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Dossier de presse Fiche technique 3 Questions et réponse sur les opérations de maintien de la paix des Nations Unies1. Qu'est-ce que le maintien de la paix ? Les opérations de maintien de la paix de l'Organisation des
Nations Unies (ONU) représentent un moyen par lequel la communauté
internationale peut encourager l'établissement d'une paix durable
dans des zones ou des situations où existe une menace de conflit,
ou bien là où un conflit a été récemment
atténué. Le plus souvent, elles sont utilisées
pour aider à solidifier un processus de paix fragile émergeant
d'une situation post-conflictuelle. Aux termes de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité
de l'ONU a le pouvoir de prendre des actions collectives en vue de maintenir
la paix et la sécurité internationales, et c'est normalement
cet organe qui établit les missions de maintien de la paix. La
première opération de maintien de la paix, l'Organisme
des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve
(ONUST), a été créée en 1948 au Moyen-Orient
et elle est toujours en opération aujourd'hui. Depuis cette époque,
il y a eu 56 opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
Parmi ces dernières, 43 ont été créées
depuis 1988 et 14 sont en place. À l'origine, le maintien de la paix s'est développé
comme moyen de régler les conflits interétatiques en déployant
du personnel non armé ou légèrement armé
en provenance d'un certain nombre de pays, sous commandement de l'ONU,
entre les forces armées des ex-parties belligérantes.
Normalement, un cessez-le-feu devait être en place, et les parties
au conflit devaient avoir consenti au déploiement de l'ONU. Cela
donnait aux parties du temps et de l'espace pour des efforts diplomatiques
portant sur les causes sous-jacentes du conflit. Les casques bleus
ne répondaient pas aux tirs par des tirs, mais plutôt observaient
le cessez-le-feu sur le terrain et donnait des informations impartiales
sur son respect. Bien qu'il y eût des époques au cours de la guerre froide
où les casques bleus furent bien accueillis en tant que
tierce partie neutre, à d'autres moments, les antagonismes entre
les membres du Conseil de sécurité limitèrent leur
rôle. La fin de la guerre froide précipita un changement
radical dans le maintien de la paix de l'ONU. Dans un nouvel esprit
de coopération, furent déployées de nouvelles missions
de plus grande envergure pour aider à mettre en œuvre les accords
de paix globaux signés entre ex-protagonistes de guerres civiles.
Des dizaines de milliers de gardiens de la paix, militaires, policiers
et civils, furent chargés de traiter les causes et les conséquences
de guerres intraétatiques, plutôt qu'interétatiques,
dans des endroits comme le Cambodge, El Salvador et le Mozambique. Les
casques bleus devinrent partie intégrante des efforts internationaux
visant à reconstruire les États touchés par le
conflit, et pour soutenir la tenue d'élections et de referenda
libres et équitables. Les tâches de maintien de la paix
portèrent sur la formation et la restructuration des forces de
police locales, le déminage, la tenue d'élection, la facilitation
du retour des réfugiés, le suivi des droits de l'homme,
la supervision des structures gouvernementales, la démobilisation
et la réinsertion des ex-combattants et la promotion d'institutions
démocratiques et d'un développement durables. A son maximum,
en 1993, 70000 soldats étaient déployés au sein
de missions de maintien de la paix de l'ONU. Afin d'assister la croissance en taille et en complexité des
opérations de maintien de la paix, un Département des
opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations Unies fut
créé en 1992. Dans l'ensemble, les opérations multidimensionnelles initiales
furent un succès. Certaines, comme au Salvador et au Mozambique,
donnèrent à ces pays des moyens de réaliser une
paix durable de façon autonome. Au Cambodge, les casques bleus organisèrent des élections tout en établissant
un environnement sûr qui permit au processus de paix d'avancer. Ces " succès " du début ont peut-être
conduit à une évaluation trop optimiste de ce que pouvaient
accomplir les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
Alors que les missions au Cambodge et au Mozambique étaient en
cours, le Conseil de sécurité envoya des casques bleus dans des zones de conflit telles que la Somalie, par exemple, où
ni un cessez-le-feu ni le consentement de toutes les parties au conflit
n'avait été obtenu. Et ces gardiens de la paix reçurent
des mandats étendus sans le personnel nécessaire pour
les mettre en œuvre. Certaines échouèrent de façon
dramatique. Les désastres - dont les plus horribles furent les
massacres de Srebrenica (Bosnie-Herzégovine) et du Rwanda - conduirent
à une période de retrait et d'examen du maintien de la
paix des Nations Unies. Une réponse semble avoir été trouvée
dans la régionalisation. En 1993, au Liberia, l'ONU mit en place
la première opération dans laquelle elle fut associée
à une force régionale de maintien de la paix déployée
par la Communauté économique des États de l'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO). En 1994, l'opération de l'ONU en Georgie
commença à travailler avec la force de maintien de la
paix de la Communauté d'États indépendants (CEI).
