Thème de la Journée : Mettre fin à l’impunité des
auteurs d’actes
de
violence à l'égard des femmes et des filles
La violence à l’égard des femmes et des filles apparaît
de plus en plus comme l’un des problèmes les plus graves et les
plus urgents de notre époque. Partout dans le monde, on s’aperçoit
que ses effets nocifs bien réels sur les femmes et les filles entravent
la poursuite du développement, de la paix et de l’égalité entre
les sexes. La communauté internationale et la société civile
sont toutes deux arrivées à la conclusion que rien ne peut excuser
la violence qui cible femmes et filles : c’est chaque fois une violation
de leurs droits fondamentaux, c’est toujours un crime et ce n’est
jamais acceptable.
Trop souvent, les auteurs d’actes brutaux à l’égard
des femmes et des filles restent impunis. Et cette impunité – que
beaucoup considèrent comme tout aussi répandue et tout aussi
inacceptable que les faits eux-mêmes – est un élément
décisif dans la perpétuation de la violence et de la discrimination.
Tant qu’elle continuera de tolérer et d’accepter que la
brutalité à l’encontre des femmes et des filles reste impunie,
la société continuera de tolérer et d’accepter les
actes de violence.
Mais en dépit d’une prise de conscience croissante de l’ampleur
du problème, de ses dimensions, de ses formes, de ses conséquences
et de son coût – tant pour l’individu que pour la société tout
entière – la volonté politique de mettre fin à la
culture de l’impunité et de prévenir et éliminer
efficacement la violence à l’égard des femmes et des filles
ne s’est pas encore manifestée.
Le droit à une vie sans violence
Ce n’est que depuis peu qu’on reconnaît aux femmes et aux
filles le droit de mener une vie sans violence. Par le passé, la
lutte des femmes contre la violence (et contre l’impunité qui
en protège si souvent les auteurs) était étroitement liée à leur
combat contre la discrimination. Alors que des règles et normes étaient élaborées
pour prévenir, punir et éradiquer la violence à l’égard
des femmes, le système des Nations Unies connaissait lui-même
de nombreuses avancées dans l’élaboration de normes mondiales.
C’est grâce aux femmes que la Convention des Nations Unies
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes, principal instrument international relatif aux droits fondamentaux
des femmes et des filles, a été adoptée en 1979. Dès
son premier paragraphe, la Convention nous rappelle que la Charte des Nations
Unies « … réaffirme la foi dans les droits fondamentaux
de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine
et dans l’égalité des droits de l’homme et de la
femme. » Elle définit ensuite la discrimination à l’égard
des femmes comme « toute distinction, exclusion ou restriction
fondée sur le sexe qui a pour effet … de compromettre ou de
détruire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par
les femmes… sur la base de l’égalité de l’homme
et de la femme, des droits de l’homme et des libertés fondamentales. » Tout
comme de nombreux autres textes juridiques ou documents négociés
lors de grandes conférences internationales, la Convention proclame
le droit des femmes et des filles à mener une vie sans violence.
Suite à de nombreux accords internationaux, les États sont tenus
de respecter, protéger, promouvoir et réaliser les droits de
l’homme. En reconnaissant le fait essentiel que les droits de la femme
font partie de ces droits fondamentaux, les Etats acceptaient la responsabilité de
protéger les femmes et les filles contre toute forme de violence dirigée
contre elles, car cette violence représente un acte discriminatoire
et une violation de leurs droits. Les femmes et les filles ont donc le droit
de mener une vie sans violence.
La violence à l’égard des femmes et des filles plonge
ses racines dans l’inégalité et la discrimination dont
celles-ci sont victimes, tant dans la sphère privée que publique.
Lors de grandes conférences en 1975, 1980, 1985 et 1995, l’ONU
a réuni les nations du monde pour débattre de stratégies
et politiques qui aboutiraient à l’égalité entre
les sexes et mettraient fin à la violence à l’égard
des femmes et des filles. En 1993, la Déclaration des Nations Unies
sur l’élimination de la violence à l’égard
des femmes et des filles reconnaissait que la violence à l’égard
des femmes et des filles « traduit des rapports de force historiquement
inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination
et à la discrimination exercées par les premiers [sur les] secondes. » La
même année, la Déclaration et le Programme d’action
de Vienne proclamait l’universalité des droits de la femme et
appelait à l’élimination de la violence sexiste.
