Logo de l'ONU

DÉCLARATION DU SECRÉTAIRE GÉNERAL ADJOINT
A LA COMMUNICATION ET A L'INFORMATION,
M. SHASHI THAROOR,
A L'OUVERTURE DE LA VINGT-SIXIEME SESSION DU COMITE DE L'INFORMATION
26 AVRIL 2004

J’ai l’honneur et le grand plaisir de m’adresser au Comité de l’information à sa vingt-sixième session. C’est toujours un honneur et un plaisir renouvelé, devrais-je dire. L’année écoulée a été marquée par une coopération étroite entre le Comité et le Département de l’information. À en juger par les paroles aimables et chaleureuses que le Président, l’Ambassadeur Iftekhar Ahmed Chowdhury, a eues à l’égard du Département en général et à mon égard en particulier, je suis certain que la coopération va se poursuivre et même s’intensifier. En cette période de réorganisation, le Département doit beaucoup à vos conseils, Monsieur le Président, et à la sagesse collective du Bureau, qui l’ont aidé à s’engager dans la bonne direction. Votre déclaration convaincante et riche d’enseignements est un nouvel exemple de cette sagesse. Vous avez dit que vous vous engagiez à faire de votre mieux. Permettez-moi de dire que vous avez déjà fait beaucoup, ce dont je vous remercie au nom du Département et de mes collègues. Nous sommes profondément reconnaissants à votre équipe, à votre bureau et à vos collaborateurs de l’appui et de la coopération continus que vous nous apportez.

Le Comité n’a cessé de s’élargir au fil des années. Avec l’arrivée de trois nouveaux États Membres – Saint-Vincent-et-les Grenadines, le Suriname et la Suisse – il compte maintenant 102 membres. D’autres États Membres ont également déclaré souhaiter participer aux travaux du Comité. Le Département de l’information a toujours accueilli favorablement les échanges constructifs qui se sont établis avec les membres du Comité. Votre participation active au débat général et les contacts entretenus tout au long de l’année avec le personnel du Département témoignent de l’intérêt que vous portez aux activités menées par l’Organisation en matière d’information mais aussi de votre ferme volonté de faire du Département un porte-parole véritablement efficace.

Lorsque je suis intervenu l’année dernière devant le Comité, l’Organisation était déjà aux prises avec les graves problèmes posés par la situation en Iraq. L’année 2003 a été une année difficile pour l’Organisation, une année tragique au cours de laquelle nombre de nos collègues de valeur ont trouvé la mort à Bagdad. L’Organisation en tant qu’institution a été considérablement affaiblie, certains allant même jusqu’à dire qu’elle était devenue inutile.

Un an après, il semblerait que l’Organisation ait trouvé un second souffle et qu’elle soit petit à petit perçue comme jouant à nouveau un rôle crucial dans l’ordre mondial.

Il est vrai que le moral a parfois été très bas, mais l’Organisation a quand même poursuivi son action décisive de par le monde. Le Comité sait bien qu’il est vain de vouloir mesurer la pertinence de l’Organisation en fonction de la manière dont elle fait face à une situation particulière. Nous savons que les médias préfèrent donner la priorité aux menaces patentes, telles que les actes de terrorisme et les dangers posés par les armes de destruction massive. Les menaces latentes, comme la pauvreté extrême, la faim, les maladies endémiques et infectieuses et la dégradation de l’environnement, qui touchent des millions de personnes, font rarement la une de l’actualité. On ne peut certes passer sous silence les risques posés par le terrorisme, les armes de destruction massive et les actes de génocide, mais on ne peut pas non plus ignorer l’extrême pauvreté, la faim et les maladies, qui sont le lot de millions de personnes dans les pays pauvres. Ces problèmes ne connaissent pas de frontières et il n’est de pays, aussi puissant soit-il, qui puisse les régler sans aide extérieure. La seule issue est d’agir collectivement, guidé par des objectifs communs, de préférence dans le cadre du système des Nations Unies.

Le Département de l’information ne peut choisir de traiter telle ou telle question au détriment de telle ou telle autre. Jour après jour, nous devons nous occuper de toutes les questions, qu’il s’agisse de menaces patentes ou latentes, de problèmes cruciaux ou de questions controversées. Nous n’avons d’autre solution que de répondre à l’actualité, généralement dans les points chauds du globe. Il s’agit aujourd’hui de l’Iraq et de son avenir et des allégations de malversations dans la gestion du programme « pétrole contre nourriture ». Nous ne pouvons pas pour autant nous contenter de nous faire l’écho des priorités des médias. Nous devons en permanence inciter les journalistes à brosser un tableau de la situation dans toute sa complexité, sachant qu’il y a d’autres questions cruciales qui méritent à tout le moins autant d’attention. On trouvera dans le rapport du Secrétaire général sur la poursuite de la réorientation des activités des Nations Unies dans le domaine de l’information et de la communication (A/AC.198/2004/2) une description des mesures prises et des progrès accomplis à cet égard, mais j’aurai l’occasion de revenir sur ce point par la suite.