Lors d'opérations mises en place dans la seconde moitié
des années 90, telles que la Mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine
(MINUBH) et plus tard au Kosovo (Serbie et Monténégro),
l'ONU travailla en tandem avec d'autres organisations internationales
telles que l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN),
et l'Union européenne. Ces accords de coopération avec
les organisations régionales améliorèrent les efforts
de la communauté internationale pour mettre fin aux conflits
dans certaines régions, et permirent de restaurer la confiance
internationale dans l'utilité des opérations de maintien
de la paix des Nations Unies. Mais elle ne purent pas être facilement
répliquées dans d'autres régions du monde. En 1999 et en 2000, le Conseil a aussi mandaté la création
de nouvelles opérations pour remédier aux conflits en
Afrique, et des casques bleus furent déployés dans
trois missions cruciales en Sierra Leone (MINUSIL), en République
démocratique du Congo (MONUC), en Érythrée et en
Éthiopie (MINUEE). A la suite des violences dévastatrices
qui se produirent au Timor oriental, l'ONU reçut la mission de
mettre en place une administration intérimaire pour préparer
la voie vers l'indépendance. De plus, en 1999, le Secrétaire général Kofi
Annan demanda à un groupe d'experts internationaux d'examiner
les opérations de paix de l'ONU et d'identifier les domaines
dans lesquels le maintien de la paix de l'ONU pourrait être le
plus efficace et comment l'améliorer. Le rapport du Groupe d'étude sur les opérations de
paix des Nations Unies du Secrétaire général -
connu sous le nom de Rapport
Brahimi, d'après le Président du Groupe, M. Lakhdar
Brahimi, un ex-diplomate algérien et conseiller de longue date
du Secrétaire général - fut publié en août
2000 Il présentait clairement les conditions nécessaires
au succès des opérations de maintien de la paix. Cela
comprenait: un mandat clair et spécifique, le consentement à
l'opération par les parties au conflit et des ressources adéquates
- allant d'un personnel professionnel et adéquat à l'équipement
et aux finances. Suite à ce rapport, tant le Secrétariat
de l'ONU que les États Membres de l'ONU travaillèrent
ardûment à veiller à obtenir une meilleure compréhension
des exigences des opérations de maintien de la paix, dans le
domaine politique et en matière de ressources, et un certain
nombre d'initiatives ont amélioré la capacité de
maintien de la paix de l'ONU. Le Siège de l'ONU dispose à
présent d'un personnel plus important pour soutenir ses missions
sur le terrain, et les bureaux des conseillers militaires et de police
du DOMP à New York ont été renforcés. La
base logistique du DOMP à Brindisi (Italie), a fourni à
l'ONU, outre une formation continue, une nouvelle capacité de
réponse rapide. Et un soutien financier, politique et matériel
a été demandé et fourni par les États Membres. 2. Qui en est responsable ? Bien que les opérations de maintien de la paix ne soient pas
spécifiquement mentionnées dans la Charte des Nations
Unies, la Charte donne au Conseil de sécurité de l'ONU
la responsabilité principale du maintien de la paix et de la
sécurité internationales. C'est le Conseil, par conséquent,
qui crée et définit en principe les missions. Il le fait
en fournissant à la mission un mandat - une description des tâches
qu'il est chargé d'entreprendre. Pour mettre en place une nouvelle
mission de maintien de la paix, ou modifier le mandat ou la force d'une
mission existante, neuf des quinze États membres du Conseil de
sécurité doivent voter pour. Toutefois, si l'un quelconque des cinq membres permanents - la Chine,
les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la France ou
le Royaume-Uni - vote contre, la proposition échoue. Une fois que le Conseil de sécurité a mandaté
une opération de maintien de la paix, le Secrétaire général
oriente et gère la mission et informe le Conseil de son évolution.