Ces processus ont conduit à l’adoption de la plate-forme d’action
de Beijing, qui établissait un modèle pour l’égalité des
sexes dans le monde entier. La plate-forme de Beijing affirme une nouvelle
fois que la violence à l’égard des femmes et des filles
viole leurs droits humains et les empêche de jouir pleinement de leurs « libertés
fondamentales ». L’une des stratégies centrales de
ce document est de mobiliser les administrations locales et nationales ainsi
que la société civile pour mettre un terme à l’impunité.
La violence à l’égard des femmes et des filles continue
de mobiliser l’attention des Etats comme de l’ONU. Adoptée
en 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur
les femmes, la paix et la sécurité abordait la violence sexuelle
ou sexiste pendant les conflits armés ou au lendemain de ceux-ci et
la protection des femmes et des filles en pareilles circonstances, plaçant
ainsi ces sujets au cœur du discours mondial sur la paix et la sécurité.
Lors du Sommet mondial de 2005, les dirigeants du monde ont affirmé encore
une fois leur conviction que les progrès en faveur des femmes sont bénéfiques
pour tous et ont reconnu combien il était important d’éliminer
toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard
des femmes et des filles et notamment, de mettre un terme à l’impunité.
Ces cadres juridiques et politiques internationaux, ainsi que les cadres
nationaux et régionaux correspondants, réitèrent que la violence à l’égard
des femmes et des filles est une violation des droits de l’homme qui
s’enracine dans la discrimination. Ils procurent aux Etats des bases
et des outils solides pour protéger les droits des femmes et des filles
et éradiquer non seulement la violence, mais aussi la discrimination
sur laquelle celle-ci se fonde. Ils réitèrent une fois qu’il
est du devoir des Etats de prévenir la violence à l’égard
des femmes et des filles, d’enquêter sur les faits quand ils ont
lieu, de poursuivre et punir les auteurs de tels actes et d’offrir réparation
et secours aux victimes.
Impunité : comment briser le cercle ?
Accepter qu’on brutalise les femmes et les filles, que ce soit explicitement
ou tacitement, crée une culture de l’impunité qui ne fait
que perpétuer la violence. S’il ne demande pas des comptes aux
auteurs de tels actes, l’Etat contribue à une culture de l’impunité où justice
n’est pas rendue et où l’inégalité entre les
sexes s’enracine de plus en plus profondément. La maltraitance
continue, la violence à l’égard des femmes et des filles
paraît normale et acceptée et les inégalités se
renforcent, créant ainsi un cercle vicieux.
Une législation et des politiques discriminatoires représentent
l’un des facteurs qui contribuent à la culture de l’impunité.
Certaines lois ne pénalisent pas suffisamment toutes les formes de violence à l’égard
des femmes et des filles. La définition du viol est parfois fondée
sur le recours à la force plutôt que l’absence de consentement
de la part de la victime. Le viol peut paraître acceptable dans le contexte
du mariage et la législation sur la violence domestique peut être
trop restreinte si elle ne tient compte que de la violence physique.
Des lois
qui définissent la violence sexuelle comme un crime contre la famille
ou un attentat à la pudeur plutôt qu’une violation du droit
de la femme à son intégrité physique contribuent, elles
aussi, à la culture de l’impunité. Les peines prononcées
contre les auteurs de violences sexuelles sont parfois réduites pour
des raisons qui n’ont rien à voir avec la protection des droits
de la femme ou de son intégrité physique. Un violeur qui épouse
sa victime peut être traité avec clémence, de même
que des membres de la famille coupables de violences, voire d’assassinat – si
le meurtre a été commis au nom de « l’honneur ».
Les Etats contribuent aussi à l’impunité quand ils ne veillent
pas à l’application de lois par ailleurs adéquates.
Pour
s’acquitter
pleinement de leurs obligations envers les femmes et les filles, les Etats
ne peuvent pas se contenter d’adopter des lois qui pénalisent
toutes les formes de violence à l’encontre de ces dernières
ni se contenter de veiller à leur application. Pour faire adopter de
nouvelles normes, ils doivent s’attaquer directement aux attitudes et
aux préjugés qui engendrent la culture de l’impunité.
