COMMUNIQUE DE PRESSE




Port-au-Prince, le 5 avril 1995



Les membres de la Mission Civile Internationale en Haïti OEA/ONU ont commencé à observer le processus électoral suite à une requête formulée en janvier 1995 auprès de l'OEA par le gouvernement de la République d'Haïti. Jusqu'à maintenant, ils ont observé l'environnement politique et sécuritaire aussi bien que la préparation matérielle et la gestion des élections.

A ce jour, une centaine d'observateurs de la Mission Civile répartis dans neuf bureaux départementaux à travers le pays ont reçu une formation sur les règles, principes et techniques de l'observation électorale internationale ainsi que sur la Loi Electorale d'Haïti et la structure organisationnelle des élections.

Les premières observations de la MICIVIH ont porté sur l'environnement politique dans lequel le processus électoral a débuté. Force est de constater les critiques de la part d'une large gamme de partis politiques à l'égard de la composition du CEP et les contestations qui ont suivi la mise en place des BED et BEC, ce qui semble avoir entraîné quelques remalniements. La Mission Civile a demandé au CEP des éclaircissements à cet égard et souhaite que, malgré les réseves exprimées et le sentiment grandissant d'insécurité suscité par la recrudescence de la criminalité, les partis politiques continuent à se préparer activement à participer au processus électoral.

Avec le début de la période d'inscription des électeurs et de dépôt des candidatures aux élections législatives et municipales du 4 juin prochain, les membres de la Mission Civile Internationale OEA/ONU, dûment accrédités par le Conseil Electoral Provisoire, ont suivi de près la réception , l'assemblage et la livraison du matériel d'inscription.

Cette première étape technique du processus électoral a connu des difficultés administratives et logistiques qui ont entrainé certains retards dans l'ouverture de bureaux d'inscription et une compression du calendrier électoral en ce qui concerne l'inscription des candidats. Ces difficultés administratives ont été gérées par le CEP et n'ont pas entraîné un report du scrutin. Les difficultés logistiques ont été en grande partie surmontées avec la coopération et l'appui des diverses composantes de la communauté internationale sur le terrain. La MICIVIH a envoyé un rapport d'évaluation avec des recommandations sur cette étape technique au Président du CEP.

En plus d'observer la préparation matérielle et la gestion des élections, les observateurs évalueront le niveau de participation des électeurs, des partis politiques et des candidats durant la campagne électorale. Ils rapporteront aux autorités électorales compétentes toute plainte reçue et leur feront part de leurs observations. A cet effet, ils observeront de près le travail des fonctionnaires électoraux dans le contexte de la Loi Electorale et des procédures établies par le CEP.

Enfin, ils feront rapport sur les incidents ou actes d'intimidation mettant en couse les libertés d'expression, d'association et de droit de vote des citoyens électeurs et candidats. La Misison s'est déjà penchée sur des allégations d'actes d'intimidation contre des hommes politiques. Pour mieux atteindre cet objectif, la Mission Civile Internationale OEA/ONU réitère son appel aux partis politiques de la tenir informée à ce sujet.







(Ref. CP/95/5)