Famille



Les familles, coeur de la société



Les familles se sont traditionnellement placées au cur de la société, sur les plans tant sociologique que symbolique. Mais de quoi se compose effectivement une "famille" dans le monde en évolution rapide d'aujourd'hui ? Dans les recensements de population et d'autres sources de données, une famille/un foyer est défini comme "un groupe de deux personnes au moins vivant ensemble, qui se procurent en commun les aliments et autres articles essentiels à la vie, et qui sont unies par le sang, l'adoption ou le mariage (y compris les unions libres)".

La situation

La composition et les caractéristiques des familles diffèrent infiniment d'une société à l'autre et à l'intérieur d'une même société.

Par exemple :

Les problèmes

Ce qui précède montre clairement que les familles ont partout besoin d'être soutenues pour remplir leurs fonctions vitales et pour répondre aux exigences dictées par l'évolution du monde. La condition de sans-logis et la faim, la pauvreté et la maladie, le chômage et l'exclusion de la société, les abus commis contre les droits de l'homme, la criminalité et la violence, tels sont quelques-uns seulement des graves problèmes que les familles affrontent dans le monde entier jour après jour. Ils prélèvent un lourd tribut sur les individus et les familles, compromettant gravement la capacité des communautés et des nations de réaliser pleinement leur potentiel.

En l'absence de mécanismes de rechange, l'érosion de l'Etat providence a imposé aux familles de terribles charges, alourdissant les responsabilités qu'elles n'avaient jamais cessé d'as- sumer pour prendre en charge les membres vulnérables de la société. L'évolution de la situation économique, la compression des dépenses et les programmes d'ajustement structurel se répercutent sur la capacité des familles de remplir leur rôle avec efficacité. Quand les filets de sécurité sociale sont inadéquats ou cessent de fonctionner, ce sont les femmes qui doivent inévitablement combler la lacune ainsi créée.

Pauvreté : Parmi les maux d'origine sociale qui mettent les familles en danger, aucun n'est plus omniprésent ni destructeur que la pauvreté. Environ 20% de la population mondiale vivent dans une pauvreté abjecte et luttent pour couvrir leurs besoins fondamentaux. La pauvreté suscite maints problèmes au sein de la famille, et pourtant c'est essentiellement à l'aide de la famille que les pauvres s'efforcent d'en neutraliser les effets. Certains types de familles, notamment les familles monoparentales, sont considérablement surreprésentées parmi les pauvres de nombreux pays. Par exemple :

Chômage : Durant les années 90, l'accroissement de la population mondiale se situera pour plus de 80% dans les villes. En même temps que l'exode rural s'intensifie, les familles sont déchirées ou doivent faire face à des situations de plus en plus difficiles, dont le chômage n'est pas la moindre. La moitié de l'humanité est déjà urbanisée et la migration des zones rurales vers les zones urbaines modifie rapidement le comportement des familles : dans la plupart des villes du monde en développement, 70 à 95% des nouveaux logements sont construits sans permis, parce que les familles ne peuvent pas accéder au secteur du logement structuré.

Les pays industrialisés ne sont pas à l'abri; par exemple, une récente conférence des maires patronnée par le PNUD a révélé :

Les familles sont souvent contraintes d'adopter des stratégies d'adaptation qui portent atteinte à la santé des individus et des sociétés. Quand la situation économique oblige certains membres d'une famille à émigrer à la recherche d'un emploi, quand les mécanismes politiques de solution des problèmes s'enrayent et que les différends sont réglés par la guerre, quand les excès de la consommation ravagent l'environnement et que la pauvreté atteint les proportions inouïes que l'on constate aujourd'hui dans certaines parties du monde, la survie même des familles est compromise.

Désintégration sociale : Nous assistons, dans une large mesure, à ce que l'on pourrait appeler une réorganisation de la famille à mesure que s'accélère le rythme des changements auxquels elle est soumise. Ce phénomène se reflète dans le rétrécissement des familles étendues en familles nucléaires ou monoparentales, qui s'est produit en l'espace de quelques décennies. Cependant, les politiques et programmes familiaux sont souvent en retard, notamment en ce qui concerne l'égalité entre les sexes et les droits des membres de la famille les plus vulnérables. L'un, parmi d'autres, des tragiques exemples de cet état de choses réside dans l'épidémie de VIH/sida, qui frappe durement les familles en de nombreuses parties du monde :

Quelques approches

La famille, unité de base de la société dans tous les pays, est dans certaines régions en danger d'extinction. Néanmoins, parce qu'elle est la source première d'éducation et de soins, ainsi que le lieu de transmission des valeurs, de la culture et de l'information, il faut venir en aide à l'institution sociale de la famille, qui offre la base d'une approche plus globale du processus de développement social, pour le bien de la société tout entière.

L'image idéale de la famille en fait une oasis d'affection au milieu d'un monde fondé sur la compétition. On y prend soin des membres jeunes, âgés, malades ou handicapés. Même dans les pays industrialisés, les familles demeurent une institution vouée à l'expression des relations affectives fondamentales. La capacité productive et la stabilité des sociétés sont tributaires, dans une large mesure, de la manière dont les familles donnent corps à ces relations. Elles sont le groupe social qui est responsable en premier lieu de prendre en charge, protéger et socialiser les jeunes.