Un certain nombre d’Etats a fait des avancées significatives
dans la prévention et l’élimination de la violence à l’égard
des femmes et des filles. Leurs initiatives ont permis de recenser de bonnes
pratiques ou des idées prometteuses. On peut citer par exemple des politiques
et une législation claires, dotées de bons mécanismes
d’application ou une collaboration étroite avec l’ensemble
de la société pour élaborer des processus efficaces qui
englobent tous les secteurs de la gouvernance. Les plans d’action nationaux
qui s’avèrent le plus efficaces comprennent un large éventail
de mesures et d’intervenants : réformes juridiques et stratégies
de prévention (rendre l’éducation plus accessibles aux
filles, demander l’appui des hommes et des garçons), police et
tribunaux plus justes et plus sûrs, services de soutien aux victimes
de meilleure qualité etc.
Une justice plus sûre et plus accessible
Un consensus international s’est fait jour sur la meilleure manière
de lutter contre la violence à l’égard des femmes et des
filles. On le retrouve dans les instruments et accords qui constituent le cadre
juridique et politique actuel. On ne mettra pas un terme à l’impunité pour
les auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes
et des filles tant que le système pénal ne deviendra pas plus
accessible aux victimes et que les procédures de recours en justice
ne seront pas plus sûres. Les Etats doivent prendre des mesures pour
protéger les victimes, y compris dans leur vie privée, non seulement
quand elles rapportent les faits, mais aussi pendant tout le déroulement
de la procédure. Ils devraient également prendre des mesures
afin de faciliter la poursuite pour faits de violence domestique. Enfin, ceux
qui auront été reconnus coupables de crimes sexuels doivent recevoir
des peines adéquates.
Les procédés d’enquête et de rapport, notamment
les règlements de procédure et de preuve, ne peuvent être
discriminatoires, et les femmes qui en ont besoin devraient bénéficier
d’une aide financière pour pouvoir se faire représenter
par un avocat. Toutes les parties prenantes, y compris les femmes et les filles
elles-mêmes, devraient être sensibilisées au fait que mener
une vie sans violence ni discrimination fait partie de leurs droits.
Des services
de soutien interinstitutions coordonnés, tels que numéros verts,
refuges et centres de crise, y compris des centres de soutien aux victimes
offrant des soins médicaux et un soutien psychologique, devraient être
mis en place et bénéficier de ressources suffisantes.
Les attitudes
doivent aussi changer. Les campagnes visant à conscientiser le public
peuvent sensibiliser ce dernier à la vulnérabilité des
femmes et des filles face à la violence. Des débats publics sur
le sujet, en particulier avec des hommes et des garçons, peuvent pousser
ceux-ci à reconnaître que la violence est un abus des droits des
femmes et des filles. Cela pourrait déboucher sur une volonté plus
large de veiller à ce que les auteurs de violence à l’égard
des femmes et des filles soient tenus responsables et de mettre fin à l’impunité.
Il faut agir à tous les niveaux et partout
En dépit de tout ce que font les Etats, les organismes et agences de
l’ONU et la société civile, les progrès sur le terrain
dans la lutte contre la violence et l’impunité restent insuffisants
et manquent de cohérence partout dans le monde. La violence à l’égard
des femmes et des filles ne pourra être éliminée si l’on
n’y consacre pas suffisamment de ressources et si la volonté politique
de faire changer les choses n’est pas présente. L’élimination
de la violence doit être une priorité à tous les niveaux
(local, national, régional et international) et la volonté d’y
consacrer suffisamment de ressources et d’efforts doit être démontrée
aux plus hauts niveaux.
Mettre
fin à la violence à l’égard des femmes et des filles
est non seulement la responsabilité de l’Etat mais aussi celle
de chacun d’entre nous. Il faut agir d’urgence, à tous les
niveaux, collectivement et individuellement, afin de faire de l’égalité pour
les femmes et les filles une réalité et de mettre fin à l’indifférence
qui se manifeste si souvent dans la sphère privée en cas de violence,
ce qui rend celle-ci culturellement acceptable ou inévitable. Il est
nécessaire d’engendrer et de nourrir un climat politique et social
qui ne tolère pas la violence à l’égard des femmes
et des filles, un climat où les amis, les membres de la famille, les
voisins, hommes et femmes, interviendront pour veiller à ce que jamais
les auteurs de tels faits ne restent impunis.