La plupart des grandes missions sont dirigées par un représentant
spécial du Secrétaire général, et assistées
par le DOMP. Par l'intermédiaire de ce département, le
Secrétaire général formule également des
politiques et procédures pour le maintien de la paix et formule
des recommandations sur la création de nouvelles missions et
sur le fonctionnement des missions en cours. Le DOMP assiste également
un certain nombre de missions politiques, telles que la mission de l'ONU
en Afghanistan. Seuls les soldats les plus gradés en service dans les missions
de l'ONU sont directement employés par l'ONU - en général
en détachement de leurs forces armées nationales. Le gros
des troupes demeure en dernier ressort sous le contrôle de leurs
gouvernements, et participe aux opérations de maintien de la
paix des Nations Unies dans des termes qui sont soigneusement négociés
par ces gouvernements. En mission, ils rendent compte au commandant
de la force, et à travers lui au représentant spécial
du Secrétaire général. Toutefois, l'autorité
concernant l'envoi ou le retrait des casques bleus reste entre
les mains du gouvernement qui les a engagées et ce gouvernement
conserve également la responsabilité de leur solde ainsi
que des questions disciplinaires et liées au personnel. Le Conseil de sécurité peut aussi donner son autorisation
à des opérations de maintien de la paix qui sont mises
en place par d'autres organismes. Ces opérations ne se trouvent
pas sous le contrôle de l'ONU. En 1999, par exemple, après
la fin de la campagne de bombardements, le Conseil a autorisé
l'OTAN à maintenir la paix au Kosovo (Serbie et Monténégro).
Parallèlement, le Conseil a aussi autorisé la Mission
d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK)
à administrer le territoire. En 2000, le Conseil a autorisé
une coalition internationale à maintenir une présence
militaire en Afghanistan, tout en mettant en place une mission politique
de l'ONU dans le pays. 3. Combien cela coûte ? Les coûts annuels du personnel et de l'équipement des
opérations de maintien de la paix des Nations Unies ont culminé
à plus de 3,6 milliards de dollars en 1993, eu égard au
coût des opérations en ex-Yougoslavie et en Somalie. En
1998, ces coûts sont descendus en dessous d'un milliard de dollars.
Avec la reprise des opérations à plus grande échelle,
les coûts des opérations de maintien de la paix sont montés
à 3 milliards de dollars en 2001, et sont estimés à
2,3 milliards de dollars environ pour la période entre le 1er
juillet 2003 et le 30 juin 2004. Tous les États Membres sont légalement tenus de payer
leur part des coûts des opérations de maintien de la paix,
selon une formule complexe qu'ils ont eux-mêmes établie.
Bien que le payement soit obligatoire, à la date du 30 avril
2003, les États Membres devaient environ 1,37 milliards de dollars
en arriérés et sommes appelées au titre du maintien
de la paix. 4. Comment les casques bleus sont-ils rémunérés
? Les casques bleus sont payés par leurs propres gouvernements
conformément à leur propre grade et à l'échelle
de salaire au niveau national. Les pays qui fournissent des troupes
en uniforme aux opérations de maintien de la paix sont remboursées
par l'ONU au tarif net d'un peu plus de 1000 dollars par soldat par
mois. L'ONU rembourse aussi les pays pour l'équipement. Mais
les remboursements à ces pays sont parfois différés
à cause du manque de liquidités causé par le non
paiement par les États Membres de leur quote-part. La police
civile et le reste du personnel civil sont payés sur le budget
de maintien de la paix établit pour l'opération. 5. Qui fournit du personnel ? La Charte des Nations Unies stipule qu'afin d'aider à maintenir
la paix et la sécurité dans le monde, tous les États
Membres de l'ONU doivent mettre à la disposition du Conseil de
sécurité les forces armées et les facilités
nécessaires. Depuis 1948, près de 130 nations ont fourni
du personnel militaire et de police civile aux opérations de
paix. Au 30 avril 2003, 89 pays fournissaient un personnel total de
37000 personnes, comprenant 30167 troupes, 5162 policiers civils, 1658
observateurs militaires. Au 30 avril 2003, les cinq principaux fournisseurs de contingents
étaient le Pakistan (4245), le Nigeria (3316), l'Inde (2735),
le Bangladesh (2658) et le Ghana (2060). Des 37000 soldats et policiers servant dans les opérations
de paix de l'ONU, seulement 3323 viennent de l'Union européenne,
et seulement 558 des Etats-Unis (543 policiers, 13 observateurs militaires
et 2 soldats). Même si 89 États Membres contribuent aux opérations
de maintien de la paix des Nations Unies en cours, le fardeau le plus
lourd en matière de troupes est porté par un noyau de
pays en développement. Constatant une hésitation de la
part des pays développés à engager leurs troupes
dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies, en mars
2003, le chef des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie
Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux
opérations de maintien de la paix, a rappelé aux États
Membres que " la fourniture d'un personnel militaire et de police
bien équipé, bien entraîné et bien formé
aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies est de
la responsabilité collective des États Membres. On ne
peut et on ne doit pas attendre des pays du Sud qu'ils assument seuls
ce fardeau ". 6. Pourquoi les États devraient-ils fournir des troupes
aux opérations de maintien de la paix ? Tous les États Membres ont accepté dans le cadre de
la Charte des Nations Unies de fournir des forces armées dans
l'objectif de maintenir la paix et la sécurité internationales
: le maintien de la paix est une responsabilité collective. La création des opérations de maintien de la paix des
Nations Unies est un instrument particulier et sans égal à
la disposition de la communauté internationale pour aider à
régler les conflits internationaux, et à empêcher
les guerres intestines de déstabiliser des régions entières,
lorsque certaines conditions de leur succès sont réunies.
En tant qu'investissement, les opérations de maintien de la paix
dirigées par l'ONU ont l'avantage notoire - contrairement à
celles menées par des coalitions ad-hoc - d'avoir un mécanisme
intégré pour le partage mondial de leurs coûts financiers,
en matériel et en personnel. De plus, le délai pour le
déploiement des ressources de base pour les nouvelles missions
a été très nettement réduit grâces
aux capacités d'action rapide du DOMP. Le coût des opérations de maintien de la paix est minuscule
comparé aux coûts des conflits en vie humaines et en pertes
matérielles. Bien que les opérations de maintien de la
paix aient coûté environ 2,6 milliards de dollars en 2002,
en 2001 les États, à travers le monde, ont dépensé
plus de 800 milliards de dollars en armes - un chiffre qui représente
2,6% du produit intérieur brut mondial. 7. Qu'est-il fait pour traiter de la question du VIH/sida dans
les missions de maintien de la paix L'ONU fonde sa politique actuelle en matière de VIH/sida sur
la non-discrimination et le respect du droit international humanitaire.
La prévention de la transmission du VIH parmi les casques bleus et les communautés d'accueil constitue une priorité
clef pour le DOMP. Ce dernier recommande vivement le conseil et le dépistage
volontaire et confidentiel des casques bleus avant leur déploiement
et dans la zone de la mission, tandis qu'un programme de formation standardisé
a été développé pour les pays fournisseurs
de contingent afin de s'assurer que tous les gardiens de la paix en
uniforme reçoivent une formation complète en matière
de VIH/sida avant leur déploiement. Le DOMP a déployé
quatre conseillers auprès des missions de plus grande ampleur,
la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République
démocratique du Congo (MONUC), la Mission des Nations Unies en
Sierra Leone (MINUSIL), la Mission des Nations Unies en Ethiopie et
en Erythrée (MINUEE), et la Mission d'appui des Nations Unies
au Timor oriental (MANUTO) et il a désigné un point d'information
sur le VIH/Sida pour toutes les autres missions. Les casques bleus emportent également des fiches de sensibilisation
de l'ONUSIDA comprenant des informations de base sur la transmission
et la nature de la maladie. De plus, la sûreté du sang
et des autres produits sanguins pour la transfusion dans les cliniques
des missions est garantie par l'approvisionnement auprès de sources
contrôlées par l'Organisation mondiale de la santé
(OMS). 8. L'ONU encourage-t-elle la participation des femmes dans les
opérations de maintien de la paix ? En octobre 2000, le Conseil de sécurité a exprimé
dans sa résolution 1325 sa disposition à incorporer la
considération de l'égalité entre hommes et femmes
dans les opérations de maintien de la paix et appelé à
introduire une telle composante dans les opérations de paix déjà
établies. Des offices consacrés à la parité
hommes/femmes ont été installés dans les grandes
missions de paix multidimensionnelles et des points d'information ont
été installés dans les missions de moins grande
ampleur. De plus, des mesures ont été prises au sein des
missions de maintien de la paix, notamment de la Mission des Nations
Unies en Bosnie-Herzégovine (MINUBH), de la Mission d'administration
intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et de la Mission
d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO), en vue de promouvoir
la parité hommes/femmes dans les forces de police locales, et
de travailler avec les nouvelles forces restructurées aux questions
liées aux violences domestiques et au trafic des femmes et des
filles. La nécessité d'accroître la participation des
femmes dans tous les aspects des opérations de paix, parmi le
personnel international et local, et particulièrement aux plus
hauts niveaux de décision, demeure une préoccupation prioritaire.
