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Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU
International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU
Port-au-Prince, le 25 mars 1994
Cinq observateurs de la Mission civile internationale OEA/ONU ont quitté Port-au-Prince mercredi 23 mars
pour se rendre à Hinche (Plateau central) afin de reprendre contact avec les autorités locales et d'enquêter sur des
allégations de violations de droits humains dans la région.
Dès leur arrivée, les observateurs ont cherché à rencontrer le chef de la police locale pour l'informer de leur
arrivée. Celui-ci a indiqué qu'il n'était nullement disposé à coopérer avec eux. Les observateurs ont ensuite cherché
à rencontrer le commandant militaire, ce qui leur a été refusé.
Dans la soirée, aux alentours de 10 heures, un groupe de 20 à 30 manifestants, dirigés par plusieurs membres
locaux du FRAPH, s'est rassemblé devant l'hôtel où les observateurs s'apprêtaient à passer la nuit. Des membres des
Forces armées d'Haïti en civil ont été reconnus parmi les manifestants, qui ont lancé des slogans hostiles à la Mission
avant de repartir au bout d'une trentaine de minutes.
Le même groupe, fort cette fois de 60 à 70 personnes, est revenu vers 11 heures du soir. Les manifestants,
munis de sifflets et de tambours, chantant et dansant, ont menacé les observateurs et lancé une pluie de pierres sur
le bâtiment.
Vers minuit trente, les propriétaires de l'hôtel ont été contraints d'ouvrir les portes à un groupe de manifestants
ivres, armés de revolvers et de bâtons, qui ont fait irruption dans une des chambres, où se trouvaient les observateurs.
Ceux-ci ont choisi de quitter les lieux, afin d'éviter un incident qui aurait pu porter préjudice aux gérants de l'hôtel
et aux autres clients.
A la sortie de la ville, les militaires de l'avant-poste ont bloqué les véhicules de la Mission pendant une demi-heure, sous le prétexte de contrôler leurs passeports. Ce retard a permis aux manifestants de rejoindre l'avant-poste.
Ils y ont pénétré et ont molesté les observateurs, sous les yeux des soldats impassibles.
Malgré les actes d'agression, les coups portés sur leurs véhicules et les injures lancées par les manifestants,
les membres de la Mission ont pu repartir et rejoindre Port-au-Prince tôt jeudi matin.
La Mission civile condamne la passivité des autorités militaires de Hinche, qui n'ont rien entrepris pour mettre
fin aux actes d' intimidation et d'agression à l'encontre des observateurs. La Mission déplore également la collusion
manifeste entre les Forces armées d'Haïti et le FRAPH dans le Plateau central lors de cet incident.
(Ref: CP/94/9)