Réfugiés en attente permanente : des milliers de réfugiés sans solution à l’horizon
Des réfugiés du Myanmar vivant au Bangladesh sur les vasières soumises aux marées du fleuve Teknaf traversant les deux pays. (HCR/J.Pagonis)
Le sujet
Si le nombre de réfugiés dans le monde a atteint son niveau le plus bas en 25 ans, un grand pourcentage des demandeurs d’asile passe plus de temps en exil en essayant péniblement de survivre dans une quasi-incertitude. « La majorité des réfugiés d’aujourd’hui vivent en exil depuis bien trop longtemps, ils sont confinés dans des camps ou cherchent de maigres moyens d’existence dans les centres urbains du monde en développement », d’après le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, dans son rapport de 2006 sur la situation des réfugiés dans le monde.
Il existe aujourd’hui au moins 33 situations de réfugiés en attente prolongée, concernant des groupes de 25,000 personnes au moins, en exil depuis plus de cinq ans. Selon les données du HCR, ils représentent en tout 5,7 millions de réfugiés parmi les 9,2 millions de réfugiés dans le monde. Ces statistiques ne comprennent pas la situation la plus ancienne et la plus importante, celle des réfugiés palestiniens, qui relèvent du mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche‑Orient (UNRWA).
La vaste majorité de ces exilés se trouve dans les régions les plus pauvres et les plus instables du monde, souvent en raison de l’absence d’intérêt des acteurs régionaux et internationaux, ce alors que l’aide des donateurs ne fait que baisser. Pris dans ces situations oubliées, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux en raison de la violence ou des persécutions, alors qu’ils sont confrontés à d’importantes restrictions à leurs droits dans les lieux d’asile. Le HCR prévient en même temps que leur présence soulève des préoccupations d’ordre politique et sécuritaire parmi les gouvernements hôtes et autres États de la région. Les situations de réfugiés en attente prolongée en tant que telles présentent de grands défis, non seulement pour les droits de l’homme mais aussi pour la sécurité.Le contexte
- Depuis le début des années 1990, la communauté internationale s'est préoccupée largement de la situation critique des réfugiés dans des régions très médiatisées comme les Balkans, la région des Grands Lacs d’Afrique et plus récemment le Darfour (Soudan) et le Tchad. Pourtant, plus de 60% des réfugiés aujourd'hui sont pris dans des situations qui sont loin d’être sous le feu des projecteurs.
- Les racines profondes de la pérennisation des situations des réfugiés découlent des États même dont l’instabilité engendre une insécurité régionale chronique. La plupart des réfugiés dans ces régions – qu’ils soient somaliens, soudanais, burundais ou birmans – viennent de pays où le conflit dure depuis des années.
- L’Afrique de l’Est et de l’Ouest, l’Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est, le Caucase, l’Asie centrale et le Moyen-Orient connaissent des situations d’attente prolongée. L’Afrique subsaharienne en a le plus grand nombre, 17, comprenant 1,9 million de réfugiés. Les pays accueillant les plus grands groupes sont la Guinée, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie.
- En Asie (Chine, Thaïlande, Inde et Népal) il existe cinq situations d’attente prolongée et environ 676 000 réfugiés. L’Europe a trois cas majeurs, concernant 510 000 réfugiés, notamment dans les Balkans et en Arménie.
- Malgré l’utilisation traditionnelle de la mesure d’au moins 25 000 réfugiés en exil pendant cinq ans pour définir ces situations, le HCR met en garde contre l’exclusion d’autres groupes. Par exemple, parmi les Rohingya qui ont fui le Myanmar au Bangladesh en 1994, 20 000 d’entre eux ne sont toujours pas rentrés chez eux. De même, il existe 19 000 Burundais en République démocratique du Congo, 16 000 Somaliens en Éthiopie, 19 000 Rwandais en Ouganda et 15 000 Éthiopiens au Soudan.
- S’il existe aujourd'hui moins de réfugiés dans des situations prolongées, le nombre de ces situations a énormément augmenté. Selon le HCR, ils passent également un plus long moment en exil. On estime qu’en 2003, les grandes situations de réfugiés, prolongées ou pas, ont duré une moyenne de 17 ans, presque deux fois plus de temps qu’en 1993.
POUR PLUS D’INFORMATION :
Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR) :
Ron Redmond, Tél : +41 22 739 8502, courriel : redmond@unhcr.org
LIENS WEB UTILES :
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Publications du
HCR sur les réfugiés dans le monde