Libéria : les défis du développement après des années de guerre civile
Plus de 20 000 ex-combattants profiteront d'un programme éducatif lancé par la Mission des Nations Unies au Libéria, dans le cadre de la réinsertion. (MINUL/Eric Kanalstein)
Parcourant un chemin semé d’embûches pour effectuer la transition à la suite d’une guerre sanglante vers une paix durable et le développement, le pays fait face à des défis monumentaux qui échappent souvent à l’attention des médias internationaux.
Le sujet
Tandis que le Libéria sort des ténèbres d’une guerre civile dévastatrice de 14 ans, les répercussions de son histoire passée de haine ethnique, de violence et de corruption, ainsi que l’arrestation pour crimes de guerre de l’ancien Président Charles Taylor, ont tendance à attirer l’attention médiatique la plus intense. Il existe cependant un aspect tout aussi crucial, lié aux défis monumentaux auxquels le pays est confronté dans ses efforts visant à instaurer un semblant de normalité dans un État déficient, qui n’a aucune fonction publique. Les effets de la mauvaise gestion économique, d’un gouvernement corrompu, d’abus administratifs et d’effondrement de l’infrastructure ont été compliqués par l’impact socioéconomique et humanitaire des sanctions. L’importance de ces efforts peut être difficilement surestimée étant donné que tout progrès en vue d’une plus grande stabilité et sécurité est tributaire de la rapidité avec laquelle les services de base seront restaurés et le moteur économique relancé. « L’expérience nous a enseigné que des efforts incomplets dans la consolidation de la paix sont souvent le prélude à une reprise du conflit », déclare M. Alan Doss, Représentant spécial du Secrétaire général Kofi Annan dans le pays et chef de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), qui a joué un rôle essentiel dans la stabilisation du pays et qui demeure une force clef pour ce qui est de jeter les bases d’une paix et d’une stabilité durables.
La Présidente Ellen Johnson-Sirleaf, première femme à occuper ce poste en Afrique et qui a remporté les élections récentes organisées par l’ONU, est confrontée à des tâches pressantes tandis que le pays essaie de surmonter le traumatisme de la longue guerre civile et de poursuivre son programme de développement. Cela comprend la réinsertion des anciens combattants, la réinstallation des personnes déplacées sur le plan interne et des réfugiés réintégrant leurs foyers, la création d’emplois et autres possibilités de tirer des revenus, la réparation et le réaménagement de l’infrastructure détruite pendant la guerre, la restructuration et la réforme des forces armées et de police, la consolidation de l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays et les travaux de la Commission Vérité et réconciliation. Une solution clef à la croissance des revenus est la mise en place de mécanismes permettant de satisfaire les conditions en vue de lever les sanctions imposées par l’ONU sur les exportations de bois et de diamants, qui pourraient assurer des recettes en vue de la reconstruction nationale et du relèvement économique.
Le contexte
- Le Libéria vacille sous le poids d’une dette externe de 3,7 milliards de dollars, d’un PIB qui, d’après les estimations, a baissé de 90 % de 1 269 $ en 1980 à 163 $ en 2005 et d’un taux de chômage de plus de 80 %.
- Les services collectifs ne sont pas assurés et la vaste majorité des Libériens n’ont pas accès à l’eau, à l’électricité et aux installations d’assainissement de base, ou encore à des soins de santé. La plupart des services médicaux sont dispensés par des organisations non gouvernementales et des organismes de l’ONU.
- Les routes et les ponts, qui sont nécessaires à l’ouverture des marchés, à la croissance de l’emploi, à la viabilité de l’accès humanitaire aux régions rurales et à l’élargissement d’une protection générale de l’environnement, ont grand besoin d’être réparés. Tandis que les ingénieurs de la MINUL et les membres de l’équipe de pays de l’ONU ont entrepris des travaux de réaménagement sur d’importants réseaux routiers pour faciliter le retour des personnes déplacées et des réfugiés, il faut en faire beaucoup plus.
- Le système éducatif a été dilapidé, avec une pénurie d’enseignants qualifiés et de ressources disponibles pour reconstruire les bâtiments scolaires.
- Le Libéria n’a pas de système judiciaire efficace opérationnel; hormis dans la capitale, Monrovia, la plupart des tribunaux ont été détruits et la pratique de l’ordalie (« jugement par épreuve divine ») est courante. La culture d’impunité qui a évolué en l’absence de justice doit être remplacée par le respect des droits de l’homme et par un État de droit.
- Durant la guerre civile, les ressources humaines du pays ont pâti d’une « fuite des cerveaux » et de décès liés à la crise. L’infrastructure socioéconomique vitale a été détruite tandis que la mauvaise gouvernance, le détournement de fonds, la contrebande des ressources naturelles et la mauvaise gestion économique ont fait des ravages.
- A la fin de la guerre civile, on a recensé 314 000 personnes déplacées sur le plan interne dans le pays et 340 000 réfugiés inscrits auprès du HCR dans les pays voisins. Si le processus de retour des personnes déplacées, soutenu par l’ONU, a pris fin en avril 2006 et si la majorité des réfugiés sont retournés dans leur pays, la tâche de réinstallation continue, tandis que ces personnes essaient de reconstruire leurs vies et leurs communautés.
POUR PLUS D’INFORMATION :
Département des opérations
de maintien de la paix des Nations Unies (DOMP) :
Cherrie-Anne Vincent (Service des opérations, équipe de l’Afrique
de l’Ouest), Tél : +1 917 367 5433, Courriel : vincentc@un.org
Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) :
Christine Koerner, Tél : +231 6 586862, Courriel : koerner@un.org
Département des affaires économiques et sociales
(DEAS) des Nations Unies :
Oumar Diallo, chargé des affaires économiques, Tél
: +1 212 963 8408, Courriel : dialloo@un.org
LIEN WEB UTILE :
Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL)