comité des Droits de l'Homme du Congrès de m'avoir offert cette opportunité.

Pour mieux évaluer la situation en Haïti aujourd'hui, comparons-là avec celle d'il y a un an. Que voyons-nous dans cette rétrospective? Un pays où les droits humains étaient devenus un véritable cauchemar caractérisé par de nombreux abus systématiques des droits de l'homme tels que des exécutions sommaires; des disparitions forcées; l'utilisation du viol comme moyen de répression politique; des tortures et autres formes de traitements cruels, inhumains et dégradants, des arrestations et détentions illégales et arbitraires; des restrictions des libertés d'expression et d'association et des déplacements internes forcés.

Ces actes ont été perpétrés par les agents de sécurité de l'état, la police, l'armée et les chefs de section, et ceux à qui ils accordaient l'impunité: des voyous civils armés connus sous le nom d'attachés, et des membres de groupes paramilitaires, en particulier le "Front Révolutionnaire pour l'Avancement et le Progrès d'Haïti" (FRAPH). Cette situation difficile portait, en février 1993, l'Organisation des Nations Unies (ONU) et l'Organisation des Etats Américains (OEA), à envoyer une Mission Civile Internationale conjointe qui déployait à travers tout le territoire haïtien des observateurs de droits de l' homme.

Cependant le mépris des militaires pour les droits de l'homme était si évident durant les mois qui suivirent l'établissement de la Mission, qu'en octobre 1993, celle-ci dut être évacuée pour raisons de sécurité. Au début de 1994, quelques observateurs retournaient en Haïti pour se voir une nouvelle fois expulsés, en juillet de la même année, quand les militaires ont déclaré que leur présence représentait "une menace pour la sécurité nationale".

Scène de rue, Port-au-Prince , 1993

Que nous montre encore cette rétrospective? Les institutions civiles clés, déjà affaiblies depuis plusieurs décennies par la mauvaise administration des gouvernements autoritaires qui se sont succédés depuis celui des Duvalier, se sont encore dégradées sous le gouvernement militaire de facto qui intervenait à tous les niveaux de la vie civile, donnant naissance à un parlement pusillanime, un système judiciaire corrompu et incompétent sous lequel les agents de l'état pouvaient violer avec impunité les droits de l'homme les plus élémentaires; une administration publique pléthorique et non fonctionnelle centralisée à Port-au-Prince et quasi inexistante dans les campagnes; des agences para-étatiques corrompues et bourrées de familiers des militaires; des associations n'ayant aucun rôle dans la société civile; des partis politiques fantômes, dont une grande partie récemment créée et n'ayant aucun pouvoir de représentation, opérait dans une atmosphère politique infestée d'opportunistes où le gagnant avait le droit de tout accaparer.

En regardant plus en profondeur, nous verrons un extrême appauvrissement de la majorité, une distribution déséquilibrée des richesses et des ressources, une infrastructure dilapidée, un taux écrasant d'analphabétisme et une population terrorisée et épuisée. Tout espoir d'amélioration, de dignité et de liberté avait été annihilé par le coup d'état militaire, trois ans de régime brutal et une économie ruinée.

Le retour du Président Aristide le 15 octobre 1994, le rétablissement du gouvernement constitutionnel, la présence stabilisatrice des forces multinationales et plus tard celle de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA) offrirent les conditions pour un changement structurel et une réforme des institutions. Une assistance technique et financière en provenance de la communauté internationale et des donateurs bilatéraux ont favorisé la réalisation des réformes et la création d'institutions civiles.

Le retour à l'ordre constitutionnel signifie la réaffirmation de l'autorité civile et la fin de la subordination des institutions clés au pouvoir militaire. La décision la plus importante a été celle du Chef de l'Etat de dissoudre l'armée, neutralisant ainsi les attachés, les chefs de section et les groupes paramilitaires qui en résultaient. Le réseau répressif responsable des brutalités pendant la période suivant le coup d'état a cessé de fonctionner ainsi que les groupes armés bénéficiant de l'appui des militaires. Ainsi les obstacles majeurs au développement des institutions démocratiques ont disparu.



Des membres des Forces Armées d'Haïti ont été transférés dans la Police Intérimaire et placés sous l'observation des Moniteurs de Police Internationaux et, par la suite de la Police Civile, une composante de la MINUHA. Une nouvelle Police Nationale Haïtienne professionnelle est en cours de formation. Mille cinq cents agents ont déjà été déployés à ce jour.

Des éléments corrompus et incompétents de l'administration judiciaire ont été exclus et des réformes entamées. Ces dernières comprennent des programmes de formation a l'intention de la justice et diverses mesures pour la promotion d'une administration effective de la justice. C'est dans cette optique que l'Ecole de la Magistrature a été inaugurée en juillet dernier, les conditions de travail au sein du système judiciaire ont été améliorées, le nombre de juges a été augmenté et un service d'inspection judiciaire créé.