La violence sexuelle devient un crime de guerre
Deux tribunaux créés suite à d’épouvantables
violences ethniques (les Tribunaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie
et le Rwanda) ont reconnu que la violence sexuelle, y compris le viol, sont
des actes de torture et des crimes contre l’humanité. Le Tribunal
pénal international pour le Rwanda a reconnu très précisément
que « la violence sexuelle ne se limite pas à l’invasion
physique du corps humain et peut même inclure des actes qui n'impliquent
pas la pénétration ni même le contact physique ».
Le
Tribunal spécial pour la Sierra Leone a inculpé des personnes
pour cause de mariage forcé. Le Statut de Rome de la Cour pénale
internationale créait une juridiction apte à poursuivre, en
tant que crimes contre l’humanité, les violences sexuelles telles
que le viol l’esclavage sexuel, la prostitution forcée et la grossesse
ou la stérilisation forcées lorsqu’elles sont commises
dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique
lancée contre une population civile.
Étude approfondie du Secrétaire général
sur toutes les formes de violence à l'égard des femmes
A la demande de l’Assemblée générale des Nations
Unies, le Secrétaire général a commandé une étude
approfondie sur toutes les formes de violence à l'égard des femmes.
Présentée à l’Assemblée générale
en octobre 2006, celle-ci passe en revue les causes et les conséquences
de la violence à l’égard des femmes, en évalue le
coût, recense les lacunes et les défis dans la collecte de données
fiables et étudie, en termes d’efficacité, les différentes
méthodologies utilisées pour évaluer la prévalence
des diverses formes de violence. Elle assigne aussi des responsabilités
précises aux Etats afin de prévenir et d’éliminer
la violence à l’égard des femmes et présente un
programme d’action pour que toutes les parties prenantes – y compris
les Etats au niveau national ou les organes intergouvernementaux et les agences
onusiennes aux niveaux régional et international – puissent accomplir
des progrès quantifiables dans la prévention et l’élimination
de la violence à l’égard des femmes.
En décembre
2006, l’Assemblée générale s’est appuyée
sur les recommandations de cette étude pour adopter une résolution
globale sur « l’intensification des efforts pour éliminer
toutes les formes de violence à l’égard des femmes ».
Celle-ci exhortait les Etats membres à agir sur tous les plans pour
prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard
des femmes et demandait aux organes du système des Nations Unies d’intensifier
leurs efforts et d’améliorer la coordination à cet égard.
Pour plus d’information, voir
http://www.un.org/womenwatch/daw/vaw *.
Étude de cas : Plan du Libéria pour lutter contre
la violence à l’égard des femmes
Après plus de dix ans de conflit pendant lesquels les femmes et les
filles ont été soumises à des niveaux de violence – notamment
sexuelle – élevés, le Libéria a adopté un
plan national d’action contre la violence sexiste. Celui-ci définit
des objectifs visant à prévenir de tels faits et à améliorer
l’accès aux soins et aux services nécessaires pour les
survivantes. En collaboration avec d’autres parties prenantes, le gouvernement
a recensé des stratégies visant à surmonter les principaux
défis et des indicateurs permettant d’évaluer l’impact
de la violence à l’égard des femmes et des filles ainsi
que les résultats programmatiques. Les objectifs du plan comprennent
notamment l’autonomisation économique, le renforcement des capacités
des travailleurs de la santé, le renforcement du système
pénal et la création d’un système national intégré de
protection pour prévenir et pénaliser la violence.
Conventions des droits de l’homme
Le droit de toute femme ou de toute
fille à une vie sans violence est
inscrit dans différents traités des droits de l’homme.
Aux termes de ces traités, certains des droits auxquels les femmes et
les filles peuvent prétendre comprennent la vie, la liberté et
la sécurité de la personne, une vie à l’abri de
la torture et de traitements ou de punitions cruels, dégradants ou inhumains,
l’égalité devant la loi, l’égalité dans
le mariage et les relations familiales, un niveau de vie suffisant, des conditions
de travail équitables et favorables et le niveau de santé physique
et mentale le plus élevé possible. Une liste des traités
et accords internationaux relatifs aux droits de la femme est disponible en
ligne sur http://www.un.org/french/events/women/iwd/2007/
.
