Le Sommet en direct Sommet mondial pour le développement durable

Département de l'information
- Division de l'information et des médias - New York
Site de l'ONU
Johannesburg, Afrique du Sud
26 août-4 septembre 2002
ENV/DEV/J/33
4 septembre 2002

17e séance plénière
Communiqué final


LE SOMMET DE JOHANNESBURG RECOMMANDE UNE SERIE DE MESURES POUR REDUIRE LA PAUVRETE ET PROTEGER L'ENVIRONNEMENT

Ces mesures portent sur plusieurs domaines d'activités,
en particulier l'eau, la santé, l'énergie, l'agriculture et la diversité biologique

Le Sommet mondial pour le développement durable a clos ses travaux ce soir en adoptant une Déclaration politique et un Plan de mise en œuvre de dispositions qui portent sur un ensemble d'activités et de mesures à prendre afin d'aboutir à un développement qui tienne compte du respect de l'environnement. Ce faisant, le Sommet qui a vu la participation de plus d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement et de plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d'organisations non gouvernementales a abouti, après plusieurs jours de délibérations, du 26 août au 4 septembre, à des décisions qui portent, entre autres, sur l'eau, l'énergie, la santé, l'agriculture et la diversité biologique.

Dans le domaine de l'eau, le Plan de mise en oeuvre encourage des partenariats entre les secteurs public et privé fondés sur des cadres réglementaires établis par les gouvernements. Pour ce qui est de l'énergie, la nécessité de diversifier l'approvisionnement énergétique est soulignée ainsi que celle de faire une place plus large aux sources d'énergie renouvelable dans l'offre énergétique mondiale. En matière de santé, les engagements pris dans la lutte contre le VIH/sida sont réaffirmés et l'accent est mis sur le droit des Etats d'interpréter l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle touchant au commerce (ADPIC) de manière à promouvoir l'accès de tous aux médicaments.

Concernant l'agriculture, des négociations globales sur l'Accord sur l'agriculture de l'OMC sont envisagées et celles-ci visent notamment l'accès aux marchés et la réduction des subventions à l'exportation. S'agissant de la biodiversité, le Plan de mise en oeuvre préconise la mise en place d'un régime international pour assurer un partage juste et équitable des bénéfices découlant de l'utilisation des ressources génétiques. Le texte comprend des dispositions sur le Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre dans lesquelles les Etats qui l'ont ratifié engagent vivement ceux qui ne l'ont pas encore fait à le ratifier sans délai. Font également l'objet de dispositions, la création d'un fonds de solidarité mondiale pour l'élimination de la pauvreté et le lancement de programmes décennaux pour appuyer les initiatives régionales et nationales visant à accélérer le passage à des modes de production et de consommation viables.

Le Plan de mise en oeuvre, composé de neuf chapitres, a été diversement accueilli par les participants au Sommet. Nous n'avons pas été à la hauteur des défis, a par exemple déclaré le Président du Venezuela, au nom du Groupe des 77 et la Chine, résumant ainsi un sentiment partagé par les représentants des ONG. Dans le même ordre d'idées, le représentant du Danemark, au nom de l'Union européenne, a proposé une initiative en matière d'énergie pour "aller plus loin" que les objectifs du Plan. Les deux textes adoptés, cet après-midi, résultent de processus distincts faits de négociations intergouvernementales, d'un dialogue multipartite, de tables rondes de chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que d'annonces de partenariats de type 2 ou initiatives non négociées pouvant impliquer des gouvernements, des organisations internationales et des représentants des grands groupes.

En plus des 218 initiatives de partenariats soumises au Secrétariat du Sommet, environ une soixantaine d'autres ont été annoncées, à Johannesburg, à partir du 29 août. L'Union européenne a, par exemple, annoncé deux initiatives importantes dans les domaines de l'énergie et de l'eau pour lesquelles elle consacre respectivement 700 millions d'euros et 1,4 milliard d'euros. Les Etats-Unis ont annoncé cinq grandes initiatives, entre autres, en faveur des pauvres financés à hauteur de 970 millions de dollars et pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et la malaria financé à hauteur de 1,2 milliard de dollars pour 2003.