Un grand nombre de réformes ont pris place au sein du système carcéral. Pour la première fois une administration pénitentiaire civile a été créée et des gardiens de prisons ont pu bénéficier d'une formation professionnelle. Les conditions atroces de détention se sont quelque peu améliorées.

Ces réformes s'accompagnent d'une réelle détermination du gouvernement à ne pas tolérer de mauvais comportement parmi les nouveaux agents de sécurité publique ou parmi les membres du système judiciaire. Un code de conduite a été adopté par la nouvelle police et une unité d'inspection mise en place. Pour rompre définitivement avec le passé, des mesures disciplinaires ont été prises contre un petit nombre d'agents de la nouvelle police et des gardiens de prisons à cause de leur comportement non conforme à l'éthique professionnelle.

Le résultat des changements structurels, de la réforme et de la création d'institutions se traduit par une amélioration considérable du respect des droits de l'homme. Les abus systématiques et nombreux des droits de l'homme ont cessé. Les organisations communautaires, autrefois cibles de la répression, ont recommencé à fonctionner. Désormais les violations commises par les agents de l'état ne sont plus la règle. Les libertés fondamentales, d'expression, d'association et d'assemblée sont maintenant exercées par divers secteurs de la société haïtienne, y compris ceux qui critiquent la politique du Président et de son gouvernement. La liberté de la presse a connu une nette amélioration, surtout les stations de radio privées où il n'est plus nécessaire de s'autocensurer. Les stations détruites lors du coup d'état, empêchées de fonctionner par la suite, ont repris leurs émissions.

L'appel constant du Président à la réconciliation a, sans aucun doute, contribué à limiter les actes de vengeance. La présence de la MINUHA, le déploiement de la nouvelle force de police, une police intérimaire plus performante, en particulier à Port-au-Prince, ont contribué à diminuer les tensions et à instaurer un climat de sécurité dans tout le pays.

Sur demande du gouvernement haïtien, la Mission Civile Internationale continue d'observer les activités des forces de sécurité, d'évaluer le fonctionnement du système judiciaire et d'identifier les mesures nécessaires pour empêcher une résurgence des violations des droits de l'homme. Les observateurs internationaux des droits de l'homme, actuellement déployés dans les douze bureaux régionaux, peuvent recevoir les doléances relatives aux violations des droits de l'homme pour les porter à l'attention des autorités gouvernementales, de la population haïtienne et de la communauté internationale.

Des efforts ont été entrepris pour mettre fin à l'impunité des auteurs de violations comme par la création d'une Commission Nationale de Vérité et de Justice, établie dans le but d'apporter des informations sur la répression et sur les auteurs de violations pendant la période suivant le coup d'état. Elle doit aussi faire des recommandations pour éviter une réapparition de ces abus. Cependant la Commission n'est pas habilitée à intenter des poursuites judiciaires. Malgré la crainte des plaignants, le manque de volonté de la part de nombreux magistrats pour poursuivre et traduire devant les tribunaux les auteurs présumés de violations des droits de l'homme et les difficultés à identifier et trouver les suspects, quelques procès ont pu avoir lieu. Les poursuites judiciaires de graves violations commises dans le passé ainsi que celles de cas plus récents d'assassinats seront, sans aucun doute, facilitées par la création récente d'une unité spéciale d'enquête.

Affronter l'héritage du passé n'est pas incompatible avec le processus de réconciliation. Dans les cas de violations graves, les enquêtes permettent l'attribution des responsabilités plus facilement à des particuliers qu'à une collectivité. Elles peuvent aussi servir d'exemples importants pour l'éducation du public, mais surtout, elles sont essentielles à l' établissement de l' état de droit et la construction d'une société juste.

Bien que la situation des droits de l'homme se soit considérablement améliorée, des préoccupations subsistent et certains problèmes constituent des obstacles à la jouissance maximale de ces droits. Quoique peu nombreux, des cas d'individus tués par balles ou blessées par la police intérimaire ou permanente dans des circonstances peu claires au cours d'opérations policières ont été rapportées. Une vingtaine de cas d'exécutions ciblées, la plupart menée par des hommes lourdement armés, souvent en plein jour, ont été rapportés cette année. Les victimes étaient aussi bien des partisans que des opposants du Président ou des individus n'ayant aucune affiliation politique. Jusqu'à ce jour, l'identité des assassins reste inconnue.

On pense que des membres de la police intérimaire et des gardiens de prisons ont battu plusieurs personnes et qu'un nouvel officier de police a maltraité un détenu. La confirmation par les hauts responsables haïtiens que des enquêtes sur ces cas sont en cours, est encourageante. Toutefois le gouvernement doit montrer son engagement envers les agents responsables d'abus de droits de l'homme en s'assurant que les enquêtes sont transparentes et menées de façon approfondie. A cette fin, la Mission Civile Internationale veille à l'efficacité des nouveaux mécanismes mis sur pied pour régulariser la conduite policière.

