Le vieillissement


Une ère nouvelle s'ouvre
pour les personnes âgées


L'"ère du vieillissement", la "révolution grise", "l'humanité à l'âge adulte": ces expressions et d'autres de même type sont aujourd'hui entrées dans le langage commun et se fondent sur des données statistiques bien nettes.

Au cours des 75 années qui vont de 1950 à 2025, la population mondiale de personnes âgées (c'est-à-dire à partir de 60 ans) sera passée de 200 millions à 1,2 milliard et de 8 à 14% de la population totale du monde.

Durant la même période, le nombre de vieillards (c'est-à-dire à partir de 80 ans) sera passé de 13 à 137 millions. Bref, entre 1950 et 2025, la population mondiale aura approximativement triplé, le nombre des personnes âgées aura sextuplé et celui des vieillards décuplé.

Nécessité de faire face au défi

Les pays développés, qui sont ceux dont la population vieillit le plus vite, sont en train d'aménager et de préciser leurs politiques et leurs programmes, ainsi que de répondre aux besoins des personnes âgées, ce qui recouvre non seulement les moyens de les prendre en charge, mais aussi ceux d'assurer leur participation continue à la société. Ces pays tentent d'aménager la répartition des dépenses nationales de manière à tenir compte du vieillissement de la population, tant dans les faits que selon les prévisions, et de ses répercussions sur divers secteurs (santé, logement, éducation, protection sociale, emploi et sécurité du revenu).

Les pays en développement, dont il est prévu que la population vieillira encore plus vite dans les prochaines décennies que celle des pays développés dans le passé, ont commencé à'introduire progressivement des politiques et des programmes à l'intention des personnes âgées.

Le vieillissement de la population dans les pays en développement constitue un problème critique en raison de deux facteurs : faiblesse de l'infrastructure institutionnelle capable de satisfaire aux besoins d'une population âgée de plus en plus nombreuse, en chiffres tant relatifs qu'absolus; et incertitude quant à la capacité des familles de continuer à dispenser des soins aux personnes âgées et à leur témoigner la solidarité coutumière, ceci en raison de nombreux changements d'ordre social, tels que les migrations et la participation croissante des femmes à la vie publique et professionnelle.

Un problème capital qui se pose au Sommet

La question du vieillissement constituera un important sujet de débats au Sommet mondial pour le développement social, qui se tiendra en mars 1995 à Copenhague (Danemark). L'Assemblée générale a proposé au Sommet trois thèmes essentiels : l'intégration sociale, la réduction de la pauvreté et la productivité de l'emploi, dont chacun comporte d'importantes implications en ce qui concerne le vieillissement.

Le Sommet examinera les moyens de maintenir et d'améliorer la participation des personnes âgées aux activités économiques et sociales, de préserver les personnes âgées de la pauvreté et d'adapter les politiques de l'emploi aux besoins des personnes âgées.

Les politiques et programmes recommandés par le Sommet seront intégrés aux activités permanentes du programme des Nations Unies sur le vieillissement.

Le défi que pose le vieillissement aux gouvernements tant des pays développés que des pays en développement présente deux aspects connexes : premièrement, l'impact d'ensemble du vieillissement de la population sur tous les secteurs et toutes les générations; deuxièmement, la situation des personnes âgées dans leur statut et leurs rôles traditionnels à mesure que la société évolue, qu'il s'agisse des "jeunes vieux" ou des très vieux.

Quand on aborde la question de la situation des personnes âgées dans des sociétés en évolution rapide, il convient de prêter une attention particulière aux droits et aux responsabilités des femmes âgées, des migrants âgés et des réfugiés âgés afin de veiller à ce qu'ils reçoivent leur juste part de droits sociaux et économiques.

En dépit de la complexité de la question, une option nette s'est dégagée durant les dernières années pour les pays développés comme pour les pays en développement : celle de "l'assistance à l'auto-assistance", expression qui recouvre les politiques gouvernementales tendant à soutenir et à faciliter le choix offert aux personnes âgées de demeurer actives au sein de la société en tant qu'agents et bénéficiaires du développement. L'assistance à l'auto-assistance est une option qui reconnaît la dignité et les capacités des personnes âgées en répondant à leurs besoins d'exercer un emploi, d'avoir un revenu assuré et d'être intégrées à la société.

Le rôle de l'Organisationdes Nations Unies

Le programme des Nations Unies sur le vieillissement fait intervenir le Secrétariat et un certain nombre d'institutions spécialisées, dont l'Organisation internationale du Travail, l'Organisation mondiale de la santé, l'Unesco, etc. Ces activités supposent une coopération avec les Etats Membres, avec les experts et les organisations de personnes âgées aux fins de fixer des normes et de concevoir des politiques et des programmes.

