Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU

International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU



Port-au-Prince, le 30 mars 1994



COMMUNIQUE DE PRESSE




A la faveur de nombreux entretiens avec des habitants du Plateau central réfugiés hors de leur région, la Mission civile internationale OEA/ONU a pu recueillir des informations selon lesquelles une vague de violence se serait abattue depuis plusieurs mois dans cette zone du pays. Cette répression aurait provoqué le déplacement interne de nombreuses personnes.

La Mission a pu confirmer partiellement ces informations lors de visites récentes dans le Plateau central. A Mirebalais et Hinche, il apparaît que des civils armés et le Front révolutionnaire pour l'avancement et le progrès haitien (FRAPH) ont soumis la population locale à une campagne d'intimidation systématique depuis le départ de la Mission en octobre dernier. Selon des témoins oculaires, des attachés seraient responsables de plusieurs meurtres entre les mois de novembre et mars.

A Saut d'Eau, selon de nombreux témoignages, un groupe de membres du FRAPH accompagné de civils armés a opéré, les 4 et 5 mars derniers, une rafle nocturne dans un quartier de la ville dont les habitants ont la réputation d'être des sympathisants du président Aristide. Des coups de feu auraient été tirés et des biens auraient été volés. De nombreuses personnes auraient été battues. Certaines auraient été arrêtées et conduites à la caserne. Le juge de la localité, ainsi que ses collaborateurs, ont été malmenés et frappés. A la suite de cette opération, des dizaines de personnes ont dû quitter leurs foyers et se cacher. Lors d'un entretien avec des observateurs de la Mission, un responsable militaire de Saut d'Eau a admis la responsabilité du FRAPH dans ses exactions. En revanche, il a nié toute participation de soldats à l'opération et n'a admis qu'une seule arrestation.

La Mission note avec outrage le laxisme des autorités militaires du Plateau central, qui laissent des bandes de civils armés et des membres du FRAPH se livrer en toute impunité à des actes de violence à caractère politique. En conséquence, la Mission exige que, ainsi qu'elles se sont à nouveau engagées à le faire dans leur récente note de presse, et en conformité avec la constitution, les Forces armées d'Haïti protègent les populations des exactions commises par des individus en marge de la loi.





(Ref: CP/94/11)