Les droits des minorités
Un intérêt particulier s’est fait jour pour les questions concernant les minorités à un moment où les tensions ethniques, raciales et religieuses se sont avivées, mettant en péril les structures économiques, sociales et politiques des pays. Or, tenir compte des aspirations des groupes minoritaires nationaux, ethniques, religieux et linguistiques, et garantir les droits des personnes appartenant à des minorités, c’est reconnaître l’égalité de tous les individus et favoriser leur participation à la société; cela contribue également à réduire les tensions sociales.
Instruments juridiques
Dès sa création, l’ONU a fait figurer les droits des minorités en tête de ses préoccupations relatives aux droits de l’homme. La protection des droits fondamentaux des personnes appartenant à des minorités est garantie par le principe de la non-discrimination, principe élémentaire de tout le droit onusien se rapportant aux droits de l’homme, et singulièrement par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
L’adoption, en 1992, de la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques par l’Assemblée générale a donné un nouveau souffle à l’action de l’ONU dans ce domaine.
Populations autochtones
L’ONU n’a cessé de s’engager toujours davantage pour la cause des populations autochtones, que l’on estime compter parmi les groupes humains les plus défavorisés dans le monde. Ces populations, appelées également les « peuples premiers », tribaux ou aborigènes, constituent au moins 5 000 groupes humains représentant 370 millions de personnes qui vivent dans plus de 70 pays sur cinq continents.
Exclus des processus décisionnels, bon nombre d’entre elles ont été marginalisées, exploitées, assimilées par la force et soumises à la répression, à la torture et au meurtre lorsqu’elles se sont exprimées ouvertement pour défendre leurs droits. Par peur des persécutions, elles vont souvent se réfugier à l’étranger où elles doivent parfois taire leur identité et renoncer à leur langue et à leurs coutumes traditionnelles.
En 2000, le Conseil économique et social a créé une Instance permanente sur les questions autochtones à titre d’organe subsidiaire. Cet organe de 16 experts, constitué d’un nombre égal de spécialistes représentant les gouvernements et les populations autochtones, formule des avis au Conseil, facilite la coordination des activités de l’ONU et examine des questions relatives au développement, à la culture, à l’environnement, à la santé et aux droits de l’homme des populations autochtones.
Le PNUD, l’UNICEF, le FIDA, l’UNESCO, la Banque mondiale et l’OMS ont tous mis en place des programmes en faveur de groupes autochtones spécifiques qui s’emploient à améliorer la santé et l’alphabétisme et à lutter contre la dégradation du milieu naturel sur leurs terres natales.
A la fin de l’Année internationale des populations autochtones (1993), l’Assemblée générale a proclamé la Décennie internationale des populations autochtones (1995-2004) qui vise à encourager les partenariats pour améliorer les conditions de vie de ces populations.
En 2004, l’Assemblée générale a proclamé la deuxième Décennie internationale des populations autochtones, à partir du 1er janvier 2005. L’objectif est de renforcer encore la coopération internationale pour résoudre les problèmes qui se posent aux peuples autochtones dans des domaines tels que la culture, l’éducation, la santé, les droits de l’homme, l’environnement et le développement économique et social.
Ressources
- Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme : populations autochtones
- Journée des populations autochtones (9 août)
Source : ABC des Nations Unies
