Le Sommet en direct Sommet mondial pour le développement durable

Département de l'information
- Division de l'information et des médias - New York
Site de l'ONU
Johannesburg, Afrique du Sud
26 août-4 septembre 2002

27 août 2002



CONFERENCE DE PRESSE DES SYNDICATS, MOTEURS DU DEVELOPPEMENT DURABLE

Il est urgent de reconnaître que les syndicats et les travailleurs constituent des acteurs à part entière du développement durable, a déclaré cet après-midi M. Lucien Royer (Belgique), Conseiller en matière de santé, de sécurité et d'environnement auprès de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), en introduction d'une conférence de presse à laquelle participaient également Mme Anita Normack (Suède), Fédération internationale des travailleurs du bâtiments et du bois, M. John Evans, Secrétaire général de la commission syndicale consultative auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE); M. Vavi Zwelimzima (Afrique du Sud) Secrétaire général de l'Union des syndicats de l'Afrique du Sud (COSATU); M. Nilton Freitas (Brésil) du Syndicat Central des Travailleurs du Brésil et M. Max Sapir, Directeur du Bureau technique pour la santé et la sécurité de la Confédération européenne des syndicats.

M. Vavi Zwelimzima a formé le vœu que les négociations en cours dans le cadre du Sommet mondial pour le développement durable aboutissent à des mesures concrètes pour faire face aux problèmes fondamentaux que sont le chômage, la dégradation des conditions de travail, de la qualité de vie, ainsi que le fossé qui ne cesse de s'agrandir entre riches et pauvres.

M. John Evans a insisté que les syndicats ont un message commun, celui d'attendre de la part des gouvernements qu'ils prennent la question du développement durable très sérieusement en compte. Si pour les travailleurs, la mondialisation doit se résumer à restructuration et perte d'emplois, il n'est pas possible de faire la transition vers une société durable. C'est pourquoi, il a exhorté la communauté internationale à prendre en compte la dimension sociale en précisant qu'il y a 150 millions de travailleurs syndiqués à travers le monde qui ne demandent qu'à participer au processus de développement durable, dans l'intérêt de l'amélioration de la qualité de vie en général et des conditions de travail en particulier.

Mme Anita Normack a évoqué la question du travail lié à la filière bois et de la gestion des forêts. Elle a évoqué les tables rondes qui se sont développées avec succès dans le monde entier entre les partenaires concernés, qu'il s'agisse des syndicats, des entreprises privées et du secteur public, qui ont permis de faire des progrès en tenant compte des attentes des uns et des autres. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, a-t-elle ajouté, dans l'intérêt de la notion de forêts durables et de la lutte contre la déforestation. Parce que l'on ne peut pas couper autant d'arbres qu'auparavant, a-t-elle précisé, il faut trouver à la fois les meilleures solutions économiques et sociales conjuguées.

M. Max Sapir a appelé les gouvernements à prendre toutes leurs responsabilités en matière de développement durable. A cet égard, il a encouragé l'Union européenne à adopter une attitude positive à l'égard de la dette des pays pauvres, de s'engager à augmenter l'Aide publique au développement. Il a souligné la nécessité de privilégier la question de la santé dans toutes négociations commerciales et de mettre en place au niveau européen des instruments qui garantissent que les entreprises respectent le droit international du travail et, lorsque l'argent public est donné a des entreprises privées, qu'elles puissent s'assurer que ces entreprises respectent les principes de base des droits syndicaux.

Nilton Freitas a souligné l'importance de faire respecter les principes de l'Organisation internationale du travail. Il a regretté que les syndicats ne disposent pas d'instruments nécessaires, au niveaux national et international, pour jouer leur rôle en matière de développement durables.

Répondant aux questions, les intervenants se sont dit opposés à toute forme de privatisation de l'eau, aux subventions agricoles dans les pays en développement qui contribuent à promouvoir une agriculture intensive, une utilisation excessive des produits chimiques et à une surexploitation des ressources naturelles. "Nous devons reconnaître la possibilité pour chaque pays de diversifier sa production agricole et ouvrir les marchés des pays développés aux produits agricoles des pays en développement" a-t-il été entendu. Il a également été précisé que 400 organisations syndicales étaient représentées à ce Sommet et que cela était un changement très positif par rapport à Rio. Il a été formé le vœu que cet événement soit l'occasion de formaliser des relations officielles entre les syndicats de travailleurs mais aussi entre les syndicats et les autres acteurs de la société civile.

 


Conférence de presse
Nouvelles du Sommet