Somalie : l’insécurité exacerbe les conséquences de la sécheresse
De graves pénuries d'eau dans des régions du sud de la Somalie augmentent de 40 % le nombre de Somaliens qui luttent pour leur survie. (PAM 2006/Bruno Stevens/Cosmos)
Le sujet
Tandis que les organismes d’aide de l’ONU sonnent l’alerte à propos de la Corne de l’Afrique où plus de 8 millions de personnes sont en grave danger à la suite d’une sécheresse dévastatrice, la situation dans un des pays les plus touchés, la Somalie, demeure particulièrement préoccupante et a besoin de toute urgence d’une attention particulière. Malgré des progrès récents en vue du rétablissement d’un gouvernement central, l’insécurité persistante entrave grandement la lutte contre la sécheresse, compliquant davantage la réconciliation politique et laissant la Somalie particulièrement vulnérable à une nouvelle déstabilisation. Les deux éléments – le processus politique de paix d’une part et la situation humanitaire précaire d’autre part – présentent deux dynamiques différentes qui sont inextricablement liées, d’après Christian Balslev-Olesen, Coordonnateur humanitaire par intérim des Nations Unies pour la Somalie. Ce pays est confronté à une urgence en raison de la pire sécheresse en dix ans, ce qui vient couronner une situation qui présente déjà l’ensemble des indicateurs les plus difficiles pour le développement humain » ajoute Balslev-Olesen. En mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé sa préoccupation croissante à propos des Somaliens qui « ont perdu leurs moyens de subsistance et sont en proie à une insécurité alimentaire et civile de plus en plus grave » et il a exhorté tous les dirigeants somaliens à assurer un accès humanitaire complet et sans entrave et à garantir la sécurité des agents humanitaires.
Aujourd’hui, environ 2,1 millions de Somaliens sont totalement tributaires de l’aide internationale. Il n’est pas étonnant que le gros de l’appel à contribution lancé récemment par l’ONU en vue d’une aide humanitaire pour la Corne de l’Afrique -- 327 millions de dollars sur un total de 426 millions de dollars – soit prévu pour la Somalie. Les agents humanitaires font cependant face à des difficultés sans précédent pour accéder à tous ceux qui sont dans le besoin, en essayant d’acheminer une aide, tout en subissant des menaces constantes, des actes de piratage, des enlèvements et des barrages routiers. Sans cette aide, les régions touchées du sud pourraient enregistrer de 10 000 à 12 000 décès humains par mois, et le décès de jusque 80% du bétail du pays. Tandis que les réserves alimentaires diminuent, obligeant le pays à dépendre encore davantage de l’aide étrangère, la concurrence pour ces ressources limitées ne fera que croître, entraînant des luttes entre les clans ou à l’intérieur des clans, des détournements, des pillages de convois, des actes d’extorsion et des demandes de « droits de protection », a mis récemment en garde un rapport de l’ONU.Le contexte
- Plusieurs années consécutives de faibles précipitations pluviales ont particulièrement touché les communautés pastorales et agro-pastorales qui sont forcées de parcourir de grandes distances pour trouver un pâturage à leurs bêtes. Entre-temps, la baisse de la production agricole a entraîné une hausse spectaculaire du prix des denrées alimentaires, notamment des céréales.
- Les 2,1 millions de personnes qui sont tributaires de l’aide représentent 25 % de la population et comprennent 400 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays, dont plusieurs risquent de mourir de malnutrition si la crise n'est pas réglée. Les familles dans certaines régions dépensent 70 à 80 % du peu d’argent dont elles disposent pour acheter de l’eau.
- Un millier de membres d’agences des Nations Unies recrutés au plan national ou international travaillent dans le pays. Cependant, il n’y a pas de personnel recruté au plan international dans les villes principales de Mogadishu et de Kismayu.
- 80 % des écoles dans les régions touchées par la sécheresse ont fermé dans un pays ou seuls 20 % des enfants ont accès à l’enseignement dans des conditions normales.
- La sécurité est le plus grand défi au processus de paix en Somalie. Elle continue d’affecter une situation humanitaire déplorable, aggravé par la sécheresse régionale. Les institutions fédérales de transition ont réalisé des progrès considérables pour ce qui est de surmonter les divergences entre les différentes factions somaliennes, mais bon nombre de difficultés risquent de faire dérailler le processus de paix fragile. Les combats récents à Mogadishu ont aggravé les tensions, tout comme la présence de certaines milices armées à proximité de Baidoa, siège temporaire du gouvernement. Le besoin de cantonner ces groupes et de leur fournir de l’eau, des aliments et un abri est examiné par les dirigeants somaliens et les institutions fédérales de transition, avec l’aide des donateurs.
POUR PLUS D’INFORMATION :
Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU
(OCHA) :
Amanda di Lorenzo, Tél : +254 734 210 102, courriel : Amanda.di.Lorenzo@undp.org ou
dilorenzoa@un.org
Bureau de l’envoyé humanitaire spécial pour la
Corne de l’Afrique :
Olla Hassan, Tél : +1 917 367 4331, courriel : hassano@un.org
Programme alimentaire mondial (PAM) :
Peter Smerdon, Tél : +254 20 622179 ou mobile: +254 733 528 911,
courriel : peter.smerdon@wfp.org
Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie :
Ian Steele, Tel: +254 020 62 1500, E-mail: steelei@un.org
LIENS WEB UTILES :
Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)
Programme alimentaire mondial (PAM)