Malgré de grands efforts réalisés par les autorités judiciaires dans le cadre du respect des lois et des garanties constitutionnelles, y compris le respect des délais dans les procédures judiciaires, des pratiques arbitraires et illégales persistent. Celles-ci comprennent des irrégularités dans la préparation des mandats d'arrêts et des restrictions du droit à la défense. De plus, une majorité écrasante de prisonniers sont en détention préventive (85 pour-cent) et ne purgent pas de peine. Cela surcharge le système pénitentiaire et conduit à des émeutes et à des évasions.

L'appareil judiciaire est affaibli par des carences graves en ressources humaines et matérielles. Des codes désuets et un personnel incompétent figurent parmi les problèmes qui doivent trouver une solution. D'autre part des techniques modernes d'enquêtes doivent être mises en place. La communication entre la magistrature, le ministère public, la police et le système pénitentiaire doit être améliorée afin d'éviter des goulots d'étranglement lors de la révision de procès. I l faut inculquer un esprit nouveau d'indépendance judiciaire et de professionnalisme.

La tenue d'élections libres et honnêtes est un élément vital dans tout processus démocratique. A cet égard, les élections législatives et locales de juin 1995 ont reflété les faiblesses et les points forts actuels en Haïti. D'un côté, les Haïtiens ont voté à quatre occasions cette année dans un climat de paix et de sécurité. Une grande différence avec la violence et la peur qui ont entaché les élections organisées sous des gouvernements antérieurs. D'un autre côté, le premier tour des élections, le 25 juin dernier, a été marqué par un manque de préparation et une administration médiocre qui a conduit à de nombreuses irrégularités. Malheureusement ces faiblesses organisationnelles ont suscité la méfiance de l'opposition et augmenté leur manque de confiance initial en l'impartialité de l'institution électorale. Bien que l'organisation des élections complémentaires du premier tour et celle des élections du deuxième tour de scrutin se soit améliorée, cela n'a pas empêché la majorité des partis politiques, mais pas tous leurs candidats, de boycotter ces élections. Néanmoins, les observateurs électoraux OEA, présents à travers le pays de juin à septembre, ont reconnu qu'il n'y avait pas eu de fraude organisée et que les résultats avaient reflété le choix des électeurs. Quoique l'on considère ces élections comme un pas capital vers la démocratie, des efforts doivent être entrepris en vue de ramener les partis politiques sur la scène politique avant les élections présidentielle à la fin de l'année.

Le pluralisme politique et la responsabilité des représentants élus sont indispensables à la pérennité de la démocratie. Un consensus général sur les priorités de la société, les moyens pour les réaliser et les rendre durables est à trouver. Lors de sa convocation prochaine, le Parlement devra débattre d'importantes mesures législatives qui, si elles sont adoptées, auront un profond impact sur l'avenir d'Haïti. Il est à souhaiter que les prochains débats parlementaires contribuent à l'émergence d'un tel consensus.

Manifestation, Port-au-Prince, 1993

Dans sa quête de démocratie, Haïti doit surmonter un lourd héritage de presque deux siècles d'autoritarisme, d'institutions fantômes et d'une société profondément divisée. Ce sera un processus long et difficile. Toutefois des progrès importants ont été réalisés dans un court laps de temps: les libertés fondamentales et individuelles sont largement respectées; l'état de droit et les garanties judiciaires sont progressivement rétablis; les institutions clés, sans lesquelles ni les droits humains, ni la démocratie ne peuvent être respectés, sont en train d'être rétablies remises en état ou créées.

A ce jour, ce qui a été réalisé est le fruit de la volonté politique et de la détermination du Président Aristide ainsi que de son gouvernement, stimulées par l'insatisfait désir de justice et de dignité que clame la majorité du peuple. La communauté internationale, y compris les Etats-Unis, a joué un rôle important dans la transformation d'Haïti en fournissant les ressources humaines, financières et techniques nécessaires, et en garantissant un environnement tranquille et stable. La démocratie en Haïti est encore une plante fragile aux racines peu profondes qui doivent croître pour s'installer fermement. Ceci nécessitera la volonté politique constante et l'énergie soutenue du gouvernement haïtien et le support de ses citoyens ainsi que de la communauté internationale.

Réflexions sur l'évolution des droits de l'homme en Haïti

Interview de Javier Zuiga, Directeur des droits de l'Homme, le 26 octobre 1995




Après 17 ans de travail ininterrompus à son poste, Javier Zuiga, originaire du Mexique, décide qu'il a besoin d'une période de repos. Il laisse temporairement son poste de Directeur du Département des Amériques (Recherche, campagne et développement) à Amnesty International à Londres. Cependant, plutôt que de consacrer cette année sabbatique commencée en octobre dernier, à des recherches académiques, il accepte de devenir le nouveau Directeur des Droits de l'Homme pour la MICIVIH. Dans cette fonction il remplace Ian Martin, parti en juillet de cette année. A son arrivée le 12 octobre, M. Zuiga déclare qu'il considère "le travail de la MICIVIH comme un investissement à long terme dans les droits de l'homme en Haïti" et se réjouit de la contribution qu'il peut apporter.

