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Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU
International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU
Port-au-Prince, le 22 avril 1994
Depuis le début du mois d'avril, la Mission civile internationale OEA/ONU a enregistré 16 cas d'enlèvements
et de disparitions forcées. Plusieurs autres rapts rapportés à la Mission sont également en cours d'évaluation. Le total
des cas depuis le 31 janvier s'élève désormais à 53.
Les témoignages recueillis confirment les indications précédentes, selon lesquelles les victimes sont
interpellées à leur domicile ou dans la rue. Elles sont souvent battues, avant d'étre emmenées vers une destination
inconnue par des civils armés opérant à bord de véhicules. Dans plusieurs cas, les assaillants ont été identifiés
comme des membres du FRAPH ou des représentants de l'armée ou de la police.
Quatre des victimes auraient été libérées après avoir été détenues dans un centre de détention clandestin.
Cinq autres ont été retrouvées assassinées et une autre a succombé à des blessures mortelles. Les six dernières
victimes sont toujours portées disparues. Les enquêtes menées par la Mission ont par ailleurs déterminé que 10 des
16 personnes enlevées en avril avaient des liens directs avec une organisation politique ou syndicale.
Le cas de MM. Dumez Schneider (22 ans) et Harold Fontaine (26 ans), enlevés le 19 avril, est
malheureusement caractéristique des disparitions forcées qui se déroulent à Portau-Prince. Les deux hommes,
membres des Forces Populaires de Delmas, était accompagnés d'un autre militant lorsqu'ils ont été arrêtés dans la
rue par quatre civils armés, qui les ont forcé à monter à bord d'un véhicule. Leur compagnon est parvenu à
s'échapper. Malgré des démarches effectuées par les familles auprès des autorités policières, le sort de M. Schneider
n'est pas encore connu. En revanche, un corps mutilé correspondant la description de M. Fontaine a été retrouvé ce
matin à Fontamara et identifié par sa famille. Il avait été exécuté de deux balles dans la tête.
La Mission dénonce ces assassinats crapuleux et s'inquiéte du nombre élevé de disparitions forcées durant
les trois premières semaines du mois d'avril, qui montre même une légère augmentation par rapport aux semaines
précédentes. Elle partage la peine de la famille des victimes et s'insurge contre ces atteintes intolérables aux droits
humains fondamentaux. La Mission demande enfin que toutes les démarches nécessaires soient entreprises par les
autorités compétentes pour que les personnes dis»arues soient réunies avec leurs familles.
(Ref: CP/94/14)