Que fait l'ONU pour promouvoir la paix et la sécurité?
- Comment l'ONU oeuvre-t-elle en faveur de la paix?
- Que fait l'ONU pour prévenir les conflits?
- Quel est le rôle de l'ONU pour la consolidation de la paix?
- Que fait l'ONU pour lutter contre le terrorisme?
- Comment l'ONU lutte-t-elle contre le terrorisme?
- Que fait l'ONU contre la prolifération des armements?
- Que fait l'ONU pour en finir avec les mines terrestres?
- Pourquoi l'ONU ne peut-elle pas imposer la paix?
- Qu'est-ce qu'une opération de maintien de la paix?
- Comment les opérations de maintien de la paix sont-elles financées?
- Les opérations de maintien de la paix sont-elles trop coûteuses?
- Qui commande les opérations de maintien de la paix des Nations Unies?
- Que fait l'ONU pour améliorer l'efficacité du maintien de la paix?
Comment l'ONU oeuvre-t-elle en faveur de la paix?
L'ONU promeut la paix directement et indirectement, par une multitude de moyens. Dans les situations de conflit, déclaré ou larvé, ces moyens vont de la médiation à l'envoi de forces de maintien de la paix. En mode préventif, l'ONU s'emploie à éliminer les causes économiques et sociales des guerres. Centre de diplomatie et de débat, elle offre un cadre pour le règlement pacifique des différends, un moyen de désamorcer les conflits avant qu'ils n'éclatent. En période de crise internationale, elle est un lieu où apaiser les tensions et entamer des négociations. Elle promeut aussi la paix en élaborant un corpus de plus en plus riche de droit international, et en apportant une aide au développement.
Que fait l'ONU pour prévenir les conflits?
Pour les Nations Unies, prévenir les conflits est aussi important que maintenir la paix. La prévention présente nombre d'aspects : alerte rapide, diplomatie, désarmement, déploiement préventif, imposition de sanctions au besoin. Mais l'essentiel, pour que la prévention soit efficace, est de s'intéresser aux failles structurelles qui prédisposent une société aux conflits. Cherchant par ses activités à promouvoir la sécurité des personnes, la bonne gouvernance, le développement équitable et le respect des droits de l'homme, l'ONU concourt à rendre le monde plus sûr en essayant de porter remède aux causes profondes des guerres.
Pour réussir, la prévention doit jouir du soutien des peuples et des parties directement touchés. Il faut qu'y coopèrent les pays, les Nations Unies, les organisations, la société civile et même le secteur privé. Avec le soutien de la communauté internationale, l'ONU poursuit des stratégies intégrées de prévention pour tenter de faire l'économie des coûts énormes, matériels, humains et moraux, qu'entraînent les conflits. Elle aide ainsi à passer d'une conception de la sécurité collective fondée sur la réaction à une conception fondée sur la prévention.
Quel est le rôle de l'ONU pour la consolidation de la paix?
On voit de plus en plus l'ONU se charger d'activités visant à porter remède aux causes profondes des conflits, et à consolider ce que le Secrétaire général a appelé « une paix viable ». Le système des Nations Unies s'y emploie en soutenant la bonne gouvernance, l'état de droit, les droits de l'homme et la démocratisation dans les pays se relevant après un conflit. Il aide à rapatrier les réfugiés, fournit une aide pour l'organisation d'élections, une assistance humanitaire, et son concours pour la reconstitution des services d'administration, de santé, d'éducation et autres.
La présence des Nations Unies au Timor oriental (devenu Timor-Leste) a été cruciale pour que la population puisse, à travers de graves difficultés, parvenir au but qu'elle s'était fixé, l'indépendance, à laquelle elle a accédé en mai 2002. Des activités de consolidation de la paix comme la surveillance des élections en Namibie, en 1989, les programmes de déminage au Mozambique et la formation de policiers en Haïti, ont lieu dans le cadre d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies, et se poursuivent parfois lorsque la mission s'en va. D'autres activités répondent à une demande du gouvernement, c'est le cas au Cambodge, où il y a un Bureau des droits de l'homme, ou au Guatemala, où l'ONU aide à mettre en oeuvre des accords de paix qui ont des répercussions sur presque tous les aspects de la vie nationale.