Les problèmes politiques d'Haiti et du peuple haïtien ont toujours préoccupé M. Zuiga. Il commence à travailler avec Amnesty International sur des projets relatifs à Haïti en 1979. De 1983 à 1995, il effectue six voyages dans le pays afin de mener des enquêtes sur la situation des droits de l'homme. Au cours de ces années, il établit des contacts avec beaucoup d'organisations communautaires et aussi beaucoup de personnes responsables du suivi de l'évolution de la situation des droits de l'homme en prenant, eux-mêmes, de grands risques. Son travail s'est surtout concentré sur les conditions déplorables dans les centres de détention. Sa tâche était aussi d'essayer de localiser les nombreux prisonniers disparus, d'enquêter sur les inculpations d'abus de la police et d'examiner les conditions de détention. M. Zuiga continue à réfléchir sur ce qui aurait pu arriver à ces prisonniers et il n'abandonne pas ses recherches pour les retrouver. "Je me rappelle encore des noms de certains disparus tels que Cérès Daccueil, Nestor Rochambeau et Rock Dérose. J'espère que leur noms ne seront jamais oubliés dans ce pays". Il pense que le climat politique actuel peut permettre à leurs familles de les localiser plus facilement.

M. Zuiga a constaté que les conditions de vie dans les prisons ont changé considérablement depuis 1993, mais le spectre de l'ancien système continue encore a le hanter. "Un prisonnier devait payer pour tout, il avait à payer même pour éviter d'être battu et, naturellement la plupart d'entre eux n'avaient pas les moyens de le faire". D'après M. Zuiga, il y a beaucoup moins de cas d'arrestations arbitraires et de mauvais traitements actuellement et il attribue ce changement à la création de la nouvelle Police Nationale Haïtienne (PNH) ainsi qu'à la réforme judiciaire et pénitentiaire en cours. Une des transformations majeures qu'il a remarquée dans le travail de la MICIVIH dans les prisons est la facilité d'accès pour les observateurs. En 1993, l'accès était limité alors qu'aujourd'hui les observateurs sont libres de visiter et de parler aux prisonniers étant ainsi dans une bien meilleure position pour contrôler d'éventuels cas de violation. Il espère qu'après le départ de la MICIVIH, le gouvernement haïtien fera de son mieux pour continuer les réformes engagées, et pense qu' "il n'y a pas de place encore pour l'autosatisfaction de la part du gouvernement puisque le passé n'est pas encore révolu".

Sur l'avenir d'Haïti, M. Zuiga pense que si les améliorations continuent, le mandat de la MICIVIH doit maintenant accorder une importance particulière à l'éducation civique et au renforcement des institutions. Il éprouve une certaine inquiétude sur la façon dont le programme va être poursuivi car il y a une différence subtile entre prêcher et enseigner, "les gens connaissent intuitivement leurs droits; par conséquent vous devez savoir comment vous exprimer, sinon vous allez finir par être considéré comme un missionnaire, et quand cela arrive, l'aspect éducatif de vos efforts disparaît". D'après Zuiga, le programme d'éducation civique doit entraîner "un renforcement des organisations communautaires en fournissant simultanément une assistance technique pour consolider l'administration de la justice". Un tel programme, selon lui, prendra des générations à réaliser, "chaque génération sera mieux préparée que la précédente, mais on ne peut pas être trop ambitieux et l'on doit tenir compte des limitations de ce programme". Il souhaite que le point fort du programme actuel d'éducation de la Mission Civile soit de préparer les organisations non gouvernementales haïtiennes à continuer la formation en droits de l'homme entamée par la MICIVIH. Cette nouvelle orientation a été discutée au cours des séminaires réalises par l'unité d'éducation le 26 et 27 octobre derniers dans le but de former les futurs éducateurs en droits de l'homme dans chaque bureau régional. Ces stagiaires seront à leur tour responsables de la continuité du programme. D'après Zuiga, l'éducation civique constitue la contribution la plus importante de la MICIVIH à l'avenir d'Haïti.

Javier Zuiga, Directeur des Droits de l'Homme

M. Zuiga témoigne aussi du changement spectaculaire constaté en ce qui a trait à la sécurité en Haïti depuis 1993 et il croit que "de très loin, Haïti est aujourd'hui un pays bien plus sûr qu'il y a quelques années". Un tel changement était évident entre les visites qu'il a effectuées en Haïti en mars et en juin de cette année. En mars il a visité les zones de Hinche, Gonaïves, Cap-Haïtien, les Cayes et Mirebalais où la question de sécurité hantait l'esprit des habitants. En juin, il retourne aux mêmes endroits où, très souvent, il rencontre les mêmes personnes et constate combien la population se sent soulagée en termes de sécurité. Il pense que ce sentiment de sécurité durera dans le pays même après le départ de la MICIVIH et de la MINUHA. "La sécurité de l'état dépend en grande partie de sa capacité de projeter une image sécuritaire au pays" dit Zuiga et il sent que la PNH et l'amélioration de l'administration de la justice aideront à faire croître le sentiment de sécurité, expérience que le pays a déjà commencé.

