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Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU
International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU
Port-au-Prince, le 13 mars 1995
La Mission Civile Internationale OEA/ONU a repris ses activités dans le Département de
l'Artibonite le 10 novembre 1994.
Les nombreuses visites effectuées dans les sections rurales, aussi bien que les contacts
réguliers avec l'ensemble des autorités haitiennes et avec les acteurs internationaux en présence sur
le terrain permettent de dire que la situation générale des Droits de l'homme s'est sensiblement
arnéliorée depuis le retour du pays à l'ordre constitutionnel suite à l'intervention des forces
multinationales. Les abus systématiques des droits de l'homme perpétrés par les agents de l'Etat n'ont
plus lieu.
En ce qui concerne le système pénitentiaire, une amélioration sensible du traitement des
détenus a été vérifiée. Toutefois les conditions de sécurité et de vie à l'intérieur des prisons, de
même les garanties quant à l'accès des détenus au système judiciaire ainsi que dans le suivi de leur
dossier juridique, demeurent encore très insatisfaisantes.
Malgré la volonté manifeste d'ameliorer le fonctionnement du système judiciaire et pour
former le personnel juridique, la Mission déplore de trop nombreux cas d'irrégularités dans la
rédaction ou l'utilisation des mandats. En outre la MICIVIH exprime ses vives inquiétudes quant
aux cas d'arrestation et de détention illégales, opérées par des agents des forces de l'ordre. Il a pu
être établi que ces cas sont souvent précédés d'intimidation et de menaces émanant des personnes
qui ont sollicités ou provoqués l'intervention des forces de l'ordre. Ces personnes entendent, ainsi,
profiter de la relative confusion créée par la période de transition actuelle et la multiplicité des
acteurs en charge de l'ordre public pour perpétuer par des moyens plus discrets et en apparence
légaux, une situation de pression physique et morale au sein de la population du département.
Les victimes de ces abus sont majoritairement originaires du milieu paysan et appartiennent
aux organisations populaires pour la plupart d'entre elles.
Les conflits terriens, en particulier dans le Sud du département, sont redevenus un facteur
d'instabilité et de violence. Ces conflits sont d'autant plus dangereux, qu'en opposant parfois de
petits paysans qui se réclament du secteur démocratique aux grands propriétaires partisans de l'ancien
régime, ils prennent une dimension politique.
L'évolution positive amorcée au cours des trois derniers mois en matière de droits de
l'homme, a besoin, pour perdurer, d'être confortée par un climat de sécurité. Toutefois, la recherche
prioritaire de ce climat de sécurité risque d'être compromis par le vide sécuritaire, surtout dans les
sections rurales, par la recrudescence des actes de violence liés a la criminalité et par le
dysfonctionnement du système judiciaire et son incapacité à satisfaire les demandes croissantes de
justice surtout contre les auteurs connus des violations pendant la période du coup d'Etat, ce qui peut
ouvrir la porte à une justice sommaire.
(Ref. CP/95/3)