Qu'est-ce que les Nations Unies?
- Qu'est-ce que l'Organisation des Nations Unies?
- Pourquoi l'ONU est-elle nécessaire?
- L'ONU est-elle un gouvernement mondial?
- Les pays cèdent-ils une partie de leur souveraineté?
- L'ONU est-elle l'instrument des grandes puissances?
- Que fait l'Assemblée générale?
- Les pays en développement dominent-ils l'Assemblée générale?
- N'entend-on que les gouvernements à l'ONU?
- Qu'en est-il des Organisations non gouvernementales (ONG)?
- Que fait le Conseil de sécurité?
- Ne faudrait-il pas réformer le Conseil?
- Quel est le rôle du Conseil économique et social?
- Quel est le rôle du Secrétaire général?
- Comment le Secrétaire général est-il nommé?
Qu'est-ce que l'Organisation des Nations Unies?
La famille des Nations Unies comprend :
- L'ONU proprement dite, qui compte six organes principaux : l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour internationale de Justice et le Secrétariat. Ils sont tous au Siège de l'Organisation des Nations Unies à New York, à l'exception de la Cour, qui est à La Haye (Pays-Bas).
- Les programmes et les fonds des Nations Unies, tels que le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui travaillent au service du développement, de l'assistance humanitaire et des droits de l'homme.
- Les institutions spécialisées et autres organismes de l'ONU, dont les activités visent des secteurs très divers, qui vont de la santé et de l'agriculture à l'aviation internationale et à la météorologie. Liées à l'ONU par des accords spéciaux, les institutions spécialisées coordonnent leurs activités avec elle, mais en sont distinctes et gardent leur autonomie.
L'ONU, ses programmes et ses fonds, forment avec les institutions spécialisées le « système des Nations Unies ». Cette famille d'organisations accomplit des tâches extrêmement variées, qui nous touchent tous d'une façon ou d'une autre : une opération de maintien de la paix décidée par le Conseil de sécurité en réponse à un différend, l'élaboration de normes de sécurité aérienne, l'acheminement de secours pour les victimes d'une catastrophe naturelle, la coordination de la lutte contre la pandémie de sida. L'ONU aide aussi des pays à organiser des élections libres et régulières, et obtient des prêts à faible intérêt pour le développement de l'infrastructure des pays pauvres. En dernière analyse, l'ONU est au service d'un monde plus sain, plus stable, avec de meilleures possibilités et la justice pour tous.
Pourquoi l'ONU est-elle nécessaire?
On répète souvent que, si l'ONU n'existait pas, il faudrait l'inventer.
- Dans un monde fait de tensions, les Nations Unies permettent des consultations immédiates entre gouvernements et offrent un lieu de discussion des problèmes à long terme.
- L'ONU sert de catalyseur de l'action à mener sur les grands problèmes mondiaux, tels que l'environnement et les drogues, et offre le meilleur moyen de mobiliser et de soutenir la coopération internationale pour lutter contre ces problèmes.
- L'ONU et ses institutions spécialisées :
- contribuent au renforcement des économies et à la stabilisation des marchés financiers. Elles aident à éradiquer des maladies, à augmenter la production alimentaire et à accroître l'espérance de vie. Elles protègent les réfugiés, acheminent l'aide alimentaire et interviennent rapidement en cas de catastrophe naturelle.
- protègent les groupes vulnérables, tels que les enfants, les réfugiés, les personnes déplacées, les minorités, les populations autochtones et les handicapés.
- sont les instances où s'élaborent des normes techniques et juridiques dans des domaines cruciaux de l'interaction au niveau mondial, de la sécurité aérienne aux droits de l'homme.
Aucune autre organisation n'est aussi bien placée que l'ONU pour poursuivre ces buts, parce qu'aucune autre n'a la même universalité ni la même légitimité.
L'ONU est-elle un gouvernement mondial?
L'ONU n'est pas et n'a pas été conçue pour être un gouvernement mondial. Organisation composée d'États souverains et indépendants, elle ne fait que ce que les États Membres décident qu'elle peut faire : elle est leur instrument.
Les pays cèdent-ils une partie de leur souveraineté?
