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SIDA et zones rurales
- L’accès
à l’information et aux services de santé est plus restreint
dans les zones rurales que dans les villes. Les habitants y ont moins
de chances de savoir comment se protéger contre le VIH. S’ils
tombent malades, il est également moins probable qu’ils reçoivent
des soins adéquats.
- Les communautés
rurales paient un très lourd tribut car bien des habitants des
villes infectés par le VIH ont tendance, lorsqu’ils tombent malades,
à revenir dans leurs communautés rurales d’origine.
- Des études
ont montré que les taux de prévalence pouvaient être
anormalement élevés parmi les populations mobiles. Le
VIH/SIDA affecte ainsi tout particulièrement l’agriculture, le
transport et les mines, qui emploient de grands nombres de travailleurs
migrants.
Développement
en récession
- En frappant au
début de la vie professionnelle et parentale, le SIDA entrave
la transmission du savoir et de la compétence d’une génération
à l’autre. Ses effets sont dramatiques dans l’Afrique subsaharienne.
Une étude a montré qu’au Kenya, 7% seulement des foyers
d’agriculteurs ayant à leur tête un orphelin avait un savoir
suffisant en matière de production agricole.
- Au Ministère
de l’Agriculture du Kenya, on estime que 78% des décès
du personnel sont dus au SIDA. Au Ministère de l’Agriculture
et de l’Irrigation du Malawi, près de 16% du personnel vit avec
la maladie. Des chercheurs ont calculé que le VIH/SIDA a entraîné
la perte de 50% du temps de travail disponible chez les vulgarisateurs
agricoles en Afrique subsaharienne.
- Dans les régions
durement touchées de Thaïlande, un tiers des familles rurales
affectées par le SIDA ont vu leur production agricole réduite
de moitié, ce qui menace leur sécurité alimentaire.
Environ 15% ont dû retirer leurs enfants de l’école et
plus de la moitié des personnes âgées doivent se
prendre en charge elles-mêmes.
- Les familles rurales
et les foyers atteints par l’épidémie sont souvent contraints
de vendre leurs biens productifs pour pouvoir payer soins médicaux
et funérailles. Il est ensuite très difficile de remplacer
ces biens. Le prix à payer risque d’être le développement
à long terme des exploitations et des communautés.
Affaiblissement
des systèmes agricoles
- Plus d’un tiers
du produit national brut des pays d’Afrique les plus affectés
provient de l’agriculture. Les systèmes d’exploitation à
fort coefficient de main d’œuvre et avec un faible niveau d’investissement
agricole et de mécanisation sont particulièrement vulnérables
à l’épidémie.
- Le SIDA a tué
près de 7 millions de travailleurs de l’agriculture depuis 1985
dans les 25 pays les plus atteints d’Afrique. On estime que d’ici
2020 l’épidémie aura fait disparaître jusqu’à
25% de la main d’œuvre agricole dans les pays fortement touchés.
- Contrairement aux
autres maladies, le SIDA tue principalement des personnes qui sont dans
leurs années les plus productives, entre 15 et 49 ans. Le nombre
de malades sans cesse croissant et la nécessité de consacrer
de plus en plus de temps à leur donner des soins puis à
accomplir les rites funéraires a entraîné une importante
chute de productivité.
La sécurité
alimentaire est menacée
- La perte des biens
et la disparition des adultes productifs affectent gravement la capacité
des foyers à produire et acheter de la nourriture. Vente et abattage
massif du bétail pour pouvoir soigner les malades et nourrir
les participants aux funérailles ont été observés
en Namibie. C’est tout l’élevage qui est compromis et avec lui
la sécurité alimentaire et la survie à long terme
des communautés.
- Dans les zones
très atteintes, de nombreux foyers recueillent des parents malades
et prennent en charge les orphelins – la part de nourriture disponible
pour chacun des membres en est réduite au point que l’état
nutritionnel baisse, ce qui met la santé de tous encore plus
en danger.
Femmes en première ligne
- Les épouses
de travailleurs migrants sont particulièrement vulnérables
au VIH/SIDA dans la mesure où leurs époux risquent d'avoir
d'autres partenaires sexuel(le)s. Par ailleurs, des femmes dans cette
situation d’insécurité économique peuvent en venir
à échanger des rapports sexuels contre de l’argent ou
un don en nature.
- En zone rurale
comme en ville, l’épidémie ajoute encore à la charge
déjà considérable qui pèse sur les femmes
– elles travaillent, soignent, éduquent et enfantent. Et dans
le même temps, dans certains pays, leur statut légal, social
et politique les rend plus vulnérables au VIH/SIDA.
- Dans certains cas,
les traditions qui veulent que la veuve garde un droit à la terre
peuvent contribuer à la diffusion de l’épidémie.
C’est le cas de la coutume qui oblige un homme à épouser
la veuve de son frère. Les initiatives entreprises contre ces
traditions, si elles freinent effectivement la transmission du VIH,
peuvent malheureusement aussi priver les veuves d’un accès à
la terre et à la nourriture.
- Des études
dans plusieurs pays ont rapporté le cas de femmes dont le mari
était mort du SIDA et qui, pour survivre, ont recouru au commerce
du sexe parce qu’elles n’avaient aucun droit légal à hériter
des biens de leur mari.
Relever les défis
- Pour être
efficaces, les programmes de prévention et de prise en charge
doivent mieux prendre en compte la dynamique de l’épidémie
dans les zones rurales. Quelle que soit la complexité des problèmes,
on observe néanmoins une meilleure approche de ceux-ci et de
leur spécificité en zone rurale.
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de Presse: aide-mémoire
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