Il est fréquent que pour consolider la paix après un conflit, l'ONU soit appelée à encadrer la collecte et la destruction de centaines de milliers d'armes, et à faciliter la réinsertion d'ex-combattants dans la société civile. En janvier 2002, par exemple, l'ONU a mené à bonne fin son programme de désarmement et de démobilisation en Sierra Leone, et a immédiatement lancé l'enregistrement des électeurs pour les élections présidentielles et parlementaires. Au Kosovo, les élections législatives de novembre 2001 ont abouti à la formation d'un gouvernement de coalition. À la même époque, l'action des Nations Unies en Afghanistan a facilité la mise en place d'un gouvernement intérimaire, l'ONU coordonnant les efforts du système des Nations Unies pour la reconstruction de ce pays dévasté par la guerre. Une Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a été mise sur pied pour cela en mars 2002.
Que fait l'ONU pour lutter contre le terrorisme?
À la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, le Conseil de sécurité a pris sa place dans une nouvelle coalition mondiale. Le 28 septembre, usant des pouvoirs de coercition que lui confère la Charte, il a adopté une résolution de vaste portée pour empêcher le financement du terrorisme, faire un délit de la collecte de fonds pour cette fin, et faire geler immédiatement les avoirs financiers des groupes terroristes. Le Conseil a demandé aux États d'accélérer les échanges d'informations sur les mouvements de terroristes, et de se prêter mutuellement la plus grande assistance lors des enquêtes criminelles et autres procédures concernant des actes de terrorisme. Il a en outre créé un Comité concernant la lutte antiterroriste chargé de contrôler la mise en oeuvre de cette résolution.
Il y a longtemps que l'ONU est au coeur de l'action internationale de lutte contre le terrorisme et des efforts de mise en place d'un cadre juridique visant tous ses aspects. Douze conventions mondiales sur la question ont été négociées sous les auspices de l'ONU, dont la Convention internationale de 1979 contre la prise d'otages, la Convention internationale de 1997 pour la répression des attentats terroristes à l'explosif, et la Convention internationale de 1999 pour la répression du financement du terrorisme. On travaille actuellement sur le texte d'un grand traité contre le terrorisme, qui éliminerait toute lacune juridique éventuelle qu'auraient laissée les textes antérieurs. L'ONU s'emploie aussi à renforcer les normes internationales visant les armes de destruction massive, à faire cesser la vente d'armes légères à des groupes autres que les États, à éliminer les mines terrestres, à améliorer la protection des installations nucléaires et chimiques, et à accroître la vigilance contre les menaces de cyberterrorisme.
Comment l'ONU lutte-t-elle contre le terrorisme?
Outre les mesures prises par le Conseil de sécurité, l'Assemblée générale et le Secrétaire général à la suite des attentats du 11 septembre contre les États-Unis, de nombreuses organisations du système des Nations Unies ont développé leurs activités de lutte contre le terrorisme. On peut citer les exemples suivants :
- Agence internationale de l'énergie atomique * - Afin de faire échec à la menace de terrorisme nucléaire, l'Agence se dote de possibilités élargies pour réexaminer la sécurité des installations nucléaires de ses États Membres, définir les améliorations nécessaires à cet égard, et organiser les contributions pour les réaliser. Elle participe activement, par ailleurs, au renforcement des mesures en place pour empêcher le vol de matières nucléaires.