En tant qu'environnement immédiat des générations futures, les familles sont, avant toute chose, le milieu fondamental dans lequel les enfants acquièrent les connaissances et les aptitudes qui leur serviront, une fois parvenus à l'âge adulte. La compréhension et le souci d'équité entre membres de générations différentes sont les principes de base d'une société civile juste, en même temps qu'une condition essentielle de toute vie familiale saine.

C'est également au sein des familles qu'il faut apprendre et pratiquer la tolérance, condition préalable de compréhension entre les cultures, les nations et les races dans le cadre d'une société plus vaste. C'est au sein des familles qu'il faut apprécier les besoins des groupes minoritaires, des migrants et des réfugiés, instrument fondamental de l'apprentissage de la tolérance et de la paix.

Dans un contexte élargi, les familles jouent un rôle vital en tant que productrices et consommatrices. En tant qu'employeurs de micro-entreprises, les familles contribuent à l'entretien et au développement de sociétés saines en parant aux effets néfastes du chômage. Il faut reconnaître et renforcer le rôle des familles sur le plan de la "protection des employés" pour soutenir la création de nouveaux emplois productifs.

Les relations entre la famille et le lieu de travail, le respect de l'égalité des sexes dans l'emploi, les soins aux enfants, la répartition des travaux domestiques au foyer et les responsabilités touchant à la prise en charge des membres vulnérables de la société constituent autant d'aspects solidaires. Pour souligner cette vérité, l'Assemblée générale des Nations Unies a, par sa résolution 44/82 du 8 décembre 1989, proclamé 1994 Année internationale de la famille, qui a pour thème : "La famille : ressources et responsabilités dans un monde en évolution". La devise de l'Année, "Construire la plus petite démocratie au cur de la société", traduit le rôle charnière qui est celui des familles a fin d'assurer le bien-être de la société et exprime la conviction que les familles doivent offrir un environnement où tous leurs membres jouissent de la plénitude de leurs droits d'êtres humains, condition préalable de leur propre épanouissement.

L'un des principaux objectifs de l'Année est d'assurer l'égalité des sexes au sein de la famille et un partage égal des responsabilités, qu'il s'agisse de la procréation ou de la production. Le double fardeau du travail rétribué et des tâches domestiques non rétribuées, y compris la procréation, retombe principalement sur les femmes. Sans égalité entre les sexes, il ne saurait y avoir de "démocratie au cur de la société".

Les priorités futures

Les futurs programmes et politiques socio-économiques ou de développement auront inévitablement un effet sur les familles. En conséquence, on ne saurait déterminer les grandes orientations sans en considérer l'impact sur les familles. Même si une politique ne les vise pas en particulier, il convient d'encourager les organismes et organisations, gouvernementaux ou non gouvernementaux, nationaux ou internationaux, à reconnaître que leurs décisions et actions auront généralement un impact sur les familles, sur la forme que les familles revêtiront, sur leurs chances de survie, sur leur succès plus ou moins grand dans les fonctions d'éducatrices et de pourvoyeuses.

Le corollaire de cet objectif réside dans la formulation et l'application de politiques sensibles aux besoins des familles dans des sociétés amies de la famille.

Décrivant le rôle charnière des familles dans le processus de développement social, question clef proposée à la réflexion du Sommet mondial pour le développement social, le Secrétaire général de l'ONU a déclaré :

"A travers l'Année internationale de la famille, nous revenons aux éléments de base de la société humaine, ce qui constitue un pas initial vers un agenda plus clair et plus décisif de justice sociale. Ce n'est que le début d'un processus qui ne sera pas achevé en 1994 ni durant le suivi immédiat de l'Année.

"Nous devons instituer un partenariat avec les familles a fin de formuler un nouveau contrat social qui nous donne les moyens d'affronter les défis du XXIe siècle dans tous les secteurs de l'activité humaine. Nous devons. . . rendre aux individus leur juste place dans un développement enrichi par notre diversité et nourri par notre détermination d'instaurer la paix dans le monde.

"C'est dans ce projet que réside l'espoir des familles, partout dans le monde. C'est dans cette vision que réside la promesse d'un monde où chaque famille puisse être un sanctuaire de sécurité, de respect et d'amour."


Lectures complémentaires :

Brochure d'information : Année internationale de la famille, 1994 : Construire la plus petite démocratie au coeur de la société.

Dossier destiné à la presse : Année internationale de la famille, 1994 (ONU/Département de l'information).

Graphiques statistiques sur les familles du monde (Statistical Chart on World Families) [Division de statistique de l'ONU, numéro de vente : E.93.XVII.9; en anglais seulement].

Pour de plus amples informations, on est prié de se mettre en rapport avec :

Secrétariat de l'Année internationale de la famille, 1994,
Centre international de Vienne,
B. P. 500, A-1400 Vienne (Autriche),
tél.: (431) 21131/4223 ou /5203.
télécopie : (431) 23 74 97.

Sources : Statistical Chart on World Families (Division de statistique de l'ONU, numéro de vente E.93.XVII.9. Families, celebration and hope in a world of change, par Jo Boyden en collaboration avec l'Unesco, Gaia Books, Londres, 1993).


Publié par le Département de l'information des Nations Unies
DPI/1512/SOC/CON -- 94-34130 -- Septembre 1994