Formes modernes d'esclavage
« Nous devrons nous rappeler qu’à notre époque encore, plusieurs millions de nos frères humains subissent des pratiques analogues à l’esclavage (…) Malgré tous les progrès accomplis dans notre action pour les droits de l’homme, il nous reste encore beaucoup à faire ».
M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU
Cette commémoration est l'occasion de rappeler que les formes d'esclavage moderne concernent un nombre d’adultes et d’enfants exceptionnellement élevé.
- Plus de 300 000 enfants soldats, qui n’ont parfois pas plus de huit ans, sont exploités dans les conflits armés dans plus de 30 pays. On estime qu’au cours de la dernière décennie, plus de 2 millions d’enfants sont morts des conséquences directes d’un conflit armé, et au moins 6 millions ont été gravement blessés ou handicapés à vie.
- L'Organisation internationale des migrations estime que chaque année, 700 000 êtres humains sont victimes de la traite. Ils sont introduits clandestinement dans des pays étrangers, loin de leurs foyers, où ils sont réduits en esclavage.
- Selon l’Organisation internationale du travail, 191 millions d’enfants sont économiquement actifs entre 5 et 14 ans. Près de 40 %, soit 74 millions, travaillent dans un environnement dangereux.
- On estime que 5.7 millions d'enfants sont contraints au travail forcé ou à la servitude pour dettes et 1.2 millions d'enfants sont vitimes de la traite .
- La traite des enfants est associée à l'exploitation sexuelle. Un million d'enfants en sont victimes chaque année, majoritairement des filles, qui sont forcées à se prostituer.
« Il n’est malheureusement pas excessif de tracer un parallèle, tant par l’ampleur du phénomène que par les souffrances infligées aux victimes, avec le commerce transatlantique d’Africains vers les Amériques, au cours duquel plus de 12 millions de personnes ont traversé l’océan contre leur gré en l’espace de quatre siècles. Si les statistiques actuelles sont correctes, ce sont aujourd’hui 700.000 personnes qui se trouvent annuellement réduites en esclavage hors des frontières de leur pays, et, pour notre plus grand déshonneur, nous aurons, à ce rythme, atteint les 12 millions en une vingtaine d’années seulement ».
Mme Ndioro Ndiaye, Directrice adjointe de
l'Organisation internationale pour les migrations
C'est notre responsabilité à tous de s'attaquer aux racines de l'esclavage, pour aider et protéger ses victimes et pour empêcher que ceux qui perpétuent cette pratique restent impunis.
Sources:
- Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés
- La fin du travail des enfants : un objectif à notre portée (Rapport 2006 de l'Organisation internationale du travail)
- Discours de Mme Ndioro Ndiaye, directrice adjointe de l'Organisation internationale pour les migrations (5 mars 2007)