- Organisation pour l'interdiction des armes chimiques * - Autre entité du système des Nations Unies, l'Organisation suit les mouvements de produits pouvant servir à fabriquer des armes chimiques, mène des recherches et informe sur les utilisations potentielles d'armes chimiques, et applique les dispositions de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. En octobre 2001, elle a réuni des experts pour étudier les moyens de mobiliser et coordonner les réactions internationales aux attentats terroristes à l'arme chimique, afin de s'assurer que les informations et les stratégies les plus récentes étaient disponibles.
- Organisation de l'aviation civile internationale * - Dans les quelques mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre, 154 pays ont approuvé une nouvelle stratégie de l'OACI visant à améliorer la sécurité des lignes aériennes, dont un régime de contrôles réguliers obligatoires servant à évaluer la sécurité des aéroports.
- Organisation maritime internationale * - Un groupe de travail de l'OMI a formulé 12 propositions destinées à améliorer la sûreté et la sécurité maritimes, et à réduire ainsi la probabilité d'actes de terrorisme maritime. Elles portent notamment sur des systèmes d'identification obligatoires sur tous les navires de plus de 500 tonneaux navigant dans les eaux internationales, ou l'obligation pour tous ces navires d'être pourvus d'un plan de sécurité et de disposer d'officiers chargés de la sécurité.
- Union postale universelle - L'UPU a appelé l'attention des autres services postaux nationaux sur les directives postales actualisées entrées en vigueur aux États-Unis après les actes de terrorisme de 2001 où des spores de charbon avaient été expédiées par courrier. Le réseau mondial de sécurité postale de l'UPU offre des avis et des formations sur les moyens d'empêcher la transmission par courrier de matières dangereuses, et aussi d'éliminer l'usage du courrier pour le trafic de drogues, le blanchiment d'argent, les escroqueries et la pornographie utilisant des enfants.
- Organisation mondiale de la santé - L'OMS a tiré des épisodes de charbon de 2001 des enseignements importants pour les systèmes de santé publique, et communiqué aux États des directives sur la façon de réagir quand on a des raisons de soupçonner des cas de charbon. Elle a rédigé en outre des aide-mémoire sur le charbon et d'autres maladies transmissibles qui pourraient servir au bioterrorisme, et les a affichés sur son site Web.
- Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime - Ce bureau des Nations Unies a constitué une base de données sur le terrorisme qui est depuis les attentats du 11 septembre un outil de première importance pour les décideurs à l'échelon international.
- Organisation internationale du Travail - L'OIT a organisé des échanges d'informations entre représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs sur la manière d'atténuer l'impact social de la récession qu'a connue le secteur du tourisme à la suite des attentats du 11 septembre.
Que fait l'ONU contre la prolifération des armements?
Le désarmement occupe une place centrale dans l'action de l'ONU visant à faire progresser la paix, le développement et la sécurité. Par l'intermédiaire de ses institutions chargées des questions de désarmement et par l'appui qu'elle apporte aux organes de négociation internationaux, l'ONU s'emploie à définir des normes et à renforcer les principes multilatéraux en matière de désarmement. Grâce à elle, les pays ont la possibilité d'instaurer un climat de confiance mutuelle et de vérifier que les accords conclus sont respectés.
Avec l'appui de l'ONU, des négociations multilatérales, telles que celles qui sont menées dans le cadre de la Conférence du désarmement, ont permis d'aboutir à un certain nombre d'accords, notamment au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, au Traité d'interdiction complète des essais nucléaires et aux traités portant création de zones exemptes d'armes nucléaires. En outre, divers organismes ont été constitués en vue de faciliter la surveillance des armes de destruction massive. L'Agence internationale de l'énergie atomique, par exemple, a mis en place des garanties de sécurité et de vérification dans le domaine nucléaire, et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques veille au respect de la Convention consacrée à ces armes. La panoplie des mesures de confiance de l'ONU comprend aussi le Registre des armes classiques et le système de publication normalisée des dépenses militaires, qui contribuent à faire régner une plus grande transparence dans le secteur militaire.