Dans le cadre des activités entreprises pour rendre compte des priorités de l’Organisation – vos priorités – le Département entend consacrer la Journée mondiale de la liberté de la presse aux carences de la presse mondiale. En accord avec le Bureau, les manifestations prévues dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse se dérouleront dans la matinée du 3 mai, date retenue pour la célébration de la Journée, et se composeront de deux parties : une session institutionnelle et une table ronde sans caractère officiel. Le thème de la table ronde, « Reportage complet ou partiel : Qui décide? », a trait à 10 sujets d’importance mondiale qui mériteraient d’être traités de façon plus approfondie au niveau mondial et qui seront rendus publics par le Département. Nous avons délibérément choisi cette date afin de mettre en évidence l’importance du travail et des responsabilités du Comité.

Comme demandé aux paragraphes 12 et 88 de la résolution 58/101 B, je vais maintenant vous rendre compte des activités du Département et de la suite donnée à vos recommandations. À l’issue de consultations avec le Bureau, il a été décidé que l’information demandée dans la résolution 58/101 B et dans les résolutions 58/126 du 19 décembre 2003 et 58/270 du 23 décembre 2003 serait regroupée dans six rapports, le plus complet étant celui consacré à la poursuite de la réorientation des activités du Département de l’information. Les autres rapports ont porté sur des domaines plus circonscrits, notamment un examen approfondi des activités des bibliothèques, la rationalisation du réseau de centres d’information des Nations Unies, les activités du Groupe de la communication des Nations Unies en 2003 et, pour la première fois, un rapport sur l’amélioration de la diffusion des travaux et des décisions de l’Assemblée générale.

Je ne prétends pas être exhaustif en abordant les différents points que je viens de citer et je vais m’efforcer d’aller droit au but. Je crains cependant que vous ne trouviez mon intervention bien longue et je vous prie de bien vouloir me pardonner. Permettez-moi de vous rappeler qu’en concertation avec le Bureau, le Département organisera un échange de vues avec les membres du Comité sur les activités et le mode de fonctionnement du Département. Cette réunion remplacera la séance d’information officieuse traditionnelle et aura lieu aujourd’hui ici même, en salle de conférence 2, de 15 heures à 18 heures. Elle sera l’occasion pour vous d’interroger les fonctionnaires et les responsables du Département sur l’ensemble des opérations du Département. Elle sera particulièrement utile aux représentants qui participent pour la première fois aux travaux du Comité et ne connaissent pas bien les activités du Département. N’hésitez pas à vous joindre à nous cet après-midi. Nous commencerons la séance par un exposé audiovisuel de sept minutes afin d’orienter les débats. Essayez d’arriver avant 15 h 7 si vous ne voulez pas le manquer.

Avec la mise en œuvre du programme de réformes du Secrétaire général en septembre 2002, le Département a procédé à une restructuration de grande envergure, dirigée en grande partie par le Comité de l’information. Il a ainsi donné suite à la résolution 56/253, dans laquelle l’Assemblée générale demandait que l’on procède à une étude d’ensemble de la gestion et du fonctionnement du Département de l’information. L’Assemblée générale a fait siennes les recommandations que vous aviez formulées aux vingt-quatrième et vingt-cinquième sessions et s’est félicitée dans ses résolutions 57/130 B et 58/101 B des propositions du Secrétaire général et des mesures du Département tendant à améliorer les activités d’information. Aujourd’hui, à l’issue de la réforme, le Département a fait peau neuve, a réorienté son mandat et s’est doté de nouvelles modalités de fonctionnement et d’une nouvelle structure. Il a mis au point une nouvelle stratégie axée sur les clients, qui met l’accent sur le renforcement de la coordination à l’échelle du système et l’instauration d’une culture d’évaluation.

Je n’entends pas passer en revue chacun des éléments, puisque cela a déjà été fait en détail dans le rapport du Secrétaire général dont vous êtes saisis. Si vous me le permettez, je vais plutôt insister sur certains points et examiner avec vous les mesures qui ont donné de bons résultats et celles qui n’ont rien donné.

Dans le cadre de son processus de réformes et de réorientation, le Département de l’information s’est doté des outils nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par le Secrétaire général dans son rapport intitulé « Renforcer l’ONU : un programme pour aller plus loin dans le changement ». Les débuts ont été quelque peu chaotiques, mais les 12 mois que nous avons passés à organiser des réunions avec nos clients, à mettre au point des stratégies de communication et à coordonner les activités de planification et de mise en œuvre à l’échelle du système nous permettent de dire en toute bonne foi que nous avons su prendre les mesures qui s’imposaient.

Un nouvel élément dans notre travail est l’évaluation systématique de nos produits et activités à partir d’indicateurs de succès bien définis et mesurables.