Action des Nations Unies contre les violences sexuelles en période
de conflit
Une nouvelle initiative concertée de plusieurs agences et bureaux des
Nations Unies s’efforce de mettre un terme au recours à la violence
sexuelle en tant qu’arme de guerre. Cette initiative, intitulée « Action
des Nations Unies contre les violences sexuelles en période de conflit »,
invitera les gouvernements nationaux et les ONG partenaires à mieux
sensibiliser le grand public à la violence sexuelle en tant qu’arme
de guerre et à recenser les moyens de l’empêcher, de mettre
un terme à l’impunité de ses auteurs et d’améliorer
les services pour les survivantes. Elle essaie aussi d’atténuer
l’impact à long terme que la violence sexuelle peut avoir sur
les communautés et sur le développement national. Pour plus d’information,
voir www.stoprapenow.org *
.
Fonds de développement des Nations Unies pour la femme appuie les
initiatives visant à mettre
fin aux violences contre les femmes
En 1996, l’Assemblée
générale des Nations Unies
a créé un fonds d’affectation spéciale multinational
pour appuyer les initiatives locales, nationales et régionales visant à lutter
contre la violence à l’égard des femmes. Géré par
l’UNIFEM, le Fonds d'affectation spéciale à l'appui de
la lutte contre la violence à l'égard des femmes a commencé ses
opérations en 1997. Au cours de ses dix années d’existence,
ce mécanisme multilatéral d’attribution de subsides a
alloué près
de 13 millions de dollars à 226 programmes répartis dans une
centaine de pays. Pour plus d’information, voir www.unifem.org/campaigns/trust_fund_10th_anniversary * .
Campagne Ruban blanc : des hommes veulent mettre fin à la
violence à l’égard des femmes
Dans ce qui est devenu la plus grande initiative mondiale lancée par
des hommes pour mettre fin à la violence sexiste à l’encontre
des femmes et des filles, le ruban blanc symbolise l’engagement que prend
un homme de ne jamais commettre, approuver ou cautionner la violence à l’égard
des femmes et des filles. La Campagne Ruban blanc, qui à l’origine
consistait en une semaine de sensibilisation par an, se déroule à présent
tout au long de l’année dans plus de 55 pays représentant
tous les continents.
Cette campagne est née suite à un crime sexiste particulièrement
odieux qui a focalisé la conscience nationale canadienne sur la question
de la violence à l’égard des femmes. Le 6 décembre
1989, quatorze femmes de l’École polytechnique de Montréal
ont été assassinées de sang-froid parce qu’elles étaient
de sexe féminin. Le symbole du ruban blanc est né en 1991, peu
avant la commémoration du deuxième anniversaire de cet événement.
Poussés par la volonté d’agir pour mettre fin à la
violence sexiste, trois hommes de Toronto se sont exprimés sur le rôle
des hommes et sur leur responsabilité collective. La première
année, près de 100 000 hommes se sont parés d’un
ruban blanc et des milliers d’autres ont réfléchi à la
question pour la première fois de leur vie.
La campagne s’est étendue de façon exponentielle au cours
de ses cinq premières années d’existence. Aujourd’hui,
elle s’attache, dans le monde entier, à parler des politiques, à conscientiser
hommes et garçons, à sensibiliser le grand public tout en poussant
les hommes à remettre en question leurs actions, leurs idées
et leurs croyances. Pour plus d’information, voir www.whiteribbon.com
* .
Centre One Stop
Nés en Malaisie, les Centres One Stop font figure de
modèle,
car ils rassemblent en un seul endroit les services de plusieurs agences pour
les victimes et survivantes de violences domestiques ou sexuelles. Après
avoir reçu des soins médicaux, la victime-survivante reçoit
un suivi psychosocial. Si son retour à la maison s’avère
dangereux, on lui propose une alternative, par exemple en l’admettant
dans un refuge d’urgence ou à l’hôpital. On encourage
les victimes/patientes à porter plainte auprès de la police et à revenir
consulter les fournisseurs de services appropriés à une date
ultérieure. En cas de blessure grave, la police peut recueillir
le témoignage de la patiente dans un environnement médicalisé afin
de pouvoir commencer son enquête. Ce modèle est reproduit dans
une grande partie de l’Asie ainsi que dans d’autres pays, notamment
l’Afrique du Sud.
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