|
Dossier de presse Fiche technique 9 Les casques bleus aujourd'hui Cinquante-cinq ans d'ONUSTLe Herald Tribune rapportait le 10 juin 1948 : " Le Comte Folk Bernadotte, le Médiateur des Nations Unies en Palestine, a annoncé aujourd'hui que les Juifs et les Arabes avaient donné leur accord inconditionnel à un armistice de quatre semaine. L'annonce a été faite dans un message du Médiateur des Nations Unies à Trivet Lie, Secrétaire général de l'ONU. M. Lie a dit qu'un plan était mis en place pour assurer un strict respect du cessez-le-feu. Les accords appellent la Belgique, la France et les Etats-Unis à fournir des navires et des observateurs militaires. Il a dit qu'il avait été demandé à chaque pays d'envoyer vingt-et-un militaires ". Cet article décrivait les débuts de la première opération de maintien de la paix dans l'histoire de l'ONU, officiellement intitulée Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST). Le premier groupe d'observateurs militaires de l'ONU arriva entre le 11 et le 14 juin et furent déployés en Palestine et dans certaines zones des pays arabes voisins. Toutefois, on considère que le 29 mai 1948 marque le début de l'opération car ce jour là, le Conseil de sécurité, dans sa résolution 50, décida de déployer des observateurs militaires avec pour mandat d'assister le Médiateur de l'ONU dans la supervision de la trêve entre Israël et les forces armées. A l'expiration de la trêve de quatre semaines, et après que les combats à grande échelle reprirent entre Israël et les forces armées, le Conseil de sécurité, dans sa résolution 54 du 15 juillet 1948, ordonna un cessez-le-feu d'une durée illimitée. Le second groupe d'observateurs militaires furent déployés auprès de chaque armée arabe et de chaque groupe israélien, ainsi qu'à Jérusalem, les côtes, les ports et les aéroports des zones concernées par la trêve. Ils accompagnèrent également les convois entre Tel Aviv et Jérusalem. Après la conclusion de quatre Conventions d'armistice généraux entre Israël et l'Egypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie, en 1949, les fonctions de l'ONUST furent étendues à l'assistance des parties pour la supervision et le suivi du respect de ces conventions. L'ONUST devint également une opération autonome, officiellement un organe subsidiaire du Conseil de sécurité, le chef d'état-major en assurant le commandement. * Cinquante-cinq ans plus tard, les 153 observateurs de l'ONUST, assistés par un personnel de l'ONU international et un personnel civil local, sont toujours déployés à travers la région et leur mandat n'a pas été modifié depuis. Ils continuent d'observer et de maintenir le cessez-le-feu inconditionnel ordonné par le Conseil de sécurité, dans l'attente d'un règlement de paix définitif, et d'assister les parties, si nécessaire, à assurer le suivi et à observer les termes des Conventions d'armistice. A l'heure actuelle, l'ONUST a toujours son siège à Jérusalem, avec des bureaux à Beyrouth et Damas, et il opère dans les zones du Sud-Liban, des Hauteurs du Golan et du Sinai. Les observateurs militaires assignés au secteur Israël-Syrie sont attachés à la Force des Nations Unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD) et conduisent leurs opérations sous le contrôle opérationnel du commandant de la FNUOD, mais elles demeurent sous le commandement du chef d'état-major de l'ONUST. Opérant depuis Tibériade (Israël), Damas et au Camp Faouar (Syrie), ils continuent d'occuper onze postes d'observation situés près des zones de démarcation dans les Hauteurs du Golan et à proximité des frontières des deux côtés, et ils mènent tous les quinze jours des inspections dans les zones de restriction des armements et des forces déterminées dans l'Accord sur le dégagement de 1974. Les observateurs dans le secteur Liban-Israël, chargés de l'assistance de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) dans l'accomplissement de ses tâches, sont placés sous le contrôle opérationnel du Commandant de la FINUL, mais demeure sous le commandement du chef d'état-major de l'ONUST. Le Conseil de sécurité a stipulé, cependant, que les observateurs militaires de l'ONUST continueraient d'opérer le long de la ligne de démarcation issue de l'armistice après la fin du mandat de la FINUL. A présent ils opèrent à partir de Naqoura (Sud-Liban), et conservent quatre bases de patrouille le long du côté libanais de la Ligne bleue, patrouillent et mènent des enquêtes, et accomplissent des tâches de liaison avec les parties actives dans la zone d'opération et aux alentours. Les observateurs de l'ONUST dans le secteur Israël-Egypte sont installés à Ismaïlia (Egypte), et mènent des patrouilles le long du Canal de Suez et à travers la péninsule du Sinaï, à l'exception de la zone sous le contrôle de la Force multinationale et Observateurs (FMO). De plus, l'ONUST entretient la machinerie de supervision des Conventions d'armistice dans les secteurs où il n'a pas été possible de réaliser un règlement pacifique. Les chefs des bureaux de l'ONUST à Beyrouth et à Damas sont respectivement le Président en titre de la Commission mixte d'armistice israélo-syrienne et de la Commission mixte d'armistice israélo-libanaise. Bien qu'Israël ait dénoncé les Conventions d'armistice avec le Liban et la Syrie après la guerre de 1967, la position