Comme nous en avions informé les membres du Comité l’année dernière, le Département s’est associé au Bureau des services de contrôle interne dans le cadre d’un projet triennal qui vise à créer un mécanisme interne de suivi des résultats, qui ira bien entendu dans le sens du programme de réformes du Secrétaire général. L’année écoulée a été l’occasion d’instituer une évaluation annuelle de l’incidence des programmes. Le Bureau des services de contrôle interne se propose de systématiser le projet d’autoévaluation mené à titre expérimental dans le Département de l’information et de l’élargir aux autres départements. L’évaluation annuelle de l’incidence des programmes a permis aux directeurs de programmes d’établir des indicateurs de résultats et de collecter des données de référence afin d’évaluer l’efficacité des produits et des activités du Département au fil des années, compte tenu du nouveau mandat du Département et des objectifs que le Département et ses divisions se sont fixés. Comme vous l’aurez probablement remarqué, le Département a incorporé l’ensemble de données initiales dans le rapport sur la réorientation, afin de fonder la planification stratégique et l’instauration d’une culture d’évaluation sur des observations pratiques.

Nous savons que nous avons beaucoup à faire avant de pouvoir prétendre que nous sommes capables d’évaluer systématiquement l’incidence de tous nos produits et activités. Toutefois, l’évaluation annuelle de l’incidence des programmes a déjà encouragé les directeurs de programmes à prêter une plus grande attention aux résultats et à évaluer l’efficacité des programmes dans certains domaines. Quelques exemples vous donneront une idée des résultats obtenus jusqu’ici :

Nous avons pu déterminer ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas en arrêtant les réalisations escomptées et en définissant des indicateurs mesurables, comme la satisfaction des usagers. Par exemple, la Bibliothèque Dag Hammarskjöld a procédé à une enquête auprès de ses usagers, à laquelle j’espère que vous avez participé, ce qui lui a permis de se rendre compte que ceux-ci souhaitaient que des améliorations soient apportées dans un certain nombre de domaines. La plupart des usagers étaient dans l’ensemble satisfaits de la Bibliothèque, mais ne savaient pas avec exactitude quels services leur étaient offerts. Les responsables de la Bibliothèque ont immédiatement pris des mesures pour faire mieux connaître les programmes proposés.

Soucieux de revoir ses orientations et d’affiner ses outils opérationnels, le Département a établi des relations de partenariat officielles avec les départements du Secrétariat. Il coopère avec 24 départements clients et met au point une stratégie de communication pour chacune des priorités arrêtées en concertation avec eux. Il s’est aussi attaché à réunir les entités du système des Nations Unies dans un mécanisme de communication commun, le Groupe de la communication des Nations Unies, qui se compose de plusieurs groupes de travail et se réunit sur une base hebdomadaire, ce qui lui permet de parler d’une seule voix sur les questions jugées prioritaires par le système des Nations Unies. Permettez-moi de citer quelques exemples.

Le Sommet mondial sur la société de l’information, dont la première partie s’est tenue à Genève en décembre 2003, a posé des difficultés particulières aux fonctionnaires du Département. Le Département a coopéré étroitement avec l’Union internationale des télécommunications et a joué un rôle stratégique essentiel en définissant les orientations à suivre en matière de communication et, partant, les orientations politiques du Sommet. Nous avons insisté sur la liberté de la presse et nous avons tenté d’inciter les grands organes de presse à couvrir le Sommet aux côtés des organes et des milieux spécialisés. Nous nous sommes appuyés sur des contacts établis de longue date dans les milieux politiques et journalistiques pour élargir l’audience de nos organismes partenaires et avons appelé l’attention sur le Sommet en invitant des journalistes de renom à s’entretenir avec de hauts fonctionnaires et en assurant la publication de tribunes libres écrites par ceux-ci. La couverture médiatique a été très large et plutôt positive si l’on garde à l’esprit certains des problèmes rencontrés au cours de la première partie du Sommet. Nous nous apprêtons maintenant à participer à la seconde partie du Sommet, qui se déroulera à Tunis l’année prochaine.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida en 2003, le Département a coordonné une campagne médiatique de deux semaines dans l’ensemble du système. Il s’agit d’un nouveau type de campagne concentrée dans le temps au cours de laquelle le Département s’attache à faire publier des tribunes libres et organise des entretiens entre journalistes et hauts fonctionnaires afin que ceux-ci servent de porte-parole dans des régions cibles. Le Département s’est appuyé sur les centres d’information des Nations Unies pour toucher les populations locales et est parvenu à obtenir une couverture médiatique mieux ciblée et plus importante que par le passé.

Notre travail avec le Département des opérations de maintien de la paix est un autre exemple de collaboration avec un département client. Le Département de l’information et le Département des opérations de maintien de la paix ont réfléchi ensemble à la façon dont ils pouvaient appeler l’attention du public sur les besoins accrus en matière de maintien de la paix. Obtenir une aide de la part des États Membres en faveur d’opérations de plus en plus étendues, notamment mobiliser des effectifs militaires et des forces de police qualifiés et en suffisance, ne va pas sans difficultés. Les deux départements ont établi ensemble une brochure, disponible sur le site Web du Département des opérations de maintien de la paix, afin d’expliquer le caractère complexe et multidimensionnel des opérations de maintien de la paix. Le Département de l’information a aidé le Département des opérations de maintien de la paix à trouver preneur pour des tribunes libres rédigées par des membres de son personnel afin de sensibiliser le public aux problèmes rencontrés dans les opérations de maintien de la paix. Les deux départements continueront à chercher de nouvelles méthodes en vue de mieux faire connaître les opérations de maintien de la paix, notamment en faisant appel aux centres et aux services d’information des Nations Unies.