L'intérêt de M. Zuiga ne se confine pas aux droits de l'homme. Il détient un diplôme en agronomie de l'Ecole Nationale d'Agriculture du Mexique et a commencé sa carrière comme ingénieur agronome. Pendant qu'il poursuivait ses études en technique avancée d'agronomie, il s'est passionné pour la réforme agraire et les mouvements paysans qui sont au coeur de l'histoire du Mexique du vingtième siècle. Il a commencé à observer qu' "au centre de ces conflits était des violations de droits de l'homme". Cette expérience de jeunesse l'a conduit à s'intéresser plus profondément aux aspects sociaux de l'économie mexicaine et du reste de l'Amérique Latine. Il a continué ses études de troisième cycle à Paris puis retourna au Mexique pour enseigner l'agronomie. En 1977, il commença à travailler avec Amnesty International. Son travail avec Amnesty lui a donné l'élan final pour passer d'agronome à travailleur en droits de l'homme, comme il aime se définir maintenant.

Résumé de la Situation des Droits de l'Homme en Haïti

(octobre 1995)






PANORAMA


A la suite de plusieurs événements survenus au cours du mois d'octobre, l'attention internationale s'est rapidement concentrée sur Haïti. Dans un rapport adressé à l'Assemblée Générale, rendu public le 12 octobre, le Secrétaire Général de l'ONU a affirmé que la situation des droits de l'homme en Haïti a connu une amélioration considérable. "Tous les secteurs de la société continuent de jouir des libertés fondamentales, y compris les membres de l'opposition politique et ceux qui critiquent le Président et le gouvernement ainsi que leur politique", a-t-il déclaré dans le cadre de la commémoration du premier anniversaire du retour à l'ordre constitutionnel et du Président Jean-Bertrand Aristide, le 15 octobre dernier. Le mois d'octobre fut aussi marqué par le meurtre de l'ancien général de Brigades, Henri Max Mayard. Le mobile de ce crime ainsi que l'identité des auteurs restent encore inconnus.

RAPPORT DU S.G/

MANDAT DE LA MICIVIH

Dans son rapport à l'Assemblée Générale de l'ONU, le Secrétaire Général a déclaré "J'entendais recommander que le mandat de la Mission soit prorogé d'une année entière, c'est-à-dire jusqu'au 8 juillet 1996. Toutefois le gouvernement haïtien avait demandé à ce stade que le mandat ne soit prorogé que jusqu'au 7 février 1996, date à laquelle, en vertu de la Constitution, le mandat du Président Aristide viendrait à expiration". Selon le Secrétaire Général, si le gouvernement haïtien est d'accord pour une extension, il est recommandé que le mandat de la Mission soit modifié "de manière à mettre davantage l'accent sur la coopération technique avec le gouvernement dans le domaine du renforcement des institutions".

Le Secrétaire Général a aussi noté que le gouvernement haïtien continue à travailler à l'amélioration du système judiciaire et pénitentiaire et à la formation et au déploiement de la nouvelle Police Nationale Haïtienne (PNH). Toutefois le rapport mentionne que "les abus de pouvoir par les agents de l'état" et "les mauvais traitements infligés à des détenus" constituent encore un problème. Le rapport insiste sur le fait que "le respect des garantes légales et constitutionnelles, la faiblesse du pouvoir judiciaire et le caractère souvent arbitraire des décisions et des mesures prises restent un sujet d'inquiétude." Le rapport se poursuit en soulignant le rôle de la MICIVIH dans la formation de la police ainsi que dans la réforme judiciaire et pénitentiaire.



MANIFESTATIONS ET PROTESTATIONS

A l'occasion de l'anniversaire du retour du Président Aristide au pouvoir, des cérémonies officielles ainsi que des manifestations pour une extension du mandat présidentiel ont été signalées. Quelques incidents ont été signalés dont un à Cité Soleil où des manifestants ont jeté des pierres sur l'escorte accompagnant l'épouse du Vice-Président des Etats-Unis.

D'importantes manifestations ont eu lieu également au Cap-Haïtien et à Jacmel au mois d'octobre. Le 19 du mois, une foule d'environ 100 à 150 personnes a manifesté devant le tribunal correctionnel du Cap-Haïtien. La foule, composée principalement d'étudiants protestant contre la privatisation, a lancé des pierres sur le tribunal et en a brisé les portes. Des tensions grandissantes suite à un désaccord concernant un décret publié en mai, forçant la Faculté de Droit à devenir une institution semi-privée, alors qu'elle était jusque là publique, ont provoqué cette manifestation. La foule est devenue apparemment plus agressive lorsque le juge a insisté à poursuivre à huit-clos l'audience du responsable de la manifestation du 10 octobre, organisée pour les mêmes raisons. A Jacmel, le 9 octobre, 300 manifestants ont envahi le Bureau Electoral Départemental (BED) (pour de plus amples informations concernant cet incident, lire la section "Droits de l'Homme et élections" voir page 7).