Durant la décennie écoulée, quelque 2 millions d'enfants ont été tués et 5 millions rendus infirmes dans des conflits faisant appel à des armes légères, telles que pistolets, fusils d'assaut, mortiers, grenades à main et lance-missiles portatifs. Par le truchement de marchands d'armes sans scrupules, de trafiquants de drogues, de terroristes et d'autres individus, ces armes peuvent semer la mort et le désordre dans les rues, les écoles et les villes du monde entier. L'ONU s'emploie à mettre fin au commerce illicite de ces armes, qui ont la faveur des terroristes, des criminels et des forces irrégulières. Lors d'une conférence sur le commerce illicite des armes légères organisée par l'ONU en 2001, les États ont arrêté des mesures visant à renforcer la coopération internationale afin de mettre un terme au commerce illicite de ces armes.
Que fait l'ONU pour en finir avec les mines terrestres?
Tous les ans, de 15 000 à 20 000 personnes sont tuées ou mutilées par les mines terrestres et les munitions non explosées qui sont disséminées dans plus de 90 pays. L'ONU s'est employée activement à débarrasser le monde de ces engins mortels, dont les premières victimes sont souvent les enfants, les femmes et les personnes âgées.
- L'ONU a joué un rôle crucial dans les efforts visant à encourager les pays à adopter la Convention d'Ottawa de 1997, qui prévoit l'interdiction complète de la production, de l'exportation et de l'usage de mines terrestres - et continue de promouvoir l'adhésion universelle à ce traité. La ratification de l'instrument par plus de 120 pays a permis de réduire l'emploi de ces armes, de diminuer sensiblement le nombre de victimes, de faire baisser la production de façon spectaculaire, de mettre quasiment fin au commerce de ces engins, d'accélérer la destruction des stocks et d'accroître les fonds destinés à l'action humanitaire.
- À la suite de cet effort international, même les États qui ne sont pas parties au traité ont pour la plupart cessé d'utiliser, de stocker, de produire et de transférer des mines terrestres antipersonnel. La superficie des terres déminées dans le monde s'est considérablement accrue, pour atteindre en 2000 plus de 185 millions de mètres carrés.
- Les organismes des Nations Unies assurent un appui direct à la lutte contre les mines dans plus d'une trentaine de pays. Mais le déminage n'est pas la seule activité de l'ONU : elle forme aussi des démineurs, procède à des relevés de mines, organise des cours de sensibilisation au danger des mines et offre un soutien aux écoles de déminage.
- L'ONU s'attache aussi à améliorer les services médicaux et de réadaptation pour les victimes des mines terrestres. Depuis 1989, des programmes sont exécutés dans ce domaine à l'intention de certains des pays les plus touchés, tels l'Afghanistan, l'Angola, la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, la Croatie, le Mozambique, la République démocratique populaire lao, le Rwanda et le Yémen (voir la base de données de l'ONU sur le déminage *).
Pourquoi l'ONU ne peut-elle pas imposer la paix?
L'ONU n'a pas les moyens d'imposer la paix par la force. Ce n'est pas un gouvernement mondial. Elle ne dispose ni d'une armée permanente ni de matériel militaire. Ce n'est pas non plus une force internationale de police. Son efficacité dépend de la volonté politique de ses États Membres, et ce sont eux qui décident si l'Organisation prendra des mesures visant à mettre un terme aux conflits et qui déterminent la date d'intervention et les moyens à déployer.
C'est au Conseil de sécurité qu'incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le Conseil peut exercer des pressions diplomatiques et politiques sur les belligérants ou offrir des moyens pour régler les différends, par exemple des missions d'établissement des faits ou de médiation. L'Assemblée générale a également la possibilité de faire peser le poids de l'opinion mondiale sur les combattants. Les efforts et les initiatives diplomatiques du Secrétaire général peuvent ouvrir la voie à des négociations, puis à un cessez-le-feu. Une fois la trêve établie, le Conseil de sécurité peut déployer une opération de maintien de la paix qui aidera les adversaires à mettre en oeuvre les accords conclus.