La planification du déploiement rapide et efficace de nouvelles missions est un autre domaine dans lequel la coopération est cruciale. Au cours de l’année écoulée, le Département de l’information a participé à des missions dirigées par le Département des opérations de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, au Libéria et en Haïti et a conduit une mission d’évaluation des besoins en matière d’information en Iraq. Au Libéria, il a dépêché du personnel afin d’aider à mettre la mission sur pied. Il a également participé à la planification des missions qui devaient être déployées au Burundi et au Soudan et a collaboré avec de hauts responsables du Secrétariat et de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq à l’établissement d’une composante information dans cette mission dans la perspective d’un retour de l’ONU en Iraq.

Le Département entretient des relations étroites avec les services d’information des missions et leur permet de réagir à tout changement de la situation. En décembre 2003, il a organisé et financé un atelier de deux jours à Dakar à l’intention de spécialistes responsables de l’information dans les opérations de maintien de la paix en Afrique et d’autres experts, l’objectif étant d’établir une stratégie commune en matière d’information sur les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion qui puisse être utilisée dans les futures missions. Le Département de l’information coopère actuellement avec le Département des opérations de maintien de la paix à la mise au point d’un stage de formation d’une semaine, qui se tiendra en juin 2004 à la Base de soutien logistique des Nations Unies à Brindisi (Italie). Le stage, qui est financé conjointement par le Ministère britannique du développement international, le Département des opérations de maintien de la paix et le Département de l’information, permettra de former des équipes d’attachés de presse, qui seront prêtes à être déployées rapidement et à remplir leurs fonctions cruciales sitôt que la mission à laquelle elles sont affectées est opérationnelle, voire avant. Cela sera possible parce qu’elles seront au fait des procédures de communication stratégiques, des procédures opérationnelles standard et des meilleures pratiques.

Le Département de l’information fait une plus large place aux opérations de maintien de la paix sur le site Web de l’Organisation et tient à jour des pages Web pour chacune des 57 opérations de maintien de la paix passées et présentes. Afin de suivre l’actualité au plus près, il a choisi de mettre à jour la plupart de ces pages en permanence avec les gros titres des événements les plus récents affichés sur le site Web du Centre de nouvelles de l’ONU. Il a également aidé les missions de maintien de la paix à mettre au point leurs propres sites Web.

Une autre priorité du Département est d’appuyer les activités menées par l’ONU dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, notamment en sensibilisant les États Membres à l’importance qu’il y a à ratifier et à appliquer les conventions existantes dans ce domaine. Les centres d’information des Nations Unies se sont efforcés de faire connaître auprès de différents groupes les 12 instruments de lutte contre le terrorisme adoptés par les Nations Unies. En outre, le Département continuera à promouvoir le rôle crucial joué par l’Organisation afin de lutter contre la pauvreté et l’intolérance et d’autres situations de nature à faciliter la propagation du terrorisme.

L’une des tâches les plus ardues auxquelles le Département s’est attelé pendant l’année écoulée a consisté à renforcer la capacité de l’ONU de communiquer efficacement avec les populations du Moyen-Orient. En effet, l’image de marque de l’Organisation dans cette région n’a cessé de se détériorer au fil des années, et, afin d’y remédier, le Département a pris une série de mesures à partir de 2003. C’est ainsi qu’à partir de juin dernier, nous avons commencé à travailler avec des collègues d’autres départements et organismes des Nations Unies à la mise au point d’une stratégie de communication à l’intention du Moyen-Orient et des pays arabes, laquelle a été adoptée en septembre 2003. Nous sommes convaincus qu’elle est de nature à redorer le blason de l’Organisation et à aider la population de la région à en savoir plus sur l’action de l’Organisation. En mai, nous rencontrerons nos collègues du système des Nations Unies, cette fois-ci à Beyrouth, pour examiner ensemble ce qui a été fait ces derniers mois dans ce domaine et établir un programme d’activités qui sera appliqué par nous tous.

Le Département participe aussi aux échanges de vues avec le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique au sujet d’une stratégie de communication et de mobilisation en faveur du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique. Le Conseiller spécial a été invité à présenter un projet au Groupe de la communication des Nations Unies à Nairobi en juin. Ce ne sera pas la première fois qu’il s’adressera au Groupe. La Section Afrique de mon département travaille sur deux projets qui serviront de point de départ à toute stratégie. Le premier projet concerne la publication d’une version facile à lire du programme du NEPAD, dans les langues parlées par la plupart des Africains, et s’adresse aux personnes qui participent à la mise en œuvre. L’autre est une publication qui exposera en quelques pages et en termes très simples les principes du programme et donnera des exemples de projets entrepris par le NEPAD.