Les membres de l'ONU sont des nations souveraines, et la Charte de l'ONU est l'une des plus solides garanties de la souveraineté, qu'elle met au nombre de ses principes centraux. Mais la plupart des problèmes que le monde affronte aujourd'hui sont d'une telle complexité qu'ils ne peuvent être résolus par un agissant seul. L'ONU est l'instance où se rencontrent les pays du monde pour débattre des problèmes communs. Travailler avec d'autres pays est pour eux exercer leur souveraineté et non la restreindre. En coopérant dans certains domaines spécifiques grâce à l'ONU, les États bâtissent les structures qui rendent possible la vie internationale. Les pays décident de leur propre gré de conjuguer leurs efforts parce qu'ils jugent que c'est dans leur intérêt. L'universalité et l'impartialité de l'ONU en font un terrain d'entente où les pays peuvent profiter au maximum de la coopération, tout en garantissant que leur souveraineté sera protégée.
L'ONU est-elle l'instrument des grandes puissances?
L'ONU est l'instrument de tous ses États Membres, qui en élaborent les politiques en débattant et en votant sur les principales questions. Au sein de l'Assemblée générale, tous les pays disposent des mêmes droits de vote, ce qui en fait la plus démocratique des institutions internationales. Même au Conseil de sécurité, les cinq puissances qui disposent du droit de veto — Chine, États-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord — doivent tenir compte des vues des autres États et ne peuvent imposer leur volonté, même s'ils sont en mesure d'arrêter toute action avec laquelle ils ne sont pas d'accord. Aucun pays, quel que soit sa puissance, ne peut dicter tout seul ses politiques à l'ONU.
Que fait l'Assemblée générale?
L' Assemblée générale est la seule instance mondiale où soient représentés tous les États Membres. Elle est ce qui se rapproche le plus d'un « parlement des nations ». C'est là, et là seulement, que les problèmes les plus pressants sont examinés et que tous les pays du monde peuvent faire entendre leurs différences et parvenir à un accord sur la façon de progresser.
Comme dans une démocratie, chacun, qu'il soit riche ou pauvre, puissant ou faible, a un même droit de vote à l'Assemblée générale. Le vote de l'Assemblée est donc un excellent baromètre de l'opinion mondiale. Bien que les décisions de l'Assemblée n'aient pas force obligatoire pour les États Membres, elles représentent l'autorité morale de la communauté des nations.
Les pays en développement dominent-ils l'Assemblée générale?
Avant 1960, certains États se plaignaient de la « majorité automatique » dont disposaient les pays industrialisés; après 1960, avec l'admission à l'ONU de nouveaux États indépendants, c'est de la « tyrannie de la majorité » exercée par les pays en développement que d'autres se sont plaints. En fait, le résultat des votes est très divers selon les questions à régler, et les schémas de votes des pays qui épousent les mêmes vues ont tendance à se ressembler. Avec le nouvel esprit de coopération qui se manifeste dans les affaires internationales, les décisions se prennent de plus en plus par consensus. Négociations et concessions permettent d'arriver à des solutions acceptables pour tous, de sorte que l'Assemblée générale adopte désormais la plupart de ses résolutions sans les mettre aux voix.
N'entend-on que les gouvernements à l'ONU?
L'ONU est une association mondiale d'États, mais sa structure lui permet de faire participer d'autres acteurs dont la coopération est de plus en plus indispensable pour la recherche de solutions aux problèmes mondiaux. Diverses composantes de la société civile - organisations non gouvernementales (ONG), entreprises, syndicats, associations professionnelles - participent de plus en plus activement au travail de l'ONU. L'Organisation a en outre développé ses liens de coopération avec les institutions de recherche et les milieux universitaires, les associations de jeunes et d'autres.
Le Secrétaire général consulte régulièrement le secteur privé, il rencontre des chefs d'entreprise et des groupements professionnels, leur demandant de l'aide dans la poursuite des objectifs de l'Organisation. Ces relations s'inscrivent dans le « Pacte mondial », proposé par le Secrétaire général, aux termes duquel les dirigeants d'entreprise du monde s'engagent à respecter certaines normes en matière de droits de l'homme, de conditions de travail et d'environnement. Des centaines de sociétés du Nord et du Sud, grandes et petites, ont souscrit au Pacte, de même que des ONG et des syndicats. Le Pacte, à l'inverse de ce que certains imaginent, n'accepte pas de financement des sociétés. Il ne recommande pas les sociétés, ne les fait pas connaître et elles n'ont pas le droit d'utiliser l'emblème de l'ONU. Le Pacte a pour but d'inciter les sociétés à servir les objectifs poursuivis par les Nations Unies, par l'acquisition de connaissances et la concertation, et par le biais de projets.