En cas d'échec de la persuasion, le Conseil de sécurité a la possibilité de recourir à des mesures plus vigoureuses, par exemple, en imposant des sanctions économiques ou en décrétant un embargo sur le commerce. Il peut créer des tribunaux internationaux pour juger les personnes accusées de crimes de guerre, comme pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie. Il a ainsi parfois autorisé les États Membres à utiliser « tous les moyens nécessaires », y compris la force, pour résoudre un conflit armé. De telles mesures de coercition - appliquées sous le contrôle des États participants - ont été adoptées pour rétablir la souveraineté du Koweït en 1991, restaurer le gouvernement légitime d'Haïti en 1994, rétablir la paix et la sécurité en République centrafricaine en 1997 et mettre fin à une campagne de violence au Timor oriental déclenchée en 1999 à la suite d'un référendum sur l'autodétermination.
Qu'est-ce qu'une opération de maintien de la paix?
Les opérations de maintien de la paix de l'ONU sont une véritable entreprise internationale. Le personnel qui y participe - soldats, police civile, experts électoraux, démineurs, observateurs des droits de l'homme, spécialiste des affaires civiles et des communications - provient d'un grand nombre de pays.
Les opérations sont décidées par le Conseil de sécurité, dont chacun des cinq membres permanents (Chine, États-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) a la possibilité de s'opposer à toute décision en exerçant son droit de veto. C'est en se fondant sur les recommandations, y compris les informations financières, fournies par le Secrétaire général que le Conseil détermine le mandat, les effectifs, la portée et la durée d'une opération, dont le budget est voté par l'Assemblée générale.
Le Conseil définit la mission des forces de maintien de la paix en tenant compte des besoins particuliers à chaque situation. Le personnel militaire peut être chargé de faire respecter le cessez-le-feu, d'établir une zone tampon, d'aider d'anciens adversaires à mettre en oeuvre un accord de paix, de protéger l'acheminement de l'aide humanitaire, de faciliter la démobilisation des combattants et leur retour à une vie normale, de mettre en place des programmes de déminage, de surveiller ou organiser des élections, de former la police civile et d'évaluer le respect des droits de l'homme. Il a été également demandé à des missions des Nations Unies d'assurer l'administration temporaire de certains territoires, comme au Timor oriental durant la période conduisant à son indépendance en 2002.
Les contingents affectés à une opération des Nations Unies sont généralement autorisés à porter des armes légères, dont ils se servent uniquement en cas de légitime défense ou lorsque des belligérants armés essaient de les empêcher d'accomplir leur mission. L'usage de la force par les soldats du maintien de la paix est rare et s'accompagne toujours de choix difficiles et de polémiques. L'« arme » la plus efficace du Casque bleu est le soutien de la communauté internationale.
Les opérations de maintien de la paix ne conviennent pas à toutes les situations ni ne remplacent d'autres formes d'action par la communauté internationale. Toutefois, lorsque la situation s'y prête et dans la mesure où elles sont dotées d'un mandat réaliste et de moyens suffisants et bénéficient du soutien de la communauté internationale et de la coopération des parties au conflit, les opérations de maintien de la paix contribuent efficacement au règlement des conflits et au maintien de la paix.
Comment les opérations de maintien de la paix sont-elles financées?
Les opérations de maintien de la paix disposent de leur propre budget. Les quotes-parts à verser par les États sont déterminées séparément par l'Assemblée générale, suivant un barème spécial fondé sur celui qui s'applique au budget ordinaire. Ce barème prévoit des quotes-parts plus élevées pour les cinq membres permanents du Conseil de sécurité qui ont un droit de veto sur les décisions du Conseil et qui, comme l'a souligné l'Assemblée, ont des « responsabilités spéciales » à l'égard des opérations de maintien de la paix.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) étaient redevables d'environ 45 % du coût du maintien de la paix en 2005 (contre 57 % en 1992).