La première femme nommée au poste de représentant
spécial par le Secrétaire général fut nommée
en 1992 pour la mission de l'ONU en Angola. Aujourd'hui, 11 ans plus
tard, il n'y a toujours qu'une seule femme Représentant spécial
(dans la Mission d'observation des Nations Unies en Georgie). Il y a
trois femmes nommées au poste de représentant spécial
adjoint. Le Secrétaire général a appelé
les États Membres à accroître le recrutement des
femmes chez les observateurs militaires, dans les contingents de maintien
de la paix et dans la police civile. 9. Quelles récentes missions de maintien de la paix ont
remporté un succès ? Lorsque la Mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine
(MINUBH) termina ses opérations en décembre 2002, elle
avait réalisé le plus important projet de réforme
et de restructuration de la police jamais entrepris par l'ONU. La MINUBH
avait formé et agréé une force de police nationale
de 17000 personnes. En plus de ses responsabilités en matière
de maintien de l'ordre, la police nationale est maintenant aussi capable
de pleinement participer à la lutte régionale et internationale
contre le crime organisé et le terrorisme. Le Service frontalier
de l'Etat récemment créé a réduit le flux
de migrants illégaux, aide à dissuader le trafic d'êtres
humains et de narcotiques et réduit la contrebande. Au Timor oriental, en 1999, l'ONU fut appelée pour guider
la population vers la souveraineté, juste après qu'un
référendum sur l'indépendance avait déclenché
une explosion de violence qui a dévasté les services et
infrastructures publics. L'ATNUTO agissait dans le cadre d'un mandat
multidimensionnel qui était d'assurer la sécurité
et de maintenir l'ordre public tandis qu'étaient jetés
les fondements d'une gouvernance démocratique. L'ONU a établi
une administration efficace, permis le retour des réfugiés,
assisté au développement des services civils et sociaux,
assuré la coordination et l'acheminement de l'assistance humanitaire,
assisté le renforcement des capacités en vue d'une gouvernance
autonome, et aidé à établir les conditions d'un
développement durable. Après les élections présidentielles d'avril
2002, le Timor oriental a déclaré son indépendance
le 20 mai, et il est devenu peu après le 191ème membre
de l'ONU. L'ONU maintient une présence de maintien de la paix
au Timor oriental (MANUTO) afin de prêter assistance à
la création des structures administratives, au développement
du service de police de l'Etat et au maintien de la sécurité
interne et externe. En Sierra Leone (cf.
annexe 10 *), suite aux élections de l'année dernière,
les casques bleus continuent d'aider le Gouvernement à étendre
son autorité sur tout le pays. L'activité de la Mission
des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) a conduit au rétablissement
de la liberté de mouvement, du redémarrage de l'activité
commerciale, et du retour des populations déplacées. La
Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo
(MINUK) est un processus en évolution, mais les réalisations
ont été nombreuses au cours des quatre dernières
années : la MINUK a organisé les trois premières
élections démocratiques dans l'histoire du Kosovo ; soutenu
la formation d'un gouvernement intérimaire de transition ; créé
le cadre d'une économie de marché stable ; d'une restauration
des infrastructures ; et mis en place tous les fondements essentiels
d'une administration moderne, des douanes et du fisc à un budget
équilibré ; des plaques d'immatriculations et des documents
d'identité à l'urbanisme. La MINUK met en place un système
judiciaire et une force de police responsables qui comprend maintenant
5000 personnes. La police du Kosovo (la MINUK et le Service de police
du Kosovo) affiche un pourcentage de crimes résolus plus élevé
que certains pays d'Europe occidentale (75%). La MINUK favorise le dialogue
avec les voisins du Kosovo et avec les autorités de Belgrade.