À propos de philanthropie, le coprésident de la société Time-Warner a annoncé en 1997 un don de 1 milliard de dollars au bénéfice des programmes de développement et d'assistance des Nations Unies; ce don est administré par sa Fondation des Nations Unies, en coordination avec le Fonds des Nations Unies pour les partenariats internationaux. La « Bill and Melinda Gates Foundation » a fait en 2000 un don de 750 millions de dollars à l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination, qui est soutenue par l'ONU. Les Rotary Clubs du monde ont donné plus de 400 millions de dollars pour soutenir l'action de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui cherche à éradiquer la poliomyélite, et les Lions Clubs du monde soutiennent de nombreux programmes de l'UNICEF.
Qu'en est-il des Organisations non gouvernementales (ONG)?
Les Organisations non gouvernementales (ONG) jouent un rôle des plus importants à l'ONU. Une ONG est une association sans but lucratif composée de citoyens bénévoles, organisée à l'échelon local, national ou international. Quelque 2 700 ONG qui s'occupent de développement économique et social sont dotées du statut consultatif auprès du Conseil économique et social, principale instance où se décident les politiques économiques et sociales de l'Organisation, et leurs représentants peuvent être invités à prendre la parole lors des séances du Conseil. En outre, quelque 1 600 ONG réalisant des programmes d'information sur des sujets intéressant les Nations Unies sont accréditées auprès du Département de l'information de l'ONU. Les ONG sont nombreuses à avoir des représentants officiels au Siège de l'ONU, liens précieux entre l'Organisation et les peuples du monde.
Les ONG parlent au nom de groupes internationaux et nationaux, et leur influence sur les activités de l'Organisation est de plus en plus sensible. Elles jouent un rôle important aux conférences des Nations Unies, faisant connaître les vues de leurs membres sur des questions qui vont des droits des femmes à la sécurité alimentaire. Elles ont joué un rôle crucial pour l'adoption de la Convention de 1997 interdisant les mines terrestres et pour la création en 1998 d'une Cour pénale internationale habilitée à juger le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Dans les pays pauvres, les ONG travaillent de concert avec l'ONU pour aider ceux qui en ont besoin.
Que fait le Conseil de sécurité?
C'est au Conseil de sécurité qu'incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Aux termes de la Charte, ses décisions ont force juridique obligatoire et les États Membres sont tenus de les appliquer.
Le Conseil se compose de 15 membres : 10 membres non permanents, élus périodiquement par tous les États Membres pour un mandat de deux ans, et cinq membres permanents. Le mode de scrutin donne à ces derniers - la Chine, les États-Unis, la France, la Fédération de Russie et le Royaume-Uni - une importance supplémentaire. Chacun de ces pays a la possibilité de bloquer une proposition par un vote négatif, même si les quatre autre membres et les autres membres non permanents votent tous en faveur du projet. C'est ce qu'on appelle le droit de veto.
Ne faudrait-il pas réformer le Conseil?
Le groupe de travail de l'Assemblée générale sur la réforme du Conseil de sécurité, qui se compose de tous les États Membres, envisage d'éventuels changements.
Étant donné l'augmentation considérable du nombre des États Membres de l'ONU depuis 1945, particulièrement des pays en développement, ainsi que l'évolution des relations internationales, les États Membres ont reconnu la nécessité de réexaminer la composition du Conseil de sécurité. L'augmentation du nombre se ses membres permanents et non permanents, la rotation ou le partage des sièges au Conseil, la modification du droit de veto et l'amélioration des méthodes de travail du Conseil font partie des propositions présentées à l'Assemblée générale.
L'une des propositions ferait passer de 15 à 24 le nombre de membres, en ajoutant cinq membres permanents sans droit de veto (trois États en développement et deux États industrialisés) et quatre membres non permanents. On aurait ainsi l'Allemagne, le Japon et trois pays en développement comme nouveaux membres permanents. On a également suggéré de n'ajouter que des membres non permanents, les pays étant réélus périodiquement sur la base de leur contribution au maintien de la paix et aux activités de développement. Bien qu'aucune de ces propositions n'ait encore obtenu une approbation générale, l'Assemblée générale poursuit ses efforts pour trouver une formule de changement acceptable.
La réforme du Conseil de sécurité fait partie des questions dont traite le rapport de 2005 du Secrétaire générale, intitulé
« Dans une liberté plus grande ».
