Port-au-Prince, le 8 juin 1994
Hier soir, vers 9 heures du soir, deux officiers de sécurité des Nations Unies ont été stoppés
par un groupe de civils lourdement armés, qui avaient établi un barrage sur la route menant de Pétion-Ville à Port-au-Prince. Les deux hommes ont été contraints, sous la menace, de remettre deux radios
portables, ainsi que l'arme de service que l'un d'entre eux transférait d'un lieu de travail à un autre.
Un attaché a également détruit à coups de crosse l'appareil de transmission radio monté sur le
véhicule.
Simultanément, deux employés locaux de la Mission Civile Internationale OEA/ONU, qui
rentraient chez eux après leur journée de travail, étaient interpellés par le même groupe. Ils ont eux
aussi été menacés par le groupe d'attachés, qui comptait à ce moment une vingtaine de personnes.
Ceux-ci ont confisqué une radio portable et ont arraché une radio fixe de son support.
L'un des civils s'est présenté comme un officier de police, tandis que trois d'entre eux
portaient une veste marquée "Police". Un des attachés a quitté les lieux à bord d'un véhicule Des
FAD'H. Nombree de ces civils armés sont d'ailleurs des attachés connus.
La Mission civile a adressé aujourd'hui une lettre au commandant en chef des Forces armées,
le général Cédras, pour protester contre cette violation des termes de référence de la Mission et pour
lui rappeler que les autorités militaires sont responsables de la sécurité de son personnel.
(Ref: CP/94/25)