Il y a 8 ans et 10 mois, l’Organisation se lançait dans l’aventure de l’Internet avec son premier site Web. Elle n’avait alors que peu d’expérience, des ressources modestes, aucun spécialiste et avait tout à découvrir et tout à faire. Depuis, sa présence sur le Web n’a cessé de s’affirmer au point que son site Web est considéré comme l’un des principaux sites d’information au niveau mondial. Les internautes consultent plus d’un million de pages tous les jours sur le site de l’ONU (<www.un.org>). Vous vous en souviendrez peut-être, mais je vous ai dit que le site de l’ONU avait été visité plus de 2 milliards de fois l’année dernière. Cette année, ce nombre devrait passer à 3 milliards, si l’on tient compte des pages Web dans les six langues officielles et surtout des sites créés par nos bureaux extérieurs dans 27 autres langues.

Notre incursion sur la Toile a ouvert de nouvelles voies d’intégration dans le Département et entre le Département de l’information et d’autres départements. À titre d’exemple, voici comment nous avons intégré l’Internet à nos modes de travail :

Conformément au souhait exprimé par les États Membres, le Département de l’information s’est employé, en sa qualité d’administrateur du site Web de l’ONU, à ce que toutes les langues officielles soient traitées sur un pied d’égalité. Il a adopté des méthodes novatrices afin de tendre vers le multilinguisme dans la limite des ressources existantes. Comme exposé dans le rapport sur la réorientation du Département, il a notamment décidé de créer un centre de nouvelles dans chacune des langues officielles. La nouvelle base de données qui sous-tend le Centre de nouvelles et qui, permettez-moi de le dire, a été mise au point en interne, donne accès aux dépêches les plus récentes sur différents thèmes et sujets à partir de n’importe quelle partie du site de l’ONU mais aussi à partir de n’importe quel site partenaire. Je sais que les sites Web de certaines missions permanentes sont directement reliés au Centre de nouvelles, mais vous pouvez aussi bénéficier d’un nouveau service qui permet d’afficher les informations les plus récentes concernant l’ONU directement sur votre site. Nous allons étendre ce service, enrichi de fonctions de recherche améliorées, à d’autres parties de notre site Web, telles que la partie consacrée aux communiqués de presse.

Une autre mesure novatrice, dont nous sommes très fiers, a consisté à conclure des accords avec des universités afin qu’elles assurent la traduction à titre gracieux des pages de notre site Web. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la modestie de nos ressources et les coupes budgétaires jouent depuis longtemps en notre défaveur. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer devant vous l’accord conclu avec l’Université de Salamanque en Espagne. Nous avons depuis passé des accords avec l’Université de Shaoxin en Chine et la faculté de langues de l’Université d’État de Minsk au Bélarus, lesquelles se chargeront de la traduction de documents qui seront ensuite révisés avant d’être affichés sur le site Web de l’ONU.

Le Département a encouragé et aidé les autres départements à publier leurs documents sur le Web dans toutes les langues officielles. Aujourd’hui, les sites linguistiques croissent à un rythme plus rapide que le site anglais, bien que les progrès ne soient pas aussi rapides que nous le souhaiterions, et ce, pour diverses raisons, les contraintes monétaires n’étant que l’une d’entre elles, quoique probablement la plus importante. L’intégration du Système de diffusion électronique des documents de l’ONU au site Web fera beaucoup pour améliorer la disponibilité des documents dans toutes les langues officielles.

Le Département a également répondu à la demande croissante dans le domaine de la gestion des connaissances. L’examen d’ensemble des services de bibliothèque (A/AC.198/2004/4) dont vous avez eu connaissance mettait en évidence le rôle moteur joué par la Bibliothèque Dag Hammarskjöld dans ce domaine. Avec le Comité directeur pour la modernisation et la gestion intégrée des bibliothèques de l’Organisation des Nations Unies, les bibliothèques de l’Organisation disposent d’un mécanisme qui leur permet de mettre les ressources en commun, de réduire les chevauchements d’activités et de mettre au point des pratiques, des produits et des services communs. Le Comité directeur a tenu quatre réunions, principalement par visioconférence, auxquelles ont participé toutes les bibliothèques partenaires.

Dans le cadre de la collaboration ainsi établie, la Bibliothèque Dag Hammarskjöld a fourni des services de conseil à l’Office des Nations Unies à Nairobi afin d’évaluer s’il serait possible de créer une bibliothèque commune dans ce lieu d’affectation et de déterminer quels seraient les mécanismes à mettre en place en vue de son fonctionnement. Depuis, la bibliothèque du Programme des Nations Unies pour l’environnement a commencé à proposer de fait des services communs à Nairobi, avec une aide matérielle du Programme des Nations Unies pour les établissements humain et du Programme des Nations Unies pour le développement. En toute logique, la prochaine étape serait de poser les fondements administratifs et de demander à l’Assemblée générale de donner à la bibliothèque du PNUE le statut de bibliothèque des Nations Unies et les moyens financiers de fonctionner comme telle.

