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Johannesburg, Afrique du Sud
26 août-4 septembre 2002

30 août 2002



CONFERENCE DE PRESSE SUR LA PANDÉMIE DU VIH/SIDA

"40 millions de personnes sont atteintes du VIH/sida, dont 28 millions en Afrique sub-saharienne, ce qui pose de réels problèmes pour le développement durable" a dit en substance M. Peter Piot, Directeur exécutif d'ONUSIDA au cours d'une conférence de presse à laquelle participaient entre autres, M. Mechai Viravaidya, Président de l'Association thaïlandaise de lutte contre le VIH/sida " Population and Community Development Association (PDA) ".

M. Peter Piot a prévenu que si la pandémie du VIH/sida n'est pas maîtrisée dans les pays en développement, on peut oublier tous les objectifs en matière de développement durable. Car, sans la bonne santé, il n'y a pas de développement et les conséquences du VIH/sida déstabilisent les sociétés. Ce que nous devons faire, a-t-il ajouté, c'est d'abord croire que le succès est possible dans la lutte contre ce fléau, que l'on peut maîtriser cette catastrophe, et nous en avons la preuve. A titre d'illustration, il a cité les exemples que constituent des pays comme l'Ouganda et la Zambie où le taux de prévalence diminue. Lutter contre le VIH/sida, a-t-il insisté, n'est pas uniquement la charge des gouvernements, mais aussi des milieux d'affaires et de toute la société civile. Aussi, a-t-il espéré que le Plan d'action de ce Sommet mettra en relief les objectifs visés.

M. Mechai Viravaidya a fait part de l'expérience de la Thaïlande et a déclaré que sans engagement politique de la part des gouvernements nous ne pouvons lutter contre la pandémie du VIH/sida. Il a insisté sur la nécessité de voir les Présidents des pays prendre la tête des Comités nationaux de lutte contre le VIH/sida. Il faut intervenir dès les écoles, mais aussi sur les lieux de travail. Il faut savoir, a-t-il prévenu, que chaque personne qui meurt du VIH/sida représente une perte de 20 000 dollars pour nos pays. La Thaïlande est entrain de fabriquer ses propres médicaments, pour un coût d'1 dollars par jour, pour qu'ils soient accessibles aux plus démunis.

Répondant aux questions de journalistes, M. Peter Piot s'est dit déçu du fait que la question du VIH/sida n'occupe pas la place qu'elle mérite dans les textes du Sommet mondial. Il a regretté que l'importance du VIH/sida en tant que question du développement ne soit pas abordée dans les négociations internationales relatives au commerce. En ce qui concerne les ressources à engager, il a souligné que les engagements des donateurs se montent à 3 milliards de dollars en 2002, soit une multiplication par six par rapport à il y a quatre ans. Mais, a-t-il prévenu, d'ici à 2005, il faudra 10 milliards de dollars chaque année pour lutter contre le VIH/sida.

M. Mechai Viravaidya a estimé que l'on a pas fait assez de travail sur les conséquences économiques de la pandémie du VIH/sida et les coûts directs et indirects qu'elle entraîne en terme de perte de revenus. A partir du moment où cela sera chiffré, les gouvernements seront plus sensibles, surtout si l'on considère que, dans certains pays, plus de 50% du PNB risque d'être perdu. Le VIH/sida, a-t-il conclut, est une question intégrée au développement économique et social. C'est pourquoi, il doit être à l'ordre du jour de toutes les réunions.



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