Compte tenu de la complexité des questions du développement durable, les organisateurs du Sommet ont souhaité une réunion dans laquelle tous les protagonistes identifiés, au Sommet de la Terre de Rio en 1992, participeraient sur un pied d'égalité. Aussi, ce Sommet a-t-il été marqué par une présence importante des représentants des grands groupes au nombre desquels il faut signaler le monde de l'industrie et du commerce. Ces 8 227 représentants ont ainsi eu l'occasion de faire connaître leurs préoccupations et priorités à la communauté internationale, aux Etats, aux institutions des Nations Unies et à la société civile en général.

C'est le domaine de l'énergie qui a suscité le plus de propositions dont celles d'augmenter à 15%, d'ici à 2010, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique mondiale. Un débat a également eu lieu sur la question de l'accès à l'eau au cours duquel certains, considérant cet accès comme un droit de l'homme, ont préconisé la gratuité de ses services. Des intervenants ont également invité à une ratification universelle du Protocole de Kyoto.

PLAN DE MISE EN ŒUVRE (A/CONF.199/L.3/Add.1 à 13)

Lutte contre la pauvreté

Rappelant la Déclaration du Millénaire de réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de personnes dont le revenu est inférieur à un dollar par jour, les chefs d'Etat et de gouvernement préconisent, entre autres, la création d'un fonds de solidarité mondiale pour l'élimination de la pauvreté et la promotion du développement humain et social. Ils soulignent le caractère volontaire des contributions et la nécessité d'éviter les doubles emplois avec les fonds existants des Nations Unies. Les chefs d'Etat et de gouvernement préconisent d'encourager la coopération internationale pour aider les pays en développement à lutter contre le travail des enfants et à en éliminer les causes, notamment par des politiques économiques et sociales visant l'élimination de la pauvreté.

Modification des modes de consommation et de production non viables

Les chefs d'Etat et de gouvernement appellent les pays développés à montrer la voie sur la base du principe de responsabilités communes mais différenciées. Ils encouragent l'élaboration d'un ensemble de programmes décennaux pour appuyer les initiatives régionales et nationales visant à accélérer le passage à des modes viables. Tous les pays doivent agir, insistent-ils, en tenant compte des besoins et des moyens des pays en développement, grâce à la mobilisation de toutes les sources d'assistance financière et technique et au renforcement des capacités. Ils demandent l'adoption et l'application de politiques et mesures visant à promouvoir des modes viables en appliquant le principe de pollueur-payeur.

Ils préconisent la mise au point et l'adoption, à titre volontaire, des moyens d'information du consommateur efficaces, transparents, vérifiables et non discriminatoires en vue de diffuser des informations sur la consommation et la production viables, y compris en ce qui concerne la santé et la sûreté. Ces moyens, préviennent-ils, ne devront pas être utilisés en tant qu'obstacles occultes au commerce. Ils préconisent en outre l'accroissement des investissements dans les domaines de la production non polluante et de l'écorendement grâce notamment à des mesures d'incitation telles que l'octroi de prêts financés par l'Etat, de capitaux à risque et d'une assistance technique et de programmes de formation à l'intention des PME.

Les chefs d'Etat et de gouvernement encouragent le secteur industriel à améliorer sa performance sociale et écologique grâce à des initiatives volontaires, notamment des systèmes de gestion de l'environnement, des codes de conduite, des mesures de certification et la publication d'informations sur des questions écologiques et sociales. Aussi, appellent-ils à une diversification de l'approvisionnement énergétique par la mise au point de technologies perfectionnées reposant sur l'usage des combustibles fossiles et des sources d'énergie renouvelable qui devraient être transférées aux pays en développement à des conditions préférentielles. Ils demandent l'utilisation de meilleurs signaux du marché et l'élimination des distorsions du marché, y compris par la restructuration de la fiscalité et l'élimination progressive d'éventuelles subventions préjudiciables. Ils demandent en outre aux Etats de renforcer et d'encourager les instances de dialogue entre les producteurs et les consommateurs d'énergie aux échelons régional, national et international.

Protection et gestion des ressources naturelles

Des appels sont lancés en faveur du lancement d'un programme d'action avec une assistance financière et technique en vue de réaliser l'objectif énoncé dans la Déclaration du Millénaire, à savoir réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de personnes qui n'ont pas accès à l'eau. Ils appellent les pays à faciliter l'instauration de partenariats entre le secteur public et le secteur privé et d'autres formes de partenariats qui donnent l