République centrafricaine : une crise silencieuse qui appelle à l’aide
 
   

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République centrafricaine : une crise silencieuse qui appelle à l’aide

L’un des pays les plus pauvres du monde, la République centrafricaine est un foyer de troubles qui menace de compromettre les efforts de paix en Afrique centrale.

Sur un continent empêtré dans des conflits sanglants faisant souvent l’objet de gros titres, la République centrafricaine (RCA), située dans un triangle bordant la République démocratique du Congo, le sud du Soudan et le Tchad, vit une crise silencieuse qui appelle un appui et un intérêt médiatique plus grands de la part de la communauté internationale. Il y a un an, alors que les yeux du monde étaient rivés sur l’Iraq, la RCA a subi un autre coup d’Etat faisant suite à une série d’autres coups et insurrections, lorsque le Général Bozizé, à la tête d’une armée d’insurgés, a renversé le Président élu, Ange-Félix Patassé, en mars 2003. Aujourd’hui, des institutions de transition ont été mises en place et un calendrier électoral prévoyant des élections en janvier 2005 a été publié. Néanmoins, la situation générale demeure précaire et instable. Malgré ses potentialités économiques – du fait de ses richesses que sont le bois d’œuvre, l’or, le diamant et l’uranium – la RCA occupe le 154e rang parmi les 174 pays les plus pauvres du monde, 95% de sa population vivant avec moins de deux dollars américains par jour. Plus d’un million de ses 3,7 millions d’habitants vivent dans des zones reculées et n’ont pas accès aux soins de santé, à l’éducation et aux services de base. Le pays compte 200 000 personnes déplacées, ce qui a perturbé l’activité agricole et rendu précaire la sécurité alimentaire nationale. Près de 15% de la population de la RCA souffrent du VIH/sida, ce qui en fait l’un des 10 pays les plus touchés au monde, tandis que le nombre d’orphelins du sida ne cesse d’augmenter. Les maladies évitables telles que la poliomyélite, le paludisme, la rougeole et la méningite, ayant déjà le caractère d’épidémies, ont atteint des taux de prévalence records et font quotidiennement des victimes.

La situation dans la capitale, Bangui, s’est légèrement améliorée mais la situation sécuritaire hors de la capitale continue de se détériorer, des informations faisant état de violations graves des droits de l’homme commises par des groupes armés, dont les partisans du Général Bozizé qui l’ont aidé à prendre le pouvoir. Certains parmi les 42 000 réfugiés qui ont fui au Tchad voisin commencent à retourner chez eux. On s’accorde généralement à reconnaître qu’une paix durable permettant de porter remède à ces graves problèmes ne peut être instaurée que si le pays connaît durablement la stabilité. La sécurité et la stabilité ont toujours fait défaut depuis les mutineries déclenchées en 1996 au sein de l’armée par des revendications concernant les arriérés de solde. Les conflits qui s’en sont suivis ont conduit à une intervention des pays de la région puis ultérieurement à une opération de maintien de la paix des Nations Unies. La Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale dispose actuellement de 350 soldats à Bangui, dont le rôle et la capacité d’action sont limités. L’appui logistique et financier fourni à ce contingent ainsi qu’à l’armée nationale ne semble pas suffisant pour rétablir la sécurité dans tout le pays.

Alors que d’autres régions font les manchettes de la presse, l’ONU est profondément préoccupée par les graves difficultés financières auxquelles fait face la RCA, où les progrès importants en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel et la paix risquent d’être compromis voire d’être inversés. L’incapacité du gouvernement à payer les salaires, y compris aux forces de sécurité, pourrait réduire à néant la réalisation de l’objectif d’une paix durable.

La communauté internationale devrait immédiatement fournir un appui non seulement pour stabiliser la situation pendant la transition mais aussi pour permettre un développement économique viable. A ce jour, seulement 700 000 dollars ont été mobilisés en réponse à l’appel humanitaire spécial que l’ONU a lancé en novembre 2003 en vue d’obtenir un montant total d’environ 17 millions de dollars. Au moment où l’ONU s’emploie à promouvoir la paix en Afrique centrale, la stabilité en RCA est indispensable pour assurer une stabilité durable dans les pays voisins. Faute de quoi, l’ensemble de la région pourrait facilement être le théâtre de troubles imprévus.

Pour plus d’informations, contacter :

M. Christian Boatswain, Spécialiste des questions politiques, Département des affaires politiques de l'ONU
Tel : (1 212) 963-0219; Courrier électronique : boatswain@un.org
Mme Stephanie Bunker, Porte-parole (New York), Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA)
Tel : (1 917) 367-5126; Courrier électronique : bunker@un.org
Mme Elizabeth Byrs, Porte-parole (Genève), Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA)
Tel : +41 22 917 26 53; Courrier électronique : byrs@un.org