de l'ONU est qu'il n'y a pas de disposition dans les Conventions prévoyant de terme unilatéral de leur application. * Que dire des réalisations de l'ONUST ? Peut-on qualifier de succès une opération de maintien de la paix si son mandat est toujours le même et si le principal objectif reste hors d'atteinte 50 ans plus tard ? Il faut examiner les réalisations de l'ONUST au cours de cette période. La région a connu un certain nombre de guerres depuis 1949, qui ont changé les frontières territoriales du cessez-le-feu, et qui ont en conséquence affecté la façon dont l'ONUST a fonctionné et déployé ses observateurs militaires. Suite aux guerres de 1956, 1967 et 1973, l'ONUST s'est déplacée avec les lignes de cessez-le-feu et s'est aussi adaptée aux évolutions des relations et des accords bilatéraux. Entre 1949 et 1967, les observateurs ont continué de mener des patrouilles le long des Lignes de démarcations issues de l'armistice, supervisé une zone neutre dans la Ville Sainte et deux zones démilitarisées dans la zone de El Auja (secteur Israël-Egypte) et près du Lac de Tibériade - les zones de Ein Gev et de Dardara (secteur Israël-Syrie). Dans les années 50, un certain nombre de postes d'observation furent installés le long de la ligne de démarcation entre Israël et la Syrie. Les observateurs de l'ONUST ont aussi étroitement coopéré avec la Force d'urgence des Nations Unies (FUNU I), qui fut déployée dans le Sinaï. Suite à la guerre de 1967, les observateurs de l'ONUST ont opéré la démarcation des lignes de cessez-le-feu et établi deux opérations d'observation des lignes de cessez-le-feu, dans le secteur Israël-Syrie et dans la zone du Canal de Suez. En 1972, une opération similaire fut établie au Sud-Liban, mais sans l'accord spécifique d'Israël. La guerre de 1973, durant laquelle l'ONUST continua de fonctionner, donna naissance à un nouvel accord, comprenant l'installation d'une nouvelle force armée de l'ONU (FUNU II), ayant pour mission de maintenir une zone tampon dans le désert du Sinaï. Les fonctions de l'ONUST changèrent au gré des changements de circonstance, mais ses observateurs militaires demeurèrent dans la région, faisant office d'intermédiaire entre les parties au conflit, et servant à circonscire des incidents isolés pour les empêcher de dégénérer en conflit généralisé. Les observateurs militaires agissaient avec le consentement de toutes les parties, et ils leur efficacité était dépendante de la coopération de toutes les parties en présence. Il n'y a pas de composante de mise en œuvre dans leur fonctionnement. Les principales responsabilités de l'ONUST furent aussi liées aux travaux des commissions mixtes d'armistice (MAC), établies par les Conventions d'armistice entre Israël et quatre pays arabes. Les commissions étaient composées d'un nombre égal de membres de chaque partie, présidées par le chef d'état-major de l'ONUST ou par un officier supérieur désigné par lui. La principale fonction des commissions était l'examen et l'enquête portant sur les demandes ou plaintes des parties portant sur l'application et le respect des Conventions d'armistice. Les observateurs de l'ONUST assignés à chaque commission menaient les enquêtes sur les demandes soumises à la commission. L'ONUST a joué, et continue de jouer un rôle important et positif dans les turbulents événements du Moyen-Orient. L'ONUST a rempli son mandat avec le plus haut degré de professionnalisme, de dévouement et parfois d'ultime sacrifice. Vingt-sept membres du personnel de l'ONUST ont perdu la vie en mission, y compris le Comte Bernadotte, qui fut assassiné à Jérusalem le 17 septembre 1948. L'assistance de l'ONUST dans l'établissement et le maintien du cessez-le-feu a été crucial pour toute la région. L'ONUST a aussi contribué au renforcement de la confiance entre les parties, et à la création d'une atmosphère propice aux pourparlers de paix. Toutefois, le mandat de l'ONUST est lié à la réalisation du règlement pacifique définitif, qui est encore un objectif non réalisé. Des accords de paix ont été menés entre Israël et l'Egypte, entre Israël et la Jordanie, et des accords de paix sur une toute autre voie avaient été lancés au début des années 1990, offrant de grands espoirs. Malheureusement, le processus lancé à la conférence de Madrid de 1991, les premiers pourparlers directs entre Israël et ses voisins arabes immédiats, est à présent bloqué. Les négociations israélo-palestiniennes sont en panne depuis les 33 derniers mois, les pourparlers entre Israël et la Syrie sont gelés depuis 2000, et il en est de même entre Israël et le Liban depuis 1996. Sur cette
toile de fond, le rôle de l'ONUST et ses activités en cours
sont encore plus importantes pour le maintien du cessez-le-feu entre les
parties. Toutefois, l'ONUST ne peut pleinement accomplir son mandat par
la seule détermination et les seuls efforts des soldats de la paix,
mais seulement en parallèle du soutien et de l'engagement des parties
au conflit. L'ONUST continuera d'exercer ses fonctions et ses responsabilités,
toutefois, il incombe aux parties, comme dans tous les conflits, de surmonter
leurs difficultés actuelles, et de suivre la voie de la paix sur
le fondement du principe " la terre contre la paix ", les décisions
de la conférence de Madrid, et les résolutions pertinentes
de l'ONU.
|