Déclaration de M. Simon Pidoux, Conseiller (Suisse)
30 avril 2008
Monsieur le Président,
Permettez-moi tout d'abord de m'associer aux félicitations et voeux de succès exprimés par mes distingués collègues lors des précédentes interventions. Je puis vous assurer également le plein soutien de la Suisse dans votre tâche de conduite des travaux de cette 30 ème session du Comité de l'information.
Monsieur le Président,
Ma délégation tient à remercier le Secrétaire général adjoint M. Akasaka pour sa présentation des différents rapports et la mise en perspective de leurs points saillants. La Suisse désire également relever l'excellent travail du Département de l'information qui a su relever les défis liés à l'agenda chargé de l'année écoulée. Je pense notamment à la remarquable couverture de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques tenue à Bali en décembre dernier. La Suisse souhaite que le Département de l'information consente un effort comparable pour la mise en avant des festivités liées au 60 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Poursuite des efforts de rationalisation
Monsieur le Président,
Après la phase ponctuelle de réorientation effectuée par le Département de l'information, nous sommes convaincus qu'il convient maintenant de répondre de façon continue et pragmatique aux évolutions rapides du monde des médias afin que le Département de l'information puisse offrir à ses « clients » les meilleurs produits possibles, seuls capables d'assurer une large diffusion de l'information liée aux travaux des Nations Unies.
Ces efforts de rationalisation doivent commencer par s'appliquer aux travaux de ce comité. Ma délégation souhaite que nous puissions produire ensemble une résolution plus lisible. Osons abandonner cette vaine quête de l'exhaustivité qui ne produit souvent qu'une suite d'éléments étriqués et dilués. Osons opter pour une approche plus incisive, privilégiant un nombre plus limité de priorités. Il nous semble très important que le Département de l'information puisse baser ses travaux sur une mission et des objectifs bien définis par les travaux de ce comité. Ma délégation soutient également l'idée d'éviter qu'une même question soit examinée de façon redondante dans différentes enceintes.
A leur tour, les différents centres d'information doivent pouvoir baser leurs travaux sur une mission et des objectifs clairement définis par le Département de l'information. Ces éléments permettront ainsi de mieux cerner les compétences respectives, de mesurer les résultats obtenus et d'opérer éventuellement les adaptations nécessaires pour une action efficace. Afin d'augmenter la qualité de la diffusion de l'information sur les activités des Nations Unies, la Suisse entend maintenir son attention sur le contenu et non sur la forme de la rationalisation. Ainsi, si l'expérience de régionalisation entreprise avec la création du Centre régional de Bruxelles a permis de créer des gains en termes de synergies, il a également permis de constater que ce modèle comportait certaines limites. La Suisse regrette les positions très tranchées idéologiquement concernant ce modèle de rationalisation. Ma délégation entend tirer les enseignements positifs et négatifs de cette expérience afin de poursuivre une rationalisation intelligente et pragmatique, tenant compte des spécificités régionales.
Site internet de l'ONU, multilinguisme et réseau des bibliothèques
Monsieur le Président,
Ma délégation salue les améliorations du site internet et considère cet instrument comme un outil très efficace dans la tâche d'information des Nations Unies. Au vu de son importance, nous encourageons le Département de l'information à poursuivre ses efforts dans le but d'atteindre la parité linguistique du contenu de ce site internet dans les différentes langues officielles des Nations Unies. La Suisse est aussi consciente que les médias traditionnels restent, dans certaines parties du monde, le meilleur moyen de diffuser efficacement des informations.
Si la Suisse est par nature favorable au multilinguisme, elle défend sur ce point une approche pragmatique, conjuguant l'efficacité du travail de communication et la nécessité d'un usage aussi large que possible des langues officiellement reconnues au sein de l'Organisation. C'est ainsi que la Suisse soutient le multilinguisme non pas en tant que fin en soi, mais comme un moyen favorisant une meilleure diffusion des messages des Nations Unies dans certaines régions.
Concernant le réseau de bibliothèques, la Suisse salue l'orientation moderne valorisant des réseaux de communautés qui partagent leurs connaissances. Concernant la proposition de changement de nom de la Bibliothèque Dag Hammerskjöld, ma délégation aimerait connaître l'avis du Département de l'information sur les éventuelles implications opérationnelles pour l'ensemble du réseau des bibliothèques des Nations Unies.
Monsieur le Président,
Vous l'aurez constaté, le mot « pragmatisme » est revenu à plusieurs reprises dans mon intervention. La Suisse est convaincue que les travaux de ce comité peuvent et doivent éviter les pièges de la politisation et des postures par trop idéologiques. En basant ses travaux sur la recherche de solutions pragmatiques et empreintes de bons sens, ce comité devrait être en mesure de produire des lignes directrices plus claires et concrètes pour le Département de l'information, assurant ainsi le succès de cette 30 ème session du Comité de l'information.
Je vous remercie.