OBSERVATION DE LA POLICE/

ENQUÊTES SUR CAS D'ABUS

La MICIVIH a continué à observer les activités de la Police Nationale Haïtienne (PNH) et de la Police Intérimaire sur des violations présumées des droits de l'homme. Dans une tentative d'évaluation des mécanismes d'enquête sur les cas présumés d'abus commis par la police, les observateurs de la Mission Civile, au cours de plusieurs réunions avec les responsables PNH de telles enquêtes, furent informés que certaines enquêtes étaient terminées et que des décisions seraient prises incessamment. Ainsi parmi les exemples d'actions prises par la PNH figurent les cas de deux agents de police de Port-au-Prince suspendus temporairement; le premier pour avoir été impliqué dans un cas d'intimidation en août; le deuxième pour avoir commis un homicide en juillet. Le 19 octobre, la Mission Civile a écrit une lettre au Ministre de la Justice recommandant certains changements quant à la manière dont les enquêtes sont menées par l'lnspection Générale de la PNH afin de s'assurer que tous les cas d'assassinats, de blessures graves et de mauvais traitements soient enquêtés ex-officio par l'inspection.

Quoique la PNH ait commencé à faire des efforts pour réglementer les activités de ses agents, on a signalé qu'ils auraient, ainsi que ceux de la Police Intérimaire, battu et tiré sur un certain nombre de gens. Cependant aucun cas de décès n'a été signalé. Le 15 octobre à Anse-à-Veau, un homme a été blessé après avoir, apparemment, frappé un officier de la PNH à l'aide d'une barre de fer au cours d'une dispute avec un tiers.

Une deuxième personne, qui aurait refusé d'être arrêtée, a été blessée le 3 octobre à Grande Rivière du Nord. La victime ayant reçu une balle à la jambe prétend que l'officier lui aurait tiré dessus sans provocation de sa part. La Police Civile (CIVPOL) rapporte que l'officier de la PNH a tiré en légitime défense lorsque le suspect était sur le point de lui lancer une pierre. Dans un autre cas, en cours d'enquête par la police, un agent de la Force de Police Intérimaire a blessé par balles deux ouvriers en construction, le 10 octobre à Carrefour, en essayant de calmer une foule hostile d'ouvriers qui s'opposait à une confiscation de matériaux de construction.

La Mission Civile enquête actuellement sur le cas d'un auxiliaire de police travaillant pour le Conseil d'administration des sections communales (CASEC) du Département de l'Ouest qui aurait battu un homme. Les bureaux du CASEC, dans beaucoup de zones rurales, ont engagé des auxiliaires de police, quand la police n'a pas été déployée (particulièrement dans les Départements de l'Ouest, du Sud et du Centre). Quelques abus commis par les auxiliaires de police ont été rapportés par des observateurs depuis janvier mais aucune documentation n'a pu être établie en raison de l'éloignement de certaines zones. Toutefois la nomination des auxiliaires de police, qui n'ont aucun statut officiel ni de mécanisme formel de supervision, représente une des principales sources d'inquiétude.



OBSERVATION DES PRISONS


Plusieurs irrégularités dans les procédures de détention ont été documentées à Port-au-Prince. Parmi ceux-ci figurent l'arrestation d'une femme, le 3 octobre, à la place de son fils âgé de 13 ans (elle a été libérée trois jours plus tard après que le juge ait déclaré l'arrestation illégale et bien qu'on lui ait ordonnée de se présenter à nouveau devant le tribunal), la détention de mineurs dans des cellules d'adultes à la station de police Oméga à Carrefour et l'utilisation de la station de police pour des détentions de plus de 48 heures. D'après le capitaine, ce dernier cas est, en partie, dû au retard du juge de paix pour entendre les cas des détenus. Les conditions de certaines cellules inspectées étaient rudimentaires: pas de fenêtre et pas assez de matelas par rapport au nombre de détenus.

Les détenus se sont plaints d'avoir été battus surtout par les gardiens de l'Administration Pénitentiaire Nationale (APENA) à Grande Rivière du Nord, Saint-Marc et Mirebalais. Cependant, les enquêtes menées par la MICIVIH n'ont, jusqu'à présent, pas été concluantes. Dans un cas où un inspecteur de l'APENA avait été accusé d'avoir battu dix prisonniers à Mirebalais, l'inspecteur lui-même a reconnu avoir utilisé un bâton anti-émeute pour "faire pression" sur les détenus au cours d'une manifestation, dans le but de rétablir l'ordre, mais il nie les avoir battus. A Jérémie, les autorités de la prison ont fait savoir à la Mission Civile qu'elles ont suspendu un gardien de prison sans paye pendant une semaine, pour avoir giflé un prisonnier lors d'une dispute. En outre, la MICIVIH a écrit au responsable de l'APENA sur le cas de plusieurs détenus battus en septembre au Pénitencier National.

