FICHE D'INFORMATION SUR LE MAINTIEN DE LA PAIX DES NATIONS UNIES
VITAL
Elément central des interventions internationales en période de conflit
- Le caractère fondamentalement international des missions de maintien de la paix autorisées par le Conseil de sécurité des Nations Unies confère une légitimité sans précédent à toute opération de paix des Nations Unies.
- Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies offrent un moyen impartial et largement accepté d’assurer un partage des responsabilités et une action efficace.
- Le maintien de la paix par les Nations Unies ne peut seul convenir à toutes les situations ; il doit s’accompagner d’un processus de paix et non le remplacer.
SOLIDE
Une entreprise massive
- L’ONU est l’organisation multilatérale qui contribue le plus aux efforts de stabilisation après les conflits dans le monde. Seuls les Etats-Unis déploient plus de militaires sur le terrain que le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
- Plus de 100 000 agents sont en service dans 18 opérations de paix conduites par le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU sur quatre continents et douze fuseaux horaires, touchant directement la vie de centaines de millions de personnes.
- L’ONU n’a pas de forces militaires propres ; elle compte sur les contributions d’Etats Membres. 115 pays fournissent du personnel militaire et de police aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
- Près de 73 000 des personnes actuellement en service sont des soldats ou des observateurs militaires et environ 9 500 sont des policiers. A ces effectifs, s’ajoutent près de 5 700 fonctionnaires civils internationaux, plus de 12 400 civils recrutés sur le plan local et quelque 2 000 Volontaires des Nations Unies.
- En 2006, les opérations de maintien de la paix des Nations Unies ont entamé des négociations sur des mémorandums d’accord avec plus de 100 pays fournisseurs de contingents, transporté plus de 800 000 passagers et 160 000 tonnes de marchandises par voie aérienne et fait fonctionner plus de 200 hôpitaux et infirmeries sur le terrain.
- Les femmes représentent environ 2% du personnel militaire, 5% du personnel de police et 23% du personnel civil des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
EFFICACE
Un taux de réussite élevé
- L’ONU est un fournisseur de forces comparativement efficace et économique. Dans ses institutions spécialisées, elle dispose d’un large éventail de moyens civils et militaires nécessaires pour l’édification des nations (a).
- L’ONU offre le cadre institutionnel le plus approprié pour la plupart des missions d’édification de la nation, avec une structure comparativement peu coûteuse, un taux de réussite comparativement élevé et le plus grand degré de légitimité internationale (b).
- Depuis 1945, les soldats de la paix de l’ONU ont mené plus de 60 missions et négocié plus de 172 règlements pacifiques qui ont mis fin à des conflits régionaux et permis aux populations de plus de 45 pays de participer à des élections libres et équitables.
- En 2006, l’ONU a mené à bonne fin son opération de paix au Burundi, ayant achevé son mandat consistant à aider à mettre en place des institutions nationales et à donner à une société encore fragile une possibilité durable de parvenir à la paix.
- Les opérations de déminage conduites par le Service de l’action antimines du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU contribuent au déploiement de soldats de la paix et à la mise en œuvre de mandats à Chypre, en République démocratique du Congo, en Erythrée/Ethiopie, au Liban, au Soudan et au Sahara occidental.
MOINS COÛTEUX
Les opérations de maintien de la paix de l’ONU sont économiques
- Les opérations de paix de l’ONU sont moins coûteuses que d’autres formes d’interventions internationales et les coûts sont plus largement répartis. Lorsqu’on compare le coût par soldat de l’ONU à celui des soldats déployés par les Etats-Unis, les pays développés, l’OTAN ou les organisations régionales comme l’Union africaine, l’ONU offre de loin l’option la moins coûteuse (c).
- Il ressort d’une étude réalisée par des économistes de l’Université d’Oxford que l’intervention militaire internationale au titre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies constitue le moyen le plus économique de réduire le risque de conflit dans les sociétés sortant d’un conflit (d).
- Le budget approuvé du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU pour l’exercice allant du 1er juillet 2006 au 30 juin 2007 s’élève à quelque 5,5 milliards de dollars, soit environ 0,5% des dépenses militaires mondiales (estimées à plus de 1 000 milliards de dollars en 2005).
- Selon une étude du Government Accountability Office des Etats-Unis, il en coûterait presque le double aux Etats-Unis pour organiser une opération de maintien de la paix semblable à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) – 876 millions de
- dollars contre un montant de 428 millions de dollars budgétisé par l’ONU pour les 14 premiers mois de la mission (e).
UTILE
Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies modifient la donne là où il le faut le plus
- Les conditions de sécurité dans lesquelles les récentes opérations de maintien de la paix ont été déployées figurent parmi les plus difficiles et les « moins gérables » jamais rencontrées (f). Les opérations de maintien de la paix sont déployées là où d’autres opérations ne peuvent ou ne sont pas déployées et jouent un rôle vital en préparant la voie à la stabilisation et à la paix ainsi qu’au développement à long terme.
- Il existe aussi une corrélation manifeste entre le nombre décroissant des guerres civiles et le nombre croissant de missions des Nations Unies. Le nombre d’opérations de maintien de la paix des Nations Unies a augmenté de plus de 400% depuis la fin de la guerre froide. A mesure que le militantisme international prenait de l’ampleur et gagnait en intensité au cours des années1990 et 2000, le nombre de conflits armés a commencé à baisser (g).