C'est en 1948 que la question du vieillissement a été abordée pour la première fois à l'Assemblée générale des Nations Unies. Il n'était pas évident alors que la population mondiale allait vieillir de façon si spectaculaire au cours des décennies suivantes. Vingt ans plus tard, en 1969, l'Assemblée générale est revenue sur la question, convoquant en fin de compte une Assemblée mondiale sur le vieillissement qui s'est tenue en 1982 à Vienne (Autriche).

L'Assemblée mondiale a adopté le Plan d'action international sur le vieillissement, qui fut approuvé la même année par l'Assemblée générale des Nations Unies. C'est ce plan, premier instrument mondial relatif au vieillissement, qui oriente le programme de l'ONU. Tous les quatre ans, le Secrétariat de l'ONU procède à une évaluation mondiale des progrès réalisés dans l'exécution du Plan.

Le Programme mondial

En 1992, dix ans après avoir approuvé le Plan d'action international sur le vieillissement, l'Assemblée générale a fait siens une série d'objectifs mondiaux et nationaux -- ceux-ci sous forme de suggestions --, relatifs au vieillissement, qui devront être atteints d'ici l'année 2001. L'Assemblée a par ailleurs récemment proclamé le 1er octobre Journée internationale des personnes âgées et l'année 1999, Année internationale des personnes âgées.

Les activités futures du programme des Nations Unies sur le vieillissement tourneront autour de ces manifestations. Il a été décidé que durant la période 1992-2001 une série d'objectifs mondiaux et nationaux -- ceux-ci sous forme de suggestions -- sur le vieillissement devraient être atteints. Chaque manifestation offre une occasion d'examiner l'impact du vieillissement sur une société donnée et la situation des personnes âgées dans celle-ci.

Les activités proposées pour le 1er octobre, Journée internationale des personnes âgées, comportent des messages de chefs d'Etat, de municipalités et d'organisations; des conférences; des débats organisés par les médias; des démonstrations mutuelles de savoir-faire entre personnes âgées; des débats entre représentants de plusieurs générations; enfin, une participation des élèves des écoles sous forme d'essais et de travaux artistiques. Les thèmes proposés pour les prochaines années, qui s'harmonisent avec les principales "années" ou conférences des Nations Unies, sont les suivants :

1er octobre

1994 -- "Les personnes âgées et la famille"

1995 -- "Les possibilités dŽemploi ouvertes aux personnes âgées des deux sexes"

1996 -- "Elimination de la pauvreté parmi les personnes âgées"

1997 -- "Eloge des organisations de personnes âgées"

1998 -- "Soutien des personnes âgées à lŽAnnée internationale de la tolérance"

1999 -- "Vers une ère nouvelle pour les personnes âgées: une société pour tous les âgées"

L'Année internationale des personnes âgées (1999) fournira une occasion d'évaluer les besoins à venir, surtout dans les pays en développement. La Commission des Nations Unies pour le développement social élaborera en 1995 un cadre de la célébration de l'Année. Deux thèmes possibles sont envisagés : "Une ère nouvelle pour les personnes âgées", qui porterait sur la situation des personnes âgées dans des contextes socio-économiques en évolution; et "Une société pour tous les âges", qui porterait sur la complexité des ajustements imposés à l'échelle d'une société par le vieillissement de la population. Il est envisagé d'organiser des programmes de pays, des campagnes internationales, des débats d'experts et des manifestations au niveau local.

Une stratégie pratique sur le vieillissement a été approuvée pour la période 1992-2001. Les objectifs inspirent les initiatives en cours sur le vieillissement et orienteront les quatrième et cinquième évaluations du Plan international d'action sur le vieillissement, que mènera en 1997 et 2001, respectivement, la Commission des Nations Unies pour le développement social.

L'année 2001 marquera le couronnement du siècle au cours duquel les pays développés auront traversé un processus de vieillissement et, en même temps, le point de départ des décennies durant lesquelles les pays en développement sont promis à connaître un vieillissement d'une rapidité sans précédent.


Lectures complémentaires :

- Plan d'action international sur le vieillissement
- Objectifs mondiaux concernant le vieillissement pour l'an 2001: stratégie pratique (A/47/339)
- Troisième opération d'examen et d'évaluation de l'application du Plan d'action international sur le vieillissement (E/CN.5/1993/7)
- Principes des Nations Unies pour les personnes âgées
- Situation mondiale du vieillissement, 1991 (ST/CSDHA/14)


Publié par le Département de l'information, ONU
DPI/1515/SOC/CON--94-33358 -- Septembre 1994