En tant que porte-parole de l’Organisation, le Département se doit plus que jamais de toucher le grand public et de nouer des partenariats avec la société civile, les organisations non gouvernementales, les enseignants, les étudiants et le secteur privé de façon de plus en plus intégrée. Les succès que nous avons remportés au cours de l’année écoulée – dont beaucoup sont décrits dans le rapport du Secrétaire général sur la réorientation du Département – ne tiennent pas seulement au fait que nous avons transmis notre message au grand public mais s’expliquent aussi parce que nous avons associé les populations à un débat solidement étayé et dynamique sur l’Organisation, ses succès et ses échecs ainsi que sur son passé, son présent et l’avenir dont elle est porteuse.

Notre ouverture sur la société civile, en particulier les organisations non gouvernementales, nous offre plus d’une occasion de conclure des partenariats et de mettre en commun l’information avec 1 400 organisations non gouvernementales associées au Département et les organisations dotées du statut consultatif auprès du Conseil économique et social. Nous continuons à multiplier les contacts avec les enseignants à tous les niveaux, à élargir et à renforcer les liens qui nous unissent à ce que j’oserais appeler, au risque de chagriner les interprètes, le monde « éducable ». Nous nous attachons dans le cadre du Projet global d’enseignement et d’apprentissage et de son composant en ligne, le CyberSchoolBus, à proposer des modules d’enseignement de qualité qui sont mis à disposition des élèves du monde entier aussi bien en ligne que sous forme imprimée. Le Département s’est doté d’un outil multimédia dans le cadre du projet Les Nations Unies travaillent pour tous, qui lui permet de donner un visage humain à des problèmes mondiaux cruciaux et de montrer comment l’Organisation peut changer le cours des choses.

Monsieur le Président, dans un entretien publié dans le dernier numéro de Chronique ONU, vous avez déclaré que « d’une certaine façon, savoir quelles questions poser, c’est connaître la moitié de la réponse ». Votre remarque s’appliquait à un tout autre contexte, mais elle me semble résumer parfaitement ce que j’appellerai la philosophie qui sous-tend nos activités de sensibilisation, à savoir la prise de conscience que l’ONU doit puiser les idées de nature à faciliter le règlement des problèmes sans frontières, qui sont le propre de notre époque, dans le vaste réservoir de pensée et de talents que recèle le monde. Si nous parvenons à poser les bonnes questions au moyen de nos programmes d’information et de sensibilisation du grand public et de nos programmes plus ciblés, ne pouvons-nous pas penser que nous sommes à deux doigts de trouver les bonnes réponses?

Lors de notre réunion cet après-midi, nous consacrerons plus de temps à la question et aux réponses possibles, ou à tout le moins nous chercherons des réponses partielles. Quoi qu’il en soit, nous savons que vous ne vous contenterez pas de nous poser des questions et que vous profiterez de l’occasion pour revenir sur nos réponses. Nous nous prêterons à l’exercice bien volontiers.

Passons maintenant à la question de la régionalisation du réseau des centres d’information des Nations Unies.

Au cours de l’année écoulée, le Département a continué de donner suite aux propositions du Secrétaire général concernant la rationalisation des centres d’information et a réorganisé son réseau autour de pôles régionaux. Les propositions portaient sur deux points. Tout d’abord, aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable de mobiliser l’opinion publique mondiale en faveur de l’Organisation en faisant mieux connaître le rôle joué par celle-ci. Dans le même temps, nous ne disposons plus de ressources suffisantes pour mener à bien cette tâche en nous appuyant sur des centres disséminés un peu partout. En principe, les centres d’information des Nations Unies sont censés fournir des services à plusieurs pays, mais dans la pratique les contraintes budgétaires sont telles qu’ils ne desservent que la capitale du pays hôte. Du fait des coupes budgétaires imposées par l’Assemblée générale dans les années 90, qui ont abouti à la suppression de nombreux postes, de la stagnation des ressources, de l’érosion des budgets opérationnels liée à l’inflation et des nouvelles coupes opérées l’année dernière, de trop nombreux centres sont actuellement incapables de s’acquitter des fonctions opérationnelles essentielles et se contentent de vaquer à leurs occupations administratives.

Autrement dit, compte tenu des contraintes budgétaires, l’Organisation n’a d’autre solution que de rationaliser le réseau de centres d’information et de le réorganiser autour de pôles régionaux afin d’être présente sur le terrain de façon véritablement opérationnelle. Je tiens à ajouter qu’il ne s’agit nullement de réduire les moyens d’information dans les pays actuellement desservis par des centres d’information des Nations Unies, mais de réduire les coûts administratifs liés au fonctionnement du réseau, à savoir les dépenses de personnel administratif et les frais de fonctionnement de base inévitablement associés au maintien d’un centre, tels que les frais de location et d’entretien des locaux, les charges et les dépenses de sécurité. Nous entendons utiliser à meilleur escient les modestes ressources qui nous sont allouées en les redirigeant vers un plus petit nombre de centres régionaux stratégiquement placés, tout en rendant nos activités d’information plus efficaces. Dans le même temps, nous voulons maintenir des moyens d’information dans chaque pays et nous veillerons à ce que des spécialistes de l’information recrutés sur le plan national soient affectés aux équipes de pays des Nations Unies, y compris dans les endroits où des centres d’information auront été fermés.