En établissant une série d'objectifs à atteindre
en vue d'aider le Kosovo à établir les normes d'une société
civile, la MINUK a facilité les progrès des pourparlers
sur le statut final de la province. 10. Quels sont les principaux défis posés à
la réussite du maintien de la paix de l'ONU ? Certains facteurs sont déterminants pour le succès
d'une mission de maintien de la paix. La communauté internationale
doit avoir correctement diagnostiqué le problème avant
de prescrire comme traitement une mission de maintien de la paix. La
majorité ou toutes les parties au conflit doivent avoir manifesté
leur accord à l'arrêt des combats : il doit y avoir une
paix à maintenir. Les parties principales en conflit doivent
toutes consentir au rôle de l'ONU pour les aider à régler
leur conflit. Les Membres du Conseil de sécurité doivent
se mettre d'accord sur le résultat à atteindre, et définir
un mandat clair et réalisable. Le déploiement doit être
rapide. Le maintien de la paix doit faire partie d'une stratégie
globale visant à régler un conflit, qui requiert une myriade
d'efforts politiques, économiques, et en matière de développement,
de droits de l'homme, et dans le domaine humanitaire qui doivent être
menés en parallèle. Il faut adopter une approche de nature
politique et économique pour toute la région concernée
afin que les progrès dans la réalisation de la paix dans
un pays ne soient pas affectés par les problèmes des voisins.
La communauté internationale doit être prête à
maintenir le cap. La paix véritable requiert du temps, le renforcement
des capacités nationales requiert du temps, le rétablissement
de la confiance requiert du temps. Les casques bleus internationale,
qu'ils travaillent ou non avec l'ONU, doivent exécuter les tâches
que leur ont confiées les États Membres, avec professionnalisme,
compétence et intégrité. 11. La guerre en Iraq changera-t-elle les opérations de
maintien de la paix des Nations Unies ? Les casques bleus de l'ONU continueront d'aider les parties à
un conflit à réaliser une paix durable et à aider
les sociétés à se relever de la guerre, en mettant
en œuvre les mandats autorisés par le Conseil de sécurité. Le Secrétaire général de l'ONU, comme il l'a
fait avant le conflit en Iraq, a appelé à l'unité
au sein du Conseil de sécurité afin que la légitimité
et la volonté internationales que seule l'ONU peut apporter au
règlement des crises puissent continuer d'être mises au
service de la paix. Se référant à la nouvelle situation en Iraq,
il s'est adressé au Conseil de sécurité, le 30
avril : " l'ONU s'est engagée dans un vaste éventail
d'activités dans ce domaine, de la négociation de règlements
politiques à de profonds efforts de reconstruction institutionnelle,
y compris la création d'un nouvel État. L'examen des expériences
passées peut nous renseigner sur ce que nous avons bien fait
et sur ce que nous avons moins bien fait, et peut-être sur les
raisons propres à ces circonstances particulières. Il
devrait également nous aider à améliorer notre
performance au fil du temps. Mais ce qui ressort de l'étude de l'engagement international
dans les pays affectés par un conflit, c'est qu'aucune approche
n'a jamais été adoptée deux fois de suite, parce
qu'aucun conflit ou situation post-conflictuelle n'est similaire. Même
les quatre derniers cas de l'Afghanistan, du Kosovo, du Timor oriental
et de la Sierre Leone sont très différents les uns des
autres, que ce soit dans les causes ou les conséquences du conflit,
l'implication antérieure de l'ONU, le contexte politique et légal
gouvernant les mesures prises par la communauté internationale,
et la taille même de la population ou du territoire affectés. En conséquence, une des leçons les plus importantes,
lorsqu'on se penche sur la planification de l'engagement de la communauté
internationale - comme celle que nous devons maintenant affronter en
Iraq - est qu'il nous faut tout d'abord parvenir à une compréhension
globale de la spécificité de cette crise, et ensuite développer
notre réponse en fonction de cela. Nous devrions tirer les enseignements
des expériences passées afin de rendre nos mesures les
plus efficaces possible, tout en gardant à l'esprit que des approches
ou des formes d'assistance totalement nouvelles peuvent être nécessaires
". Le Secrétaire général a conclu en rappelant
au Conseil les conditions qui doivent être en place préalablement
à toute mission durable de maintien de la paix, en particulier
l'accord des populations et un mandat confié par l'ONU qui soit
" clair, cohérent, et accompagné des ressources nécessaires".
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