Entre-temps, le Conseil de sécurité a bien avancé la réforme de ses méthodes de travail, afin de les rendre plus transparentes. Plusieurs modifications apportées en 2001 aux procédures ont changé le déroulement des séances, la présentation des rapports et la documentation. Le Conseil continue à réfléchir aux moyens de rendre ses méthodes de travail encore plus transparentes.
Quel est le rôle du Conseil économique et social?
Le Conseil économique et social est l'instance centrale de l'ONU pour les questions économiques et sociales. Avec ses débats sur ces questions et sur les problèmes humanitaires, le Conseil joue un rôle essentiel, promouvant la coopération internationale au service du développement et fixant les domaines d'action prioritaires. Il coordonne les activités économiques et sociales des institutions spécialisées et des fonds et programmes des Nations Unies, et formule les moyens par lesquels donner suite aux grandes conférences des Nations Unies pour garantir que leurs décisions seront exécutées.
Le Conseil compte 54 membres élus par l'Assemblée générale pour trois ans. Il se réunit chaque mois pour de brèves sessions de quelques jours, et tient chaque année en juillet une session de fond au cours de laquelle une réunion spéciale de ministres examine les grandes questions économiques et sociales. Le Conseil permet aussi aux ONG de partager leur expérience avec l'ONU, maintenant ainsi un lien vital entre l'Organisation et la société civile.
Le Conseil a vu son rôle revitalisé ces dernières années, du fait qu'il a été à la pointe de l'action face à nombre des difficultés nées de la mondialisation. Coordonnant le travail de commissions qui s'occupent de domaines tels que la population, le développement durable et le développement social, il a dirigé les efforts face aux nouveaux défis, s'employant par exemple à réduire la « fracture numérique » entre les pays développés et en développement par ses travaux sur l'informatique et les télécommunications. Il est devenu dernièrement un des grands lieux de concertation, donnant aux représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international et à la communauté diplomatique des Nations Unies la possibilité de tracer de nouvelles orientations pour l'avenir.
Quel est le rôle du Secrétaire général?
Le Secrétaire général, le plus haut fonctionnaire de l'ONU, en est à la fois le dirigeant et le symbole aux yeux du monde, notamment parce qu'il est le grand médiateur international et l'artisan du maintien de la paix. Il dirige l'attention mondiale sur les grands problèmes de la planète, développement, désarmement, droits de l'homme, et est habilité à soumettre au Conseil de sécurité toute situation qui pourrait menacer la paix et la sécurité internationales. Pour régler les différends internationaux, il peut faire office de médiateur ou pratiquer la « diplomatie discrète » en coulisses.
L'impartialité du Secrétaire général est l'un des atouts les plus précieux de l'ONU. Il a intensifié ces dernières années sa « diplomatie discrète » pour empêcher les différends internationaux de se produire, de s'exacerber ou de s'étendre. Il a pris la tête des efforts engagés pour réorganiser et rationaliser les activités de l'ONU, travaillant en étroite liaison avec l'Assemblée générale et d'autres organes pour faire en sorte que les réformes soient profondes et coordonnées, et donnent à l'Organisation la possibilité de bien répondre à ce que lui demandent les États Membres.
Le Secrétaire général est également le Président du Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CCS), qui se réunit deux fois par an pour coordonner les activités par lesquelles on poursuit les objectifs communs des États Membres dans des domaines très divers. Le Conseil groupe les chefs de secrétariat de 28 organisations, dont les fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies, ainsi que l'Agence internationale de l'énergie atomique (organisme autonome placé sous l'égide de l'ONU) et l'Organisation mondiale du commerce - représentant donc l'ensemble du système des Nations Unies.
Comment le Secrétaire général est-il nommé?
Le Secrétaire général est nommé par l'Assemblée générale sur la recommandation du Conseil de sécurité. Le choix est donc soumis au veto de l'un quelconque des membres permanents du Conseil.
Les deux premiers Secrétaires généraux ont été Trygve Lie (Norvège) et Dag Hammarskjöld (Suède). Ces 40 dernières années, les pays se sont mis d'accord officieusement pour assurer par roulement la représentation des différents groupes régionaux à ce poste. Le Secrétaire général en exercice depuis janvier 2007 est M. Ban Ki-moon (Corée).
Bien qu'il n'y ait pas en principe de limite au nombre de mandats de cinq ans pour lesquels un Secrétaire général peut être nommé, aucun titulaire n'a été nommé jusqu'à présent pour plus de deux mandats.