Le nombre croissant de prisonniers dans certaines zones continue â faire monter les tensions. A Gonaïves, par exemple, des émeutes ont été signalées le 23 octobre lorsque les détenus se sont mis à protester contre les retards dans les procédures légales entamées contre eux. Saint-Marc et Fort Liberté font face aussi à un problème de surpopulation dans leurs centres de détention. D'un autre côté, au Cap-Haïtien, une amélioration a été apparemment constaté dans les conditions matérielles notamment avec l'augmentation du nombre de cellules ainsi qu'avec de meilleures dispositions de sécurité. Lors d'une visite à Fort National, prison destinée aux femmes et aux mineurs à Port-au-Prince, les observateurs ont noté que seulement 14 des 65 femmes détenues avaient déjà été condamnées et que 22 étaient en détention préventive depuis plus de trois mois.



JUSTICE SOMMAIRE


La MICIVIH continue à observer des cas de justice sommaire (dans lesquels des suspects sont poursuivis et exécutés par une foule en colère). Le nombre d'incidents est tombé à moins de huit en août et à huit en septembre.

A Jean Rabel, le 13 octobre, un agent de la Police Intérimaire a blessé un homme à l'estomac dans des circonstances encore non élucidées. Une foule en colère s'est rassemblée et a tué l'agent en question à coups de pierres. On rapporte que l'officier n'était pas en service au moment de l'incident qui est survenu pendant une violente dispute lors d'un enterrement. Dans un autre cas, à Anse-à-Galets, le 30 octobre, une foule d'environ 30 personnes a essayé de pendre un homme qu'elle croyait être le président du Bureau Electoral Communal (BEC) et qu'elle accusait de fraude à la suite de l'annulation des élections. L'homme, en fait secrétaire du BEC, a été secouru par les forces de la MINUHA.



DROIT A LA JUSTICE POUR

LES VICTIMES DE VIOLATIONS

COMMISES DANS LE PASSE

Il y eu des développements dans les procédures légales contre les auteurs de violations des droits de l'homme commis dans le passé dans les Départements de l'Artibonite, du Centre, de la Grande Anse et du Nord. Parmi les cas suivis par la MICIVIH figure l'arrestation à Limbè (Nord) de Ferdinand François, ancien soldat des Forces Armées d'Haïti (FAd'H), le 9 octobre. La population locale l'accuse d'être l'auteur de nombreux crimes, par exemple d'avoir battu à mort une femme en 1993. A Las Cahobas (Centre) un ancien attaché, Claude Baptiste, est arrêté le 12 octobre pour le meurtre de Andrel Lafortune en 1993. Il s'est échappé peu de temps après, apparemment, aidé par l'agent de la Police Intérimaire chargé de le surveiller. L'agent est arrêté à son tour, pour complicité d'évasion. Il a été libéré puis arrêté de nouveau en vertu d'un nouveau mandat. Baptiste, lui, n'a pas encore été repris. Louis Ylavois et Lirius Legagneur, anciens membres du FRAPH ont été reconnus coupables du meurtre de Jean-Claude Dimanche et condamnés aux travaux forcés à perpétuité par les Assises Criminelles qui ont commencé à Jérémie début octobre. Les enquêtes sur le massacre de Raboteau, une banlieue des Gonaïves, ont été quasiment interrompues en raison de la destitution du juge d'instruction bien qu'un ancien membre des FAd'H ait été arrêté dans le cadre de l'enquête, début octobre.

DROITS DE L'HOMME ET

LES ELECTIONS


Plusieurs incidents ont été rapportés après le deuxième tour des élections et après les complémentaires du 8 octobre. Le 9 octobre, 28 personnes ont été arrêtées lors d'une violente manifestation des partisans de Lavalas, devant le Bureau Electoral Départemental (BED) de Jacmel. Cette manifestation faisait écho à l'annonce de l'annulation des élections à la députation et de leur report en décembre, suite aux présumés fraudes entachant le scrutin du 17 septembre. A la date du 16 octobre, un seul des manifestants avait été relâché. Des manifestations ont été organisées également dans plusieurs autres endroits dont Ranquitte (Nord) où le local du tribunal a été temporairement bloqué par les manifestants suite aux rumeurs concernant l'annulation des résultats du deuxième tour des élections. Des barricades ont été érigées à Anse-à-Galets et à Pointe-à-Raquette sur l'île de la Gonâve, le 7 octobre, pour protester contre de prétendues fraudes.

Rétrospective des Événements d'Octobre 1993 et 1994


Octobre 1993

Le manque de détermination des militaires à respecter l'échéancier établi dans l'Accord de Governor's Island devient de plus en plus évident.