SOUPLE
Adaptable à différents environnements et besoins
- L’ONU a fait preuve d’une souplesse croissante dans les structures et les types de déploiements sur le terrain, ce qui lui a permis de faire face à des défis uniques et au risque de voir ses ressources être mises à rude épreuve.
- Comme exemples de cette souplesse, on peut citer la création du « Commandement Est » en République démocratique du Congo, la mise en place d’une cellule militaire stratégique pour la mission au Sud-Liban et la mobilisation des avantages comparatifs des partenaires de l’ONU (Union africaine, Union européenne et OTAN) pour répondre efficacement aux crises lorsque les interventions classiques ne semblent pas indiquées.
DYNAMIQUE
Le maintien de la paix de l’ONU continue d’évoluer
- Outre le maintien de la paix et de la sécurité, les soldats de la paix sont de plus en plus chargés de prêter concours pour la mise en œuvre du processus politique, la réforme des systèmes judiciaires, la formation des agents chargés de l’application des lois et des forces de police ainsi que le désarmement et la réintégration des anciens combattants.
- L’assistance électorale de l’ONU est devenue un élément régulier et de plus en plus important des opérations de paix des Nations Unies. Ces deux dernières années, les soldats de la paix des Nations Unies ont appuyé les élections dans six pays sortant d’un conflit – Afghanistan, Burundi, Haïti, Iraq, Liberia et République démocratique du Congo – qui ont une population de plus de 120 millions d’habitants, donnant ainsi à plus de 57 millions d’électeurs inscrits la possibilité d’exercer leur droit démocratique.
- Tenir son personnel responsable selon les normes les plus élevées est une priorité essentielle du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Ainsi, pour mettre fin à l’exploitation et aux sévices sexuels dans ses missions, le Département a adopté une stratégie globale à trois volets (prévention, répression et recours) et a créé des cellules Déontologie et discipline au Siège et dans les missions. Le Département oeuvre avec les pays fournisseurs de contingents à assurer le suivi intégral et l’application effective des recommandations formulées dans le rapport du Prince Zeid, Conseiller spécial du Secrétaire général sur l’exploitation et les sévices sexuels.
Missions en cours du Département des opérations de maintien de la paix (mai 2007)
Année de lancement |
Lieu |
Nom de la mission |
1948 |
Jérusalem |
ONUST – Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve |
1949 |
Inde/Pakistan |
UNMOGIP – Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan |
1964 |
Chypre |
UNFICYP – Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre |
1974 |
Syrie |
FNUOD – Force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement |
1978 |
Liban |
FINUL – Force intérimaire des Nations Unies au Liban |
1991 |
Sahara occidental |
MINURSO – Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental |
1993 |
Géorgie |
MONUG – Mission d’observation des Nations Unies en Géorgie |
1999 |
Kosovo |
MINUK – Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo |
1999 |
République démocratique du Congo |
MONUC – Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo |
2000 |
Ethiopie/Erythrée |
MINUEE – Mission des Nations Unies en Ethiopie et en Erythrée |
2002 |
Afghanistan |
MANUA – Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan |
2003 |
Liberia |
MINUL – Mission des Nations Unies au Liberia |
2004 |
Côte d’Ivoire |
ONUCI – Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire |
2004 |
Haïti |
MINUSTAH – Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti |
2005 |
Soudan |
MINUS – Mission des Nations Unies au Soudan |
2006 |
Sierra Leone |
BINUSIL – Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone |
2006 |
Timor-Leste |
MINUT – Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste |
2007 |
Burundi |
Bureau intégré des Nations Unies au Burundi |
Source : Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, en coopération avec le Département de l’information de l’ONU – DPI/2429/Rev.1 – Mai 2007
(a) James Dobbins et al., “The UN’s Role in Nation-Building: From Congo to Iraq”, RAND Corporation, 2005.
(b) William J. Durch et al., “The Brahimi Report and the Future of UN Peace Operations”, The Henry L. Stimson Center, 2003.
(c) Paul Collier and Anke Hoeffler, « The Challenge of Reducing the Global Incidence of Civil War », Centre for the Study of African Economies, Department of Economics, Oxford University, 26 mars 2004.
(d) « Peacekeeping : Cost Comparison of Actual UN and Hypothetical U.S.Operations in Haiti », United States Government Accountability Office, Rapport au Sous-Comité du contrôle et des investigations, Comité des relations internationales, Chambre des Représentants, GAO-06-331, février 2006, p.7.
(e) The Challenges Project, « Meeting the Challenges of Peace Operations: Cooperation and Coordination”, Phase II Concluding Report 2003-2006, Elanders Gotab, Stocholm, 2005.
(f) James Dobbins et al., “The UN’s Role in Nation-Building: From Congo to Iraq”, RAND Corporation, 2005; Andrew Mack, “Peace on Earth? Increasingly, Yes”, The Washington Post, 28 décembre 2005.
(g) Voir « Annual Review of Global Peace Operations 2007 », Center on International Cooperation, 2007, p. 2-12.