Promotion et protection des droits de l’homme: rôle des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme
Asma Jangahir effectuant une visite en Afghanistan en octobre 2002, alors qu’elle était titulaire de son mandat précédent en tant que Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Photo : HCDH Année après année, les rapporteurs spéciaux et autres experts indépendants des droits de l’homme surveillent, examinent, apportent des conseils sur les violations des droits de l’homme spécifiques ou dans un pays donné et en rendent compte publiquement. Agissant à titre individuel, ils conduisent une grande partie de leurs activités discrètement et ne reçoivent pas toujours une grande attention. L’on pourrait dire qu’ils sont les héros méconnus du mécanisme de surveillance des droits de l’homme.
Les détails des procédures de la surveillance des droits de l’homme ne font pas nécessairement la une des médias — mais elles ont été une fonction essentielle élaborée par la Commission des droits de l’homme, organe remplacé par le Conseil des droits de l’homme (CDH) en 2006. Certains diront que les héros méconnus des droits de l’homme sont ceux ayant la responsabilité d’exécuter ce qui est appelé « procédures spéciales ». Celles-ci sont confiées à des rapporteurs spéciaux, des représentants, des experts indépendants, des groupes de travail qui surveillent, apportent des conseils sur un thème (mandat thématique) ou sur la situation des droits de l’homme dans un pays donné (mandat par pays) et en rendent compte publiquement. Les rapporteurs spéciaux conduisent souvent des missions pour enquêter sur des allégations de violations. Ils reçoivent aussi des plaintes de victimes présumées, les évaluent et les vérifient et font un suivi avec le gouvernement concerné.
Leurs rapports comme leurs recommandations sont publiés. Ils couvrent un large éventail de thèmes tels que la traite des êtres humains, la prostitution et la pornographie enfantines, les peuples autochtones, les personnes déplacées internes, les migrants — . Ils promeuvent la liberté de religion ou de croyance, la liberté d’opinion et d’expression, le droit à une alimentation suffisante et à un logement adéquat, de même que l’indépendance des juges et des avocats.
Dans certains cas, leurs travaux font la une de la presse — comme ceux sur le Myanmar ou le Soudan, ou sur les exécutions arbitraires et la torture — , ce qui amène les gouvernements à se plaindre de leur ingérence.
Le travail accompli dans le cadre des procédures spéciales est au cœur même du système pour identifier, évaluer et corriger les manquements des pays dans la réalisation des droits de l’homme et pour améliorer les normes dans ce domaine. Le dialogue entre les titulaires de mandats de ces procédures spéciales et les gouvernements et autres parties prenantes concernées est un moyen concret de travailler avec les pays sur les droits de l’homme et a un véritable impact sur le terrain.
Le Conseil des droits de l’homme examine actuellement le mécanisme des procédures spéciales. Toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements et les acteurs de la société civile aux niveaux national et international, conviennent qu’il est un legs précieux de la Commission des droits de l’homme et reconnaissent sa contribution positive aux efforts pour changer la donne sur le terrain de sorte que les droits de l’homme et les libertés fondamentales puissent être efficacement évalués et promus.
Contexte
- En 2007, il y avait 40 procédures spéciales dont 28[1] mandats thématiques et 12[2] mandats par pays. Durant la même année, les titulaires de mandats des procédures spéciales ont mené 62 visites dans 51 pays. Ils ont soumis 135 rapports au Conseil des droits de l’homme et 20 à l’Assemblée générale (AG). Ils ont publié 150 déclarations à la presse et transmis près de 1 000 communications à 125 pays.
- Maldives : Suite à la visite effectuée dans le pays par le Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats en février 2007, le Gouvernement, en application d’une des recommandations de celui-ci concernant la discrimination sexiste dans le système judiciaire, a nommé en juillet 2007 les premières femmes aux fonctions de juge.
- Côte d’Ivoire : Le Représentant du Secrétaire général sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays a effectué en avril 2006 une visite dans le pays qui était alors toujours en situation de crise. Dans son rapport, il recommandait que les autorités définissent une stratégie pour la protection des personnes déplacées. L’Accord de paix de Ouagadougou signé en mars 2007 traite de cette question.
- Haïti : L’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Haïti s’est félicité de la coopération du Gouvernement, notant des progrès dans l’application de ses recommandations, notamment quant à la réforme du système judiciaire et de la police et de la promotion des droits des femmes.
- République populaire démocratique de Corée : Après s’être rendu en République de Corée voisine en janvier 2008, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en RPDC a conclu que le pays continue de commettre fréquemment des violations des droits de l’homme en pratiquant la torture, les procès publics, et en opprimant sa population. La RPDC lui a refusé l’entrée du pays.
- En septembre 2007, l’Assemblée générale a adopté la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme des populations autochtones a joué un rôle précieux dans les discussions qui ont conduit à cet instrument innovateur.
Pour de plus amples informations
Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH);
Rupert Colville
Porte-parole
Téléphone : 41 22 917 9767
Courriel Procédures spéciales
Sites utiles
- Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme
- Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme
- Procédures spéciales des Nations Unies: Faits et chiffres 2007
- Organes conventionnels
- Procédures de plaintes
- Centre de nouvelles des Nations Unies
Notes
1. Le CDH a créé un nouveau mandat en septembre 2007 sur les formes contemporaines d’esclavage.
2. Deux mandats de pays ont été éliminés en juin 2007, ceux concernant le Bélarus et Cuba.