5 octobre - Le Premier Ministre, Robert Malval, échoue dans sa tentative de redonner l'intégralité du pouvoir au gouvernement constitutionnel lorsque les employés et supporters du régime de facto empêchent les directeurs, nouvellement nommés, d'accéder à leurs bureaux de la télévision et de la radio de l'état. Le même jour, le maire de Port-au-Prince légitimement élu, Evans Paul, ainsi que le militant des droits de l'homme, Jean-Claude Bajeux (actuel ministre de la Culture) échappent à une tentative d'assassinat.

7 octobre - Le Front Révolutionnaire pour l'Avancement et le Progrès en Haiti (FRAPH), parti paramilitaire néo-duvalièriste, soutenu par les militaires, parvient à paralyser les activités de Port-au-Prince en lançant un appel à la grève générale contre le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU, Dante Caputo.

11 octobre - Le FRAPH organise une manifestation empêchant des formateurs militaires américains et canadiens, membres de la MINUHA, de débarquer du navire USS Harlan County.

12 octobre - Le Harlan County se retire des eaux haïtiennes. Le jour suivant le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte la résolution 873, rétablissant l'embargo contre Haïti sur le pétrole et les armes.

14 octobre - Le Ministre de la Justice, Guy Malary, est abattu dans les rues de Port-au-Prince.

15 octobre - Le Général Cédras ne démissionne pas comme stipulé dans l'Accord de Governors Island. Cet événement contrarie le projet de retour du Président Aristide. Etant donné la détérioration des conditions de sécurité, la Mission Civile suspend ses activités et le personnel est rappelé à Port-au-Prince. Dans les 24 heures qui suivent, les 180 membres de la MICIVIH ainsi que les membres des agences humanitaires de l'ONU sont transférés en République Dominicaine.

28 octobre - Le Président Aristide demande un embargo total contre les dirigeants militaires haïtiens

Octobre 1994

Le mois d'octobre 1994 est marqué par l'attente du retour imminent du Président Aristide après le déploiement réussi des Forces Multinationales dans le pays.

4 octobre - Le Président Aristide annonce a l'Assemblée Générale de l'ONU son engagement à reconstruire la démocratie dans un esprit de réconciliation et de justice.

6 octobre - Le Directeur Exécutif de la MICIVIH, Colin Granderson, ainsi que son Directeur des Droits de l'Homme, Tiebélé Dramé, retournent en Haïti pour évaluer la situation et travailler en vue du retour, le plus tôt possible, des observateurs (évacués à nouveau le 13 juillet) se trouvant à Santo Domingo.

10 octobre - Les Généraux Cédras et Biamby démissionnent et quittent Haïti trois jours plus tard.

15 octobre - Le Président Aristide retourne en Haïti. Les observateurs de la MICIVIH postés à Santo Domingo sont autorisés à revenir le 22 octobre.

Productions de l'Unité de Presse et d'Information




COMMUNIQUE DE PRESSE

4 octobre: L'ancien général des Brigades des FAdH, Henri Max Mayard est abattu le 3 octobre dans les rues de Port-au-Prince. La MICIVIH condamne énergiquement cet assassinat et félicite les autorités haïtiennes de la façon dont elles ont répondu à la situation.

RADIO

5 octobre: Un spot d'une minute a été envoyé à la radio de l'ONU à New York dans le cadre de la commémoration du cinquantième anniversaire de l'ONU.

20 octobre: Un programme de radio de 28 minutes est monté dans le but de faire connaître le mandat de la MICIVIH, le travail des bases régionales ainsi que les activités des divers départements. Ce programme est distribué dans les 12 bases de la MICIVIH instruction de les faire diffuser aux stations de radio locales. 11 est aussi envoyé à six stations de radio à Port-au-Prince

26 octobre: Un deuxième spot d'une minute est envoyé aux Nations Unies à New-York. Le programme commémore le deuxième anniversaire de la réouverture du bureau de la MICIVIH à Port-au-Prince.

TELEVISION

Production et distribution du programme numéro 5, intitulé "Justice, pas vengeance" (durée de 10 minutes).

EXPOSITION

14 octobre - 4 novembre: Le Musée du Panthéon National Haïtien présente une exposition pour la commémoration du 50ème anniversaire de l'ONU. La MICIVIH expose dans son stand des affiches, des textes et des photographies. Cette exposition offre un panorama sur les activités réalisées par la MICIVIH.

MICIVIH Info

Vol.1,No.3

Octobre, 1995

MICIVIH

Colin Granderson

Directeur Exécutif

Javier Zuiga

Directeur Exécutif Adjoint

Directeur Division des Droits de l'Homme

Rodolfo Mattarollo

Directeur Adjoint de l'Unité Légale

MICIVIH Info

Isabelle Abric

Directrice de Production

Kathryne Bomberger

Rédactrice

Merrie Archer

Rédactrice Adjointe

Photos, p. 1 et 3

Daniel Morel

Photo, p. 4

Yvon Basquiat

Route de la Montagne Noire, P.O. Box 1602, Pétion-Ville, Haïti

Tél: 23-4047 / 4044 / 4027, Fax: 23-4039