L’année financière des opérations de maintien de la paix s’écoule du 1er juillet au 30 juin.
Au 1er janvier 2007, les 10 principaux pays contributeurs aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies étaient : les États-Unis d’Amérique, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, la France, l'Italie, la Chine, le Canada, l'Espagne et la République de Corée.
En tant qu' État Membre disposant du produit intérieur brut le plus élevé, les États-Unis devaient verser en 1996 une quote-part fixée à un peu moins de 31 % pour les dépenses de maintien de la paix. Ce chiffre atteignait 26,5 % en 2005.
Les opérations de maintien de la paix sont-elles trop coûteuses?
Il convient de comparer les dépenses afférentes aux opérations de maintien de la paix et le coût énorme d'une guerre - aussi bien sur le plan financier que sur celui des souffrances de la population. Pour l'année fiscale 2005-2006, le coût annuel des opérations de maintien de la paix des Nations Unies s'élevait à 3,5 milliards de dollars, chiffre nettement au-dessous du 1% des dépenses militaires mondiales (plus d'un trillion de dollars par an) et inférieur au budget des transports de l'État de Virginie aux États-Unis (3,7 milliards de dollars pour l'année fiscale 2005). À titre de comparaison, le budget de la General Motors Corporation consacré à la publicité a atteint 4 milliards de dollars en 2004.
Qui commande les opérations de maintien de la paix des Nations Unies?
C'est l'Organisation des Nations Unies qui contrôle les opérations puisque le maintien de la paix relève du Conseil de sécurité. Avec l'accord de celui-ci, le Secrétaire général nomme un chef de mission et un commandant de la force ou un chef des observateurs militaires. Le chef de mission fait rapport au Secrétaire général qui, à son tour, rend compte au Conseil de sécurité.
Les gouvernements décident eux-mêmes, au cas par cas, du personnel militaire et des policiers civils à affecter aux opérations de maintien de la paix. Chacun d'eux conserve l'autorité suprême sur son personnel. Les contingents nationaux sont placés sous les ordres de leur propre chef d'unité. Les soldats de chaque pays portent leur propre uniforme. Ils ne sont identifiés comme participants à une opération des Nations Unies que par un casque ou béret bleu et un insigne de l'ONU. Il n'y a pas de serment d'allégeance à l'Organisation des Nations Unies.
Que fait l'ONU pour améliorer l'efficacité du maintien de la paix?
Les États Membres, les organisations régionales et le Secrétariat de l'ONU s'emploient à améliorer la capacité opérationnelle générale, les forces et moyens en attente, le soutien logistique et l'entraînement. En 2001, 91 États Membres se sont déclarés prêts à conclure avec l'ONU des arrangements relatifs aux forces en attente. Soixante-huit de ces États ont spécifié les ressources qu'ils pouvaient fournir s'ils décidaient de participer à une opération et 36 ont arrêté des arrangements concernant les forces en attente. Dans ce cadre, un groupe d'États Membres a mis en place une brigade d'intervention rapide des forces en attente des Nations Unies pour renforcer la capacité collective de leurs contingents dans un contexte de maintien de la paix.
Au Siège de l'ONU à New York, le Centre de situation assure la liaison 24 heures sur 24 avec toutes les opérations de maintien de la paix. À Brindisi (Italie), la Base de soutien logistique des Nations Unies permet de stocker dans de bonnes conditions les fournitures réutilisables, d'économiser sur les achats et d'accélérer le déploiement des nouvelles opérations.
Les États Membres s'emploient actuellement à créer une structure d'appui plus efficace pour les opérations de maintien de la paix en s'inspirant des recommandations du Groupe d'étude sur les opérations de paix des Nations Unies qui a publié son rapport en 2000.