On peut donc dire que le Département a adopté une politique de communication plus stratégique et, en toute honnêteté, je ne crois pas que notre situation financière nous permette d’agir autrement.

L’année dernière, l’Assemblée générale a exposé avec précision tout un ensemble de mesures dans sa résolution 58/101 B et le Département y a donné suite. Les États Membres ont notamment recommandé que l’on commence par créer un centre régional pour l’Europe occidentale. J’ai le plaisir d’informer le Comité que le nouveau Centre d’information régional des Nations Unies pour l’Europe occidentale est opérationnel à Bruxelles depuis le 1er janvier 2004 et que les neuf centres d’information qui desservaient la région ont fermé leurs portes le 31 décembre 2003, ce qui n’est allé ni sans peine ni sans douleur. Le nouveau Centre est moderne et doté de nombreux moyens, mais n’est pas encore totalement opérationnel, puisqu’il occupe actuellement des locaux provisoires et que certains postes restent encore à pourvoir. Il permettra à l’Organisation de mettre en oeuvre un programme d’information plus dynamique, plus cohérent et mieux coordonné dans l’ensemble de la région. Nous nous proposons d’évaluer le fonctionnement du Centre d’ici quelque temps et nous ne manquerons pas de vous faire part de nos conclusions.

La deuxième mesure exposée dans la résolution est d’adopter une démarche semblable dans d’autres pays développés où les coûts sont très élevés. Sont concernés Sydney, Tokyo et Washington. Vous accueillerez probablement avec satisfaction l’accord négocié par le Département avec le Gouvernement australien, accord aux termes duquel le Centre de Sydney déménagera à Canberra, dans des locaux fournis à titre gracieux, dans le courant de l’automne 2004. Les ressources ainsi dégagées permettront au Centre de mieux remplir son rôle de pôle régional et de desservir les pays du Pacifique Sud. Le but n’est pas tant d’économiser le prix du loyer que nous payons à Sydney mais de rediriger les fonds vers les tâches opérationnelles qui seront conduites à partir de Canberra. Nous nous proposons de suivre la même démarche dans le cadre du projet de régionalisation dans les pays en développement.

J’ai également le plaisir de vous annoncer que le Gouvernement japonais a proposé de verser une contribution extrabudgétaire en 2005 destinée à financer les frais d’entretien et les charges annuelles du Centre d’information des Nations Unies à Tokyo, lesquels sont loin d’être négligeables. Cela s’ajoute à la contribution volontaire très généreuse qu’il verse tous les ans à l’appui des activités du Centre d’information. Le Centre est accueilli à Tokyo dans des locaux de l’Université des Nations Unies prêtés à titre gracieux. Compte tenu du fait que le Centre de Washington s’acquitte d’importantes tâches de liaison avec diverses institutions du pays hôte, nous cherchons d’autres moyens de réaliser des économies, par exemple en installant le Centre dans des locaux plus petits et moins onéreux lorsque le bail actuel arrivera à expiration en 2005.

La troisième mesure dont il est question dans la résolution 58/101 B a trait à l’établissement d’un rapport qui permettra de savoir où en est la régionalisation, l’objectif tant d’appliquer la même formule à d’autres régions. À cet égard, je vous renvoie au rapport sur la rationalisation du réseau des centres d’information des Nations Unies (A/AC.198/2004/3), dans lequel le Secrétaire général expose la stratégie et les modalités qu’il est proposé d’appliquer dans les autres régions.

Il faut tenir compte du fait que l’objectif de la régionalisation des centres d’information n’est pas de réduire les ressources allouées aux activités d’information, mais de renforcer les courants et l’échange d’informations. À cet égard, la création du centre régional de Bruxelles permettra de libérer trois postes D-1 et un certain nombre de postes d’agent des services généraux et, partant, d’accroître légèrement les ressources en personnel mises à disposition des centres dans les pays en développement. Malheureusement, cette bonne nouvelle ne suffit pas à faire oublier les coupes claires pratiquées dans les ressources opérationnelles à la suite de la décision de l’Assemblée générale, exposée au paragraphe 39 de la résolution 58/270, de réduire de 2 millions de dollars le montant alloué aux centres d’information des Nations Unies.

Le Département a toujours considéré que la régionalisation ne visait pas à réduire les coûts, mais à améliorer les activités d’information sur le terrain. Les centres d’information régionaux ne seront efficaces que s’ils sont dotés de ressources opérationnelles suffisantes, en particulier pour les voyages et les communications. J’invite donc le Comité à prier l’Assemblée générale d’appuyer l’initiative de réforme du Département en renonçant à réduire les crédits budgétaires et en allouant des ressources opérationnelles suffisantes aux bureaux extérieurs, notamment aux centres régionaux. Je suis convaincu que la régionalisation est la voie à suivre pour les raisons que je viens d’exposer, mais je crois aussi que si nous ne parvenons pas à démontrer aux États Membres que nous pouvons rediriger les ressources administratives vers les activités d’information et que nous nous contentons de réaliser des économies, alors nous n’obtiendrons pas l’appui dont nous avons besoin dans ce Comité et à l’extérieur pour que les réformes proposées portent véritablement leurs fruits.

Notre objectif, tel qu’exposé dans le rapport du Secrétaire général, est d’aider les peuples du monde, notamment ceux des pays en développement, à en savoir plus sur l’Organisation des Nations Unies. Nous sommes conscients que l’infrastructure d’information et de communication des pays en développement est inadéquate. C’est pourquoi nous proposons de rester présents, dans toute la mesure possible, dans les pays desservis par des pôles régionaux en affectant des spécialistes de l’information dans les bureaux des coordonnateurs résidents. J’ai déjà pris contact avec Mark Malloch Brown, Président du Groupe des Nations Unies pour le développement et Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement, afin de mettre au point les nouvelles modalités qui permettront au Département de continuer à être présent sur le terrain, l’objectif étant de tirer parti du réseau de coordonnateurs résidents et d’améliorer encore la cohérence de la présence du système des Nations Unies sur le terrain.

Contrairement à la solution retenue en Europe occidentale, c’est-à-dire un grand centre régional, le modèle que nous nous proposons de suivre dans les pays en développement consisterait à créer plusieurs centres de taille plus modeste. Pour illustrer le fonctionnement de ce nouveau modèle, nous avons choisi d’une façon très provisoire les emplacements des sièges des centres d’information régionaux. Le choix définitif sera influencé par les opinions exprimées par les membres du Comité de l’information et sera arrêté à la suite de consultations intensives avec les États Membres. Je tiens à souligner à ce propos qu’il est particulièrement important de faire preuve de souplesse dans l’adaptation du modèle aux réalités propres aux pays en développement et aux particularités de chaque région et pays. Je voudrais à cette occasion inviter les membres du Comité à prendre en considération les directives et les critères de régionalisation qui figurent à l’annexe II du rapport sur la rationalisation du réseau des centres d’information des Nations Unies, au moment où ils aborderont la question des sièges proposés pour les centres régionaux.

J’attends avec un vif intérêt les vues des membres du Comité alors que nous entamons la phase capitale du processus de régionalisation, à savoir la création de centres régionaux dans les pays en développement. Nous comptons sur vos recommandations pour la poursuite de la mise en œuvre de l’initiative, sachant que le Secrétaire général nous a accordé un délai de trois ans à partir de 2003 pour mener à bien le processus de régionalisation.

Le Département de l’information est déterminé à produire des programmes de qualité et soigneusement ciblés. À cette fin, il a formulé et soumis à votre examen un projet de cadre stratégique pour l’exercice 2006-2007 (A/AC.198/2004/7), dans lequel il esquisse ses grandes orientations. S’appuyant sur les quatre sousprogrammes, il précise ses futurs objectifs de travail et décrit ses indicateurs de succès. Le cadre stratégique s’inscrit dans la logique de la culture d’évaluation et de gestion des résultats adoptée par le Département et représente un plan pour l’avenir, dont l’objectif premier est de permettre aux peuples du monde de profiter au quotidien des fruits du travail de l’Organisation.

À ce sujet, permettez-moi d’appeler votre attention sur l’article 104.6 du Règlement et des règles régissant la planification des programmes, les aspects du budget qui ont trait aux programmes, le contrôle de l’exécution et les méthodes d’évaluation, et de vous inviter à examiner le projet de plan de programme biennal et à présenter vos observations sur la question au Secrétaire général. Comme vous le savez, le projet de plan, modifié selon qu’il sera utile, sera d’abord soumis au Comité du programme et de la coordination à sa quarante-quatrième session. Les recommandations du Comité seront transmises à l’Assemblée générale à sa cinquante-neuvième session dans le cadre de l’examen par cette dernière du projet de cadre stratégique pour l’exercice 2006-2007.

Selon un proverbe africain, le meilleur moment pour planter un arbre, c’était il y a 20 ans, mais il est encore temps de le faire aujourd’hui. La réforme n’est pas à proprement parler comparable à l’acte de planter un arbre, mais elle demande cependant beaucoup de soins et d’attention. L’arbre que nous avons planté a maintenant deux ans et sa longévité sera fonction des soins que nous lui prodiguerons mais aussi de l’appui que vous nous donnerez.

Je sais que vous examinerez attentivement certaines des questions dont vous êtes saisis. Vos recommandations sont indispensables pour que le programme de réformes du Secrétaire général puisse se poursuivre et porter ses fruits. J’attends beaucoup des échanges constructifs que nous ne manquerons pas d’avoir avec les délégations sur tous les aspects concernant l’information. Je suis persuadé que vous tirerez les conclusions qui s’imposent, aussi délicates et politiquement difficiles puissent-elles être. Après tout, comme le grand philosophe et écrivain romain, Sénèque, l’a dit, « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

***